Villeneuve-sur-Lot : austérité et affaires font le lit du FN

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L’élection partielle de Villeneuve-sur-Lot, ce dimanche, s’est traduite par l’élimination du candidat socialiste. Le PS accuse la division de la gauche. EELV et Front de gauche pointent le résultat des politiques gouvernementales.

Et de huit. Le Parti socialiste a perdu, dimanche 16 juin, sa 8e élection législative partielle. Dans la circonscription de Villeneuve-sur-Lot, ancien fief électoral de Jérôme Cahuzac, le PS est éliminé dès le premier tour, n’ayant pas réussi à passer la barre de 12,5 % des inscrits malgré un score de 23,69 % des exprimés. Il laisse donc la place à un duel UMP (28,71 %) FN (26,04 %) . L’abstention a frappé plus de la moitié des 75 000 électeurs de cette circonscription du Sud-Ouest, considérée comme un fief du parti de la rose.

Ce lundi matin, dans les états-majors, c’est la gueule de bois. Bruno Le Roux, patron des députés PS, cherche à comprendre. Il accuse violemment la désunion, pointant une « faute politique inexcusable » d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) dont le candidat connaît une légère progression. « Il est totalement anormal que sur des élections partielles, la majorité présidentielle ne soit pas rassemblée », dénonce encore le député de la Seine-Saint-Denis. Revenant sur le fond, il finit par admettre que « l’explication des réformes » menées par le gouvernement n’a peut-être pas suffisamment été menée.

Du côté des Verts, ce sont ces « réformes » qui sont mises en avant pour expliquer la défaite. Jean-Vincent Placé, président du groupe EELV au sénat, se livre sur twitter à une rapide analyse : « Dans les partielles précédentes, le PS perd 10 points, là 20. L’effet de la politique du gouvernement c’est donc 10 %, l’affaire Cahuzac pèse encore 10 points. Pas la peine de chercher un bouc émissaire. » Une analyse qui rejoint celle de Pierre Laurent pour le Parti communiste : « C’est la 4e fois que le PS est éliminé du 2e tour d’une élection et ce n’est pas seulement l’affaire Cahuzac – qui a joué terriblement – c’est l’affaire Cahuzac et l’austérité. C’est pour ça qu’il faut changer de cap d’urgence ».

Entre l’effet des affaires qui s’accumulent : Cahuzac, Tapie, Guéant… et l’absence de rupture politique majeure entre le quinquennat Sarkozy et les débuts du mandat Hollande, le FN a tiré ses marrons du feu. C’est en tous cas l’analyse que dresse, pour la gauche du PS, la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann sur RFI : « Nous avons un réel problème de mobilisation de l’électorat de gauche mais aussi un basculement de notre électorat vers le Front national. Une partie de nos électeurs, qui a impression que nous ne lui offrons pas une sortie de crise lisible, bascule dans les fausses solutions ».

Dans une circonscription mi-rurale mi-urbaine, le candidat de Marine Le Pen rafle 8 cantons sur 14 et opère un bond de plus de 10 points. Il a bénéficié d’une solide mise en scène dans la presse quotidienne régionale, laquelle, comme dans l’Oise, ne parle plus que de trois candidats : UMP, PS, FN. « On voit là les résultats de la banalisation du Front national », tranche Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche, joint par nos soins

Marie-Hélène Loiseau, candidate Gauche unitaire pour Front de gauche, a progressé de 0,5 %, passant de 4,5 à 5,08 %. Le NPA progresse en voix et en pourcentage. « Si nous intégrons la progression d’EELV, nous mesurons que c’est essentiellement le PS qui est sanctionné, analyse encore Eric Coquerel. La progression de l’autre gauche nous encourage à travailler la crédibilité de notre majorité alternative. »

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