{"id":991,"date":"1998-06-01T00:00:00","date_gmt":"1998-05-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/litterature991\/"},"modified":"1998-06-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-05-31T22:00:00","slug":"litterature991","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=991","title":{"rendered":"Litt\u00e9rature"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Avec des contributions de Max Gallo, Bernard Landry, Jo\u00ebl Schmidt, Michel Besnier, Michel Braudeau, Arnaud Guillon, Yves Berger <\/p>\n<p><strong>  De plus en plus nombreux, les \u00e9crivains, dans leurs romans, font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&#8217;Histoire, en particulier l&#8217;Histoire contem- poraine. Comment l&#8217;\u00e9crivain combine-t-il l&#8217;Histoire et la fiction ? Comment lui-m\u00eame se situe-t-il par rapport \u00e0 l&#8217;Histoire ? Quelle est la part de l&#8217;imaginaire et celle de la r\u00e9alit\u00e9 ? Chaque \u00e9crivain a une vision originale de l'&#8221; utilisation &#8221; de l&#8217;Histoire, mais il est un point sur lequel tous sont d&#8217;accord: le terme &#8221; roman historique &#8221; ne correspond absolument pas \u00e0 la mani\u00e8re dont ils &#8221; travaillent &#8221; l&#8217;Histoire. Le roman historique se rapporte \u00e0 un genre d\u00e9fini, d\u00e9j\u00e0 ancien&#8230; Il faudrait un mot nouveau. Un mot pour signifier une libert\u00e9 de manipulation historique typiquement moderne, un rapport personnalis\u00e9 \u00e0 l&#8217;Histoire. Toutes les libert\u00e9s, les audaces sont admises, du respect m\u00e9ticuleux des faits et des dates \u00e0 la projection ultime dans le futur, en jouant avec le pass\u00e9, ou en d\u00e9r\u00e9glant le temps&#8230; Est-ce parce que nous vivons une fin de si\u00e8cle, au seuil d&#8217;un prochain mill\u00e9naire, que notre Histoire, proche ou lointaine, resurgit avec une intensit\u00e9, une sorte d&#8217;urgence particuli\u00e8res ? Il semble qu&#8217;il faille jeter un dernier regard en arri\u00e8re pour assurer nos forces, nos certitudes et nos rep\u00e8res avant de s&#8217;engouffrer dans l&#8217;inconnu. Rencontres avec Max Gallo, Bernard Landry, Jo\u00ebl Schmidt, Michel Besnier, Michel Braudeau, Arnaud Guillon, Yves Berger  <\/strong><\/p>\n<p> **<\/p>\n<p> <strong> Max Gallo:** &#8221; l&#8217;Histoire est une mati\u00e8re premi\u00e8re &#8221; <\/strong><\/p>\n<p>&#8221; Je consid\u00e8re l&#8217;Histoire comme une mati\u00e8re premi\u00e8re. Je l&#8217;utilise avec un grand respect, comme un historien, mais j&#8217;utilise aussi mon imaginaire (j&#8217;entends par cela aussi bien mon imagination intellectuelle que ma sensibilit\u00e9) pour &#8220;p\u00e9tri &#8221; la mati\u00e8re historique. Quand je fais &#8220;mon&#8221; Napol\u00e9on (4 tomes, Robert-Laffont, 1997, NDLR), fond\u00e9 sur d&#8217;innombrables lectures (personne ne peut contester un d\u00e9tail historique) ce n&#8217;est pas pour moi un livre d&#8217;Histoire, ni un roman historique (je rejette absolument ce concept), c&#8217;est autre chose qui reste \u00e0 d\u00e9finir, qu&#8217;on pourrait appeler un &#8220;roman d&#8217;Histoire&#8221;&#8230; A partir de la mani\u00e8re historique, je formule des hypoth\u00e8ses. Le roman, c&#8217;est le genre de l&#8217;hypoth\u00e8se. Mon projet, c&#8217;est toujours de savoir comment les \u00e9v\u00e9nements, les individus &#8220;fonctionnent&#8221;. L&#8217;\u00e9criture est essentielle. Elle suppose au d\u00e9part deux choses. D&#8217;abord une information, qui repose sur la connaissance historique (il faut s&#8217;impr\u00e9gner de tous les livres, textes, documents, etc.), et apr\u00e8s cette immersion dans la mati\u00e8re historique, il y a l&#8217;investissement