Réseaux ? Qu’es acco ?

Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne sait ou ne veut pas voir. Parfois, j’ai l’impression que cet adage s’applique à certains responsables de notre Parti. Ainsi, dans mon département, s’est créée, avec des membres du PCF et d’autres, une sorte d’association : allez, osons le mot, un réseau : qui a eu comme premier objectif de proposer à tous ceux qui le souhaitaient de participer à la fête de l’Huma. En quatre ans, c’est plus de 200 personnes qui ont été concernées, certaines proches du PCF. D’autres beaucoup plus éloignées. Alors que l’on se casse la tête par ailleurs pour savoir comment faire avec la jeunesse, l’essentiel de ces personnes étaient des jeunes, dont un nombre non négligeable issu de l’immigration. Ils ont découvert ce que pouvait être le Parti communiste à la fête de l’Huma, comme ils en ont témoigné dans les cahiers qui circulaient dans les bus du retour.

Ils se sont plusieurs fois retrouvés chez Coco et Maryline pour des causeries comme ils disent. Pour tout simplement débattre, faire de la politique entre eux et avec des militants communistes, pour en savoir plus sur un parti et des idées qui les interpellaient et les intéressaient, en ayant vérifié la sincérité d’une démarche qui évacuait tout risque de récupération. Le candidat communiste a réalisé des progrès conséquents aux dernières élections cantonales, là où l’initiative a pris le plus corps. J’ai la conviction qu’une des raisons, même si elle n’a pas été la seule, a été la contribution du vote de ces jeunes et des voix qu’ils ont contribué à rassembler.

Alors que l’on est confronté à une crise du militantisme, les « Amis de l’Huma » n’ont pas souvent manqué de tête et de bras, et je pense ne pas préjuger de leur avis en affirmant que l’on éprouve un certain plaisir à se retrouver et à militer ensemble. Et c’est tout naturellement que la proposition d’une amie d’organiser un réveillon a été reprise. Pour une première, il a connu un succès certain. Cette ambiance fraternelle, cet esprit d’équipe tiennent certainement au fait que chacun a la garantie de trouver sa place, que ses motivations et ses niveaux d’engagements seront respectés, que l’on peut pour un temps s’éloigner de l’activité et réintégrer tranquillement le groupe au moment voulu. L’échange et l’enrichissement mutuel ont pour moi à nouveau pris un sens.Les structures sont légères. Il y a des têtes de pont du réseau qui constituent un collectif d’animation. Mais il n’y a aucune hiérarchie. L’élaboration des décisions et leur mise en oeuvre s’effectuent dans une démarche de coresponsabilité. Seulement voilà, il y avait un hic.

Cette initiative partait de communistes d’en bas comme on dit, qui tout seuls comme des grands, avaient décidé de concrétiser ce qui leur tenait à coeur, en passant au-dessus des structures et des modes de vie traditionnels du PCF. En conséquence, elle n’a jamais été mise en valeur dans la fédération, et même parfois dénigrée. Parce qu’elle risquait de faire obstacle à la mobilisation pour la tenue du stand fédéral. L’accueil du samedi matin sur ce stand n’a d’ailleurs pas toujours été des plus chaleureux.

Certes, ce n’est qu’une expérience. Mais c’est une expérience. Et qui ne doit pas être unique. A force de sous-estimer, voire dénigrer ce qui peut se faire de neuf, non seulement on décourage les bonnes volontés, mais on ne voit pas ou on passe à côté de richesses et de capacités individuelles extraordinaires. Alors, s’il vous plaît, camarades, ouvrons les yeux !!!

* Directeur d’école, Lot et Garonne.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *