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Des sous pour Internet, Paris, Internet sur câble ?Beau succès pour les secondes rencontres d’Autrans (Isère), organisées par le Chapitre français de l’Internet Society et placées sous le thème de “l’Internet pour tous”. La petite station du Vercors a connu, du 8 au 10 janvier, une intense activité autour de sujets aussi divers que la citoyenneté, l’Internet et les PME-PMI ou la lutte contre l’exclusion. Une bonne partie des Français considèrent encore l’ordinateur et surtout les réseaux comme un plaisir solitaire ou comme une aliénation, c’est à eux sans doute que s’adressait Hervé Le Crosnier, de l’Université de Caen, lorsqu’il déclarait: “Dans vingt ans, la technologie fondamentale pour un citoyen ne sera-t-elle pas (en dehors de l’Internet) la capacité à avoir de l’humour, à faire un bon repas et à inviter ses amis ? “. La nécessité de l’intervention humaine reste, bien entendu, indispensable, elle fut rappelée à de nombreuses reprises durant ces trois jours. Jean-Claude Lemoine, président de l’Association des professionnels de l’information et de la documentation, a ainsi précisé son propos, lors d’une table ronde sur les technologies: ” Avec l’Internet, certains rêvent de supprimer les intermédiaires (…) On s’aperçoit de la nécessité des professionnels de l’information. Ces spécialistes pourront effectuer la recherche, car ils connaissent ce monde. L’Internet ne sera viable que si les bibliothécaires s’allient aux informaticiens pour mettre de l’information en ligne “.
L’homme au service de l’Internet et l’Internet au service de l’homme et de l’économie furent à l’honneur. Il ne s’agit donc plus comme l’an dernier de convaincre les pouvoirs publics de l’intérêt du développement d’Internet en France, mais plutôt de présenter au public et aux entrepreneurs les opportunités que peuvent offrir les réseaux, sans toutefois les rendre inhumains. Dans le contexte des manifestations des chômeurs, il fut notamment question d’éviter de transformer ces réseaux en nouveau facteur d’exclusion. ATD Quart Monde était donc présent afin de préciser sa position. Pour Pierre Klein, responsable des projets Internet d’ATD, ” l’important, c’est d’être du monde ” et les nouvelles technologies de la communication doivent permettre aux jeunes des milieux défavorisés de combler un manque de dialogue. Pour cela, trois priorités: l’équipement des écoles en zones prioritaires, un sérieux investissement humain et une solution à l’obsolescence du matériel qui touche trop rapidement les foyers qui n’ont pas la possibilité de renouveler leur ordinateurs et programmes. C’est enfin le contexte économique qui fut débattu lors des tables rondes. De nombreux exemples furent cités pour illustrer l’intérêt économique d’Internet pour les entreprises, en leur permettant de se développer plus aisément vers l’étranger, de redistribuer le travail à l’intérieur même de l’entreprise et de créer des nouveaux emplois. Alors Internet comme remède à tous les maux de notre société ? Certainement pas. Mais chacun semble convaincu qu’avec un bon outil utilisé avec intelligence, on ne peut faire que du bon travail..
Des sous pour Internet
En août dernier, dans le cadre de l’Université d’été de la communication d’Hour tin (1), Lionel Jospin annonçait la volonté du gouvernement de ” mettre en pla ce un programme d’action ambitieux ” en faveur des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Il ajoutait que ce programme s’appuierait sur une ” coordination assurée par un comité interministériel “. Le 16 janvier, à l’issue de la réunion de ce comité, le premier ministre exposait un plan d’action destiné à ” préparer l’entrée de la France dans la société de l’information “. Six chantiers prioritaires vont être ouverts: l’enseignement, la culture, les entreprises, l’innovation technologique, la régulation, pour lesquels est annoncé un engagement financier d’environ 1,5 milliard. Cette somme, pour les deux tiers, a été prélevée sur les 42 milliards de la privatisation partielle de France Télécom. Deux chantiers sont favorisés, l’enseignement qui disposera de 500 MF, contre les 250 précédemment annoncés, et, à hauteur de 500 MF, l’aide aux entreprises opérant dans le secteur des hautes technologies, sous forme de fonds de capital-risque. Autres allocations: 25 MF pour l’aide à la production de programmes multimedia, sous foremboursables; 15 MF dans un fonds d’aide multimedia pour la presse; 10 MF pour la création de 100 Espaces culture multimedia; 50 MF d’aide aux PMI qui souhaitent s’approprier les NTIC; 20 MF pour encourager la présence des exportateurs français sur Internet..
1. Voir Regards d’octobre 1997 [Dans le prochain numéro de Regards, nous détaillerons certaines des mesures annoncées].
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