de la personnalit\u00e9, du &#8220;m\u00e9tier&#8221; d&#8217;\u00e9crivain. L&#8217;\u00e9criture, pour moi, est un engagement dans la mati\u00e8re historique, elle est mouvement, vitesse, tension. Je suis pour une \u00e9criture obsessionnelle, pour la mise en obsession de l&#8217;auteur par son personnage. Pendant toute une p\u00e9riode de ma vie, j&#8217;ai \u00e9crit, surplomb\u00e9 par une forme de &#8220;politiquement correct&#8221;. Maintenant, je ne me pose plus la question du bien et du mal, j&#8217;ai abandonn\u00e9 tous les sur-moi et tous les pr\u00e9suppos\u00e9s id\u00e9ologiques. J&#8217;essaie de recomposer la vie de l&#8217;Histoire, je suis totalement dans le &#8221; fonctionnement&#8221;. Au lecteur, s&#8217;il le d\u00e9sire, de se poser des questions devant les \u00e9l\u00e9ments donn\u00e9s&#8230;&#8221; M. G<\/p>\n<p> **<\/p>\n<p> <strong> Bernard Landry\u00a0:** &#8221; Pour comprendre le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, il faut lire Proust &#8220;. <\/strong><\/p>\n<p>&#8221; Il faut consid\u00e9rer l&#8217;Histoire sous deux angles, l&#8217;Histoire pass\u00e9e et celle qui est en train de se faire. Il y a en ce moment sept milliards de gens qui sont en train de faire l&#8217;Histoire. L&#8217;\u00e9crivain a son r\u00f4le \u00e0 jouer dans cette Histoire. D&#8217;autant que les petites histoires, les romans qu&#8217;il invente, il les cr\u00e9e \u00e0 partir de la r\u00e9alit\u00e9 qu&#8217;il vit. On n&#8217;imagine rien \u00e0 partir de rien&#8230; Plus tard, viendront les historiens qui travailleront sur des documents, consulteront des statistiques, \u00e9tudieront des journaux, fouilleront dans les poubelles. Mais ils ne rendront vraiment compte de l&#8217;Histoire que s&#8217;ils lisent les \u00e9crivains. Si l&#8217;on veut comprendre le XVIIe si\u00e8cle, il faut lire Mme de La Fayette. Si l&#8217;on veut conna\u00eetre le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, il faut lire Proust. Le rapport de l&#8217;\u00e9crivain avec l&#8217;Histoire d\u00e9j\u00e0 faite est compliqu\u00e9. Il voit forc\u00e9ment le Moyen Age ou la R\u00e9volution avec le point de vue, les perspectives de son \u00e9poque (c&#8217;est encore plus vrai pour le cin\u00e9ma, on devine facilement la date de tournage d&#8217;une reconstitution historique). Et puis, il sait, lui, ce que les choses sont devenues, en fait il triche, il a d\u00e9j\u00e0 &#8221; vu le film &#8220;. Il y a heureusement dans l&#8217;Histoire des &#8221; trous &#8221; et une foule de personnages secondaires auxquels il est arriv\u00e9 des choses que l&#8217;Histoire n&#8217;a pas retenues&#8230; Un r\u00e9gal pour le romancier qui va pouvoir donner une vision a-chronologique du personnage, apporter un point de vue personnalis\u00e9&#8230; Pour l&#8217;Histoire d&#8217;aujourd&#8217;hui, on risque de n&#8217;attacher aucune importance \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement qui, dans trente ou cinquante ans, se r\u00e9v\u00e9lera essentiel&#8230; A la fin du si\u00e8cle dernier, quand un petit douanier autrichien fait l&#8217;amour \u00e0 sa femme pr\u00e8s de la fronti\u00e8re bavaroise, c&#8217;est un \u00e9v\u00e9nement auquel personne n&#8217;attache d&#8217;importance, et qui aura pourtant plus tard une foutue importance, il a donn\u00e9 naissance \u00e0 Hitler ! Qui peut savoir ce qui adviendra du pr\u00e9sent ? Quand on \u00e9crit l&#8217;Histoire du futur, comme je l&#8217;ai fait avec le Dernier Ecrivain (Messidor, NDLR), c&#8217;est beaucoup plus simple, il faut inventer \u00e0 partir de la r\u00e9alit\u00e9 actuelle. Dans mon roman qui se d\u00e9roule en 2 050, j&#8217;ai invent\u00e9 une langue avec des d\u00e9t\u00e9riorations de