Attac place la santé de l’Homme au coeur du débat

Organisé par le comité Attac Paris Nord-Ouest avec le soutien des comités Attac Paris 14, Paris 15 et Paris 13, le festival de cinéma Images mouvementées s’est tenue du 16 au 22 mai aux 7 Parnassiens. Le thème de cette 5ème édition, « l’Homme malade de son environnement », a été décliné à travers une quarantaine de films documentaires et œuvres de fiction. Au total, six soirées de débats ont réuni responsables associatifs, sociologues, historiens, représentants syndicaux, journalistes et bien souvent les réalisateurs eux-mêmes. Poursuivant une mission d’éducation populaire, ATTAC (Association pour la Taxation des Transactions financières pour l’Aide aux Citoyens) a associé « engagement, citoyens et culture » afin de provoquer des moments de réflexion autour de questions liées « aux pollutions diverses notamment celles issues du nucléaire, aux nouvelles technologies, à l’environnement au travail, à la malbouffe et à l’énergie ».

Synopsis : L’une des préoccupations majeures auxquelles les hommes sont désormais confrontés est la dégradation de leur état sanitaire en raison de la mauvaise qualité de leur environnement. De multiples facteurs sont responsables de cette dégradation : augmentation des pollutions d’origines diverses, dérèglements climatiques démesurés, surabondance de substances chimiques dans les écosystèmes, expositions aux ondes et radiations multiples, détérioration des conditions de travail, accroissement de la précarité de l’emploi et des conditions de vie, insuffisante qualité de la consommation alimentaire, etc… Il est désormais possible de penser que l’allongement de la durée moyenne de vie pourrait s’interrompre à l’avenir. Bien sûr, cet alarmant constat général ne doit pas dissimuler que ces maux dont l’Homme est responsable frappent inégalement riches et pauvres. Si tous les individus sont touchés et sont ainsi tous concernés, il en est de plus vulnérables que d’autres.
Le lien « santé-environnement » impose de nombreuses questions. Les pouvoirs publics se donneront-ils les moyens de développer la médecine environnementale ? Le règne de la marchandisation est-il compatible avec le droit à la santé pour tous ? Face à l’incertitude des conséquences des nouvelles technologies (ondes électromagnétiques d’ampleur croissante, manipulations génétiques aventureuses, etc…), la proclamation du principe de précaution sera-t-elle suffisante ? Saurons-nous empêcher la subordination de la recherche aux intérêts mercantiles pour la remettre au service du bien sanitaire commun ? Que produit sur la santé psychique des individus (qu’ils soient perdants ou gagnants) le culte exacerbé de la performance ? Quel rapport au corps l’homme entretiendra-t-il demain dans un univers exagérément dévoué à l’objet ? Quel sens donnera-t-il à la vie si son environnement reste semé d’embûches ou est soumis à des bouleversements biogénétiques mal préparés ?
La cinquième édition du festival « Images Mouvementées » poursuivra avec ce nouveau thème la réflexion à la croisée des champs social, économique, scientifique et politique. Face à l’ampleur des questions que soulève le lien « santé-environnement » la difficulté majeure tient inévitablement dans la nécessité d’associer étroitement le combat écologique et le combat social. À la question « Quelle planète allons-nous laisser à nos enfants ? » il convient d’en associer une autre : « Quels enfants allons-nous laisser à la planète ? »

– Pour écouter l’interview de Christine Houard, responsable de la programmation du festival , cliquer sur houard.mp3

– Pour écouter l’interview de Yann Fievet, coordinateur des débats , cliquer sur fievet.mp3

SOIREE DU MERCREDI 16 MAI : « L’INSECURITE GLOBALE CONTRE LA SANTE DES HOMMES »

> Projection de « Notre pain quotidien » de Nikolaus Geyrhalter . Histoire sans paroles où sont présentés les hauts lieux de la production industrielle alimentaire du Vieux Continent, censés apporter « notre pain quotidien ».

>> Débat animé par Hervé Kempf, journaliste et auteur du livre « Comment les riches détruisent la planète », avec la participation de Patrick Viveret, philosophe, et André Cicolella, biologiste.

