Dans le cadre du projet urbain « réinventer Paris », les élus et parisiens ont découvert par voie de presse l’intention d’Anne Hidalgo de commander trois nouvelles passerelles « habitées » sur la Seine. Un collectif d’architecte et d’urbaniste ont répondu à la Maire de Paris dans une tribune parue dans Libération : « La Seine n’est pas vendre ! ». L’architecte Bernard Landau, co-auteur de la tribune, est l’invité de La Midinale.
VERBATIM
Sur le projet de constructions de trois passerelles habitées sur la Seine
« On a appris par la presse – les conseillers de Paris et les parisiens – qu’il y avait à l’étude des projets de passerelles habitées sur la Seine. »
« La Seine n’est pas une autoroute. »
« La Seine est juridiquement un espace public naturel. »
« Juridiquement, c’est une affaire très compliquée à mener. »
« On est obligé d’alerter l’opinion publique. »
« On a mis le doigt dans un engrenage d’occupation du domaine public de la ville qui est inaliénable, imprescriptible. »
Sur la tribune publié dans Libé
« On n’est pas des défenseurs rétrogrades du patrimoine ; on n’est pas fermé à ce que de nouveaux franchissements de facture contemporaine, élégante, puissent s’implanter sur la Seine. »
« La tribune vise à ouvrir un débat. On est à près de 300 signatures. Donc on va réfléchir à comment mieux organiser ce débat. »
Sur la commande des trois passerelles
« Il y a dans cette affaire l’objectif des JO 2024 et l’idée d’inventer un truc un peu flashy, qui montre que à Paris on est dans le coup et on fait des choses exceptionnelles. »
« J’appelle ça un peu l’urbanisme poker/menteur . »
« Jamais un pont sur Paris, depuis qu’on a détruit le dernier pont habité, ne s’est construit comme ça. Un pont c’est un équipement public. »
« On est dans une idée de libéralisation totale de la façon de fabriquer la Ville. »
Sur le transfert au privé des aménagements urbains
« Il y a une énorme concentration depuis les 15 dernières années des acteurs du BTP et du coup ça a des conséquences pour les architectes où seules des grosses équipes peuvent participer du nouveau jeu du Monopoly urbain. »
Sur la politique de la municipalité
« La Ville de Paris est dans des injonctions contradictoires. »
« On fait beaucoup de logements sociaux mais la pression foncière parisienne et la densification de la ville – c’est-à-dire la tentative de grignoter sur les espaces vides pour y construire, n’a jamais été aussi forte. »
« Le rôle du politique est de donner les règles du jeu et pas d’offrir des possibilités qui vont au-delà de ce que l’on pourrait penser de l’esprit d’une gestion sociale de la Ville. »
Sur l’inscription des trois ponts dans le Grand Paris
« La Ville possède des ouvrages d’art qui franchissent la Seine au-delà du périphérique. »
« Je pense qu’à l’heure du Grand Paris, alors que dans Paris on a un records mondial de ponts, avec un pont tous les 500m, et que dès qu’on franchit le périphérique on a un point tous les 4km, les priorités de franchissement ne sont pas dans Paris. »
« Trois ponts pour Paris, dans ce contexte, c’est renforcer l’entre soi. »
Sur le rapport écologie / urbanité
« Je suis un peu orientaliste (…). Il n’y a pas de séparation entre les êtres humains au sens large et le cadre dans lequel nous vivons. »
« Il y a une telle pression foncière dans les villes que se battre pour avoir un bout de terre est un combat permanent. »
« C’est mieux d’avoir des arbres en pleine terre plutôt que de l’architecture avec un arbre à tous les étages. »
« La végétalisation des toits à plein de vertus. »
« Je ne vois pas en quoi une passerelle, fut-elle plantée de cinq arbres et de trois cafés, ajoute à la vision écologique de l’histoire. »


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