notre langue d&#8217;aujourd&#8217;hui, que j&#8217;ai pouss\u00e9e plus loin. Cela repr\u00e9sente un gros travail d&#8217;\u00e9criture. Dans mon dernier roman l&#8217;Ile molle (le Temps des Cerises,1996, NDLR), je fais l&#8217;historique, parodique, imaginaire, de l&#8217;\u00eele qui commence au Ve si\u00e8cle. Les habitants parlent en &#8220;mollo insulaire&#8221;, tout est en mollo insulaire, les noms des plantes, des animaux, les recettes de cuisine, etc. L&#8217;\u00e9criture, c&#8217;est l&#8217;\u00e2me du r\u00e9cit. L&#8217;Histoire et l&#8217;anecdote ne prennent de sens que par le r\u00e9cit qu&#8217;on en fait.&#8221; B. L.<\/p>\n<p> **<\/p>\n<p> <strong> Jo\u00ebl Schmidt\u00a0:** &#8221; Comme l&#8217;architecte r\u00e9utilise les mat\u00e9riaux &#8221; <\/strong><\/p>\n<p>Historien de formation, vous avez publi\u00e9 en trente ans une vingtaine d&#8217;ouvrages, des livres d&#8217;Histoire, des romans historiques, et des romans &#8221; litt\u00e9raires &#8221; qui tous se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 une p\u00e9riode de l&#8217;histoire. Quels liens \u00e9tablissez-vous entre ces trois genres ?<\/p>\n<p> <strong> Jo\u00ebl Schmidt : <\/strong> Passer de l&#8217;Histoire \u00e0 la fiction et de la fiction \u00e0 l&#8217;Histoire est pour moi une n\u00e9cessit\u00e9. J&#8217;ai besoin d&#8217;\u00eatre dans le r\u00e9el avec l&#8217;Histoire, et j&#8217;ai besoin de m&#8217;\u00e9vader, de r\u00eaver. Alors je m&#8217;en vais vers le roman, un roman peu pris\u00e9 en France, le roman fantastique, symbolique, embl\u00e9matique. Si, en tant qu&#8217;historien, je suis extr\u00eamement rigoureux et s\u00e9rieux, en tant que romancier, je me plais \u00e0 jongler avec l&#8217;Histoire. Dans mes romans, compl\u00e8tement transform\u00e9e, elle devient un jeu imaginaire. Je me sers d&#8217;un mat\u00e9riau historique pour cr\u00e9er une nouvelle fiction. C&#8217;est ce qu&#8217;on appelle en architecture &#8211; par exemple quand on utilise des colonnes antiques pour en faire des colonnes d&#8217;\u00e9glise &#8211; le &#8221; r\u00e9emploi &#8220;.<\/p>\n<p>Par exemple ?<\/p>\n<p> <strong> J. S.: <\/strong> Aucun de mes romans dits fantastiques ne fait exclusion de l&#8217;Histoire. Ainsi Casino des Brumes (Albin Michel, 1978), se situe dans une ville d&#8217;eau qui est en fait Vichy. Je me sers de ce lieu historique pour cr\u00e9er une ville imaginaire, je respecte la topographie, les galeries, les r\u00e9sonances romaines, etc.mais il s&#8217;y passe des choses extravagantes et le lecteur ne reconna\u00eet pas Vichy&#8230; Dans mon premier roman, le Fleuve des morts (Julliard, NDLR), on voit le personnage principal, enfant, adolescent, adulte, vivre dans un ch\u00e2teau historique en Corr\u00e8ze (cela, c&#8217;est autobiographique) une histoire o\u00f9 le XXe si\u00e8cle r\u00e9pond en \u00e9cho au XIXe, avec un descendant d&#8217;un personnage du XIXe si\u00e8cle. La R\u00e9volution fran\u00e7aise, aussi, est int\u00e9gr\u00e9e au ch\u00e2teau de mes grands-parents&#8230; Je joue&#8230;<\/p>\n<p>Vous jouez si bien qu&#8217;il arrive, comme dans Allemagne, j&#8217;\u00e9cris ton nom, que vous la devanciez&#8230;<\/p>\n<p> <strong> J. S.: <\/strong> Ah, ce qui s&#8217;est pass\u00e9 alors est extraordinaire ! Dans ce roman, publi\u00e9 en janvier 1990 par Albin Michel, j&#8217;ai introduit proph\u00e9tiquement la chute du mur de Berlin&#8230; On a cru que j&#8217;avais \u00e9crit le livre pr\u00e9cipitamment en trois mois, juste apr\u00e8s la chute du mur, alors que je l&#8217;avais achev\u00e9 en 1989, quand il n&#8217;\u00e9tait pas question que le mur s&#8217;\u00e9croul\u00e2t ! Or, dans mon roman, le mur s&#8217;\u00e9croule, et un homme et une femme qui se trouvaient s\u00e9par\u00e9s par ce mur se retrouvent et reprennent leur amour interrompu le 13 ao\u00fbt 1961&#8230; On dit souvent que les romanciers inventent la r\u00e9alit\u00e9, cette fois j&#8217;ai invent\u00e9 une r\u00e9alit\u00e9 qui s&#8217;est effectivement produite.