Ancien dirigeant de la LCR, il a été candidat à l’élection présidentielle de 1974. Figure historique du mouvement de Mai-68, il a plus récemment participé à la construction du NPA. Alain Krivine est l’invité de La Midinale pour faire un petit tour d’horizon de l’actualité sociale.
VERBATIM
Sur ce qu’il faut retenir de Mai-68
« Je crois qu’il faut transmettre deux choses : pour un immense mouvement spontané, il n’y a pas besoin de parti. Mais pour faire aboutir ce mouvement sur le plan politique, il y a besoin d’un ou plusieurs partis politiques. »
« En 68, il n’y avait pas de parti implanté dans la classe ouvrière. »
« Sur le plan politique, Mai-68 a été un échec. »
« En 68 on scandait ‘dix ans, ça suffit’ aujourd’hui on pourrait scander ‘un an, ça suffit’ »
Sur le mouvement social aujourd’hui
« La liaison du mouvement ouvrier avec le mouvement étudiant est évidente parce que la moitié travaille pour payer leurs études et leurs logements. »
« Le mouvement étudiant est plus faible qu’avant. »
« Le prolétariat est plus gros qu’avant mais il n’y a plus d’usine comme Renault-Billancourt. »
« Les gens ne font plus de différence entre la gauche et la droite, ils sont perdus. »
« Il faut une bonne grève générale qui dure. »
Sur la place du politique dans le mouvement social
« Je crois que les politiques ont leur place mais ils ne doivent pas remplacer les étudiants. »
« Le mouvement jeune est capital à condition qu’il se noue et lie avec le mouvement ouvrier et à condition qu’il garde son autonomie. »
« Les politiques ont à proposer, pas à imposer. »
Sur le rapport luttes / conquête du pouvoir
« Le problème n’est pas de se présenter, c’est de savoir ce qu’on dit. »
« Jamais ça n’a été par des bulletins de vote ou des élections qu’on peut véritablement diriger le pays ou imposer des revendications. C’est par des luttes et des grèves générales. »
Sur la France insoumise
« Mélenchon dort avec le portrait de Mitterrand au-dessus de son lit : c’est un mégalo de première. »
« Mélenchon est plus à gauche que le PCF sur certains points, plus à droite que d’autres sur certains points. »
Sur les européennes de 2019
« On peut avoir des listes mais toujours avec cet objectif de s’adresser à des millions de gens. »
« Je crois qu’on n’a pas intérêt à faire des alliances. »
« On a un problème : on est populaire mais isolé. »
Sur le NPA
« Il faut construire un parti qui est à la fois unitaire, radical, anticapitaliste et internationaliste : c’est ce qui nous sépare de Mélenchon ou d’un groupe comme Lutte Ouvrière – qui a de bonnes idées mais qui est très sectaire – ou d’un groupe comme les lambertistes qui sont à la fois opportunistes et sectaires. »
Sur l’extrême droite en Europe
« Ceux qui bénéficient de la crise du capitalisme c’est l’extrême droite, nationaliste, anti-immigrés et un peu anticapitaliste. »
« C’est plus facile d’être nationaliste, anti-immigrés quand il y a une crise que d’être internationaliste et anticapitaliste. Et c’est là-dessus qu’il faut travailler. »


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