{"id":992,"date":"1998-06-01T00:00:00","date_gmt":"1998-05-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/festival-de-saint-denis992\/"},"modified":"1998-06-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-05-31T22:00:00","slug":"festival-de-saint-denis992","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=992","title":{"rendered":"Festival de Saint-Denis"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>Variations autour d&#8217;un festival<strong> Dans l&#8217;abondant programme du Festival de Saint-Denis, une curiosit\u00e9 musicale: Mozart l&#8217;Egyptien. Une rencontre entre le raffinement de la musique du Viennois et celui de la musique orientale. Cet Orient qui fascinait Mozart et qu&#8217;on retrouve, notamment, dans la Fl\u00fbte enchant\u00e9e. R\u00e9cit de ce rendez-vous magique. <\/strong><\/p>\n<p>Et si Mozart \u00e9tait un Egyptien&#8230;il serait un grand magicien, sa musique serait certes brillante et color\u00e9e. Si le compositeur autrichien du XVIIIe si\u00e8cle devait par un tour de magie vivre aujourd&#8217;hui dans notre soci\u00e9t\u00e9, serait-il rest\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier dans un conservatoire de musique ou aurait-il travers\u00e9 les mers pour d\u00e9couvrir des rythmes et des visages inconnus ? Telles sont les questions d&#8217;un compositeur autodidacte et grand voyageur, Hughes de Courson, qui, avec le Quatuor Ivan Peev et l&#8217;Orchestre symphonique de Radio Sofia, organise un \u00e9tonnant mariage, celui de Mozart avec la musique orientale. Parce qu&#8217;il n&#8217;y a justement pas de point commun entre les oeuvres de Mozart et les airs de l&#8217;Orient, que l&#8217;on ne peut utiliser de techniques ou de formules pr\u00e9\u00e9tablies pour cette rencontre. Seul, l&#8217;instinct ici guide l&#8217;aventure.<\/p>\n<p> <strong> Quand un musicien ex-baba-cool rencontre des bergers po\u00e8tes <\/strong><\/p>\n<p>Parfois, des noms d&#8217;op\u00e9ra (Thamos Roi d&#8217;Egypte, la Fl\u00fbte enchant\u00e9e) comme point de d\u00e9part pour certains arrangements fort s\u00e9duisants, ont ainsi enflamm\u00e9 l&#8217;imagination de Teg, Nasredine Dalil, Hughes de Courson. D&#8217;autres pi\u00e8ces commencent, comme la plupart des airs arabes par un &#8221; Taqsim &#8220;, une sorte d&#8217;improvisation, et lentement, les musiciens du Nil s&#8217;approchent du th\u00e8me de l&#8217;Enl\u00e8vement au s\u00e9rail. Bien que cette rencontre soit soyeusement pr\u00e9par\u00e9e, le choc est imm\u00e9diat. D&#8217;une gamme arabe dans un mode mineur, surgit le c\u00e9l\u00e8bre th\u00e8me dans un langage tonal. Il s&#8217;agit alors d&#8217;un v\u00e9ritable jeu d&#8217;\u00e9coute, jeu de reconnaissance dans un d\u00e9licieux voyage entre l&#8217;Orient et l&#8217;Occident o\u00f9 l&#8217;on aime se perdre.<\/p>\n<p>Pour honorer le docteur Albert Schweitzer qui fonda au si\u00e8cle dernier l&#8217;h\u00f4pital pour l\u00e9preux de Lambar\u00e9n\u00e9, au Gabon, on passa, h\u00e2tivement, \u00e0 Hughes de Courson une commande. L&#8217;id\u00e9e lui vint de marier dans une m\u00eame pi\u00e8ce musicale Bach, compositeur jou\u00e9 et admir\u00e9 du m\u00e9decin fran\u00e7ais d&#8217;origine alsacienne, avec les rythmes effr\u00e9n\u00e9s de l&#8217;Afrique. Notre arrangeur de rencontres d\u00e9cide de continuer l&#8217;aventure quelques ann\u00e9es plus tard au Caire. Dans un taxi une conversation avec son ami Ahmed Al Maghreby les conduit ainsi \u00e0 cette autre id\u00e9e acrobatique, Mozart l&#8217;Egyptien. Ensemble, ils ont cherch\u00e9 \u00e0 dialoguer avec un