<\/p>\n<p>Comment vous situez-vous personnellement devant l&#8217;Histoire ?<\/p>\n<p> <strong> J. S.: <\/strong> Je ne fais pas de grande diff\u00e9rence entre ma propre histoire et l&#8217;Histoire. Cela a l&#8217;air tr\u00e8s pr\u00e9tentieux, mais mon go\u00fbt de l&#8217;Histoire m&#8217;est venu de ma propre famille, avec elle, j&#8217;ai \u00e9t\u00e9 baign\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t dans l&#8217;Histoire&#8230; Mon grand-p\u00e8re paternel, que j&#8217;ai connu, n\u00e9 en 1863, mort en 1945, avait lui-m\u00eame connu son grand-p\u00e8re n\u00e9 en 1804, qui avait vu Napol\u00e9on au si\u00e8ge de Mayence&#8230; On dit que comprendre l&#8217;Histoire, c&#8217;est comprendre le temps, j&#8217;ai tr\u00e8s vite compris le temps \u00e0 travers les g\u00e9n\u00e9rations, et l&#8217;Histoire du temps \u00e0 travers l&#8217;histoire de ma famille. C&#8217;est ainsi que ma passion de l&#8217;Histoire est venue tr\u00e8s t\u00f4t.<\/p>\n<p>Comment fonctionne l&#8217;\u00e9criture dans la fiction ?<\/p>\n<p> <strong> J. S.: <\/strong> Quand j&#8217;\u00e9cris mes romans, j&#8217;\u00e9chappe au style rigoureux, universitaire de l&#8217;historien. Je suis dans un style po\u00e9tique, lyrique&#8230; Mais lyrisme et Histoire ne sont pas incompatibles, voyez Michelet, sa fa\u00e7on de transcender l&#8217;Histoire&#8230; Le roman historique me permet d&#8217;allier les deux \u00e9critures. Dans les m\u00e9moires de Constantin le Grand ou de Clovis, je me glisse dans les personnages, c&#8217;est une mani\u00e8re, aussi, pour son \u00e9criture, de rentrer dans l&#8217;Histoire&#8230; Le r\u00eave d&#8217;un \u00e9crivain, c&#8217;est de lutter contre le temps, contre la mort, pour s&#8217;inscrire dans l&#8217;Histoire de son temps, et peut-\u00eatre aussi du futur&#8230; On pourra se servir de nous.n<\/p>\n<p>Propos recueillis par S. B.<\/p>\n<p> **<\/p>\n<p> <strong> Michel Besnier\u00a0:** &#8221; L&#8217;Histoire est une le\u00e7on d&#8217;irrespect &#8221; <\/strong><\/p>\n<p>Pourquoi vous int\u00e9ressez-vous \u00e0 l&#8217;Histoire ?<\/p>\n<p> <strong> Michel Besnier : <\/strong> Pour de mauvaises raisons, la nostalgie, la r\u00e9tromanie, c&#8217;est une mani\u00e8re de fuir le pr\u00e9sent, mais mon plaisir est immense: en ouvrant une revue du XIXe si\u00e8cle, je suis heureux.<\/p>\n<p>Comment expliquez-vous cela ?<\/p>\n<p> <strong> M. B.: <\/strong> Il y a tout ce qui rel\u00e8ve de la po\u00e9sie de la d\u00e9su\u00e9tude, les costumes, le langage, etc.mais il y a aussi des raisons plus positives, je crois qu&#8217;on ne peut pas ma\u00eetriser le pr\u00e9sent si on ne ma\u00eetrise pas l&#8217;Histoire&#8230; Une bonne partie de nos probl\u00e8mes politiques proviennent de cette faille.<\/p>\n<p>Dans vos romans, l&#8217;Histoire, en rappels, s&#8217;inscrit dans un pr\u00e9sent&#8230;<\/p>\n<p> <strong> M. B.: <\/strong> Oui. J&#8217;essaie de m\u00ealer le pr\u00e9sent et le pass\u00e9, ou un pr\u00e9sent et un pass\u00e9. Dans le Bateau de mariage (le Seuil,1988, NDLR), Cl\u00e9ment chez les calmistes (le Seuil,1991, NDLR) et la Roseraie (Fayard,1997, NDLR), il y a un pr\u00e9sent, et un double fond, le pass\u00e9. Le personnage principal veut conna\u00eetre ce pass\u00e9, soit parce que c&#8217;est un tabou, soit par pur besoin de connaissance, soit tout simplement par plaisir. Un seul de mes romans est &#8221; plat &#8220;, c&#8217;est Casser (le