La grande fatigue de Jean-Marc Ayrault

Il y a des matins où écouter sa radio en pointillé, entre café et douche, peut finir de casser les repères politiques. Un jour, j’ai entendu un homme interviewé sur France Inter et, mal réveillée, j’ai pris Manuel Valls pour un député de droite. Ce matin, Jean-Marc Ayrault était sur France Info. Même bien réveillée, il était difficile de trouver le vocable et la moindre proposition digne des valeurs historiques de la gauche. Sans rire : « La hausse de la TVA va permettre de faire baisser le coût du travail. » L’impôt le plus injuste comme remède, l’augmentation de son taux en janvier : difficile d’y retrouver ses fondamentaux… de gauche. Surtout quand la baisse du « coût du travail », cette rhétorique de droite qui nie le coût du capital et laisse entendre que le travail coûte, est repris comme objectif. Le Premier ministre s’en ait pris ensuite aux « corporatismes ». Et veut croire que « la croissance va repartir », il faut donc « garder le cap ». Bref. Ne rien changer. Continuer les recettes néolibérales, d’ajustements structurels et d’austérité, qui apportent partout en Europe leur lot de récession et d’inégalités sociales. Interrogé sur sa popularité, en berne comme jamais sous la Ve République avoisinant maintenant les 15%, il répond : « Ça ne doit pas vous impressionner quand vous dirigez un pays. Il faut faire face. » Ayrault reprend la petite musique que l’on nous sert depuis quelques années et qui consiste, pour les dirigeants politiques, à se dire courageux quand ils imposent des réformes douloureuses pour le plus grand nombre et impopulaires. Jean-Marc Ayrault ose ainsi conclure : « Le pays est fatigué. » De lui et de sa politique, assurément.


Ayrault et l’impopularité : "Je n’ai pas la… par FranceInfo

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