{"id":9943,"date":"2016-10-21T15:19:59","date_gmt":"2016-10-21T13:19:59","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-bruno-le-maire-la-droite-de-synthese\/"},"modified":"2016-10-21T15:19:59","modified_gmt":"2016-10-21T13:19:59","slug":"article-bruno-le-maire-la-droite-de-synthese","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=9943","title":{"rendered":"Bruno Le Maire, la droite de synth\u00e8se"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Entre un Sarkozy emp\u00eatr\u00e9 dans les affaires et un Jupp\u00e9 candidat de la \u201cFrance qui va bien\u201d, Bruno Le Maire cultive ses ambigu\u00eft\u00e9s : ultralib\u00e9ral, centriste, droitier ? Il voulait croire que le d\u00e9sir de sang neuf le conduirait \u00e0 l\u2019\u00c9lys\u00e9e\u2026<\/p>\n<p><em>Extrait du num\u00e9ro de printemps de<\/em> Regards.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">* * *<\/p>\n<p>Bruno Le Maire avait fait une promesse \u00e0 sa garde rapproch\u00e9e. C\u2019est lui que les \u00e9lecteurs de la droite et du centre d\u00e9signeraient comme leur champion au soir du second tour de la primaire, le 27 novembre prochain. Lui qu\u2019ils choisiraient pour <em>\u00ab renverser la table \u00bb<\/em>, qu\u2019ils pr\u00e9f\u00e8reraient \u00e0 l\u2019\u00e9quipe des <em>\u00ab d\u00e9j\u00e0-vu \u00bb<\/em>, Nicolas Sarkozy, Alain Jupp\u00e9 et Fran\u00e7ois Fillon. La feuille de route du d\u00e9put\u00e9 de l\u2019Eure ne souffrait d\u2019aucune ambigu\u00eft\u00e9 : bousculer le jeu \u00e9tabli par ses adversaires, perturber l\u2019histoire d\u2019un duel annonc\u00e9 entre les deux ennemis de trente ans, l\u2019ancien pr\u00e9sident de la R\u00e9publique d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et l\u2019ex de Matignon de l\u2019autre, incarner la rupture au nom du renouveau. <\/p>\n<h2>Ultime recours<\/h2>\n<p>L&#8217;ancien ministre avait neuf mois pour convaincre les citoyens que son pari avait toutes les chances de r\u00e9ussir. Pour persuader les citoyens que le <em>\u00ab moment<\/em> [\u00e9tait] <em> venu \u00bb<\/em> de ne <em>\u00ab plus se r\u00e9signer \u00bb<\/em>. Pour les conduire \u00e0 faire le choix du changement <em>\u00ab des pratiques d\u00e9mocratiques et des grandes orientations \u00bb<\/em> et \u00e9viter que la France <em>\u00ab continue \u00e0 errer, toujours plus faible, menac\u00e9e du pire \u00bb<\/em>. <\/p>\n<p>\u00c0 Vesoul, le 23 f\u00e9vrier dernier, au moment d\u2019officialiser enfin sa candidature, Bruno Le Maire a voulu voir <em>\u00ab la France silencieuse et travailleuse, qui ne demande jamais rien et porte le pays, la France qui se bat et ne se paye pas de mots, la France fatigu\u00e9e des vieilles recettes et des vieilles ficelles \u00bb<\/em>. Plus tard, au Salon de l\u2019agriculture, il s\u2019est donn\u00e9 sans retenue aux paysans trois jours durant, vantant leur savoir-faire et appelant \u00e0 leur protection. Le 5 mars, en Seine Saint-Denis, aux Docks d\u2019Aubervilliers, entour\u00e9 de plus de deux mille supporteurs, l\u2019\u00e9lu de Normandie a appel\u00e9 \u00e0 la mobilisation contre <em>\u00ab ces responsables politiques qui, depuis trente ans, proposent les m\u00eames id\u00e9es, les m\u00eames discours, alors que vous r\u00e9clamez du sang neuf ! \u00bb<\/em>. <\/p>\n<p>Des arguments martel\u00e9s sur tous les modes \u00e0 l\u2019occasion de chacun de ses d\u00e9placements et d\u00e9velopp\u00e9s dans <em>Ne vous r\u00e9signez pas !