{"id":996,"date":"1998-06-01T00:00:00","date_gmt":"1998-05-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/beaux-arts996\/"},"modified":"1998-06-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-05-31T22:00:00","slug":"beaux-arts996","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=996","title":{"rendered":"Beaux-arts"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>Calendrier du bicentenaire DelacroixA Rouen, Delacroix le d\u00e9butant croise le galop mature de G\u00e9ricault, idole de la nouvelle vague d&#8217;alors et natif des lieux. Delacroix prendra du feu sur l&#8217;emportement cr\u00e9ateur de ce jeune ma\u00eetre. D\u00e9j\u00e0, dans ses toiles o\u00f9 des chevaux ruent et se mordent, une grande brosse se l\u00e8ve. A c\u00f4t\u00e9, des oeuvres d&#8217;inspiration litt\u00e9raire, dessins, aquarelles, lithographies, dont celles de la suite de Faust. Son pinceau (quand ce n&#8217;est pas pointe ou burin) tremp\u00e9 dans le verbe romantique &#8211; Byron, Goethe, Chateaubriand, voire Dante &#8211; d\u00e9chire l&#8217;espace-plan, complote, soul\u00e8ve sa vision. Et son travail ne sent jamais la litt\u00e9rature ! Nulle saillie du d\u00e9tail &#8211; chien qui aboie, lumi\u00e8re sous la porte -, mais des sillons en clair-obscur qui tissent le drame. Dans les dessins &#8221; \u00e0 la pierre &#8221; &#8211; on pense au Faust, \u00e9galement montr\u00e9 en la galerie Mazarine, \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale &#8211; une pr\u00e9sence vibrante d&#8217;aimant, de s\u00e9duction \u00e9quivoque, de beaut\u00e9 diabolique, anime les personnages, aux faces curieusement allong\u00e9es \u00e0 l&#8217;instar des oreilles de Belz\u00e9buth. On a l\u00e0, en un mouvement lamin\u00e9, un \u00e9lan captur\u00e9 qui signifie \u00e0 merveille le patient travail de persuasion de l&#8217;instigateur maudit. Il y a aussi dessins et aquarelles du voyage au Maroc, en 1832. On les trouve diss\u00e9min\u00e9s un peu partout.<\/p>\n<p> <strong> Le patient travail de persuasion de l&#8217;instigateur maudit <\/strong><\/p>\n<p>A Rouen, donc, mais \u00e9galement \u00e0 Chantilly, au Grand Palais, \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale, au mus\u00e9e de Bayonne&#8230; Delacroix alors n&#8217;\u00e9crit plus, le carnet se substitue au journal. La notation est objective, le rythme s\u00fbr, le d\u00e9tail vestimentaire pr\u00e9cis. Babouches et turbans, sarouals et tissus nacr\u00e9s, brillants. Il n&#8217;est pas rare de voir divers croquis, ex\u00e9cut\u00e9s \u00e0 \u00e9chelles variables, sur une m\u00eame feuille.&#8221;C&#8217;est que, confie Delacroix \u00e0 un ami, il faudrait avoir vingt bras et quarante-huit heures par journ\u00e9e pour faire passer et donner une id\u00e9e de tout cela &#8220;. Ce voyage &#8211; heureux concours de circonstances &#8211; redonne au peintre l&#8217;\u00e9nergie chromatique qu&#8217;il commen\u00e7ait de perdre. Tanger, c&#8217;est le choc. La couleur, cette &#8221; f\u00eate de l&#8217;oeil &#8220;, l&#8217;exalte, d\u00e9noue sa main, lib\u00e8re le vermillon, le vert V\u00e9ron\u00e8se, l&#8217;ocre brun ou le jaune. Mais c&#8217;est encore, \u00e9cho de la m\u00e9moire d&#8217;\u00e9cole, des sc\u00e8nes antiques qu&#8217;il trouve \u00e0 chaque coin de rue. N&#8217;est-on pas l\u00e0, dit-il, &#8221; comme au temps d&#8217;Hom\u00e8re &#8221; ? Peu de r\u00e9sonances de cette p\u00e9riode au mus\u00e9e Furstenberg, ultime demeure de Delacroix avec son atelier en contrebas. L&#8217;amiti\u00e9 occupe les lieux, celle de Villot, dilettante cultiv\u00e9, ardent d\u00e9fenseur de l&#8217;aquatinte, technique taquin\u00e9e par Delacroix. Des lettres, donc, signifient par menus signes une affection sur le tard maltrait\u00e9e. Car Villot, nomm\u00e9 en 1848, conservateur des peintures du Louvre, s&#8217;engage dans une campagne de restauration contest\u00e9e en haut lieu. Delacroix, \u00e0 la plume aigre, note dans son journal: &#8221; Le grand V\u00e9ron\u00e8se, que ce malheureux Villot a tu\u00e9 sous lui.