Borloo-Bayrou, balle au centre-droit

Jean Louis Borloo et Francois Bayrou

Aujourd’hui, Jean-Louis Borloo et François Bayrou présenteront à la presse une charte de deux pages scellant l’alliance de l’UDI et du MoDem, en un mot : L’alternative. Alors que Bayrou fait un vrai pas de côté vers la droite, Hollande se retrouve les deux pieds dans le même sabot! Explications.

Jean-Louis Borloo et Francois Bayrou officialiseront ce mardi leur alliance. Il ne s’agit pas tout à fait d’une renaissance de l’UDF de Giscard qui rassemblait les centristes et les libéraux les plus droitiers. Le positionnement politique de la nouvelle force est plus homogène. Il s’agit d’une alliance entre radicaux valoisiens, démocrate chrétien et écolo bon teint. Et à droite. Le texte fondateur est sans ambiguïté : l’alliée naturelle de « l’Alternative » est bien « la droite républicaine ». Distance est donc prise envers toute alliance avec le FN comme avec le positionnement « centro-centriste » de Bayrou.

Vue de la fenêtre de Borloo cette alliance a un objectif évident. Il s’agit de construire une force politique capable de s’installer sur les décombres d’une UMP éclatée par la poussée FN. Évidemment Borloo n’est pas le seul à viser cet horizon qui semble chaque jour se préciser. Juppé, NKM et quelques autres font le même calcul. Mais lui pense avoir un coup d’avance sur ces barons de l’UMP encore aux prises avec les débats internes. Eux pensent encore pouvoir emporter une part de l’héritage et de l’appareil.

Mais Bayrou ? Pourquoi change-t-il de stratégie alors que – sur le papier – son grand dessein – réunir au gouvernement les « meilleurs » de la droite et de la gauche – semble une sortie possible à la crise politique actuelle ? Ne partage-t-il pas avec Hollande un grand nombre de valeurs et d’idées ? L’Europe, la dette, le consensus… sont leurs dadas communs. Il convient sans doute de prendre au sérieux le dépit de celui qui, contre Sarkozy, a soutenu Hollande à la présidentielle. La création de l’Alliance semble bien un effet collatéral de la médiocrité politique qui règne au sommet de l’État.

Contrairement à Mitterrand qui avait esquissé l’ouverture au centre, Hollande n’a pas osé soutenir Bayrou à la législative, ni le faire entrer dans sa majorité. Pourtant, ce qui n’était pas encore possible dans les années 1990 paraît aujourd’hui totalement imaginable. Ne voit-on pas cette alliance fonctionner dans de nombreuses grandes villes ? Hollande ne fait pas mystère de son aversion pour feu l’union de la gauche. Il rêve d’un grand parti social-démocrate face à un grand parti de droite classique. Bref une bipolarisation politique enfin raisonnable ! Totalement raccord avec les vues de Bayrou. Mais tactiquement Hollande a préféré l’alliance avec les Verts, canalisés par l’accord très avantageux qui leur assura un groupe au parlement. Le calcul immédiat était juste. Les écologistes sont tenus à la modération, voire au silence. Il ne prit pas le risque d’une alliance avec le béarnais qui se prend pour le sauveur buté de la France. Ce faisant, Hollande perd sur tous les tableaux. Il a des Verts dociles mais laminés et un Bayrou dépité mais opposant.

Le champ des possibles se rétrécit pour Hollande. Et pour la droite, il s’élargit encore… un tout, tout petit peu.

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