Synopsis : Il est désormais patent que l’Homme souffre gravement de la mauvaise qualité de son environnement. On hésite à adjoindre encore à ce dernier le qualificatif « naturel ». Il est également avéré que les hommes sont responsables de cette dégradation de leur milieu d’existence. L’impact des activités de production et des modes de vie que les hommes se sont choisis ont fini par contaminer gravement les écosystèmes et, par contrecoup, menacer la santé des populations exposées. L’impureté de l’air, la pollution des eaux, les terres cultivables gorgées de pesticides, les sites industriels désaffectés (mais toujours infectés), les décharges sauvages abandonnées sans ménagements, les incinérateurs d’ordures ménagères rejetant leur dioxine ne sont que quelques exemples de sources d’exposition à de multiples substances toxiques. En ajoutant les effets du réchauffement climatique, le foisonnement des ondes électromagnétiques, les risques nucléaires, les dangers potentiels des nanoparticules et la prolifération des plantes génétiquement modifiées, on peut considérer que nous vivons dans un état d’insécurité environnementale latente. Cette insécurité est globale car nombre de phénomènes qui la produisent ignorent les frontières entre les nations et conjuguent leurs effets destructifs.
Cet alarmant constat est à présent dénoncé par de nombreux scientifiques partout où l’on enregistre une nette progression des maladies liées à la toxicité de l’environnement. Ces médecins et chercheurs réclament que l’on bâtisse une « médecine environnementale » à la fois préventive, par la prise en compte sérieuse des risques d’exposition, et curative, par le développement de traitements adaptés à ces nouvelles pathologies. Si quelques pays ont pris de l’avance sur les autres, nulle part cette médecine nouvelle n’existe encore. Il y faudra des budgets de recherche conséquents, une volonté de mesurer vraiment l’impact des nuisances « environnementales » sur la santé humaine, le renoncement de la posture consistant à prendre ces « nouveaux » malades pour des gens atteints de troubles psychologiques, la subordination des intérêts mercantiles à la promotion d’un « bien sanitaire commun ».
Cependant, il faut énoncer un fait trop souvent passer sous silence : il existe une fracture écologique mondiale. De même que dans chaque nation les pauvres sont plus vulnérables aux risques environnementaux, à l’échelle planétaire les pays pauvres ne sont pas logés à la même enseigne que les pays riches. Combien de produits chimiques interdits dans ces derniers sont massivement utilisés dans l’agriculture ou l’industrie des pays du Sud ? Combien de firmes du Nord profitent de l’absence ou de la faiblesse de la législation des pays en développement pour y produire de manière malpropre ? Pourtant, un paradoxe éclate. Si « les riches détruisent la planète » en préservant leur standing et en méprisant les pauvres, ce sont eux qui ont les moyens de nettoyer l’environnement, de le rendre vivable durablement. Le feront-ils pour eux seuls ?

Extraits audios du débat

– Pour écouter un résumé de l’intervention de Patrick Viveret, philosophe , cliquer sur viveretattac.mp3

– Pour écouter un résumé de l’intervention de André Cicolella, biologiste , cliquer sur cicolella.mp3

SOIREE DU VENDREDI 18 MAI : « NUAGE (D’INTOXICATION) NUCLEAIRE »

> Projection de « Le soleil et la mort – Tchernobyl, et après » de Bernard Debord . Une enquête sur « la conspiration du silence » qui détaille vingt ans après l’accident, preuves à l’appui, les répercussions terribles de cette catastrophe nucléaire.

– Pour écouter la réaction du réalisateur , cliquer sur debord.mp3

>> Débat animé par Ivan Du Roi, journaliste à Témoignage Chrétien, avec la participation de Annie Thébaud-Mony, sociologue et directrice de recherche à l’Inserm, Johnny Da Silva du Réseau « Sortir du nucléaire » et Martial Mazars (CRIIRAD).