<\/em>, en librairies depuis le 24 f\u00e9vrier. Plus qu\u2019un livre-programme, l\u2019ouvrage veut r\u00e9veiller les Fran\u00e7ais et leur ouvrir les yeux sur l\u2019<em>\u00ab \u00e9garement collectif \u00bb<\/em> qui a conduit le pays \u00e0 la d\u00e9route. Il ne m\u00e2che pas ses mots : <em>\u00ab Le moment est venu de dire qui porte la responsabilit\u00e9 de cet affaiblissement sans pr\u00e9c\u00e9dent. Nous tous. Nous qui avons laiss\u00e9 faire. Nous qui avons cru de bonne foi que nous pouvions attendre encore un peu, que la situation se r\u00e9tablirait, que les changements radicaux pouvaient encore attendre. Nous qui avons point\u00e9 du doigt les autres, sans jamais penser que nous pouvions aussi \u00eatre responsables de la situation \u00bb<\/em>. <em>\u00ab Au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, notre individualisme a amoindri notre conscience de citoyens \u00bb<\/em>. Un discours coup de poing plut\u00f4t rod\u00e9 qui a fait son chemin dans l\u2019opinion autant que lui s\u2019installait peu \u00e0 peu dans les sondages comme le \u201ctroisi\u00e8me homme\u201d. <\/p>\n<h2>Insoumis lui aussi<\/h2>\n<p>Lui qui il y a encore quatre ans \u00e9tait un parfait inconnu aux yeux des Fran\u00e7ais. Lui que le pr\u00e9sident Sarkozy n\u2019a jamais cess\u00e9 de surnommer <em>\u00ab mon petit Bruno \u00bb<\/em> ou <em>\u00ab bac +18 \u00bb<\/em>, raillant son <em>\u00ab charisme d\u2019hu\u00eetre \u00bb<\/em> et son <em>\u00ab arrogance \u00bb<\/em> ? Lui dont la plupart des quadras de sa famille des R\u00e9publicains se sont toujours m\u00e9fi\u00e9s, taclant son <em>\u00ab ambition d\u00e9vorante \u00bb<\/em> et son <em>\u00ab absence de ligne politique \u00bb<\/em>. Comment est-il parvenu \u00e0 se hisser sur le podium ? <em>\u00ab Probablement en \u00e9tant l\u00e0 o\u00f9 personne ne l\u2019attend, en empruntant des chemins parall\u00e8les inexplor\u00e9s, en s\u2019affranchissant des r\u00e8gles et codes \u00e9tablis comme de ses mentors \u00bb<\/em>, r\u00e9sume l\u2019un de ses proches soutiens et amis. Pas si vite quand m\u00eame ! Un rebelle Bruno Le Maire, ne pousserait-on pas le bouchon un peu loin ? <em>\u00ab Il trace sa route, il refuse de se soumettre au sch\u00e9ma de pens\u00e9e qu\u2019on voudrait lui imposer, quitte \u00e0 ne pas \u00eatre dans les clous de son propre parti. C\u2019est d\u2019ailleurs dans ces moments-l\u00e0 que Bruno s\u2019en sort le mieux, qu\u2019il tire son \u00e9pingle du jeu \u00bb<\/em>, assure ce d\u00e9put\u00e9. <\/p>\n<p>C\u2019est vrai qu\u2019il a surtout \u00e9merg\u00e9 en d\u00e9fiant Nicolas Sarkozy pour la pr\u00e9sidence de l\u2019ex-UMP en novembre 2014. De sa g\u00e9n\u00e9ration, quand d\u2019autres ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 se rallier au retrait\u00e9 de l\u2019\u00c9lys\u00e9e, il est le seul \u00e0 l\u2019avoir affront\u00e9 si directement. R\u00e9sultat : presque 30% au soir du premier tour et un <em>\u00ab statut d\u2019insoumis \u00bb<\/em> \u00e0 la cl\u00e9 qu\u2019il cultive depuis. D\u00e9j\u00e0, en 2012, le jeune Bruno Le Maire avait tent\u00e9 de s\u2019imposer comme le candidat du renouveau dans la guerre frontale d\u00e9clench\u00e9e par Fran\u00e7ois Fillon et Jean-Fran\u00e7ois Cop\u00e9. En vain, faute de parrainages n\u00e9cessaires. Mais il avait pris date sur le th\u00e8me <em>\u00ab J\u2019incarne une autre voie \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Comme en 2013, en se d\u00e9marquant de la plupart de ses coll\u00e8gues d\u00e9put\u00e9s sur la question du mariage homosexuel. Il s\u2019\u00e9tait d\u2019abord abstenu lors du vote du projet de loi Taubira avant d\u2019affirmer qu\u2019il ne reviendrait pas dessus s\u2019il arrivait au pouvoir. Une position \u00e0 l\u2019\u00e9poque bien \u00e9loign\u00e9e de la ligne officielle de son parti et de ses concurrents \u00e0 la pr\u00e9sidence du mouvement Herv\u00e9 Mariton et Nicolas Sarkozy (depuis, le patron des R\u00e9publicains a fait marche arri\u00e8re). Comme en septembre 2011 \u00e9galement, au campus des jeunes UMP \u00e0 Marseille, lorsque le d\u00e9put\u00e9 de l\u2019Eure d\u00e9fend \u2013 entre autres textes \u2013 la r\u00e9forme de l\u2019indemnisation du ch\u00f4mage contre l\u2019avis de ses camarades, pour qui cette proposition ne suscite que col\u00e8re et m\u00e9pris. Les m\u00eames qui railleront par la suite son id\u00e9e de non-cumul de mandats, de d\u00e9mission de la fonction publique, de r\u00e9duction du nombre de parlementaires. Un triptyque \u00e0 partir duquel le d\u00e9sormais \u201cBLM\u201d d\u00e9cide de structurer ses prochains combats. Autour d\u2019un concept : le renouvellement des pratiques politiques, des t\u00eates et des discours. <\/p>\n<h2>\u00ab Le terrain, le terrain et toujours le terrain \u00bb<\/h2>\n<p>Il sait que les Fran\u00e7ais ne sont pas loin de tout envoyer valser. Il a conscience que le syst\u00e8me politique ne tient plus qu\u2019\u00e0 un fil. D\u00e8s lors, ce sera son leitmotiv : renouer le contact, retisser des liens. Sa m\u00e9thode : <em>\u00ab Le terrain, le terrain et toujours le terrain \u00bb<\/em>, mart\u00e8le son conseiller J\u00e9r\u00f4me Grand d\u2019Esnon[[<em>Bruno Le Maire, l\u2019insoumis,<\/em> \u00c9ditions du Moment, 2015.]]. Depuis, il en a fait sa marque de fabrique. Sa sp\u00e9cificit\u00e9, il va la chercher dans sa mani\u00e8re de faire campagne : au cours des plus de trois cents r\u00e9unions publiques tenues depuis 2013, on le voit, sans veste et sans cravate, micro \u00e0 la main, se promener dans les trav\u00e9es, r\u00e9pondant au public venu l\u2019\u00e9couter et l\u2019interroger sur ce qu\u2019il entend faire du pays en cas de victoire \u00e0 la primaire puis \u00e0 la pr\u00e9sidentielle. <\/p>\n<p>Dans les salles, on se demande surtout pourquoi on devrait le croire, lui plus que les autres. On peine parfois \u00e0 imaginer qu\u2019il fera diff\u00e9remment des autres t\u00e9nors de la droite. Le Maire veut convaincre du contraire, au-del\u00e0 des consid\u00e9rations sur l\u2019\u00e2ge du capitaine (quatorze ans le s\u00e9parent de Sarkozy et vingt-quatre de Jupp\u00e9). Son arme : son parcours, ses origines, ses racines. <em>\u00ab Je veux faire exploser le syst\u00e8me dont je suis le produit. Je suis le mieux plac\u00e9 pour entamer cette transformation profonde \u00bb<\/em>, r\u00e9p\u00e8te-t-il gaiement. Le p\u00e9digr\u00e9e du fils de la bourgeoisie parisienne \u00e9lev\u00e9 chez les J\u00e9suites dans le XVIe arrondissement a de quoi impressionner : Normale Sup, Sciences-Po, ENA. Sans compter : haut fonctionnaire, conseiller de ministre au Quai d\u2019Orsay et \u00e0 l\u2019Int\u00e9rieur, directeur de cabinet de premier ministre\u2026 L\u2019\u00e9lite fran\u00e7aise dans toute sa splendeur, \u00e9lev\u00e9e dans l\u2019id\u00e9e que des types de son profil sont n\u00e9s pour diriger le pays. <\/p>\n<p><em>\u00ab Bruno s\u2019est toujours vu comme quelqu\u2019un \u00e0 qui le pouvoir devait \u00e9choir de mani\u00e8re naturelle. Doivent diriger le pays tous ceux qui ont fait des \u00e9tudes prestigieuses. Pour lui, la politique \u00e9tait la continuit\u00e9 de l\u2019administration au plus haut niveau \u00bb<\/em>, explique cet ancien collaborateur des Affaires \u00e9trang\u00e8res. Longtemps, Le Maire en fut convaincu. Son cursus a renforc\u00e9 cette conviction. Jusqu\u2019\u00e0 la prise de conscience que le vrai pouvoir de d\u00e9cision ne se situait pas, ou plus, l\u00e0 o\u00f9 il le pensait, mais sur le terrain davantage que dans les cabinets. <\/p>\n<h2>Une claque salutaire<\/h2>\n<p>Le d\u00e9clic, il l\u2019aura en 2006 au