{"id":9937,"date":"2016-10-19T14:03:43","date_gmt":"2016-10-19T12:03:43","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-tsipras-sans-opposition-dans-son-parti\/"},"modified":"2023-06-23T23:23:13","modified_gmt":"2023-06-23T21:23:13","slug":"article-tsipras-sans-opposition-dans-son-parti","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=9937","title":{"rendered":"Tsipras sans opposition&#8230; dans son parti"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Le deuxi\u00e8me congr\u00e8s de Syriza a reconduit Alexis Tsipras \u00e0 sa t\u00eate. Lui et ses partisans d\u00e9fendent un bilan plomb\u00e9 par les effets du m\u00e9morandum, et la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;un front d\u00e9mocratique et progressiste \u2013 en Gr\u00e8ce comme en Europe.<\/p>\n<p><em>\u00ab Le renouvellement de la confiance qui m&#8217;a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e est un renouvellement de la responsabilit\u00e9 du parti pour qu&#8217;il soit plus massif, plus collectif et plus efficace face aux batailles qui nous attendent, pour une Gr\u00e8ce de justice et de prosp\u00e9rit\u00e9 \u00bb<\/em>. Ces mots sont ceux d&#8217;Alexis Tsipras, le premier ministre grec, sur Twitter, le dimanche 16 octobre au soir, apr\u00e8s sa r\u00e9\u00e9lection \u00e0 la t\u00eate du parti Syriza. Son score ? <em>\u00ab \u00c0 la Ceausescu \u00bb<\/em> selon le <em>Journal des r\u00e9dacteurs<\/em>, pourtant proche de Syriza. Sur les 2.926 congressistes (2.758 votants) r\u00e9unis en banlieue d&#8217;Ath\u00e8nes, le quadrag\u00e9naire a en effet recueilli 93,44% des voix. <\/p>\n<p><em> <\/p>\n<h2>Pas de v\u00e9ritable opposition interne<\/h2>\n<p> <\/em><\/p>\n<p>Le score est-il \u00e9tonnant ? Pas forc\u00e9ment. Il r\u00e9v\u00e8le \u00e0 la fois l&#8217;histoire r\u00e9cente du parti et l&#8217;ambigu\u00eft\u00e9 dans lequel il est plac\u00e9 \u00e0 la gestion du pouvoir. Lorsqu&#8217;il remporte les \u00e9lections, en janvier 2015, Syriza a fait campagne sur la fin de l&#8217;aust\u00e9rit\u00e9. Les cr\u00e9anciers de la Gr\u00e8ce, l&#8217;UE, le FMI et la BCE ne lui laissent aucune possibilit\u00e9 d&#8217;appliquer son programme. En juillet 2015, Alexis Tsipras est contraint de signer, le fusil sur la tempe, un &#8220;troisi\u00e8me m\u00e9morandum&#8221; avec l&#8217;UE, un de ces textes qui accordent un pr\u00eat \u00e0 la Gr\u00e8ce en \u00e9change de mesures budg\u00e9taires restrictives et imposent au pays ses politiques \u00e9conomiques. <\/p>\n<p>Ce troisi\u00e8me m\u00e9morandum a provoqu\u00e9 un schisme au sein de Syriza. Le courant le plus \u00e0 gauche, symbolis\u00e9 par Panayotis Lafazanis, est parti, de m\u00eame que Kostas Issychos ou Zoe Konstantopoulou, qui ont \u00e9t\u00e9 des tr\u00e8s proches d&#8217;Alexis Tsipras. Au total, pr\u00e8s de 10.000 militants ont d\u00e9sert\u00e9 les rangs tandis que, selon <em>Avghi<\/em>, le journal de Syriza, 8.000 nouveaux adh\u00e9rents les rejoignaient. <\/p>\n<p><em>\u00ab En g\u00e9n\u00e9ral, le congr\u00e8s r\u00e9v\u00e8le un parti homog\u00e9n\u00e9is\u00e9 et, en d\u00e9pit de quelques critiques ou doutes sp\u00e9cifiques exprim\u00e9s pendant les trois jours de discussions, il serait plus qu&#8217;exag\u00e9r\u00e9 de dire qu&#8217;il existe une v\u00e9ritable opposition interne. Les 93,54% obtenus par Tsipras en sont la preuve la plus \u00e9vidente \u00bb<\/em>, explique Nikos Lionakis, journaliste politique.