r\u00e9pertoire tr\u00e8s ancien, les chansons et musiques de tradition o- rale ex\u00e9cut\u00e9es par les instruments les plus archa\u00efques. Des interpr\u00e8tes prestigieux comme le violoniste Mostafa Ahd Aziz, les Musiciens du Nil, d&#8217;autres musiciens talentueux mais absolument inconnus car po\u00e8tes de l&#8217;\u00e2me et bergers de profession, ils se sont tous rendus \u00e0 ce rendez-vous. Ces musiciens \u00e9gyptiens, la plupart ne connaissant pas Mozart, n&#8217;auraient cependant jamais improvis\u00e9 spontan\u00e9ment sur le Quatuor en Fa ou l&#8217;aria de Papageno, si Hughes de Courson et Ahmed Al Maghreby n&#8217;avaient jou\u00e9 le r\u00f4le d&#8217;interm\u00e9diaires.<\/p>\n<p> <strong> De l&#8217;aspect visuel et festif au c\u00f4t\u00e9 magique et spirituel <\/strong><\/p>\n<p>Le projet fut m\u00e9ticuleusement pr\u00e9par\u00e9. C&#8217;est en cela que l&#8217;on ne peut pas parler v\u00e9ritablement de &#8221; musique m\u00e9tiss\u00e9e &#8220;. Celle-ci serait le r\u00e9sultat d&#8217;un m\u00e9lange, d&#8217;un croisement naturel, or il s&#8217;agit bien ici d&#8217;un mariage arrang\u00e9. N\u00e9anmoins &#8221; mon \u00e2me est fondamentalement m\u00e9tiss\u00e9e &#8220;, avoue Hughes de Courson. Les compositions de ce musicien autodidacte sont en effet le fruit des confrontations de cultures \u00e9loign\u00e9es, de styles oppos\u00e9s, de voyages insens\u00e9s. Il n&#8217;y a pas de fronti\u00e8re entre la musique savante occidentale et les chansons de traditions orales arabes, \u00e0 condition de ne vouloir nuire ni \u00e0 l&#8217;une ni \u00e0 l&#8217;autre.&#8221; J&#8217;aime travailler avec les musiciens &#8220;, ajoute-t-il, et il se lance dans le r\u00e9cit, avec force d\u00e9tails, des \u00e9tonnements de chacun lors des auditions, de certaines h\u00e9sitations et des premiers \u00e9changes. Tous conscients de vivre alors une exp\u00e9rience unique, la rencontre s&#8217;est transform\u00e9e en une grande f\u00eate de jubilation. Ex-baba-cool de l&#8217;apr\u00e8s-Mai-68, Hughes de Courson re\u00e7ut une bourse de six ans du minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res qui lui a permis de voyager essentiellement autour du bassin m\u00e9diterran\u00e9en. Il n&#8217;a eu de cesse de comprendre, d&#8217;apprendre et d&#8217;\u00e9tudier les instruments du Caire, du Y\u00e9men ou encore de la Syrie afin de d\u00e9chiffrer les complexit\u00e9s de ces musiques. Aussi, l&#8217;attitude quelque peu ethnocentrique de certains musiciens de formation classique l&#8217;agace-t-elle profond\u00e9ment. Mozart l&#8217;Egyptien ne se veut pas pour autant une pure provocation musicale. C&#8217;est en quelque sorte sa mani\u00e8re de se r\u00e9concilier avec la musique classique occidentale et surtout sa fa\u00e7on de saluer le g\u00e9nie de Mozart. De m\u00eame, il veut nous mettre en garde contre le ph\u00e9nom\u00e8ne de mode pour la World Music, nomm\u00e9e autrefois musique traditionnelle ou folk: la vulgariser serait une lourde erreur car elle doit s&#8217;\u00e9couter avec tout le respect qu&#8217;elle m\u00e9rite. Le spectacle qu&#8217;on verra \u00e0 Saint-Denis sera cr\u00e9\u00e9 le 5 juillet prochain \u00e0 l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille et sera diffus\u00e9 dans la ville sur \u00e9crans g\u00e9ants. Le Festival de Marseille, qui le produit, mettra l&#8217;accent sur l&#8217;aspect visuel et festif de cette rencontre tandis que le Festival de Saint-Denis l&#8217;axera davantage sur le c\u00f4t\u00e9 magique et spirituel. Mozart l&#8217;Egyptien propose l\u00e0 un merveilleux voyage \u00e0 travers les cultures.