{"id":9849,"date":"2016-09-19T00:09:45","date_gmt":"2016-09-18T22:09:45","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-jean-louis-comolli-il-faut-expliquer-les-images-de-daesh\/"},"modified":"2023-06-23T23:22:58","modified_gmt":"2023-06-23T21:22:58","slug":"article-jean-louis-comolli-il-faut-expliquer-les-images-de-daesh","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=9849","title":{"rendered":"Jean-Louis Comolli : \u00ab Il faut expliquer les images de Daesh \u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Critique de cin\u00e9ma, r\u00e9alisateur, Jean-Louis Comolli signe <em>Daesh le cin\u00e9ma et la mort<\/em>. Un essai passionnant, qui analyse l&#8217;usage de la vid\u00e9o et des images par Daesh, et ses cons\u00e9quences. Entretien.<\/p>\n<p>Parmi les images les plus relay\u00e9es et comment\u00e9es produites par Daesh figurent sans aucun doute les vid\u00e9os de mises \u00e0 mort. Pour autant, elles ne constituent qu&#8217;une infime part de la production audiovisuelle de l\u2019\u00c9tat islamique, et \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s circulent des films de propagande (aux accents bucoliques) vantant les charmes d&#8217;une ville, d&#8217;un quartier ; ou des fictions (le plus connu \u00e9tant <em>Flams of War<\/em> sorti en 2014), usant de tous les artifices des blockbusters am\u00e9ricains. <\/p>\n<p>Un \u00e9trange retournement, qui veut qu&#8217;Hollywood, outil culturel de l&#8217;imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain, se retrouve plagi\u00e9 pour servir un autre imp\u00e9rialisme, une autre propagande\u2026 Autour de cette bataille des images \u2013 et des vid\u00e9os de mises \u00e0 mort \u2013 qui se d\u00e9roule aujourd&#8217;hui au niveau mondial, rencontre avec Jean-Louis Comolli.<\/p>\n<p><strong>Regards. Quelle est la gen\u00e8se de <em>Daesh, le cin\u00e9ma et la mort ?<\/em> <\/strong><\/p>\n<p><strong>Jean-Louis Comolli.<\/strong> Quand j&#8217;ai vu pour la premi\u00e8re fois les petits films de Daesh o\u00f9 l&#8217;on \u00e9gorge des prisonniers, j&#8217;ai \u00e9t\u00e9 r\u00e9volt\u00e9, pas seulement par l&#8217;horreur du geste, mais par le fait que tout soit film\u00e9 \u2013 d\u00e8s que Daesh tue quelqu&#8217;un, il le filme. L&#8217;unit\u00e9 de production de films cr\u00e9\u00e9e par Daesh, Al-Hayat, dispose d&#8217;un mat\u00e9riel parfaitement moderne, sophistiqu\u00e9, avec des ing\u00e9nieurs tr\u00e8s capables. Les films utilisent parfois des ralentis, des acc\u00e9l\u00e9r\u00e9s, des disparitions subites, ou des incrustations en fond de d\u00e9sert ou de paysages, etc. Des op\u00e9rations d&#8217;\u00e9gorgement r\u00e9elles sont m\u00eame d&#8217;abord simul\u00e9es et r\u00e9p\u00e9t\u00e9es. Divers \u00e9l\u00e9ments rh\u00e9toriques du spectacle hollywoodien ont \u00e9t\u00e9 recycl\u00e9s par Daesh et servent \u00e0 agr\u00e9menter les films, classant certains d&#8217;entre eux dans la lign\u00e9e du cin\u00e9ma d&#8217;action. <\/p>\n<p><em> <\/p>\n<h2>\u00ab On dit que dans le Media Center d&#8217;Al-Hayat, une \u00e9quipe