<\/p>\n<p><em> <\/p>\n<h2>Le fardeau du m\u00e9morandum<\/h2>\n<p> <\/em><\/p>\n<p>En ouverture du congr\u00e8s, Alexis Tsipras s&#8217;est attach\u00e9 \u00e0 d\u00e9fendre son bilan et \u00e0 appeler \u00e0 la construction de nouvelles alliances. Alors que Syriza, <em>\u00ab seul parti de la gauche radicale au gouvernement en Europe \u00bb<\/em>, doit affronter la crise \u00e9conomique et sociale, la crise des r\u00e9fugi\u00e9s et l&#8217;hostilit\u00e9 de nombre de pays europ\u00e9ens, l&#8217;application du m\u00e9morandum est <em>\u00ab une bataille pour l&#8217;honneur de la gauche et pour l&#8217;honneur du peuple grec \u00bb<\/em>, a-t-il soulign\u00e9. C&#8217;\u00e9tait, a-t-il rappel\u00e9, la seule voie \u00e9vitant une sortie de la Gr\u00e8ce de l&#8217;euro.<\/p>\n<p>Au sein du congr\u00e8s, toutes les tendances ont \u00e9t\u00e9 d&#8217;accord sur ce point et sur la ligne de d\u00e9fense : <em>\u00ab Nous sommes oblig\u00e9s d&#8217;appliquer une politique qui n&#8217;est pas celle que nous aurions souhait\u00e9e \u00bb<\/em>, selon les mots de Panayotis Skourletis. Mais, poursuit ce d\u00e9put\u00e9 de Syriza, <em>\u00ab elle est le r\u00e9sultat d&#8217;une concession douloureuse, cons\u00e9quence d&#8217;un rapport de forces hostile \u00e0 notre pays et dominant aujourd&#8217;hui dans l&#8217;Union europ\u00e9enne. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Reste que les principales critiques ont port\u00e9 sur l&#8217;application du m\u00e9morandum et la strat\u00e9gie du gouvernement. Il a essuy\u00e9 r\u00e9cemment des <em>\u00ab \u00e9checs \u00bb<\/em>, selon Anneta Kavvadia, d\u00e9put\u00e9e de Syriza. Malgr\u00e9 le respect \u00e0 la lettre, par Ath\u00e8nes, des conditions fix\u00e9es par les cr\u00e9anciers de la Gr\u00e8ce, ces derniers ont repouss\u00e9 <em>sine die<\/em> leurs engagements sur la restructuration de la dette (244,4 milliards d&#8217;euros, 176 % du PIB). Le 10 octobre, l&#8217;Eurogroupe n&#8217;a lib\u00e9r\u00e9 que 1,1 milliard d&#8217;euros sur la tranche de 2,8 pr\u00e9vue pour cet automne. \u00c0 la tribune, Alexis Tsipras a insist\u00e9 : <em>\u00ab L&#8217;accord doit \u00eatre honor\u00e9 de part et d&#8217;autre \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p><em> <\/p>\n<h2>Appliquer le &#8220;programme parall\u00e8le&#8221;<\/h2>\n<p> <\/em><\/p>\n<p>Lors des \u00e9lections l\u00e9gislatives anticip\u00e9es de septembre 2015, Alexis Tsipras et son parti avaient fait campagne sur l&#8217;application du m\u00e9morandum d&#8217;une part, et le d\u00e9veloppement d&#8217;un &#8220;programme parall\u00e8le&#8221; de l&#8217;autre. <em>\u00ab Nous multiplions les pas vers une am\u00e9lioration de la situation \u00bb<\/em>, veut croire la d\u00e9put\u00e9e Katherina Igglezi. <\/p>\n<p>Les partisans de Tsipras soulignent que, le ch\u00f4mage est pass\u00e9 de 25,7% en janvier 2015 \u00e0 23,2% en juillet 2016. \u00c0 la rentr\u00e9e 2016, <em>\u00ab 13.000 places suppl\u00e9mentaires ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es en cr\u00e8che, avec une priorit\u00e9 absolue aux enfants sous le seuil de pauvret\u00e9 \u00bb<\/em>, explique Panayotis Kouroublis, ministre de l&#8217;Int\u00e9rieur. Nikos Fillis, son homologue du de l&#8217;\u00c9ducation nationale, valorise la <em>\u00ab couverture sociale mise en place pour 1,5 millions de Grecs qui n&#8217;en disposaient pas avant l&#8217;arriv\u00e9e