Le Chant du loup

Louis Owens est d’origine choctow et cherokee. Né dans une famille très pauvre, au milieu de huit frères et soeurs, il est actuellement professeur de littérature à l’Université du Nouveau-Mexique. Il revendique le caractère politique de son oeuvre: ” Je pense que toute littérature est politique. Surtout lorsqu’on raconte ce qui nous entoure. En l’occurrence, nous, les Indiens d’Amérique, avons beaucoup à dire. Voici notre version ! Nos histoires sont généralement proches de la nature. C’est une de nos spécificités. Nous abordons également souvent la question du problème de l’identité ” sang-mêlé “. Ainsi, moi, j’ai du sang non seulement indien, mais aussi irlandais, et cajun (donc un peu français). Je n’écris que sur ce que je connais. L’Américain moyen ne comprend rien et ne veut rien savoir de notre véritable histoire. Ils sont ignorants et ne connaissent que les clichés. Il ne savent pas que, statistiquement, ce sont les adolescents d’origine indienne qui se suicident le plus, parce qu’ils n’ont aucune opportunité pour travailler, étudier, s’épanouir. Notre rôle est de témoigner et de dire ce qui se passe dans ce prétendu pays de la liberté…”

” L’Amérique tout entière – pas seulement les Etats-Unis – entretient aujourd’hui une situation coloniale. Avec dominants et dominés… Mais les Indiens se sont toujours adaptés. Ils ont résisté et n’ont pas été totalement matés. Notre culture existe et elle s’oppose à l’American Way of Life. Deux ans seulement après avoir appris l’anglais, nous avons des Indiens écrivains, policiers, médecins, professeurs. De nombreux jeunes Indiens veulent tout simplement vivre comme ceux qu’ils voient à la télé: belles maisons, belles voitures… Mais ils vivent dans des régions sinistrées où il y a 80% de chômage. Et ne peuvent rien faire, ne savent pas où aller. Ils ne savent même pas qu’il existe des écrivains indiens. J’ai tout d’abord écrit pour ma famille, puis pour les Choctow, puis pour les autres Indiens, enfin pour les autres en général… Mon prochain livre se passe en Arizona. C’est l’histoire d’un ranger. J’écris sur la nature, comme Rick Bass ou Dan O’Brian mais nous sommes différents.”

Le Chant du loup, 298 p., et Même la vue la plus perçante, traduits de l’américain par Danièle et Pierre Bondill, éditions Albin Michel, collection Terre Indienne, 350 p., 130 F

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