Quatre ans après Trois femmes puissantes, prix Goncourt, le grand retour de Marie Ndiaye, autour d’une lignée de femmes : trois à nouveau, mais cette fois impuissantes. Hantées jusqu’à la malédiction par l’absence initiale de père, c’est-à-dire (version lacanienne) de nom du père, qui fait que chacune s’accroche – ou ne s’accroche pas – comme à un fétiche, à son prénom. La grand-mère et la petite fille vont porter le même : Ladivine. Le maillon intermédiaire en change, et de Malinka devient Clarisse. Envie de clarté qui finira par produire de la pénombre, mais est-ce si mal ?
Idem de la phrase de Marie Ndiaye que ses circonvolutions font passer tout à trac du réalisme au lyrisme, puis au fantastique, en évoquant tout à la fois le fabulisme d’un Kafka et les « devenir animal » d’un Gilles Deleuze. Chef d’œuvre ? En tout cas, Ladivine au masculin, ça donne : lu, divin.
Ladivine de Marie Ndiaye, Gallimard, 400 pages, 21,50 euros.


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