{"id":990,"date":"1998-06-01T00:00:00","date_gmt":"1998-05-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/cooperation-scientifique990\/"},"modified":"1998-06-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-05-31T22:00:00","slug":"cooperation-scientifique990","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=990","title":{"rendered":"Coop\u00e9ration scientifique"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>Le soutien de l&#8217;Acad\u00e9mie des sciences<strong> Le CIMPA, ce centre international de recherches des math\u00e9matiques implant\u00e9 \u00e0 Nice, risque de fermer ses portes malgr\u00e9 l&#8217;exp\u00e9rience positive des nouvelles formes de coop\u00e9ration qu&#8217;il propose. <\/strong><\/p>\n<p>Une aventure humaine et sympa, celle de la formation, du Chili jusqu&#8217;en Chine, de math\u00e9maticiens de haut niveau par le Centre international de math\u00e9matiques pures et appliqu\u00e9es (CIMPA), est-elle en train de s&#8217;achever dans la quasi-indiff\u00e9rence des pouvoirs publics fran\u00e7ais ? C&#8217;est presque au milieu des cartons de d\u00e9m\u00e9nagement que nous re\u00e7oit son d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral, Claude Lobry. Depuis ce qui ne sera bient\u00f4t plus son PC de la ville &#8220;La Lezardi\u00e8re&#8221; (rebaptis\u00e9e &#8220;Einstein&#8221;), ce professeur de math\u00e9matiques \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Nice commence bien s\u00fbr par citer quelques chiffres \u00e9loquents: &#8221; En vingt ans le CIMPA a organis\u00e9 91 \u00e9coles d&#8217;\u00e9t\u00e9 qui ont accueilli 2670 stagiaires dont plus de 2000 provenaient d&#8217;un pays en d\u00e9veloppement. Nous avons constitu\u00e9 une base de donn\u00e9es informatiques relative aux math\u00e9matiques de plus de 4000 entr\u00e9es. Et ce alors que notre budget bas\u00e9 sur des subventions nous place dans une situation de pr\u00e9carit\u00e9 permanente &#8220;. Le dernier coup dur, avec la r\u00e9duction pratiquement \u00e0 z\u00e9ro des subsides octroy\u00e9s par le minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res, \u00e9tant donc le non-renouvellement du bail par la ville de Nice pour ces locaux de la colline de Cimiez proches de la facult\u00e9 des Sciences mis jusqu&#8217;alors gracieusement \u00e0 la disposition du CIMPA.&#8221; Si rien n&#8217;est fait cette ann\u00e9e nous fermerons la structure en d\u00e9cembre &#8221; affirme Claude Lobry. Et, qu&#8217;on en juge, ce serait un triste g\u00e2chis !<\/p>\n<p> <strong> Les maths appliqu\u00e9es aux probl\u00e8mes du d\u00e9veloppement <\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9e en 1974 d&#8217;une &#8221; recommandation &#8221; de la Conf\u00e9rence de l&#8217;Unesco \u00e0 Nairobi, cette id\u00e9e de cr\u00e9er un tel Centre international de math\u00e9matiques s&#8217;est concr\u00e9tis\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 la volont\u00e9 et \u00e0 l&#8217;enthousiasme de brillants scientifiques travaillant \u00e0 Nice, et pour certains &#8221; tiers-mondistes &#8220;, comme Jean C\u00e9a, qui en sera le premier responsable, Pierre Grisvard (aujourd&#8217;hui disparu) ou encore Jacques Louis Lions. C&#8217;est en 1980 que l&#8217;association &#8221; loi de 1901 &#8221; CIMPA prend son envol en se proposant d&#8217;organiser des stages pendant l&#8217;ann\u00e9e universitaire et des \u00e9coles pendant l&#8217;\u00e9t\u00e9 mais aussi d&#8217;\u00e9tudier les math\u00e9matiques et leurs applications \u00e0 des probl\u00e8mes concrets, notamment ceux li\u00e9s au d\u00e9veloppement. Dans le m\u00eame temps, \u00e0 Trieste, se mettait en place, mais pour la formation de chercheurs en physique, une structure du m\u00eame genre financ\u00e9e \u00e0 hauteur de 100 MF par le gouvernement italien. Les fondateurs du CIMPA pouvait esp\u00e9rer que la France, leader mondial en math\u00e9matiques et qui a conserv\u00e9 ce rang, allait faire aussi bien. Ils durent pourtant se transformer en &#8221; p\u00eacheurs de subventions &#8221; et se contenter d&#8217;un budget, remis en cause chaque ann\u00e9e, constitu\u00e9 pour l&#8217;essentiel par 750 000 francs vers\u00e9s \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Nice et consacr\u00e9s \u00e0 la prise en charge des stagiaires, du loyer gratuit pour le si\u00e8ge ni\u00e7ois du CIMPA, et d&#8217;un peu d&#8217;argent du minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res et de l&#8217;Unesco. C&#8217;est ainsi que, d&#8217;abord pour des raisons budg\u00e9taires, ce ne sont plus les stagiaires qui sont venus en France mais les professeurs qui sont all\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger, pour animer des \u00e9coles de deux \u00e0 quatre semaines destin\u00e9es le plus souvent \u00e0 des th\u00e9sards.