Synopsis : Parmi les débats de société qu’il semble impossible de poser avec l’honnêteté que requiert la vie démocratique, la question nucléaire tient une place de choix. La proclamation, régulièrement ressassée, de la différence entre nucléaire civil et nucléaire militaire n’entraîne pas que le premier soit traité avec transparence quand le second doit rester « discret ». Dans sa dimension énergétique, le nucléaire est un système centralisé et policier dont la stratégie est menée de manière omnipotente par de « grands acteurs » au mépris de l’information et de la consultation des citoyens alors même qu’elle engage durablement et coûteusement l’avenir de la société. Face à cette insuffisance démocratique, il convient d’analyser le double « mensonge nucléaire » par lequel on fait de cette source d’énergie la solution des problèmes économique et écologique d’une part, et grâce auquel les pouvoirs en place minimisent dramatiquement le risque sanitaire pour les populations exposées d’autre part.
Le premier bienfait prétendu du nucléaire est l’indépendance énergétique qu’il apporte à la France. Pourtant, avec 58 réacteurs l’atome couvre péniblement 17 % de notre consommation d’énergie. De plus, 100 % de l’uranium, le combustible indispensable aux centrales, est importé. L’idée d’indépendance est donc une fadaise. Un autre argument fallacieux est souvent présenté : le recours à l’atome serait une solution contre le réchauffement climatique. Or, il ne couvre que 2 % de la consommation mondiale d’énergie. Ainsi, le rapport  » Facteur 4 « , remis au gouvernement en octobre 2006, est sans ambiguïté : l’apport du nucléaire dans la lutte contre l’effet de serre est marginal. Ces arguments sont cependant répercutés à l’envi par la plupart des médias tout comme celui de la sécurité optimale des installations gérées par EDF. Cette dernière affirme que le réacteur EPR, dont l’une des implantations est prévue à Flamanville en Normandie, est parfaitement sûr et que son fonctionnement, même affecté par un accident très grave ou une attaque terroriste, n’entraînerait pas de graves conséquences pour les communautés environnantes, la France et l’Europe. Une étude réalisée par John Large, expert britannique de renommée internationale, vient contredire cette thèse en affirmant que l’EPR est le réacteur le plus dangereux au monde. Enfin, si on ajoute l’embarras des déchets radioactifs et le coût de démantèlement des anciennes centrales, le fardeau que représente le système électronucléaire est donc bien lourd à porter.
Le second mensonge consiste en la dédramatisation (quand il ne s’agit pas de dénégation) des conséquences de l’exposition des individus ou des populations aux radiations nucléaires. Entre 1960 et 1996, la France a procédé à 210 essais atomiques aériens, souterrains et sous-marins, au Sahara puis en Polynésie. À ce jour, il n’est toujours pas permis de faire toute la lumière sur les conséquences pour la santé et la vie des 150.000 militaires qui ont participé à ces essais pas plus que pour les populations proches des atolls de Mururoa et Fangataufa. La même posture longtemps adoptée par les autorités politiques à propos du « nuage de Tchernobyl » est désormais battue en brèche par des laboratoires indépendants (comme la CRIIRAD) ou des organismes officiels obligés de se rendre à l’évidence. l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, organisme d’État a récemment réévalué les retombées en France du nuage radioactif. Les chiffres, d’aujourd’hui montrent une « différence d’un facteur parfois supérieur à 1.000 » par rapport aux premières informations diffusées par le gouvernement français à l’époque de l’accident. Dans un tel contexte de légèreté (le mot est faible) comment lancer enfin le débat qui convient aux questions engageant le sort des générations à venir ? Il est temps de ne plus attendre !

Extraits audios du débat

– Pour écouter un résumé de l’intervention de Annie Thébaud-Mony, sociologue et directrice de recherche à l’INSERM , cliquer sur annie.mp3

– Pour écouter un résumé de l’intervention de Johnny Da Silva, représentant du Réseau « Sortir du nucléaire » , cliquer sur sortirnucleaire.mp3

SOIREE DU DIMAMCHE 20 MAI : « PLONGEON DANS LE GRAND BAIN CHIMIQUE »

> Projection de « La digue » de Frédéric Touchard . L’action se situe à l’Ouest du port de Dunkerque où est érigée la digue du Break qui sépare un vaste complexe industriel des côtes de la mer du Nord. Problème : un nombre important de riverains la fréquente malgré la dangerosité du lieu.