Seuil,1994). Ce qui m&#8217;amuse, c&#8217;est de m\u00ealer la fiction et l&#8217;Histoire. Dans Cl\u00e9ment chez les calmistes, Georges Valois a bien exist\u00e9. C&#8217;\u00e9tait un personnage \u00e9trange, anarchiste, puis \u00e0 l&#8217;Action fran\u00e7aise tout en \u00e9tant \u00e0 la CGT, il a fond\u00e9 le premier parti fasciste fran\u00e7ais, le Faisceau&#8230; Plus tard, il est revenu \u00e0 gauche, il a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e9diteur de Mend\u00e8s-France&#8230;et il est mort dans le camp de concentration de Bergen-Belsen. Personne, en lisant ce roman, n&#8217;a reconnu le personnage, on l&#8217;a pris pour un personnage de fiction, alors que ce que j&#8217;en dis est vrai historiquement. Ainsi, sur le plan du r\u00e9cit, l&#8217;Histoire ressemble aux histoires, et r\u00e9ciproquement&#8230; On peut consid\u00e9rer aussi que l&#8217;Histoire est faite de mythes qui nous ont abus\u00e9s.<\/p>\n<p>Quelles \u00e9poques avez-vous choisies ?<\/p>\n<p> <strong> M. B.: <\/strong> Dans le Bateau de mariage, j&#8217;\u00e9tais obs\u00e9d\u00e9 par la p\u00e9riode du p\u00e9tainisme pour des raisons \u00e9videntes. Dans Cl\u00e9ment chez les calmistes, je fais un retour aux ann\u00e9es vingt, pour ce qui est de la fondation de la communaut\u00e9&#8230; Dans la Roseraie, il s&#8217;agit de la fin du XIXe si\u00e8cle, une \u00e9poque que j&#8217;adore, sur le plan de la r\u00eaverie&#8230;<\/p>\n<p>Avec ce dernier roman, on replonge exactement cent ans en arri\u00e8re, avec des sortes d'&#8221; injections &#8221; du pass\u00e9&#8230;<\/p>\n<p> <strong> M. B.: <\/strong> Oui, je voulais un va-et-vient constant. Mon personnage, qui se d\u00e9sint\u00e9resse de son \u00e9poque &#8211; la n\u00f4tre &#8211; trouve un refuge dans ce pass\u00e9, c&#8217;est une nostalgie &#8221; au carr\u00e9 &#8220;: la nostalgie d&#8217;une p\u00e9riode qui est elle-m\u00eame profond\u00e9ment nostalgique. Et puis, il y a, pour lui, l&#8217;int\u00e9r\u00eat de relativiser l&#8217;histoire pr\u00e9sente. Nous vivons aujourd&#8217;hui dans l&#8217;hyst\u00e9rie de l&#8217;historique. Tout devient &#8221; historique &#8220;, m\u00eame une d\u00e9faite du Paris-Saint-Germain ! Dans mon roman, au moment de l&#8217;\u00e9lection de Chirac, qui semble \u00e9videmment un \u00e9v\u00e9nement tr\u00e8s important quand on le vit, mon personnage, lui, retourne cent ans en arri\u00e8re, et il vit l&#8217;assassinat de Sadi Carnot que tout le monde a ou-bli\u00e9&#8230; C&#8217;est une le\u00e7on d&#8217;irrespect, l&#8217;Histoire ! Les morts nous apprennent \u00e0 moins respecter les vivants !<\/p>\n<p>M\u00eame Casser est un moment d&#8217;Histoire&#8230;<\/p>\n<p> <strong> M. B.: <\/strong> Le d\u00e9tour par l&#8217;Histoire pr\u00e9sente l&#8217;avantage d&#8217;une distanciation brechtienne. Si je situe Casser en 1956, ce n&#8217;est pas pour faire un roman historique, j&#8217;aurais fait un roman r\u00e9aliste au premier degr\u00e9 et ce r\u00e9alisme-l\u00e0 est souvent une illusion de r\u00e9alisme. On voit l&#8217;apparence des choses, on ne voit pas les m\u00e9canismes. Ce sont les m\u00e9canismes qui sont importants.<\/p>\n<p>Dans vos romans \u00e0 venir, retrouvera-t-on cette dimension historique ?<\/p>\n<p> <strong> M. B.: <\/strong> Oui, mais ce ne seront pas des romans historiques&#8230; Ces romans, je les appellerais plut\u00f4t de l&#8217;Histoire onirique.n<\/p>\n<p>Propos recueillis par S. B.