Françoise Davisse : « La question algérienne est le point aveugle de notre histoire »

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Françoise Davisse vient de coréaliser avec l’historien Carl Aderhold le documentaire “Histoires d’une nation” en quatre épisodes diffusés ce soir sur France 2. Elle est, pour en parler, l’invitée de #LaMidinale.

 

VERBATIM

 

Sur la construction d’une identité française
« Il faut construire l’idée que la France c’est les Français parce que ce n’est pas une évidence, dans un village sur quatre, on ne parle pas français. »
« La 3ème République fait en sorte que les ouvriers français se sentent français face à d’autres ouvriers qui ne le sont pas »
« L’ouvrier italien qui a construit la tour Eiffel, il faut qu’il disparaisse. D’une part, pour ne pas dire qu’il y a eu des morts lors de la construction et d’autre part, pour que la France se soit la France. »

Sur la fabrique de l’histoire nationale
« Au-delà de l’enseignement, ça dit une histoire nationale qui est vraiment fabriquée à partir de la 3ème République. »
« C’est une souffrance pour les enfants et petits-enfants d’immigrés d’être amputés de leur histoire. Mais la France aussi n’a jamais eu son histoire complète. »
« Une grande partie de son histoire est liée à l’arrivé des réfugiés, des étrangers et au sort l’on leur a fait subir pour se créer une représentation nationale. »
« La question algérienne est le point aveugle d’une partie de notre histoire. »

Sur la question nationale
« Être français, c’est une construction politique. »
« Ce n’est pas un hasard si c’est après la guerre contre la Prusse et surtout la Commune que cela intervient. »
« La Commune aussi avait fait la proposition d’une autre unité qui était portée par les ouvriers. »
« La construction de la France moderne dans un pays éminemment paysan, se fait forcement avec l’apport de main d’œuvre étrangère. »
« Il faut débattre de la question de la nation en France. Comment on la construit ? Avec qui ? Et pour faire quoi ? »
« La nation de la 3ème République ne marche plus. Elle a marché. […] Mais elle a ses défauts. Dès qu’un problème grave se pose, c’est la division qui l‘emporte. Il faut trouver autre chose. »
« Les politiques disent que les immigrés volent le pain des français parce qu’ils n’ont aucune prise sur la crise. »
« La mesure prise pour des immigrés tôt ou tard s’appliquera pour les français et, généralement les français de même catégorie sociale. »
« Pour montrer qu’il y a histoire commune, il faut des figures communes. »
« Le pigment, c’est toujours un problème en France »

Sur l’arrivée et les traitement des jeunes migrants en France
« Les jeunes migrants arrivent avec un espoir et une envie incroyable. »
« Ils sont à la rue, ils sont tabassés, on confisque leurs affaires. Combien de temps avant qu’ils deviennent des gens de la rue complètement dégradés ? »
« Ça, c’est des Mozart qu’on assassine à la pelle. C’est des bombes que l’on fabrique. »

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