Un coup de fil du cabinet de Bernard Cazeneuve

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« L’entreprise, ce n’est pas un lieu d’exploitation, ce n’est pas un lieu d’accumulation de profits. » Au lieu de regretter que son ministre ait tenu ces propos, un de ses conseiller a préféré nous reprocher de les avoir reproduits…

Lundi matin, 13 janvier, nous avons été bien surpris en recevant un appel téléphonique du cabinet du ministre du Budget. Le correspondant souhaitait s’adresser à votre serviteur en réaction à son article, « Bernard Cazeneuve réinvente la théorie économique », posté sur notre site vendredi 10 janvier. À Regards, on est bien élevé et je me sentais déjà flatté à l’idée que mes compétences budgétaires soient appréciées en haut lieu. Mazette, le ministère du Budget, ça n’est pas rien. Et puis, malgré ces temps de disette budgétaire, peut-être avaient-ils trouvé une subvention pour la presse de qualité ? C’est donc plein d’espoir que j’empoignais mon téléphone. Las, amère déception, il ne s’agissait pas de cela, mais de converser sur le contenu de mon article.

Par souci journalistique, nous l’appellerons Benjamin Ménard, conseiller communication et relations avec la presse de Bernard Cazeneuve. Le nom et le prénom n’ont pas été changés par un manque évident d’imagination et de bonne volonté. En fait, je n’ai pas eu le droit à des félicitations, mais plutôt à quelques remarques relatives à un article de « mauvaise foi ». L’objet du délit, s’est concentré sur la phrase suivante : « L’entreprise, ce n’est pas un lieu d’exploitation, ce n’est pas un lieu d’accumulation de profits ». Et voyez-vous, le problème de cette phrase, c’est qu’elle ne reflète pas la pensée de Bernard Cazeneuve. Mon interlocuteur m’a fait remarquer que je pouvais consulter vingt-cinq déclarations du ministre, toujours il indique que « l’entreprise ce n’est pas seulement un lieu d’exploitation et d’accumulation de profits ». Signe d’une véritable ouverture envers mon approche un peu obtuse de l’économie, mon conseiller en communication a reconnu qu’effectivement il pouvait y avoir parfois de l’exploitation dans les entreprises. Refusant d’entamer une exégèse de la pensée profonde de B. Cazeneuve, j’ai simplement fait remarquer que ces propos, ils les avaient bien tenus et que mon article fournissait même la vidéo. Et bien non, ce n’était pas suffisant. Certes le brillant ministre avait « un peu trop résumé », mais « qui ne fait pas d’erreur ? » En gros, j’aurais dû rectifier de moi-même.

Nous n’avons pas de doute que cet appel téléphonique n’est que l’initiative personnelle d’un conseiller un peu trop zélé. Mais quand même, c’est une drôle de conception des « relations avec la presse ». Alors de quoi s’agit-il ? D’une tentative d’inamicale pression, d’une demande de rectification ? Du tout, cette aimable discussion avait pour but « d’apporter des précisions à destination de vos lecteurs ». Et bien, c’est chose faite.

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