Pourquoi je ne suis pas devenu membre du PCF…

Poser ce préalable, c’est déjà avoir conscience du lien qui pourrait s’établir entre un individu et une famille de pensée politique. Alors pourquoi ne pas avoir adhéré ?

Aussi loin que je me souvienne, comme tous les trentenaires, je n’aurai connu que le déclin du PCF. J’ai suivi cette situation au travers du prisme familial. Issu d’une famille de militants communistes, j’ai apprécié chez mes parents leur dévouement, l’humanité liée à leur engagement, leur volonté de contester et d’agir face aux injustices que génère notre société. Pour toutes ces raisons, je me sens proche des communistes.

A contrario, ce qui m’éloignait du PCF, c’est l’inconditionnel soutien de ses membres aux positions de ce parti. Il fallait désamorcer la critique, faire front face « aux autres » en défendant un raisonnement parfois peu en prise avec notre société. De plus, les structures très hiérarchisées et peu souples qui abritaient le mythe de la démocratie au sein du PCF ne me paraissaient pas viables. Elles me semblaient mal adaptées à une véritable réflexion politique réalisée de manière démocratique, capable de proposer une alternative au système libéral.

Aujourd’hui, alors que, dans le cadre de ma profession, je réalise un film sur des militants du PCF, tout cela me semble changer ; la critique est de rigueur et d’ailleurs peut être trop présente, et rarement constructive. Que reste-t-il au final de toutes ces réunions de cellules et de sections pour la construction d’un nouveau projet communiste ?

De cette situation, j’entrevois un double défi que doit relever le PCF. D’une part, réorganiser ses structures pour offrir un espace de débats et de construction dans lequel puissent s’identifier les progressistes. D’autre part, proposer un nouveau projet communiste fédérateur capable de répondre au besoin urgent d’alternatives que la population exprime vis à vis de la société « marchande ». Dire non au libéralisme, mais comment faire pour le dépasser dans le cadre d’un projet de société ?

La complémentarité de ces deux points rend ce défi difficile à relever. Comment réunir les énergies capables de produire un nouveau projet communiste sans structure ad hoc ? Comment parler de restructuration sans projet fédérateur ?

Je pense que le temps n’est plus à la critique, mais réellement à la construction. Que propose le PCF pour dépasser le libéralisme et au sein de quelle structure y travailler ?

Il me semble que la réflexion ne peut se tenir que dans de petites structures engagées sur une thématique particulière. Que le débat en cellule ou en section aurait intérêt à s’appuyer sur ce genre de travaux. Qu’une relation plus directe entre la direction et ses membres, sous forme, par exemple, de représentation tournante de la base auprès des instances dirigeantes, permettrait de gagner en représentativité, en valorisation et en reconnaissance. Ou encore, créer un observatoire des mouvements citoyens qui se développent en France et dans le monde afin de les rejoindre en temps opportun.

C’est de ce Parti communiste-là dont je me sentirais proche, comme tous ceux qui tentent de poser un regard humain sur ce monde en construisant des ponts sur le torrent du libéralisme. .

* Réalisateur.

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