de sc\u00e9naristes se creuse la t\u00eate pour trouver de nouvelles formes d&#8217;ex\u00e9cution, pour renouveler les sc\u00e9narios. \u00bb<\/h2>\n<p> <\/em><\/p>\n<p><strong>Pour vous, le cin\u00e9ma se situerait originellement du c\u00f4t\u00e9 de la vie, et Daesh serait du c\u00f4t\u00e9 de la mort\u2026 <\/strong><\/p>\n<p>Le cin\u00e9ma a \u00e9t\u00e9 mis au point par des inventeurs qui avaient pour obsession de reproduire le mouvement et ce faisant, de reproduire et repr\u00e9senter la vie \u2013 l&#8217;analogie entre vie et mouvement \u00e9tant presque automatique. Les images fabriqu\u00e9es vivant plus longtemps que les mod\u00e8les, il se produit \u00e0 travers elles une perp\u00e9tuation particuli\u00e8re de la vie, ces images n&#8217;\u00e9tant pas la vie en tant que telle. Tout le monde sait qu&#8217;au cin\u00e9ma les morts vivent, et que lorsqu&#8217;il y a des morts dans un film d&#8217;action, c&#8217;est une fiction. Daesh a pi\u00e9tin\u00e9 ce principe et le fait que le cin\u00e9ma serve \u00e0 filmer des ex\u00e9cutions m&#8217;est apparu comme scandaleux, un usage contre-nature. <\/p>\n<p><strong>L&#8217;Organisation de l&#8217;\u00c9tat islamique pousse loin sa conception de la mise en sc\u00e8ne\u2026<\/strong><\/p>\n<p>On dit que dans le Media Center d&#8217;Al-Hayat, une \u00e9quipe de sc\u00e9naristes se creuse la t\u00eate pour trouver de nouvelles formes d&#8217;ex\u00e9cution, pour renouveler les sc\u00e9narios. Que la mort r\u00e9elle devienne un jeu est une id\u00e9e tr\u00e8s angoissante. J&#8217;ai d\u00e9couvert \u00e9galement \u2013 par l&#8217;\u00e9crivain fran\u00e7ais Mathieu Riboulet \u2013 l&#8217;existence d&#8217;une vid\u00e9o (effectu\u00e9e par quelqu&#8217;un qui espionne) dans laquelle on voit une r\u00e9p\u00e9tition d&#8217;une mise \u00e0 mort. Dans un studio extr\u00eamement bien \u00e9quip\u00e9 avec des cam\u00e9ras, des projecteurs, des assistants qui circulent, on voit les pr\u00e9paratifs d&#8217;une ex\u00e9cution. \u00c0 la premi\u00e8re prise, le prisonnier se rel\u00e8ve, et \u00e0 la seconde on le tue vraiment. Il n&#8217;y a aucune construction de situation, c&#8217;est enti\u00e8rement spectaculaire. Du coup, ce qui aurait pu appara\u00eetre comme un \u00e9l\u00e9ment d&#8217;authenticit\u00e9 n&#8217;est pas pr\u00e9sent. M\u00eame en regardant comment c&#8217;est fait, on ne peut plus savoir si \u00e0 la deuxi\u00e8me prise la victime a vraiment \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e ou si c&#8217;est encore une simulation. Le making-of ne dit pas plus de v\u00e9rit\u00e9 que le film lui-m\u00eame. <\/p>\n<p><strong>En m\u00eame temps, le cin\u00e9ma a tr\u00e8s t\u00f4t document\u00e9 la mort ?