C’est donc en catimini qu’a ouvert ses portes, mercredi 10 octobre, la Cité nationale de l’histoire et de l’immigration à Paris. Sur place, point de ministre à entartrer : Brice Hortefeux, François Fillon ou Christine Albanel ont brillé par leur absence. Les historiens du conseil scientifique de la CNHI viennent de démissionner. Dont acte.
Face au Palais de la Porte Dorée, le comité de vigilance Paris 12è, Pour les droits des étrangers / RESF Paris 12è, ATTAC Paris 12, la CIMADE, la LDH 12è, Act up Paris et Sud culture Solidaires ont tenu un forum où chaque représentant a affirmé ses positions. Cette inauguration citoyenne de la CNHI a moins eu le mérite de s’interroger sur le bien fondé de la création d’une structure concurrente, à savoir un « institut d’études sur l’immigration et l’intégration ». Et de pointer « la contradiction entre l’ouverture d’un lieu de mémoire et de savoir valorisant l’histoire de l’immigration française et la politique xénophobe dirigée par le ministre Brice Hortefeux contre les étrangers. »
Cette inauguration presque officieuse montre bien à quel point l’immigration pose problème au gouvernement Sarkozy. Puisqu’il fonde d’une part, un musée destiné à honorer l’apport « des immigrés du passé » qui ont contribué au développement de la société française, et présente d’autre part « les immigrés d’aujourd’hui » comme une menace pour « l’identité nationale ».
Comme-ci, les candidats au regroupement familial et les sans papiers n’avaient pour seul objectif que de profiter d’un certain « modèle d’intégration à la française ». Quel bilan tireront les historiens de cette France qui tourne le dos à sa tradition d’accueil ? Economie, arts, loisirs, langue, sport, cuisine, science… L’identité française reste avant tout le fruit d’un métissage culturel dont les bienfaits ne sont plus à prouver.
Entretiens audio
Eric Lafon, membre de la LDH, cliquer sur ldhadn.mp3
Michel Gibot, membre de RESF Paris 11è, cliquer sur lafon.mp3
Caroline Izambert, membre de la commission étranger d’Act up Paris, cliquer sur gibot.mp3
Irène Perrira, membre de Sud Culture Solidaires, cliquer sur izambert.mp3
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