&#8221; Des eaux-fortes de Villot \u00e9galement. De m\u00e9diocre facture. Et puis pos\u00e9e sur le secr\u00e9taire du g\u00e9n\u00e9ral Aupick, la photographie de Baudelaire. Cruaut\u00e9 des donations. L&#8217;ensemble d\u00e9\u00e7oit plus qu&#8217;il ne captive, si ce n&#8217;est, en fin de parcours, la visite de l&#8217;atelier de Delacroix, vaste pi\u00e8ce parquet\u00e9e, noy\u00e9e dans une lumi\u00e8re d&#8217;aquatinte, o\u00f9 l&#8217;on peut contempler la Mort de Sardanapale, exacte r\u00e9plique de l&#8217;oeuvre du Louvre, escort\u00e9e d&#8217;une de ses premi\u00e8res esquisses. Salutaire confrontation, qui permet de go\u00fbter \u00e0 plein aux t\u00e2tonnements de l&#8217;artiste. C&#8217;est surtout \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale que l&#8217;exposition &#8221; Delacroix et le trait romantique &#8221; d\u00e9ploie des joyaux, de loin les plus pr\u00e9cieux. On a l\u00e0 des caricatures, injustement d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9es par le peintre, des lithographies du Faust de Goethe, mais aussi d&#8217;Hamlet, des sc\u00e8nes animali\u00e8res; gravures, dessins, lithographies et aquatintes magistrales que l&#8217;on d\u00e9vore de l&#8217;oeil avec un vif d\u00e9sir d&#8217;appropriation. Les lithographies, parfois confront\u00e9es aux r\u00e9pliques de contemporains de l&#8217;artiste, accrochent le noir et blanc en griffures vivaces, comme de la limaille de fer sous une pression magn\u00e9tique. Le tout bruit du mouvement, d&#8217;une tension lumineuse th\u00e9sauris\u00e9e en sillons. Goethe ne disait-il pas, de son Faust interpr\u00e9t\u00e9 par Delacroix, qu'&#8221; il d\u00e9passait sa propre vision &#8221; ?<\/p>\n<p><strong> Calendrier du bicentenaire Delacroix <\/strong><\/p>\n<p>&#8221; Delacroix, le trait romantique &#8220;, \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale de France, jusqu&#8217;au 12 juillet.&#8221; Delacroix ou la naissance d&#8217;un nouveau romantisme &#8220;, au mus\u00e9e des Beaux-Arts de Rouen, jusqu&#8217;au 15 juillet.&#8221; Eug\u00e8ne Delacroix dans les collections du mus\u00e9e Cond\u00e9 &#8220;, \u00e0 Chantilly, jusqu&#8217;au 20 juillet.&#8221; Delacroix en Touraine &#8220;, mus\u00e9e des Beaux-Arts de Tours, du 15 mai au 31 juillet.&#8221; Delacroix et Villot. Le roman d&#8217;une amiti\u00e9 &#8220;, au mus\u00e9e Delacroix, Paris, jusqu&#8217;au 31 juillet.&#8221; Chopin et George Sand &#8220;, au mus\u00e9e du Louvre, jusqu&#8217;au 1er juin. Eug\u00e8ne Delacroix, dessins et aquarelles &#8220;, au mus\u00e9e Bonnat de Bayonne, u 3 juillet au 28 septembre.&#8221; La Bataille de Taillebourg &#8220;, au mus\u00e9e du Ch\u00e2teau de Versailles, du 16 novembre 1998 au 16 f\u00e9vrier 1999. Enfin, la maison natale de Delacroix, \u00e0 Saint-Maurice, dans le Val-de-Marne, fait l&#8217;objet d&#8217;une reconstitution historique jusqu&#8217;au 28 juin.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[288],"class_list":["post-996","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-spectacle-vivant"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/996","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=996"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/996\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=996"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=996"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=996"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}