– Pour écouter la réaction du réalisateur , cliquer sur touchard.mp3

>> Débat animé par Patrick Piro, journaliste à Politis, avec la participation de André Cicolella, biologiste, et Geneviève Barbier, médecin.

Synopsis : L’univers chimico-industriel exacerbé dans lequel l’Homme baigne insensiblement depuis cinquante ans au moins (100.000 molécules nouvelles ont été mises en circulation depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale) a commencé de produire ses effets morbides. Si la nocivité de certaines substances auxquels nous sommes exposés quotidiennement est avérée depuis longtemps déjà, l’incrédulité persiste quant à l’ampleur considérable de l’empoisonnement de notre environnement et au caractère partiellement irréversible de celui-ci.
L’Homme ne saurait ici plaider l’innocence. Avant d’être la victime de la dégradation de la qualité de son environnement, il en est le premier responsable. Cependant, l’Homme générique se décline en une multitude d’individus et de groupes d’individus aux comportements variés et aux responsabilités très inégales. Le meilleur moyen de ne rien changer jamais serait de considérer que nous sommes tous égaux en cette matière, de ne pas rechercher et désigner les coupables de la « pandémie silencieuse ». Si l’environnement chimiquement pur n’existe pas – la nature contenant de multiples substances chimiques natives -, cela ne nous autorise en rien à considérer que l’on peut sans dommages créer de nouvelles molécules et les répandre massivement sur les terres, dans l’air ou dans l’eau. C’est bien de la chimie fabriquée par les hommes dont il faut s’occuper. Le pouvoir de digestion des écosystèmes est désormais impuissant, les seuils de tolérance dépassés depuis longtemps.
Diverses études scientifiques internationales révèlent un taux anormalement élevé de leucémies, de tumeurs cérébrales et d’autres formes de cancers au sein de la population des agriculteurs. Un groupe de chercheurs de l’École Harvard de Santé Publique a découvert que 202 produits chimiques industriels peuvent endommager le cerveau humain, et conclut que des millions d’enfants dans le monde sont probablement touchés. Leur étude, récemment publiée, affirme que l’exposition du fœtus et du nouveau-né à ces substances (par exemple le plomb et le mercure) peut endommager le cerveau en cours de formation et peut mener à des désordres du développement neurologique, à des déficits de l’attention ou à des retards mentaux. L’incrimination des pesticides dans la baisse de la fertilité masculine est une autre découverte récente des scientifiques.
Il n’est donc plus permis de nier l’évidence, cette évidence dont le dévoilement n’en est qu’à ses débuts tant le nombre de substances chimiques n’ayant pas encore révélées leur impact sur la santé humaine est grand. Pour l’heure, les industriels et leurs relais politiques et scientifiques tentent de promouvoir le concept de la « chimie verte ». Ce nouvel oxymore ne risque-t-il pas d’empêcher le pouvoir politique de retarder encore le moment de prendre sa responsabilité.

Extraits audios du débats

– Pour écouter un résumé de l’intervention de André Cicolella, biologiste , cliquer sur andre.mp3

– Pour écouter un résumé de l’intervention de Geneviève Barbier, médecin généraliste , cliquer sur barbier.mp3

SOIREE DU LUNDI 21 MAI : « VOYAGE AU SEIN DU BLUFF TECHNOLOGIQUE »

> Projection de « Le silence des nanos » de Julien Colin . Une cyber-enquête virtuelle avec des séquences audiovisuelles glanées sur la toile, chronique d’une troisième révolution industrielle annoncée.

– Pour écouter la réaction du réalisateur , cliquer sur colin.mp3

>> Débat animé par Jean-Luc Porquet, journaliste au Canard Enchaîné, avec la participation de Etienne Cendrier, porte-parole de l’association Robin des toits et Claudia Neubauer, coordinatrice de la fondation Sciences Citoyennes.