&#8221; Outre ce travail de recyclage des futurs enseignants notre action vise \u00e0 former des chercheurs, car sans la Recherche c&#8217;est l&#8217;Universit\u00e9 qui s&#8217;effondre et par voie de cons\u00e9quence tout le syst\u00e8me scolaire qui est derri\u00e8re &#8220;, pr\u00e9cise Claude Lobry. Lorsqu&#8217;un futur &#8221; directeur d&#8217;\u00e9cole &#8221; pr\u00e9sente au Comit\u00e9 scientifique du CIMPA son programme il prend en main aussi les \u00e9volutions qu&#8217;il est indispensable de conna\u00eetre, de la science math\u00e9matique. Evolutions cycliques qui alternent les remises \u00e0 plat et l&#8217;exploration de nouveaux domaines de recherche. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, ce sont les math\u00e9matiques statistiques appliqu\u00e9es \u00e0 la finance, \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie, \u00e0 l&#8217;\u00e9pid\u00e9miologie, \u00e0 la m\u00e9decine et \u00e0 la d\u00e9mographie qui connaissent une &#8220;vogue &#8221; certaine. Voil\u00e0 pour la th\u00e9orie. Dans la pratique, le CIMPA a d\u00e9ploy\u00e9 pas mal d&#8217;\u00e9nergie dans le c\u00f4ne sud-am\u00e9ricain (Br\u00e9sil, Argentine, Chili) &#8221; o\u00f9 la tradition des math\u00e9matiques en langue fran\u00e7aise est encore vivace &#8220;, envisage de faire irriguer &#8220;le d\u00e9sert scientifique&#8221; qu&#8217;est l&#8217;Am\u00e9rique centrale par des math\u00e9maticiens bas\u00e9s en Guadeloupe et, surtout, se lance en ce moment dans un projet particuli\u00e8rement ambitieux en Afrique de l&#8217;Ouest. Des scientifiques africains ont eu l&#8217;id\u00e9e de cr\u00e9er un centre r\u00e9gional de formation dans cette partie de l&#8217;Afrique ne comptant en tout et pour tout qu&#8217;une vingtaine de math\u00e9maticiens capables de faire une communication lors d&#8217;un congr\u00e8s international. Soit, comparativement \u00e0 la France et \u00e0 sa population, quatre cents fois moins.&#8221; C&#8217;est un chantier consid\u00e9rable, mais si l&#8217;on veut que l&#8217;Afrique se d\u00e9veloppe par elle-m\u00eame en formant notamment ses cadres interm\u00e9diaires, il faut l&#8217;ouvrir sans retard &#8220;, estime Claude Lobry.<\/p>\n<p> <strong> Des coop\u00e9rants fran\u00e7ais d&#8217;un nouveau genre  <\/strong><\/p>\n<p>Le CIMPA a creus\u00e9 les fondations de cet ouvrage colossal au B\u00e9nin o\u00f9 l&#8217;Etat, malgr\u00e9 la faiblesse de son budget finance, \u00e0 Porto Novo, un institut de math\u00e9matiques et de sciences physiques. Il s&#8217;agit maintenant de constituer un r\u00e9seau de math\u00e9maticiens et de mettre en place un enseignement de IIIe cycle assur\u00e9 dans un premier temps par des bin\u00f4mes de professeurs franco-africains. Des &#8221; coop\u00e9rants &#8220;, c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais, d&#8217;un nouveau genre qui n&#8217;effectueront que des s\u00e9jours d&#8217;un mois r\u00e9tribu\u00e9s seulement 10 000 francs.&#8221; Les universitaires qui acceptent ces conditions financi\u00e8res, en plus de l&#8217;effort physique tr\u00e8s dur que cela r\u00e9clame, ont un esprit militant, souligne le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral du CIMPA, ils ont comme seule gratification de faire une exp\u00e9rience originale, peut-\u00eatre de rencontrer un futur \u00e9l\u00e8ve ou disciple et, pour certains, le sentiment de rendre un peu \u00e0 l&#8217;Afrique ce qu&#8217;on lui a pill\u00e9.