McSweeney’s est la revue littéraire fondé par l’écrivain américain Dave Eggers. Ce volume compile uniquement les textes comiques publiés par la revue, et la plupart (les meilleurs) relèvent d’un genre qualifié à juste titre de « blagues livresques ». Il y a par exemple, écrit par un certain Benjamin Cohen, les souvenirs de Borges lorsqu’il était louveteau, avec sa fin sublime : « J’aimerais dire que c’est à Borges, l’autre, qu’arrive ces mésaventures. Mais, dans ma canette de jus d’orange, je pleure en silence : je suis Borges ». Il y a le copain d’Homère qui lit le premier jet de L’Odyssée, et qui lui envoie une liste de remarques, du genre : « Le Cyclope est formidable ! Quelle imagination, mon vieux ! Un peu dubitatif sur un point, toutefois : pourquoi doivent-ils rester si longtemps dans la grotte ? Peut-être pourraient-ils faire boire le vin au Cyclope un peu avant, de sorte qu’il s’endorme plus vite ? Ca accélérerait la fuite d’Ulysse, raccourcirait la scène et vivifierait le rythme ». Il y a aussi le journal intime du type qui a Winnie l’Ourson pour collègue de travail : « Les amis de Winnie sont passés le chercher pour déjeuner aujourd’hui : un petit cochon, un lapin à l’air revêche, un kangourou adolescent, et un tigre qui était très certainement sous coke ». Hilarant.
Le plus drôle de McSweeney’s, éd. Cherche Midi, 207 pages, 16,50 euros.


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