Du souffle à grande dose

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n citoyenneté, quelque chose se cherche. Des citoyens s’investissent de manière diverse sur des questions locales, nationales, internationales. Cela ne peut qu’enthousiasmer mon ambition communiste. Pourtant, parfois souvent on s’ennuie dans le quotidien du parti. Leur sentiment de répétition, qui lasse, voire décourage.Comme si le souffle des aspirations entrait à petite dose dans le parti. Par quelles portes peuvent-elles entrer ? Par quel militantisme peuvent-elles donner de la force, du contenu à la politique pour la transformation sociale ?Un militantisme porteur de la bonne parole décidée par le parti, à faire connaître ?Un militantisme aux rites quasi identiques depuis des années dans sa transmission de la bonne parole avec ces comptes rendus de CN ?

Un militantisme vu comme partisan ?Un militantisme où le point de vue des directions paraît avoir un statut supérieur ?Il me semble que notre militantisme, avec ses règles pour initiés se déconnecte pour une part de la recherche d’engagement individuel. Quelles images renvoie-t-il ?Personne n’adhère au parti pour faire vivre une cellule, pour vendre l’Huma, pour écouter un compte rendu de CN ou encore pour entendre « on était plus avant ».Est-ce que cela correspond à la diversité des envies, des enthousiasmes, des recherches qu’un citoyen donne à son engagement au parti ?Je crois qu’aujourd’hui ces rites peuvent étouffer.Comment réagit un jeune à la réception d’une convocation de réunion de cellule avec le langage de nos « convocations » ?

On se plaint du renouvellement mais que voulons-nous renouveler, la « structure parti » ou l’engagement transformateur ? Le premier épuise des engagements, le deuxième peut enthousiasmer, se sentir utile.Militer, c’est une décision individuelle d’utilité dans un temps compté pour chacun ; ne le perdons pas dans l’ennui.Partant de chacun pour que s’ouvrent des espaces communistes d’engagement, de débats, de circulation d’informations, de décisions et d’actions aussi divers dans le contenu et la forme.

Thématiques, transversaux, locaux. Leur identité, c’est une volonté politique pour que l’humain soit prioritaire dans un monde où il est réduit à un coût.Des espaces collectifs où la richesse des individus qui y participent donne de la force, de la création et de la diversité au mouvement de résistance et de dépassement du capitalisme. Faut-il les formaliser ?

Pourquoi toujours tout structurer ? Des espaces ouverts par ceux qui en sentent la nécessité et l’utilité. L’important, c’est l’ambition qu’ils existent au moment où ils sont sentis comme nécessaires, comme lieu qui compte, qui décide, qui agit, qui débat, qui fasse circuler de l’information par l’apport de chacun. Des espaces dont la vie soit créatrice d’idées, de pratiques politiques locales, nationales, internationales.Quelle cohérence, dira-t-on ? Qui décide de la cohérence ? A partir de quoi ? D’un savoir détenu par une avant-garde ? Avant-garde de qui et de quoi ? Ou cohérence de volonté transformatrice qui place l’individu comme premier en politique.

Des questions nouvelles se posent.Qui a le pouvoir de décisions ? d’animations ? quelle circulation d’informations ? et vers qui ? quel rôle des « directions » ou plutôt quelle notion de responsabilités partagées pour que vive l’engagement de chacun dans sa force collective ?La question des pouvoirs est posée, mais n’aspirons-nous pas à une société au pouvoir partagé ? Nombreux sont les communistes à les saisir quand l’occasion leur est donnée.

* Militant communiste à Grigny.

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