Chère liberté de la presse

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Chine, droits des journalistes, Lorsque Marianne paraîtLe 3 mai a eu lieu la VIIe Journée internationale de la liberté de la presse, afin que personne ne puisse oublier que l’information n’est pas une denrée comme les autres, que tout ne se passe pas dans les salles de conférence de presse entre deux petits fours et que le prix à payer pour que chacun puisse être informé sur un conflit comme en ex-Yougoslavie peut se payer comptant, par d’obscurs reporters loin de leurs salles de rédactions.

Bilan : 600 journalistes ont été tués en 10 ans (dont 28 en 1996) dans les pays en guerre, mais aussi lors d’enquêtes sur les agissements de certains gouvernements ou para-pouvoirs comme les mafias, les cartels de la drogue ou les groupes extrémistes. Le rapport annuel de Reporters sans frontières est particulièrement sévère à l’égard de bien des pays, où tuer un journaliste est presque un sport qui se pratique en toute impunité. Que ce soit en Russie, en Turquie ou dans certains pays d’Amérique latine, bien peu de poursuites sont intentées par les autorités à l’encontre des criminels. En outre, au 1er janvier de cette année, 93 journalistes étaient encore en prison. Ce rapport met aussi l’accent sur les censures protéiformes visant la liberté de la presse: introduction du crime de ” lèse-majesté ” par plusieurs chefs d’état et de gouvernement d’Asie du sud-est, du Proche-Orient et d’Europe orientale, interdiction ou censure d’Internet dans de nombreux pays d’Asie, en Chine notamment… Bien plus de la moitié des terriens n’ont pas encore un libre accès à l’information, ni même l’opportunité d’émettre un avis sur ceux qui les gouvernent.

Site web de Reporters sans frontières: http ://www.calvacom.fr/rsf

Chine, droits des journalistes

Le jour où le président de la République s’envolait pour un voyage officiel en Chine, Reporters sans frontières faisait paraître dans la presse une ” Lettre ouverte à Monsieur le président de la République, à propos de Gao Yu, journaliste chinoise emprisonnée pour avoir exercé son métier “. Cette journaliste travaillait pour des journaux de Hong Kong. Elle est emprisonnée depuis le 3 octobre 1993 pour avoir divulgué des ” secrets d’Etat à des personnes se trouvant hors du pays “. En réalité, pour avoir révélé les débats qui agitent le PCC dans la presse de Hong Kong – qui doit se faire du souci pour l’après-rétrocession à la Chine, le 1er juillet prochain… Les signataires de la lettre ouverte souhaitaient que Jacques Chirac se fasse l’avocat de cette journaliste auprès des dirigeants chinois – dont on sait qu’ils ont les nerfs à vif dès qu’on leur parle des droits de l’Homme ou de la liberté de la presse. Titres de la presse française: “Pékin salue le “réalisme” français”, entendez: sur la question des droits de l’Homme – et de la presse (le Figaro, 15/5/1997). Dans Libération, 16/5: ” Chirac fait décoller Airbus à Pékin. Trente nouveaux avions vendus au premier jour de sa visite “. Par P. C.

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