Liliana Hristache : « Les enfants roms veulent juste vivre et avoir un avenir »

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Une semaine après les fausses rumeurs qui ont circulé sur les réseaux sociaux – évoquant le kidnapping d’enfants par des Roms -, comment vivent les familles ? Quelles conséquences sur les enfants ? Liliana Hristache, présidente de Rom Réussite, est l’invitée de #LaMidinale.

 

VERBATIM

 

 Sur les conséquences des violences à l’égard des familles Roms 
« La plupart des familles se sentent visées, elles ont peur et sont inquiètes. »
« La plupart des gens dans les bidonvilles, les femmes surtout, ne sortent plus du tout. »
« Les femmes sont enfermées et elles vivent avec la peur. »
« Depuis une semaine, beaucoup d’enfants ne sont pas retournés à l’école. »

 Sur l’évolution de la violence envers les Roms 
« Je suis inquiète pour moi dans la rue. »
« Des gens sont toujours hospitalisés en ce moment suite aux violences. »
« Il y a toujours des menaces de ceux qui disent qu’ils vont revenir avec des bâtons, incendier nos terrains, donc c’est inquiétant. »

 Sur l’origine des agressions et le racisme antiroms 
« Les agressions sont liées à la fausse rumeur qui a circulé sur les réseaux sociaux mais, en réalité, l’origine des agressions est plus ancienne. »
« On vit dans un racisme total depuis des siècles. »
« On essaie de faire changer les choses, on crée des associations pour sortir des préjugés que l’on a sur nous. »
« En tant que femme rom, je sens que le racisme est plus fort qu’avant. »

 Sur les préjugés 
« J’aimerais bien faire comprendre [à ceux qui véhiculent les préjugés] que nous ne sommes pas des voleurs d’enfants, que nous ne faisons de mal à personne et que nous ne faisons jamais la guerre. »
« Les gens nous font la guerre mais nous, nous ne la faisons jamais. A chaque fois qu’il y a un problème, on prend nos valises et on s’en va tranquillement. »
« Nous ne sommes pas des gens mal éduqués. »

 Sur la scolarisation des enfants roms 
« Le quotidien des enfants roms est très difficile et très triste parce qu’ils n’ont pas les moyens de vivre comme tous les autres enfants ? »
« Souvent, on nous dit que nos enfants ne vont pas à l’école : mais comment voulez-vous qu’un enfant soit heureux à l’école quand il est mal regardé par les autres enfants. »
« Quand on réussit à inscrire des enfants à l’école, c’est comme si on avait fait le plus gros boulot de notre vie. »
« [A cause des expulsions régulières], nous sommes amenés à scolariser les mêmes enfants deux à trois fois par an. »

 Sur l’Europe
« L’Europe pour nous, c’est une ouverture des droits dans les autres pays de l’Union européenne. C’est une ouverture des frontières. »
« Avant l’Europe, on était plus stigmatisé, plus dans des difficultés d’accéder aux droits, y compris simplement pour une domiciliation. »
« Depuis qu’on est en Europe, il y a une amélioration de l’accès aux droits mais pas d’amélioration de nos conditions de vie. »
« Je ne comprends pas pourquoi l’Etat, pourquoi cette société accepte que des gens vivent dans la précarité et dans la misère alors qu’il y a tous les moyens sur la table. »
« Il faut penser aux enfants qui veulent juste vivre et avoir un avenir. »

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