Dans son premier rapport sur les prisons, le contrôleur général des lieux privatifs, Jean-Marie Delarue, dresse un constat sévère de l’état des prisons françaises. Rapport proche de celui de Thomas Hammerberg, commissaire aux droits de l’Homme au Conseil de l’Europe, qui a dénoncé «les conditions inacceptables de vie (…) de nombreux détenus» avec un «nombre élevé de suicides» . Détresse, dangerosité, promosicuité, vétusté… «Même dans une maison d’arrêt neuve, (…) il peut encore y avoir des choses qui ne vont pas» , écrit Jean-Marie Delarue, comme le non-respect des droits tel l’acheminement du courrier. La loi pénitentiaire du gouvernement adoptée en mars fait la part belle au pouvoir de l’administration pénitentiaire. En 2000, le Parlement produisait pourtant un rapport effrayant sur l’état des prisons françaises. Rien n’a fait vaciller le gouvernement et sa majorité parlementaire, qui a accepté que ce texte de loi soit discuté en urgence : car Rachida Dati quitte son ministère en mai. Un scandale qui ne fait que s’ajouter aux autres. E.C.
«La France face à ses prisons: l’humiliation de la République», Dedans Dehors n°67-68, avril 2009, www.oip.org.
G. Chantraine et Jean-Bérard, 80 000 détenus en 2017 , éd. Amsterdam, 2008
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