Hommes/femmes : Les inégalités salariales et professionnelles persistent

Le gouvernement a prévu de donner une conférence le 26 novembre sur « l’égalité salariale et professionnelle » et dans la foulée, d’autres conférences sur le monde du travail.

Situation critique. Si les femmes représentent, en France, 47 % de la population active, elles occupent surtout 83 % des emplois à temps partiels, 59 % des emplois aidés ou CDD, perçoivent 80 % des salaires payés en dessous du SMIC, constituent 54 % des chômeurs inscrits à l’ANPE et 57 % des chômeurs non indemnisés. Un femme gagne en moyenne 19 % de moins qu’un homme et l’emploi des femmes reste concentré à plus de 70 % dans les secteurs à bas salaires (grande distribution, restauration, service à la personne…). Pour Maya Surduts, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes, « cette situation est le produit conjugué d’une société patriarcale, d’une politique patronale et des politiques gouvernementales qui exploitent et oppriment les femmes : Il faut dénoncer cette précarité, ce sous-statut dont sont victimes les femmes ». Ce sera chose faite lors d’un forum débat organisé par le Collectif national pour les droits des femmes à l’Hôtel de ville de Paris le 16 février prochain.

Selon le président Nicolas Sarkozy, l’égalité homme/femme sera atteinte une fois pour toute en 2009. « Qui peut le croire, s’interroge Esther Jeffers, membre du conseil scientifique d’ATTAC. Les politiques libérales de l’emploi menées par le gouvernement sont néfastes et creusent les inégalités ». Alors qu’attendre de cette conférence gouvernementale sur l’égalité homme/femme, si ce n’est un simple effet d’annonce. Il faut dire qu’un certain nombre de lois ont déjà été votées en ce sens : la loi de décembre 1972 « A travail égal, salaire égal », la loi Roudy de 1983, la loi Génisson de 2001, ainsi qu’un accord interprofessionnel signé en 2004. Problème : ces textes n’ont aucune valeur contraignante et ne sont donc pas appliqués par le patronat. Et le gouvernement envisage par ailleurs de durcir la pression et les sanctions contre les chômeurs, d’instaurer des « contrats de mission » limités à un objectif précis, et d’imposer le principe de « séparation à l’amiable » entre employeur et salariés. De quoi précariser davantage encore le marché du travail et la situation professionnelle des femmes.

Entretiens audio :

Pour écouter l’interview d’Odile Merckling, membre de la commission emploi du Collectif national pour les droits des femmes, cliquer sur coordination.mp3

Pour écouter l’interview d’Esther Jeffers, membre du conseil scientifique d’ATTAC, cliquer sur merckling.mp3

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