Ma réaction devant l’annulation des sanctions anciennes récemment décidée par le PCF est d’abord : mieux vaut tard que jamais. D’autre part, il y a si longtemps que l’Histoire a tranché les débats qui m’opposèrent au parti que je ne suis pas sûr que cette annulation ait un sens pour moi. Elle ne change rien au procès public qui m’a été intenté à la Fête de l’Humanité 1973. Au surplus, les attendus de cette décision esquivent le problème politique de fond posé par le passé du PCF. Reconnaître la possibilité d’y exprimer un « point de vue différent » est certes convenable, mais l’introduction de ce minimum de démocratie interne sert à évacuer la question décisive du mensonge politique « pour le bien de la cause ».
De la crédibilité
Si la question du mensonge politique reste écartée, réhabiliter les sanctionnés ne peut valoir qu’un blanc- seing aux procureurs qui mentirent délibérément pendant tellement d’années aux communistes et au peuple français, dans tous les domaines et, en particulier, sur les réalités des pays dits socialistes ou sur l’histoire même du PCF. La crédibilité morale de la « mutation » de celui-ci me paraît à ce prix.
* Ecrivain, essayiste, historien d’art, ancien directeur des Lettres françaises.
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