moment de choisir la bataille \u00e9lectorale dans l\u2019Eure plut\u00f4t que les propositions all\u00e9chantes dans une banque, \u00e0 l\u2019ambassade de France \u00e0 Rome ou \u00e0 l\u2019ONU. Dans ce d\u00e9partement rural, loin des beaux quartiers parisiens, le techno se frotte aux r\u00e9alit\u00e9s concr\u00e8tes de populations d\u00e9sarm\u00e9es face \u00e0 la mont\u00e9e du ch\u00f4mage et des in\u00e9galit\u00e9s. Le d\u00e9clic, il l\u2019a aussi au contact du monde agricole frapp\u00e9 de plein fouet par la crise. Ministre de l\u2019Agriculture de 2009 \u00e0 2012, les coups durs port\u00e9s \u00e0 la profession s\u2019encha\u00eenent, et il faut batailler contre cette Europe sourde aux demandes de pragmatisme et de justice. <em>\u00ab C\u2019est \u00e0 l\u2019Agriculture que se cristallise sa volont\u00e9 politique et qu\u2019il vit ses premi\u00e8res heures d\u2019homme politique \u00bb<\/em>, dit Bertrand Sirven, son conseiller en communication d\u2019alors. C\u2019est \u00e0 l\u2019Agriculture qu\u2019il d\u00e9couvre une autre France, celle des territoires et des vraies r\u00e9alit\u00e9s. Celle des familles qui se tuent \u00e0 la t\u00e2che pour maintenir leur activit\u00e9. <\/p>\n<p>De cette p\u00e9riode na\u00eet sa volont\u00e9 de porter ses propres couleurs, renforc\u00e9e par les promesses minist\u00e9rielles non tenues de Nicolas Sarkozy. Longtemps annonc\u00e9 comme successeur de Christine Lagarde \u00e0 Bercy, le chef de l\u2019\u00c9tat lui pr\u00e9f\u00e8re le chiraquien Fran\u00e7ois Baroin. Une claque\u2026 salutaire ose-t-il aujourd\u2019hui. <em>\u00ab J\u2019ai confondu comp\u00e9tence et politique. La politique est un rapport de forces. Si vous ne le construisez pas, vous vous faites marcher sur les pieds en permanence. J\u2019ai alors pris conscience que pour aller plus loin, je devais m\u2019en donner les moyens \u00bb<\/em>, conc\u00e8de-t-il.<\/p>\n<p>Construire le rapport de forces, voil\u00e0 son obsession. Depuis 2012, la PME Bruno Le Maire ne cesse de s\u2019\u00e9toffer et de se structurer. Autour de son \u00e9quipe rapproch\u00e9e, fid\u00e8le pour la plupart depuis pr\u00e8s de dix ans, il quadrille le territoire. Dans chaque circonscription, chaque d\u00e9partement et chaque r\u00e9gion, il a install\u00e9 des r\u00e9f\u00e9rents BLM qui font vivre le d\u00e9bat et portent la bonne parole aupr\u00e8s des \u00e9lecteurs. Ses Jeunes BLM mouillent la chemise, dans les meetings et les caf\u00e9s politiques organis\u00e9s toutes les semaines ou sur les r\u00e9seaux sociaux, terrain de jeu tr\u00e8s pris\u00e9 du candidat. Sur Twitter, Facebook ou P\u00e9riscope, l\u2019\u00e9lu de Normandie poursuit le dialogue et d\u00e9taille ses propositions. Pendant des mois, il a fait travailler des centaines d\u2019experts dans des ateliers th\u00e9matiques et s\u2019est inspir\u00e9 de ces rencontres sur le terrain pour alimenter le programme qu\u2019il pr\u00e9sentera dans les prochains mois aux Fran\u00e7ais. <\/p>\n<h2>\u00ab Mettre fin au social pour d\u00e9fendre la solidarit\u00e9 \u00bb<\/h2>\n<p>Car c\u2019est sur la ligne politique que Le Maire est attendu. <em>\u00ab Floue et myst\u00e9rieuse \u00bb<\/em>, raillent ses concurrents qui d\u00e9noncent les allers retours entre la ligne centriste et la ligne de la droite dure. <em>\u00ab Le Maire est le candidat le plus dangereux, tranche m\u00eame le socialiste Jean-Christophe Cambad\u00e9lis. Parce qu&#8217;il allie \u00e0 la fois une position tr\u00e8s, tr\u00e8s \u00e0 droite, quand on regarde et quand on l&#8217;\u00e9coute, et en m\u00eame temps, il se pr\u00e9sente comme un centriste bon teint. \u00bb<\/em> Qui est son principal adversaire dans cette