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Modernité de plus d’un siècleL’orientation générale choisie par Ségolène Royal est positive, de l’avis de Françoise Dumont, responsable des collèges pour le Syndicat national des enseignants du second degré (Snes) “dans la mesure où elle ne remet pas en cause le principe du collège unique et maintient l’hétérogénéité des classes”.
Le jugement se nuance quant au contenu. Les mesures annoncées “reconnaissent des besoins” en énonçant que l’hétérogénéité des classes exige des aides en faveur des élèves faibles, mais elles ne s’attaquent pas à la ghettoïsation de certains établissements, problème épineux que soulevait le rapport de F. Dubet, en lien avec les dérogations à la carte scolaire. Elles ne s’attaquent pas non plus au problème des effectifs par classe. Les travaux croisés peuvent être intéressants dans la mesure où ils concrétiseraient un projet interdisciplinaire mais nécessitent un vrai travail en équipe.
Comment élaborer ces travaux en commun et quels horaires leur attribuer ? Les mesures gouvernementales n’accordent pas vraiment d’importance à la concertation nécessaire à l’évolution du métier d’enseignant. Par exemple, la multiplication des réunions exige la concertation et pose des problèmes d’horaires, mais rien n’est prévu pour y faire face. Quant à la réduction du temps de travail pour les enseignants, elle est purement et simplement ignorée.
Souci de cohérence
La mise en oeuvre de ces mesures est encore autre chose. L’affectation de ces moyens se fera par dotation en heures supplémentaires. “Comment répartir 33 000 heures supplémentaires ? Un casse tête pour les chefs d’établissements. Une contradiction avec la mesure de Claude Allègre d’une seule heure supplémentaire imposable. Pour notre part, nous proposons que les évaluations servent de base à l’affectation de ces heures”. Le Snes, poursuit Françoise Dumont, “est tout à fait d’accord avec l’application de la mesure des groupes de 8 élèves de sixième, mais comment assurer ce travail en heures supplémentaires, et puis comment lier les groupes et les classes complètes ? Ce devrait être le même enseignant qui fait cours à toute la classe et aux petits groupes, par souci de cohérence”.
* Secrétaire nationale du SNES,responsable des collèges.
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