Synopsis : Le monde physique et familier dans lequel nous évoluons est progressivement recouvert d’un « brouillard invisible » et jonché d’une « poussière intelligente » souvent invisible. Ce brouillard est fait de la multitude d’ondes électromagnétiques qui traversent notre espace pour relier et activer le nombre foisonnant de nos machines communicantes. Cette poussière est représentée par les innombrables « puces » minuscules mais néanmoins bourrées d’informations grâce auxquelles le moindre de nos déplacements, le plus insignifiant de nos actes laissent des traces informatiques stockables. Cet univers pour ainsi dire immatériel qui insidieusement nous submerge, de façon à la fois inodore et indolore, transforme peu à peu la vie de chacun et la réalité sociale sans que nous y prêtions vraiment attention. A cela s’ajoutent désormais les « promesses » des nanotechnologies et leur univers de l’infiniment petit – 100.000 fois moins épais qu’un cheveu – façonné à volonté par l’homme, atome après atome.
Au-delà de l’habituelle fascination pour la Technique et de la kyrielle de bienfaits -abondamment vantée par le système publicitaire – qu’elle apporte dans nos vies qui en dépendent chaque jour davantage, l’omniprésence du maillage électronique ténu et la prolifération des nanoparticules posent deux questions fondamentales. La première est d’ordre sanitaire, la seconde d’ordre sociétal. Le rythme des installations d’équipements émetteurs d’ondes électromagnétiques est beaucoup plus rapide que celui des études de leur impact sur les populations les plus exposées. Les émissions sont de plus en plus puissantes, leur nombre toujours plus élevé, les populations surexposées sans cesse plus nombreuses. Les études, souvent commanditées par les industriels du secteur, sont bien peu scientifiques, quand leurs résultats ne sont pas dissimulés ou tronqués. Elles ne parviennent pas à rassurer le nombre croissant de personnes atteintes de troubles inexpliqués, telles les insomnies ou les migraines persistantes, que l’on préfère qualifier d’affections psychosomatiques.
Les nanotechnologies, présentées comme la révolution des révolutions, génèrent quant à elles des nanoparticules dont la nocivité, encore mal délimitée car trop peu étudiée, est déjà scientifiquement avérée. Ces particules nanométriques peuvent passer certaines barrières corporelles réputées infranchissables : la barrière alvéolocapillaire, la barrière hématoencéphalique ou la barrière placentaire. Le dioxyde de titane, notamment contenu dans certains produits cosmétiques, considéré habituellement comme inoffensif, devient réactif en dessous de cent nanomètres. Des nanoparticules inhalées peuvent se déposer au fond de l’appareil respiratoire, passer dans le sang et se diffuser dans tout l’organisme. Entre 500 et 700 produits vendus dans le commerce contiennent déjà de telles nanoparticules.
L’autre révolution technologique, celle de la « communication-monde », est aussi une autre aventure. La mise en réseaux de toutes les machines « intelligentes » n’est pas neutre quant au modèle de société qui en découle. Avec ce quadrillage serré et puissant plus rien ne sera laissé au hasard. L’incertitude et l’inattendu ne seront plus de mise. Nous jouirons enfin du vertigineux plaisir de maîtriser parfaitement les moindres détails de notre éphémère existence. De plus, l’instantané aura réglé son compte au pénible agacement de l’attente inutile. Voilà un monde effrayant où toute chose devient objet de calcul immédiat, où le plaisir de la découverte de l’inconnu est ravalé au rang de désuétude profane quand l’heure est à la célébration du culte technocentrique. Pourtant, l’effroi pourrait être pire encore. L’hypervitesse et l’hypercalcul pourraient être complétés par l’hypercontrôle, action par laquelle tout individu devient un suspect en puissance dès lors que tous les individus sont susceptibles d’être surveillés.
Quand les prouesses de la Technique et les exigences de ses marchands prennent à ce point le pas sur la santé et la liberté des hommes, c’est le sens que la société doit se donner à elle-même qui est compromis. Du reste, s’agirait-il encore d’une société ?

Extraits audios du débats

– Pour écouter un résumé de l’intervention de Etienne Cendrier, porte-parole de l’association Robin des toits , cliquer sur cendrier.mp3

– Pour écouter un résumé de l’intervention de Claudia Neubauer, coordinatrice de la fondation Sciences Citoyennes , cliquer sur claudia.mp3

Source textuelle : http://www.local.attac.org/images-mouvementees

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