Les souvenirs de modèles anciens médiatisés par un grand parti centralisé continuent de freiner le passage à l’acte. La liste Bouge l’Europe n’a pas bougé les cellules.
La promesse communiste d’être un acteur politique pour les « non-initiés » se heurte à des structures historiques qui justement se destinaient à produire des experts.
Les besoins de la société et des individus dévoilent chaque jour ces contradictions.
Le capitalisme assoie son règne par la division des choses et des gens, par la concentration des richesses en réduisant le nombre de ceux qui les gèrent. De Vilvoorde à Michelin, administrer l’économie pour ne pas laisser le marché administrer les vivants, sonne comme une urgence. Parce que la bureaucratie capitaliste, elle, s’accommode parfaitement de la gestion de la misère qu’elle provoque.
Alors cloisonner le citoyen à la Cité pendant que le travailleur est exploité à l’entreprise renforce la domination politique d’une poignée d’actionnaires au service du profit immédiat. Reprendre l’entreprise, rendre le citoyen au travailleur pour unifier enfin le politique et l’économie, c’est à cela que doit oeuvrer une formation communiste.
Parce que chaque individu, de par sa qualité de membre d’une collectivité, est en mesure d’exiger la mutualisation des savoir-faire pour exercer sa souveraineté sur l’ensemble des territoires de sa vie.
Que les citoyens s’interrogent faute de ne pouvoir exprimer et affronter les conflits à grande échelle pour tenter de les résoudre n’implique nullement d’attendre le moment où l’on aura la réponse.
Disposer de réseaux communistes capables de déclencher cette expression pour engager des recherches collectives suppose d’en finir avec la sacralisation de l’expert, le monopole du savoir et l’attente de recettes prêtes à l’usage. Inventer, imaginer l’après capitalisme dès maintenant, en transformant la pyramide communiste pour la mettre au service des citoyens, c’est conditionner la transformation radicale de la société à la mise en mouvement de tous.
Le Parti doit accélérer sa mutation vers le communisme en se dotant de structures capables de produire de la libération en actes, en changeant d’attitude envers les intellectuels, les femmes et les jeunes.
Parce que le communisme n’est pas le monopole d’une organisation ou d’une classe sociale.
Parce que se contenter de quelques paragraphes lyriques dans des textes de congrès ne suffit pas.
A nous d’unifier enfin la visée communiste dont nous nous réclamons avec nos actes.
* Animateur en foyer de jeunes travailleurs.
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