Scénario à l’italienne

D’abord il y a l’orientation…

A travers l’opaque, les rideaux de fumée et les mots destinés à rassurer, on la devine qui se glisse, on la sent. Je vois bien sur quel chemin on veut nous conduire. Le choix est fait en haut lieu de transformer le parti révolutionnaire en un parti social-démocrate, de boucler l’espoir né en octobre 17 comme on ferme une valise en s’asseyant dessus pour l’écraser. Le choix est fait de ne plus dépasser mais de s’adapter au capitalisme, comme si la nuit ne finissait pas à Tours mais à Gardanne. On nous entraîne vers un scénario à l’italienne, vers la « cosa ».

Ensuite, il y a le verbiage…

Toute cette démarche s’accompagne des mots pour la cacher ou parfois la justifier. Les mots utilisés sont rutilants : « nouveau », « moderne », « mutation ». Mais ils sont vides de sens. Chacun peut y mettre ce qu’il veut, ils sont assez vagues pour cela. Ils veulent dire tout et n’importe quoi. On substitue au fond une espèce de sabir que doit parler couramment tout dirigeant du PCF qui se respecte. En revanche, pour ce qui est de la théorie, on dirait du marxisme de bazar.

Et puis il y a le mépris,la condescendance…

Prenons le mot « nouveau ». Utilisons-le à tout bout de champ et voilà que ceux qui n’acquiescent pas sont des « vieux-traditionnels-conservateurs ». Et pourtant, il ne suffit pas qu’un aréopage, fût-il la direction du PCF, déclare que quelque chose est nouveau pour que cette chose le soit effectivement.

Par exemple, qu’est-ce qui fonde réellement le concept de « nouveau capitalisme » ? Parler de nouveau stade du capitalisme, oui, et depuis quelques années, mais le capitalisme est toujours lui-même, reposant plus que jamais sur l’exploitation de l’homme par l’homme. L’auto-proclamation n’a pas valeur de preuve, ni l’anathème. Quant aux explications évoquant les communistes n’ayant pas compris le message, elle me font penser à Brecht : « Le peuple a tort, il faut dissoudre le peuple ».

Enfin, il y a la démocratie…Encore un domaine dans lequel ceux qui décident s’auto-proclament innovants. En vérité, quelle innovation y a-t-il dans le PCF, à ce que tout soit décidé à l’avance par un quarteron de dirigeants, à ce que tout ce qui sort de la bouillie habituelle soit systématiquement omis, écarté, à ce que les journalistes soient informés avant les communistes de la sauce à laquelle ils vont être mangés (cf. les 8 ou 10 textes du Congrès). Ce n’est plus « ferme ta gueule » mais c’est le règne du « cause toujours ». Jusqu’à quand ?

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