Regards, Politis et Mediapart se sont associés pour lancer un manifeste pour l’accueil des migrants signé par 150 personnalités. Pour en parler, Roger Martelli, directeur de la publication de Regards, Edwy Plenel, cofondateur et président de Mediapart, et Pouria Amirshahi, directeur de Politis, étaient les invités de la Midinale.
VERBATIM
Edwy Plenel, cofondateur et président de Mediapart
« [Ce manifeste] s’adresse à tous ceux qui croient qu’on se protègerait, qu’on défendrait, qu’on étendrait nos droits sociaux, nos droits fondamentaux en refusant, en rejetant et en se barricadant face aux migrants. »
« Accueillir les migrants, c’est se défendre nous-mêmes, se sauver nous-mêmes. »
« Il y a une liberté fondamentale : celle de se déplacer, inscrite dans la Déclaration des Droits de l’Homme. »
« L’Humanité n’est pas assignée à résidence. »
« Accueillir les migrants, c’est défendre l’égalité des droits. »
« Ne pas accueillir les migrants, c’est faire le jeu de l’extrême droite, des ennemis de l’égalité des droits, les tenants de l’inégalité naturelle et de la hiérarchie entre les cultures, entre les origines, les apparences et les croyances. »
« La société civile est au rendez-vous de la solidarité. Maintenant, aux élus, aux politiques, aux partis politiques de se rallier à ce manifeste. »
Pouria Amirshahi, directeur de Politis
« C’est aujourd’hui aux responsables politiques, aux chefs d’Etat de gouvernement européens en particulier, de prendre leurs responsabilités qu’ils fuient aujourd’hui. »
« La première responsabilité des démocraties européennes, c’est de secourir et d’accueillir. »
« Si on considère que ces femmes et ces hommes ont le même droit de vivre que tous les autres, alors il faut être conséquent et renforcer le dispositif de secours humanitaire en mer. »
« Pour être conséquent et logique, on accueille ces personnes et on leur donne tous les droits, les mêmes droits qu’à tous. »
« Le discours de l’extrême droite a largement dépassé ses propres frontières : il avait contaminé une bonne partie de la droite et contamine maintenant une partie de celles et ceux qui pourtant se réclamaient du camp des démocrates. »
« Il existe, en France, des Justes (…). Il ne faut pas les laisser ces femmes et ces hommes seuls. »
« Celles et ceux qui croient, comme la fait la gauche au pouvoir, que pour diminuer le Front national, il fallait en reprendre les termes, les mots, le verbe, se trompent lourdement. Ceux-là, pour l’Histoire, ne grandiront pas la gauche et se grandiront pas eux-mêmes. »
« Toutes celles et ceux qui n’ont cessé de courir après l’extrême droite, comme Manuel Valls ou d’autres, ont non seulement sombré eux-mêmes mais n’ont même pas su empêcher le Front national de progresser. Au contraire. »
« Aujourd’hui, il faut assumer que la France a les moyens – et même le devoir – ces hommes et ses femmes qui sont en Méditerranée. »
« Bien sûr, il faudra agir sur les causes mais en attendant, ils sont là. Bien sûr, le patronat pourrait s’en servir comme main d’œuvre corvéable à merci, c’est pour cela qu’il faut leur donner des droits et les régulariser. »
Roger Martelli, directeur de la publication de Regards
« Les flux des migrations se font d’abord vers le sud. »
« Si l’on accentue les difficultés de pays qui sont déjà en difficulté, comment peut-on vouloir arriver à un monde pacifié, stable et dans lequel on puisse se trouver en sécurité. »
« C’est une illusion totale [que de vouloir stopper les flux migratoires]. »
« Les migrations sont constitutives de l’histoire de l’Humanité. »
« Que serait l’Europe, que serait la France s’il n’y avait pas eu, depuis des millénaires, des migrations ? »
« L’idée que l’on peut empêcher et tarir les migrations est une illusion totale. »
« Les frontières, les clôtures, les murs n’empêchent pas les déplacements ; cela ne provoque que de la misère, de la violence et finalement, la fabrication des clandestins c’est-à-dire d’une main d’œuvre corvéable à merci, qui elle pèse sur le marché du travail. »
« Le manifeste appartient d’abord à ceux qui l’ont signé. »
« Mediapart, Politis et Regards prendront leurs responsabilités pour l’animation du débat public. »
« Il faut mener le combat idéologique, politique contre l’extrême droite sans lui faire aucune concession. »
« Nous allons organiser une grande soirée publique. »


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