de Syriza au pouvoir \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Ce catalogue ne suffit pas \u00e0 rassurer la population. Selon les derniers sondages, Syriza a perdu la confiance de nombre de citoyens et serait 5 points derri\u00e8re Nouvelle D\u00e9mocratie, son opposition de droite, si des \u00e9lections se tenaient prochainement. <em>\u00ab Il faut absolument \u00e9viter de casser les liens avec la soci\u00e9t\u00e9. C&#8217;est pourquoi, nous devons appliquer le programme parall\u00e8le \u00bb<\/em>, insiste Anetta Kavvadia. <em>\u00ab Il est tr\u00e8s important de rester alli\u00e9 \u00e0 la classe sociale que nous sommes amen\u00e9s \u00e0 d\u00e9fendre \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p><em> <\/p>\n<h2>Alliances europ\u00e9ennes et front d\u00e9mocratique<\/h2>\n<p> <\/em><\/p>\n<p>Mais en mati\u00e8re d&#8217;alliances, c&#8217;est \u00e0 une autre \u00e9chelle que nombre de participants ont r\u00e9fl\u00e9chi : celle de la sc\u00e8ne europ\u00e9enne. \u00c0 l&#8217;instar de Panayotis Kouroublis qui a pr\u00f4n\u00e9 un <em>\u00ab accueil des anciens \u00e9lecteurs du Pasok \u00bb<\/em>, ou encore un renforcement des liens avec la social-d\u00e9mocratie europ\u00e9enne. <\/p>\n<p><strong>[Lire aussi : <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/web\/article\/tsipras-en-quete-d-une-alliance-socio-democrate-contre-l-austerite-en-europe\">&#8220;Tsipras en qu\u00eate d\u2019une alliance sociale-d\u00e9mocrate contre l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 en Europe&#8221;<\/a>]<\/strong><\/p>\n<p>Les mots prononc\u00e9s par Nikos Papas, ministre d&#8217;\u00c9tat et proche d&#8217;Alexis Tsipras, semblent sonner en \u00e9cho : <em>\u00ab C&#8217;est notre devoir que de construire un large parti de gauche, le c\u0153ur d&#8217;un front d\u00e9mocratique, qui garantira une gouvernance progressiste sur le long terme du pays et refermera les plaies caus\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie grecque par les m\u00e9morandum et la r\u00e9cession. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Cette strat\u00e9gie est celle qui a remport\u00e9 l&#8217;adh\u00e9sion au congr\u00e8s, malgr\u00e9 quelques critiques internes. Elle conforte la ligne d&#8217;Alexis Tsipras et de sa majorit\u00e9. <em>\u00ab Nous avons \u00e9t\u00e9 \u00e9lus sur un programme clair \u00bb<\/em>, rappelle Kostas Douzinas, en se r\u00e9f\u00e9rant aux l\u00e9gislatives de septembre. Ce d\u00e9put\u00e9 de Syriza, professeur de droit \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Londres, conclut : <em>\u00ab Trois ou quatre d\u00e9put\u00e9s de Syriza ne vont pas voter contre les lois qui ne les satisfont pas. Ils porteraient la responsabilit\u00e9 de faire chuter ce gouvernement, ce qu&#8217;ils ne veulent pas. Dans une d\u00e9mocratie parlementaire, il en est souvent ainsi : plus la majorit\u00e9 est faible, plus le gouvernement est stable \u00bb<\/em>.<br \/>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-9937 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/congres-syriza-250.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/congres-syriza-250-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"congres-syriza.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le deuxi\u00e8me congr\u00e8s de Syriza a reconduit Alexis Tsipras \u00e0 sa t\u00eate. 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