S’épanouir en militant

Nos structures sont inadaptées à la société d’aujourd’hui, à notre nouveau communisme. Elles sont celles du communisme du XXe siècle. Notre réflexion ne doit faire l’économie d’aucun débat. Y compris sur la forme « parti ». Régénerescence, disparition, statu quo ? Pour l’instant, je n’ai pas de position tranchée sauf une certitude personnelle (je n’ai plus envie de jouer les gardiens du temple, ce rôle démontre vraiment un manque d’ambition et introduit de manière exclusive la question de l’outil au détriment de celle de l’objectif) et un sentiment tout aussi personnel (si l’on optait pour demeurer le parti communiste, cette structure ne saurait suffire pour dynamiser toute la force communiste, tous ceux participant du communisme sans forcément mettre ce mot derrière leur combat).

J’espère aussi participer à l’élaboration d’un parti nouveau car capable de se dire qu’il n’a pas raison sur tout. Avoir forcément raison, c’est aussi se donner au sein de notre parti des dépositaires de la vérité, avec tout ce que cela peut avoir de hiérarchisant et de sclérosant pour le débat. Avoir forcément raison, c’est aussi ne pas faire confiance aux citoyens avec lesquels nous entendons pourtant construire et qui sont aussi porteurs d’idées justes et à prendre en compte dans cette construction. Notre rôle n’est-il pas d’aider les exigences à s’exprimer, à se structurer, à grandir, tout en mettant dans ce travail notre part d’idées, de réflexions et d’expériences ?

J’entends un débat sur la nécessité de demeurer un parti de proximité (et cela est nécessaire si l’on travaille à une transformation active de la société par les citoyens). Au nom de cette proximité, la cellule, à condition qu’elle fonctionne, serait la panacée et se suffirait. Ce discours tend à oublier que ce sont les individus communistes qui font cette proximité. On en vient au débat sur les structures qui leur permettent d’être à l’aise pour effectuer ce travail militant. La cellule peut en être une, mais il y en a d’autres. Depuis quelques années, il est permis aux communistes de se doter de structures horizontales, thématiques, de réseaux, etc. qui peuvent être utiles pour leurs activités. Mais, au final, quelle est la part d’efforts fournis par les directions pour créer et dynamiser ces structures ? Assurément moins que celle accomplie pour « faire vivre » les sections et les cellules selon une conception traditionnelle. Or ne pas se donner tous les moyens d’inventer des nouveaux lieux de militantisme, c’est niveler par le bas l’engagement, c’est gâcher les compétences et empêcher la richesse communiste de fructifier.

On parle de crise de l’engagement. Je pense qu’il y a effectivement crise, mais d’un certain type d’engagement : l’engagement entier, basé sur l’abnégation, sur la standardisation de l’acte militant, sur la routine, sur le « il faut que », voire sur l’esprit de sacrifice : ah, cette grasse matinée dominicale qu’on sacrifie sur l’autel de la tournée de l’HD… Oui, il y a crise de ce type d’engagement qui ne prend pas en compte les individus dans toutes leurs sensibilités particulières. Personnellement je n’irai pas pleurer sur ce phénomène (j’entends dire qu’il en faut, des militants animés d’un tel esprit ; je leur souhaite plutôt un militantisme bien plus épanouissant).Je trouve une grande disponibilité à s’engager dès lors que les enjeux sont clairement identifiés et accessibles. Ainsi on se sent utile si on a son mot à dire sur les formes et le contenu. C’est cette manière d’être militant qu’il faut libérer dans la société et dans notre parti.

* Assistant parlementaire.

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