Qu’est-ce qui est essentiel pour moi ?

Adhérente depuis un peu plus d’un an au Parti communiste, la préparation du Congrès reste pour moi quelque chose d’assez flou. Mon engagement vient d’une sorte de frustration, j’en avais assez de laisser mon avenir dans les mains d’autres qui seraient plus professionnels : « les as de la politique ». Issue de ce que l’on appelle communément le mouvement social, je suis syndicaliste étudiante, j’avais besoin de voir plus loin, de confronter des idées dans un mouvement de politique globale. Mes premières expériences de cellules ont été assez douloureuses. J’ai été rattachée à une cellule qui ne correspondait pas à mon lieu de vie qu’on avait décidé de rajeunir. Je me suis rarement retrouvée dans les débats de cellules trop théoriques, trop éloignés de mon quotidien.

Il me paraît, alors, essentiel de concevoir d’autres engagements militants que les cellules, où des communistes (adhérents ou non du parti) puissent s’investir et débattre pour changer la société, sans pour autant abandonner ce qui existe. Face à la crise de l’engagement, à la crise de la politique, on pourrait envisager de faire de la politique autrement, de faire de la politique qui ne soit pas affaire de spécialistes en ouvrant d’autres espaces. Je tiens à la participation du Parti communiste à tous les lieux de décisions de la mairie au gouvernement. En effet, comment concevoir changer la société sans chercher tout d’abord à faire avancer un certain nombre de choses au sein même du lieu où se prennent les décisions ?

Si les ministres communistes sortent du gouvernement, je ne comprendrais pas l’utilité du Parti communiste. Et si le grand soir fait encore rêver, je pense que l’avenir, que le changement de la société vers une société plus humaine, plus juste et plus solidaire se construit de petites pierres que chacun à son niveau pose. Il en est de même avec les ministres ou du lien que l’on se doit de tisser avec le mouvement social.

Le changement de fonctionnement du Parti communiste doit prendre en compte tous les éléments, toutes les formes d’engagements, et, ainsi, permettre un rajeunissement et une féminisation des responsabilités à tous les niveaux. Comment imaginer une nouvelle société, d’autres rapports humains quand même au sein du parti qui le clame haut et fort on assiste à une guerre de pouvoir ? Permettre à plus de femmes d’être responsables, c’est aussi concevoir autrement les responsables que tout dévoués à l’organisation, faisant impasse sur leur vie de famille ou vie privée. Tout cela est essentiel pour moi, et je pense qu’y passer à côté dans le cadre de la préparation du congrès serait une erreur et que l’évolution du parti ne serait pas vraiment une évolution.

* Etudiante, syndicaliste

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