Percée du FN, des lendemains qui hantent

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Le résultat du second tour de l’élection partielle de l’Oise a sonné comme une nouvelle alerte. Certes, le Front national ne parvient toujours pas à rassembler sur son nom la majorité des électeurs d’une circonscription. Mais ils se sont trouvés 48,6% à voter pour sa candidate, Florence Italiani, ce dimanche 24 mars. Autant que son résultat, sa progression inquiète. La candidate frontiste double son score et totalise 6 000 électeurs de plus au second tour, bénéficiant d’une légère sur-mobilisation des électeurs (+3% de participation). De premières analyses montrerait que ce gain, elle le fait en particulier en récupérant près d’un électeur sur deux de la candidate socialiste démise à l’issue du premier tour.

La mise en examen de Nicolas Sarkozy et la démission de Jérôme Cahuzac ont certainement contribué à la forte abstention et au vote FN. Mais personne ne s’aventure aujourd’hui à en faire un élément d’explication essentiel.
Au contraire, cette partielle sent la répétition générale d’une inquiétante progression à venir, en particulier en 2014 aux élections municipales. Le FN se prépare déjà à faire de beaux scores dans les villes petites et moyennes.
Ces prochaines élections locales loin d’être seulement un obstacle pour un parti toujours en mal de cadres et d’acceptation sociale- peuvent devenir une martingale. Elles réunissent des ingrédients très favorables. Comme ici, dans l’Oise, le repositionnement du FN sur les terres en marge de la dynamique de métropolisation – zones rurales et périurbaines – donne un ancrage territorial à un discours à la fois xénophobe, anti-européen et anti-mondialisation. Elle raccorde de façon élémentaire le discours social et la préférence nationale. Elle permet de faire émerger des têtes peu connues, souvent féminines et de sensibilité populaire.
Le FN tient dans ses mains les ingrédients d’un succès : une stratégie politique ferme, un discours à la fois social et culturel, un parfum de nouveauté. C’est très inquiétant. La gauche ne pourra éluder le débat de fond qu’impose cette percée. Elle doit cesser de considérer le FN comme un usurpateur quand il se place sur le terrain social. Et pour contrer le FN, elle ne peut espérer s’en sortir ni par la diabolisation ni par le baillon.

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