<\/p>\n<p>Mozart l&#8217;Egyptien, une rencontre de Mozart et de la musique orientale, sur une id\u00e9e de Hughes de Courson et de Ahmed Al Maghreby, Basilique de Saint-Denis, le 7 juillet \u00e0 20 h 30. Renseignements et r\u00e9servations: 01 48 13 06 07. Festival Saint-Denis, 6 place de la L\u00e9gion d&#8217;Honneur, 93 200 Saint-Denis.<\/p>\n<p><strong> Variations autour d&#8217;un festival <\/strong><\/p>\n<p>1998, ann\u00e9e sportive et festive, \u00e0 laquelle le directeur artistique, Jean-Pierre Le Pavec propose une programmation multicolore et vari\u00e9e. Du 11 juin au 12 juillet, le festival de musique et de danse oriente sa programmation sur deux cr\u00e9ations du metteur en sc\u00e8ne am\u00e9ricain Robert Wilson, Saints and Singing (9 repr\u00e9sentations \u00e0 la MC 93 de Bobigny-voir ci-contre l&#8217;article de Raymonde Temkine), une op\u00e9rette compos\u00e9e avec les atmosph\u00e8res musicales de Hans Peter Kuhn et Wings on Rock (six repr\u00e9sentations au Th\u00e9\u00e2tre G\u00e9rard-Philipe), d&#8217;apr\u00e8s un conte f\u00e9erique inspir\u00e9 du Petit Prince et de Parsifal. Cr\u00e9ation \u00e9galement du nouveau spectacle Triton et les petites tritures du chor\u00e9graphe Pascal Decoufl\u00e9, sous un chapiteau am\u00e9nag\u00e9 pour le festival, au Square Casanova de Saint-Denis (du 19 juin au 12 juillet). C&#8217;est aussi l&#8217;occasion de retrouver le r\u00e9pertoire classique dans la Basilique: Mozart interpr\u00e9t\u00e9 par Christophe Rousset, Te Deum de Berlioz dirig\u00e9 par Charles Dutoit et la Symphonie n\u00b010 de Malher par James Conlon. Le festival invite deux stars, Barbara Hendricks, une habitu\u00e9e, qui interpr\u00e9tera des oeuvres de Debussy et Ravel, et Jos\u00e9 Van Dam pour les lieder de Schumann. Une palette sonore vari\u00e9e favorise aussi des rencontres de diff\u00e9rents styles de musique. Le r\u00e9pertoire classique cherche alors \u00e0 dialoguer avec le jazz, avec la Suite pour orchestre de jazz n\u00b0 2 de Chostakovitch et Un Am\u00e9ricain \u00e0 Paris de Gershwin, interpr\u00e9t\u00e9s par l&#8217;Orchestre national d&#8217;Ile-de-France, Dee Dee Bridgewater et son trio sous la direction de Jacques Mercier \u00e0 L&#8217;Auditorium du Parc (voir article ci-contre), et la Messe (t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e en Eurovision, le 12 juillet, jour de la finale de la Coupe du monde de football !) par le Choeur de Soweto, viendront animer un festival d\u00e9cid\u00e9ment tr\u00e8s vivant. Et, encore, un projet plac\u00e9 sous l&#8217;autorit\u00e9 artistique de Jacques Weber emm\u00e8nera les spectateurs \u00e0 travers la litt\u00e9rature et la musique vers 32 pays participant \u00e0 la Coupe du Monde de football. Le festival de Saint -Denis invite vivement \u00e0 voyager par l&#8217;originalit\u00e9 de ses choix et de sa programmation.n C. W.<\/p>\n<p>Renseignements et r\u00e9servations: 01 48 13 06 07. Festival Saint-Denis, 6 place de la L\u00e9gion d&#8217;Honneur 93200 Saint-Denis.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[288],"class_list":["post-992","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-spectacle-vivant"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/992","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=992"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/992\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=992"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=992"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=992"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}