<\/p>\n<p> **<\/p>\n<p> <strong>  Michel Braudeau\u00a0:** &#8221; L&#8217;air du temps, quelque chose d&#8217;impalpable &#8221; <\/strong><\/p>\n<p>&#8221; Avec Esprit de Mai (Gallimard,1995, NDLR), je n&#8217;ai pas voulu faire une oeuvre d&#8217;historien, ni raconter mon mois de mai. Il s&#8217;agit de la nostalgie du mois de mai, une nostalgie \u00e0 l&#8217;\u00e9tat pur. C&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;un personnage qui essaie d&#8217;apprivoiser l&#8217;impossible, l&#8217;air du temps, une esp\u00e8ce de poudre qui circule dans l&#8217;air&#8230; Pourquoi explose-t-elle, cette poudre, \u00e0 ce moment-l\u00e0 ? Cela menace \u00e0 tout moment, mais il y a un moment o\u00f9 \u00e7a prend. Il s&#8217;est alors pass\u00e9 quelque chose d&#8217;impalpable, apr\u00e8s quoi tout le monde court, en ce trenti\u00e8me anniversaire de Mai-68. Avec Loin des for\u00eats (Gallimard, 1997, NDLR), le roman est plus ambitieux. C&#8217;est un peu l&#8217;histoire du monde, toutes les \u00e9poques se t\u00e9lescopent, il s&#8217;agit de savoir qu&#8217;est-ce qu&#8217;une fin de temps. On arrive en fin de si\u00e8cle, j&#8217;\u00e9voque d&#8217;autres fins d&#8217;\u00e9poque, par exemple la fin de l&#8217;Antiquit\u00e9, la fin de Pomp\u00e9i, la mort de Charles le T\u00e9m\u00e9raire&#8230; Mon personnage, un peintre, se pose des questions de grande Histoire, il a des associations d&#8217;id\u00e9es culturelles et historiques. C&#8217;est en me posant ces questions, des questions dont je n&#8217;ai pas la cl\u00e9, que j&#8217;aborde le monde. Je n&#8217;ai pas de th\u00e9orie, je ne suis pas un philosophe du roman, ce sont des choses que je sens &#8221; physiquement &#8221; autant qu&#8217;intellectuellement. L&#8217;Histoire, c&#8217;est une fa\u00e7on d&#8217;\u00eatre reli\u00e9 aux autres, et aussi \u00e0 son temps&#8230; On peut \u00eatre amoureux de la Gr\u00e8ce antique, de la Rome ancienne, de la Venise de la S\u00e9r\u00e9nissime R\u00e9publique, toutes ces cultures sont mortes, pourtant elles vivent profond\u00e9ment en nous&#8230; Il ne faut pas \u00eatre pass\u00e9iste, mais il ne faut pas se masquer qu&#8217;on est fait de tout cela.. Puisque tout cela se t\u00e9lescope en moi, pourquoi pas sur la page ? Demain, cela n&#8217;existera plus, des niveaux seront effac\u00e9s&#8230; Voil\u00e0, c&#8217;est le sens de mon \u00e9volution. Un moment, j&#8217;ai senti n\u00e9cessaire d&#8217;ouvrir les portes, de faire entrer l&#8217;\u00e9poque, les \u00e9poques dans mes livres. Pour le dernier, tout a surgi par association libre, comme en psychanalyse. Une image en a entra\u00een\u00e9 une autre, dans l&#8217;emballement de la conscience.&#8221; M. B.<\/p>\n<p> <strong> Arnaud Guillon\u00a0; &#8221; Les petites choses du pass\u00e9 &#8221; <\/strong><\/p>\n<p>Arnaud Guillon, \u00e0 trente-quatre ans, vous publiez votre premier roman, Daisy, printemps 69, (Plon, 1998, NDLR). Pourquoi avoir choisi cette p\u00e9riode ?<\/p>\n<p> <strong> Arnaud Guillon : <\/strong> J&#8217;ai des souvenirs de 68 \u00e0 travers les \u00e9meutes, les manifestations que j&#8217;observais, tout enfant, de l&#8217;appartement de mes parents&#8230; Mais mon propos n&#8217;\u00e9tait pas de faire un roman sur Mai-68. Ce n&#8217;est qu&#8217;une toile de fond o\u00f9 s&#8217;inscrit l&#8217;histoire du livre. Je suis tr\u00e8s curieux du monde tel qu&#8217;il \u00e9tait quand je suis n\u00e9.<\/p>\n<p>Vous n&#8217;\u00e9voquez, d&#8217;ailleurs, aucun \u00e9v\u00e9nement politique&#8230;<\/p>\n<p> <strong> A. G.: <\/strong> Non, ce que je retiens de l&#8217;\u00e9poque, c&#8217;est plut\u00f4t une mani\u00e8re d&#8217;\u00eatre, de vivre, de voir les choses&#8230; Ce sont les petites choses qui permettent de recr\u00e9er un climat, par exemple la longueur d&#8217;une robe, un maquillage, une mani\u00e8re de se coiffer, un mod\u00e8le de voiture&#8230; Tout \u00e7a me fait r\u00eaver, alors que l&#8217;Histoire, pour moi, c&#8217;est une esp\u00e8ce de cloche qui tombe sur les choses, et qui \u00e9touffe. J&#8217;ai proc\u00e9d\u00e9 par pointillisme, picorant \u00e0 droite et \u00e0 gauche. Le livre refl\u00e8te ce que j&#8217;ai entendu, vu de cette \u00e9poque, dans des films, sur de vieilles photographies&#8230;<\/p>\n<p>Cette \u00e9criture, au premier degr\u00e9, cela repr\u00e9sente quoi ?