Manifestation à Quimper, imbroglio politique

Manifestation Quimper

À Paris, à Lille ou sur la promenade des Anglais, la manifestation de Quimper du week-end dernier intrigue au plus haut point… et il y a de quoi ! Démêlage.

D’un côté, des bonnets rouges portés par des grands patrons, des symboles de l’État incendiés ou détruits les jours précédents et suivants mais une grosse manifestation très majoritairement paisible ce samedi.

De l’autre, un slogan proche de « vivre travailler décider au pays » qui fut celui du Parti socialiste unifié en Bretagne (PSU) ou celui des vignerons et travailleurs du Languedoc au cours des crises des années 1970-1980, avec le fort soutien du Parti communiste.

Et pour couronner le tout, une Gauche de transformation sociale, syndicale et politique qui se démarque à quelques jours de l’échéance pour se rassemblerce samedi à3 000 têtes sur des bases claires à Carhaix…mais qui vit aussi mal que les autres l’appel teinté de mépris parisien de Jean-Luc Mélenchon à ne pas manifester comme des « nigauds ou des esclaves » auprès de ses maîtres. D’ailleurs, son incompréhension – a minima – de la question des langues et cultures régionales avait déjà laissé quelques traces dans le paysage du Finistère. Pour le coup les militants du Front de gauche ont de nouveau un sacré chantier en perspective, alors qu’ils sont majoritairement sur une ligne très ouverte, voire pour nombre d’entre eux des militants de la langue régionale.

Mais pour revenir à Quimper, alors c’était une manif de droite ?

Pas que…Si on regarde la composition sociologique globale des cortèges où une petite minorité de militants de la gauche radicale côtoie ceux de l’Union Démocratique Bretonne (UDB) ( note : parti pour l’autonomie politique de la Bretagne) et bon nombre de travailleurs des usines de l’agroalimentaire.

Oui franchement, si on écoute les discours, les slogans, les revendications dénonçant l’impôt ou encore les interventions multiples critiquant l’action publique qui bride la libre entreprise.

Oui très franchement, si on déroule la liste des soutiens politiques des partis de la droite républicaine ou le soutien jugé « très sympa » du FN et des « fascistes régionalistes ».

Oui absolument, si on connaît les appels à manifester du Medef, des Chambres de commerce et d’industrie ou de la FNSEA qui imposent à la Basse-Bretagne en particulier –au bout là-bas quoi ! –, la poursuite d’un modèle économique dévastateur sur les plans écologique et aujourd’hui social.

La grande qualité de ces hommes de pouvoir de l’agroalimentaire est de savoir surfer sur les plans sociaux qu’ils fabriquent en pointant du doigt la responsabilité de taxes qui ne sont pas encore à l’œuvre…et en prenant la tête d’une révolte qui, logiquement, devrait être dirigée contre eux.

Comment est-ce possible ?

Un grain de sentiment – de ressentiment ? – régionaliste sans doute…

Une dose de savoir-faire populiste d’un leader bretonnant attrape-tout…

Une belle arnaque intellectuelle et politique….

Mais surtout, tout cela serait-il envisageable si l’ensemble des pouvoirs politiques locaux, départementaux, régionaux ou nationaux n’était pas tenu par le Parti du Président … qui avait promis le changement pour maintenant.

Et plus le Breton attend, plus sa colère monte, plus il devient…désespéré comme tous les autres citoyens de ce pays.

Et si le FN en Bretagne n’avait jadis de succès que dans le village natal du père Le Pen, l’avenir que lui promettent les politiques gouvernementales s’annonce…radieux.

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