comp\u00e9tition ? Le tenant de la \u201cFrance apais\u00e9e\u201d Alain Jupp\u00e9 ou celui de la \u201cFrance de toujours\u201d Nicolas Sarkozy ? L\u00e0 n\u2019est pas le sujet pour BLM, qui <em>\u00ab pr\u00f4ne une France de conqu\u00eate, une France capable de relever les d\u00e9fis de demain \u00bb<\/em>. <\/p>\n<p>Pour refonder le mod\u00e8le \u00e9conomique et social, <em>\u00ab aussi inefficace qu\u2019injuste \u00bb<\/em>, il entend aller vite et frapper fort. D\u00e8s l\u2019\u00e9t\u00e9 2017, il compte prendre trois s\u00e9ries d\u2019ordonnances, sur le travail, la solidarit\u00e9 et l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat. D\u00e9j\u00e0, il avance des propositions : code du travail simplifi\u00e9, fin des 35 heures, privatisation de P\u00f4le emploi, formation professionnelle mieux encadr\u00e9e. <em>\u00ab Mettre fin au social pour d\u00e9fendre la solidarit\u00e9 \u00bb<\/em>, constitue l\u2019autre pan de son projet. Les aides sociales ? Il se prononce pour que son cumul <em>\u00ab ne d\u00e9passe pas 60% du smic pour les personnes en \u00e2ge et en condition de travailler \u00bb<\/em>. Concernant le logement social, Le Maire s\u2019engage \u00e0 plus de justice et de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9. <em>\u00ab Les personnes qui disposent d\u2019un patrimoine de plus de 100 000 euros n\u2019auront plus acc\u00e8s au logement social \u00bb<\/em>. L\u2019\u00e2ge l\u00e9gal de d\u00e9part \u00e0 la retraite ? Port\u00e9 \u00e0 soixante-cinq ans. Supprimer <em>\u00ab tous les r\u00e9gimes sp\u00e9ciaux de retraite \u00bb<\/em> et aligner <em>\u00ab progressivement \u00bb<\/em> les r\u00e8gles de cotisation du secteur public sur le secteur priv\u00e9, voil\u00e0 \u00e9galement ses intentions. <\/p>\n<p>Le d\u00e9put\u00e9 de l\u2019Eure ne compte pas en rester l\u00e0. Restaurer l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat reste sa priorit\u00e9 en faisant en sorte qu\u2019il se concentre sur ses missions r\u00e9galiennes. <em>\u00ab Arr\u00eatons de faire tout et n\u2019importe quoi. \u00bb<\/em> S\u2019agissant de l\u2019immigration, l\u2019\u00c9tat doit faire <em>\u00ab respecter les r\u00e8gles \u00bb<\/em> sur le droit d\u2019asile et le regroupement familial. Concernant la fonction publique, BLM s\u2019engage \u00e0 red\u00e9finir ses r\u00e8gles d\u2019acc\u00e8s et son fonctionnement. Il a affich\u00e9 la couleur : jour de carence pour tous les fonctionnaires, r\u00e9mun\u00e9ration au m\u00e9rite, possibilit\u00e9 de licenciement, d\u00e9veloppement de la contractualisation, r\u00e9duction du nombre d\u2019emplois publics \u00e0 un million sur dix ans\u2026 Car il pr\u00e9vient, faire des \u00e9conomies, <em>\u00ab chasser les gaspillages \u00bb<\/em> et <em>\u00ab tailler dans les d\u00e9penses de fonctionnement inutiles \u00bb<\/em> sont autant de propositions inscrites dans son projet pr\u00e9sidentiel. <\/p>\n<p>Sur nombre de sujets, notamment \u00e9conomiques, les diff\u00e9rences entre les candidats restent faibles. Bruno Le Maire n\u2019a pas le monopole du projet lib\u00e9ral. Il jure pourtant \u00eatre le seul \u00e0 avoir la recette pour changer la donne et \u00e0 disposer d\u2019un atout de taille : le d\u00e9sir des Fran\u00e7ais de tourner la page est aussi grand que sa volont\u00e9 \u00e0 devenir pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. \u00c9norme. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entre un Sarkozy emp\u00eatr\u00e9 dans les affaires et un Jupp\u00e9 candidat de la \u201cFrance qui va bien\u201d, Bruno Le Maire cultive ses ambigu\u00eft\u00e9s : ultralib\u00e9ral, centriste, droitier ? 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