<\/p>\n<p> <strong> A. G.: <\/strong> Sa simplicit\u00e9 aide \u00e0 \u00e9claircir les situations et les personnages. L&#8217;\u00e9criture, dans ce livre, c&#8217;est la volont\u00e9 d&#8217;arr\u00eater le temps, puisque, \u00e0 la fin du livre, il y a la mort et que les personnages disparaissent. Si le narrateur n&#8217;\u00e9crit pas leur histoire, il ne restera rien d&#8217;eux. Ma pr\u00e9occupation depuis que je suis enfant, c&#8217;est: que deviennent les gens avec le temps ? Et quand on les a perdus de vue, que sont-ils devenus ? Ce qui est bien, alors, c&#8217;est d&#8217;inventer, de sp\u00e9culer&#8230;<\/p>\n<p>L&#8217;histoire est racont\u00e9e vingt-huit ans plus tard, le 18 ao\u00fbt 1996. Pourquoi ces jeux avec le temps ?<\/p>\n<p> <strong> A. G.: <\/strong> Je suis tr\u00e8s sensible \u00e0 la mani\u00e8re dont on utilise le temps dans un livre. Ici, chaque &#8220;p\u00e9riode&#8221; correspond \u00e0 une &#8220;parcelle&#8221; du personnage. Si on regroupe le tout, on a le personnage entier&#8230; J&#8217;ai une conception de l&#8217;Histoire tr\u00e8s distanci\u00e9e, avec un sentiment tr\u00e8s fort de provisoire, rien ne dure, tout passe. Ecrire, c&#8217;est essayer de r\u00e9cup\u00e9rer quelques petites choses au passage. Je ne suis qu&#8217;un observateur qui n&#8217;a pas de prise sur les choses, ni ne cherche pas \u00e0 en avoir.<\/p>\n<p>Vos livres \u00e0 venir ?<\/p>\n<p> <strong> A. G.: <\/strong> Certainement des livres trait\u00e9s au pass\u00e9, avec au moins une trentaine d&#8217;ann\u00e9es entre la narration et le d\u00e9roulement de l&#8217;histoire. Le pass\u00e9 est un champ ouvert, ample, o\u00f9 je peux circuler librement. Avec le pr\u00e9sent, j&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;\u00eatre coll\u00e9 contre un mur, de ne pas avoir d&#8217;espace. Pour bien avoir les choses, il faut laisser passer du temps&#8230; Et puis, je ne vois rien dans l&#8217;\u00e9poque d&#8217;aujourd&#8217;hui qui pourrait m&#8217;inspirer.n<\/p>\n<p>Propos recueillis par S. B.<\/p>\n<p> **<\/p>\n<p> <strong> Yves Berger\u00a0:** &#8221; La haine du Temps &#8221; <\/strong><\/p>\n<p>&#8221; La citation de Novalis qui figure en exergue de mon dernier roman paru le Monde apr\u00e8s la pluie (Grasset,1998, NDLR) explicite une intuition que j&#8217;ai depuis longtemps, \u00e0 savoir que, si le monde \u00e9tait parfait, les romans, la litt\u00e9rature n&#8217;existeraient pas.&#8221; Les romans naissent des faillites de l&#8217;Histoire &#8220;, dit Novalis. Je pense que l&#8217;oeuvre d&#8217;art, c&#8217;est la correction du monde failli. Avec ce roman, j&#8217;ai pris une conscience aigu\u00eb de ce qui m&#8217;occupe de fa\u00e7on fondamentale, et qui est le temps. L&#8217;Histoire, c&#8217;est ce qui permet de diviser le temps, de le mesurer, de l&#8217;\u00e9voquer. Le temps ne se laisse pas appr\u00e9hender. Dans mon premier roman, le Sud (Grasset,1962, NDLR), un homme, dans le sud de la France en 1960, essaie d&#8217;\u00e9lever ses enfants comme s&#8217;ils vivaient en Virginie un peu avant la guerre de S\u00e9cession. Il essaie de faire, lui, ce qui est interdit \u00e0 la condition humaine, qui est la plus grande fatalit\u00e9, avec la mort, et qui est li\u00e9 \u00e0 la mort: remonter dans le temps, revenir en arri\u00e8re. La pente fatale de la condition humaine, sa fatalit\u00e9, c&#8217;est