Il est temps, il est grand temps…

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Contribution au XXIVe Congrès du PCF, Intervention au Comité fédéral du Rhône, 28 février 1979, Doute de toutCe que je pense maintenant des décisions prises par le PC ? Evidemment, je suis d’accord avec les mesures prises pour liquider les défauts que j’ai combattus depuis vingt ans. J’en pense ce que Jean Bruhat écrivait en 1981-1982 en conclusion de ses souvenirs : « Je ne sais quel optimisme me pousse à toujours repartir à l’assaut. Pas de conclusion, non, pas de conclusion, sinon le faible espoir d’être un peu entendu lorsque, m’adressant fraternellement mais très modestement aux dirigeants de mon vieux Parti, je leur dis encore une fois : il est temps, il est grand temps de rénover, de transformer, de libérer nos pratiques et nos méthodes. (…) Il est temps, il est grand temps de devenir le Parti accueillant, ouvert à toutes les idées, joyeux de lutter, de partir vers un avenir qui ne peut jamais être qu’une aventure inédite, sans peur, et en avant nous arracher définitivement à l’insupportable gangue qui nous enserre toujours. Mais est-ce possible ? Peut- être convient-il d’aller plus loin encore. On peut en effet se demander si le concept de « parti » (si vieux) n’apparaît pas aujourd’hui en quelque sorte périmé. L’heure est proche où il faudra, peut-être, lui substituer celui plus large et plus souple de « mouvement ». L’avenir nous le dira. »

Le titre des mémoires de Bruhat est : Il n’est jamais trop tard. Je souhaite que le parti puisse réussir cette mutation, réellement entreprise. Avec un souci : celui de garder son identité qui fait son originalité en conservant ainsi ce qui a fondé son rôle historique et son efficacité : ses bases théoriques d’analyse, correctement utilisées et développées.

Je suis convaincu que mon seul apport un peu efficace réside dans une réflexion théorique en rapport avec mes recherches historiques : fournir des matériaux à la réflexion est essentiel pour résister au torrent idéologique d’un conservatisme économique et politique qui se pare des attributs de la « modernité ». Je ne brûle pas ce dont mon passé s’est nourri.

Les bases théoriques d’analyse

Au soir de sa vie, la correspondance d’Engels est pleine de ce souci : « l’héritage » des inspirateurs de la conception fondamentale qui nous anime est « avant tout une directive pour l’étude, et non un levier servant à des constructions à la manière des hégéliens (…), il faut soumettre à une investigation détaillée les conditions d’existence des diverses formations sociales (et éviter) une construction systématique artificielle et (éviter de se croire) ensuite des esprits tout à fait puissants » (Engels à K. Schmidt, 5 août 1890).

* Historien, auteur de nombreux travaux sur la révolte des Canuts et le mouvement ouvrier à Lyon et co-auteur du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier de Jean Maitron.

La version intégrale de l’article de Maurice Moissonnier et les différents documents cités seront bientôt disponibles sur notre site.

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