De nombreux intervenants, non seulement dans Regards, mais aussi ailleurs, y compris au CN, évoquent souvent la nécessité de « militer et de faire de la politique autrement ». Tous insistent à juste raison sur l’utilité de trouver des formes nouvelles pour faire avancer nos idées et dialoguer avec les gens, mais rares sont ceux qui font état d’expériences faites en ce domaine. Pourtant, chacun sait que l’on convainc mieux en démontrant qu’en affirmant.
Je suis choqué de la façon dont on traite parfois l’esprit de sacrifice des anciens militants. On veut bien leur accorder une médaille mais pas question de les imiter en sacrifiant une grasse matinée pour vendre l’Huma (Forum n° 51 du 3/11, article de Yann Bouvier). Ce militantisme, dit-il, est dépassé, périmé. Belle affirmation, mais pensons-nous sérieusement que l’on transformera la société capitaliste en faisant la grasse matinée ou en écoutant la télé ? Je crains malheureusement que les jeunes générations soient contraintes de faire beaucoup de sacrifices pour en finir avec la domination du capital financier car celui-ci n’a pas pour habitude d’abandonner ses privilèges sans combattre.
Gardons toujours un juste équilibre lorsqu’on parle du passé, abandonnons cette fâcheuse tendance à tout noircir ou rejeter. Autant il est nécessaire de tirer les enseignements des erreurs antérieures, autant il est indispensable de valoriser ce qui est positif. Même s’il est vrai qu’il y a crise de l’esprit de sacrifice, celui-ci est un élément éminemment positif qu’il convient, d’après moi, de valoriser et non d’édulcorer.
* Vétéran du Parti communiste, Marseille.
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