toujours d&#8217;aller de l&#8217;amont vers l&#8217;aval, c&#8217;est-\u00e0-dire d&#8217;aller de la naissance vers la mort. Ce p\u00e8re, men\u00e9 par son d\u00e9sir fou, prom\u00e9th\u00e9en, essaie d&#8217;\u00e9lever ses enfants &#8221; en arri\u00e8re &#8220;, comme s&#8217;il pouvait remonter le temps. L&#8217;homme est le pr\u00e9dateur par excellence. Devant les for\u00eats \u00e9radiqu\u00e9es, les espaces humides amoindris, le d\u00e9sert qui s&#8217;\u00e9tend, les esp\u00e8ces animales et v\u00e9g\u00e9tales qui disparaissent, bref, devant ce v\u00e9ritable assassinat du monde, je suis port\u00e9 \u00e0 inventer un monde, je fabrique des paradis. Pour moi, le paradis est un endroit o\u00f9 le temps ne passe pas, ce serait l&#8217;Eternit\u00e9. Mais quand on \u00e9crit, on ne peut pas faire que le temps n&#8217;existe pas, les personnages, alors, ne sont pas cr\u00e9dibles. Dans Immobile dans le courant du Fleuve (Grasset, 1994, NDLR) le temps, je l&#8217;ai r\u00e9duit, presque escamot\u00e9. Dans le Monde apr\u00e8s la pluie, le temps est compl\u00e8tement disloqu\u00e9&#8230; Je hais le temps qui passe. Le temps, c&#8217;est le Mal, c&#8217;est le p\u00e9ch\u00e9 capital, c&#8217;est lui qui fait la d\u00e9ch\u00e9ance et la mort. Dans ce dernier roman, je fais commencer le mal au n\u00e9olithique. Je soutiens une th\u00e8se arbitraire, mais un roman n&#8217;a pas \u00e0 \u00eatre vrai par rapport \u00e0 l&#8217;Histoire, un roman doit \u00eatre vrai par rapport \u00e0 son histoire, \u00e0 lui-m\u00eame. Cependant, dans tout ce que j&#8217;\u00e9cris, il y a toujours certains fondements historiques. Ainsi, c&#8217;est au n\u00e9olithique qu&#8217;ont \u00e9t\u00e9 invent\u00e9es deux pratiques qui vont bouleverser le monde jusqu&#8217;\u00e0 nous: l&#8217;agriculture et l&#8217;\u00e9levage, lesquelles, atteignant des d\u00e9veloppements incroyables, vont provoquer le mal de la surpopulation. Dans le Monde apr\u00e8s la pluie, j&#8217;ai imagin\u00e9 la fin du monde, j&#8217;an\u00e9antis toute la population, \u00e0 l&#8217;exception de huit personnages qui font le roman. L&#8217;\u00e9criture, la langue plut\u00f4t, c&#8217;est quelque chose de mall\u00e9able, on ne peut pas la prendre, elle est pareille \u00e0 l&#8217;eau, pareille au temps. Cette mall\u00e9abilit\u00e9 permet d&#8217;exprimer des choses concr\u00e8tes, de d\u00e9crire le monde, ou un univers int\u00e9rieur. Je suis arriv\u00e9 \u00e0 un tournant. Le temps sera toujours au centre de ce que j&#8217;\u00e9cris, mais je ne sais si j&#8217;utiliserai encore l&#8217;Am\u00e9rique dans mes livres&#8230; Je fais des livres parce que le temps m&#8217;oppresse. Ces livres rejoignent la vie en se r\u00e9signant au temps, \u00e0 la mort. Je n&#8217;aurais certainement pas pu \u00e9crire le Monde apr\u00e8s la pluie \u00e0 vingt ou trente ans, car, alors, on a l&#8217;illusion de l&#8217;\u00e9ternit\u00e9. C&#8217;est pourquoi ce livre est un livre noir.&#8221; Y. B.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Avec des contributions de Max Gallo, Bernard Landry, Jo\u00ebl Schmidt, Michel Besnier, Michel Braudeau, Arnaud Guillon, Yves Berger <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[288],"class_list":["post-991","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-spectacle-vivant"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/991","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=991"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/991\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=991"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=991"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=991"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}