&#8221; De nouvelles formes de coop\u00e9ration fran\u00e7aise en Afrique voient-elles, dans la douleur et l&#8217;incertitude, le jour ? En tout cas, au CIMPA, on estime, malgr\u00e9 les ravages de la colonisation et les d\u00e9convenues d&#8217;une politique de coop\u00e9ration qui n&#8217;\u00e9tait souvent qu&#8217;un n\u00e9o-colonialisme d\u00e9guis\u00e9, que l&#8217;image de marque de la France, tout du moins dans le domaine des math\u00e9matiques, est encore excellente. Et Claude Lobry de s&#8217;interroger, avec un brin d&#8217;indignation dans la voix: &#8221; Mesure-t-on tous les b\u00e9n\u00e9fices que la France pourrait retirer de ces nouvelles formes de coop\u00e9ration ? &#8221; Une question qui ne se posera plus si le CIMPA, qui a trouv\u00e9 sa place et son utilit\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;Universit\u00e9, ne trouve pas bient\u00f4t les moyens financiers de son propre d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p><strong> Le soutien de l&#8217;Acad\u00e9mie des sciences <\/strong><\/p>\n<p>Dans un projet de r\u00e9solution du 6 avril 1998, l&#8217;Acad\u00e9mie des sciences attire l&#8217;attention sur la situation du Centre international de math\u00e9matiques pures et appliqu\u00e9es (CIMPA) et, plus g\u00e9n\u00e9ralement des sciences math\u00e9matiques dans la coop\u00e9ration internationale au cours des d\u00e9cennies \u00e0 venir.<\/p>\n<p>&#8221; Le CIMPA a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Nice en suivant une recommandation de l&#8217;Unesco, en vue de la formation de math\u00e9maticiens dans les pays en d\u00e9veloppement et de leur information. Son bilan, peu connu, est remarquable: pr\u00e8s de 100 \u00e9coles, plus de 2 000 stagiaires, des liens permanents en Chine, en Inde, en Tunisie, au Chili et, en collaboration avec le Centre international de physique th\u00e9orique de Trieste, au B\u00e9nin. Les th\u00e8ses ont \u00e9t\u00e9 choisis dans un large spectre des sciences math\u00e9matiques, incluant l&#8217;information et les questions qui lui sont li\u00e9es. La r\u00e9solution, vot\u00e9e en novembre 1997, par l&#8217;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l&#8217;Unesco, d\u00e9clarant l&#8217;ann\u00e9e 2 000: &#8221; ann\u00e9e mondiale des math\u00e9matiques &#8220;, est l&#8217;occasion de fixer au CIMPA des ambitions nouvelles. Si l&#8217;on vise, au XXIe si\u00e8cle, un meilleur \u00e9quilibre mondial dans la production des connaissances scientifiques, il faut d\u00e8s aujourd&#8217;hui former des chercheurs dans les pays en d\u00e9veloppement \u00e0 un rythme acc\u00e9l\u00e9r\u00e9. Or, en amont de nombreuses connaissances et activit\u00e9s sociales, on trouve les sciences math\u00e9matiques: math\u00e9matiques pures et appliqu\u00e9es, informatique, aspects math\u00e9matiques de la m\u00e9canique, de la physique, des sciences de la sant\u00e9, de l&#8217;environnement et de l&#8217;\u00e9conomie, des industries et des services. Il faut de bons math\u00e9maticiens pour enseigner aux techniciens sup\u00e9rieurs, ing\u00e9nieurs et cadres.<\/p>\n<p>L&#8217;Acad\u00e9mie estime que le CIMPA, qui a fait ses preuves, doit \u00eatre structur\u00e9 et pourvu de moyens \u00e0 la mesure de sa mission et de ses ambitions. Elle recommande, dans l&#8217;imm\u00e9diat, qu&#8217;une convention pluriannuelle entre le gouvernement fran\u00e7ais et l&#8217;Unesco garantisse le financement n\u00e9cessaire aux \u00e9coles et stages sur le terrain. La formule de &#8220;contribution volontaire affect\u00e9e&#8221; pourrait \u00eatre, de la part du gouvernement fran\u00e7ais, un apport original \u00e0 l&#8217;Unesco pour compl\u00e9ter son effort propre. Elle approuve la mise en place d&#8217;une structure &#8221; sciences math\u00e9matiques et d\u00e9veloppement &#8220;, associant des partenaires institutionnels fran\u00e7ais, en vue d&#8217;amplifier et de rendre plus efficace la contribution fran\u00e7aise (personnel et moyens) et de coordonner les actions men\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger par les diff\u00e9rents partenaires.&#8221;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-990","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/990","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=990"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/990\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=990"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=990"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=990"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}