Taxer les super-riches à 75%
Avant : le candidat promet de créer une tranche supplémentaire d’imposition afin d’imposer à 75% ceux qui gagnent plus d’un million d’euros par an. L’économiste Thomas Picketty estimait dans Libération que « la taxation confiscatoire des revenus exorbitants est non seulement possible économiquement, mais souhaitable », rappelant que tout juste arrivé au pouvoir, Roosevelt décide de porter immédiatement le taux de l’impôt fédéral sur le revenu applicable à 63 %, puis 79 % en 1936, 91 % en 1941″. Il poursuit : « Pendant près de cinquante ans, des années 30 jusqu’en 1980, jamais le taux supérieur ne descendit au-dessous de 70 %, et il fut en moyenne de plus de 80 %. » Se voulant rassurant, il expliquait : « Cela n’a pas tué le capitalisme et n’a pas empêché l’économie américaine de fonctionner. Pour une raison simple : ces taux ne s’appliquaient qu’à des revenus très, très élevés. »
Après : Pendant que Gérard Depardieu fuyait en Belgique, les neuf Sages du Conseil constitutionnel censuraient cette mesure contenue dans le projet de loi de Finances 2013. La raison invoquée par l’institution ? Une « méconnaissance de l’égalité devant les charges publiques »Cette nouvelle tranche imposable n’aurait pourtant concerné que 1500 personnes.
Accorder le droit de vote aux étrangers non communautaires
Avant : « J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans », promet François Hollande. Pour le moment, seuls les nationaux français et les citoyens de l’Union européenne y ont accès. Ce n’est pas une première. Véritable serpent de mer, cette promesse fut inscrite pour la première fois en 1981 parmi les 110 propositions de Mitterrand.
Après : Le Président a écarté l’idée d’un référendum. C’est pourtant la procédure normale pour réviser la Constitution. L’autre solution serait de soumettre cette révision au Parlement mais Hollande ne dispose pas pour cela d’une majorité suffisante. « Est-ce que c’est aujourd’hui une revendication forte dans la société française ? Un élément puissant d’intégration ? Non. Ça n’a pas la même portée qu’il y a trente ans », estimait en septembre le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, prenant part au débat. Cela fait trente ans que le PS joue à ce petit jeu.
Ouvrir le mariage aux homosexuels
Avant : C’est l’engagement 31 de François Hollande pour l’égalité. « J’ouvrirai le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels », annonce le candidat. La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem rappellera par la suite sur TV5 Monde que « d’une certaine façon, le référendum a déjà eu lieu il y a quatre mois, au moment de la campagne présidentielle. Est-ce que nous avons caché notre volonté de vouloir autoriser le mariage pour tous et le droit à l’adoption ? Non, au contraire, nous l’avons mis en avant ». Le Président suggère également pendant la campagne – sans que ce soit repris dans ses 60 engagements – l’ouverture de la procréation assistée par donneur anonyme à toutes les femmes, sans discrimination… Tout sauf la Gestation pour autrui. Et sûr de sûr, le mariage pour tous et la possibilité d’adopter.
Après : Mi figue mi raisin, le Président dit oui, mais… Oui au mariage pour tous, mais avec la possibilité pour les maires de ne pas le célébrer, en raison de leur « liberté de conscience ». Ou comment se prendre les pieds dans le tapis. Rétropédalage en direct : « La loi doit s’appliquer partout, dans toutes les communes », rectifie-t-il. Ouf. La notion de « clause conscience » ne devrait pas figurer dans le projet de loi qui sera examiné fin janvier à l’Assemblée.
Renégocier le traité européen
Avant : Le candidat socialiste affiche sa détermination à renégocier le traité européen. « Le traité budgétaire tel qu’il a été négocié n’est pas la formule qui nous permettra de mettre l’Europe sur le bon chemin », soutient-il alors. Son but ? Insérer un volet sur la croissance… « Je renégocierai ce traité que je refuse de graver dans le marbre en privilégiant la croissance et l’emploi et en réorientant le rôle de la Banque centrale dans cette direction », explique-t-il en effet. Sans toutefois prétendre remettre en cause le pacte de rigueur budgétaire!
Après : La rigueur reste la priorité. Elle sort intacte de cette initiative, aujourd’hui considérée comme la condition sine qua non d’une croissance durable. « Nous avons bougé tous ensemble. La meilleure façon de faire bouger les autres c’est de bouger soi-même », concède François Hollande.
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