<\/strong><\/p>\n<p>Oui, mais le cin\u00e9ma l&#8217;a film\u00e9e toujours de fa\u00e7on extr\u00eamement discr\u00e8te, sans insister trop. Aujourd&#8217;hui les images de la guerre en Syrie nous montrent des villes d\u00e9vast\u00e9es, des b\u00e2timents d\u00e9fonc\u00e9s, etc., mais peu de cadavres, du moins pas autant que dans la r\u00e9alit\u00e9, comme si il y avait une certaine g\u00eane \u00e0 filmer la mort. Arrivant toujours apr\u00e8s, le documentaire ne filme pas la mise \u00e0 mort, mais la mort, et dans les fictions, c&#8217;est le simulacre de la mort qui est organis\u00e9. Mais du point de vue du spectateur \u2013 \u00e0 partir duquel j&#8217;essaie de comprendre le cin\u00e9ma \u2013 une mort simul\u00e9e n&#8217;est pas diff\u00e9rentiable d&#8217;une mort r\u00e9elle. Il est difficile de distinguer avec les seuls moyens du regard le vrai du faux. Il faut trouver des astuces de mise en sc\u00e8ne, des stratag\u00e8mes, des rh\u00e9toriques qu&#8217;on ne puisse pas mettre en doute. <\/p>\n<p><em> <\/p>\n<h2>\u00ab Contrairement \u00e0 Al-Qaida, Daesh ne tue en vid\u00e9o que des musulmans et sans r\u00e9clamer d&#8217;argent. La logique n&#8217;est pas une logique de chantage, mais de terreur. \u00bb<\/h2>\n<p> <\/em><\/p>\n<p><strong>Daesh ne s&#8217;embarrasse pas de telles consid\u00e9rations ?<\/strong><\/p>\n<p>Dans le cas de Daesh, il n&#8217;y a aucune mise en sc\u00e8ne complexe : il y a le bourreau, devant lui se trouve la victime et le spectateur, en enfilade l&#8217;un de l&#8217;autre. Le spectateur est confront\u00e9 \u00e0 la vision directe de la chose et c&#8217;est \u00e0 lui de d\u00e9cider si c&#8217;est vrai ou pas. L&#8217;erreur grave de Daesh est de ne pas avoir ins\u00e9r\u00e9 ces \u00e9l\u00e9ments dans un embryon d&#8217;histoire. Pour des raisons li\u00e9es uniquement au spectaculaire, ils se centrent sur l&#8217;horreur mais ne donner que l&#8217;horreur \u00e0 voir fait qu&#8217;il manque la fiction. Et s&#8217;il manque la fiction, il manque la v\u00e9rit\u00e9. C&#8217;est \u00e0 travers un r\u00e9cit, une histoire quelconque \u2013 vraie ou fausse, peu importe \u2013 qu&#8217;on va croire que telle situation, tel geste, sont justes ou pas. Jusqu&#8217;\u00e0 ce jour, les strat\u00e8ges de Daesh n&#8217;ont pas compris cela. <\/p>\n<p><strong>Vous \u00e9voquez dans votre ouvrage les productions d&#8217;Al-Qaida. Entre les films d&#8217;Al-Qaida et  Daesh, qu&#8217;est-ce qui change ?<\/strong><\/p>\n<p>Dans <em>Al-Qaida par l\u2019image : La proph\u00e9tie du martyre<\/em>[[<em>Al-Qaida par l\u2019image : La proph\u00e9tie du martyre,<\/em> d&#8217;Abdelasiem El Difraoui, P.U.F., 2013.]], Abdelasiem El Difraoui analyse l&#8217;ensemble de l&#8217;iconographie d&#8217;Al-Qaida, des g\u00e9n\u00e9riques aux drapeaux en passant par les embl\u00e8mes et les uniformes. Il note qu&#8217;il y a peu d&#8217;ex\u00e9cutions film\u00e9es et que celles-ci concernent presque exclusivement des occidentaux (europ\u00e9ens, am\u00e9ricains) consid\u00e9r\u00e9s comme des espions ou des otages. Dans sa d\u00e9marche, Daesh fait un saut de c\u00f4t\u00e9 important : ils ne tuent en vid\u00e9o que des musulmans et sans r\u00e9clamer d&#8217;argent. La logique de Dach n&#8217;est pas une logique de chantage, mais de terreur.  <\/p>\n<p><strong>Les destinataires de ces vid\u00e9os d&#8217;ex\u00e9cutions ne seraient pas les m\u00eames ?<\/strong><\/p>\n<p>Al-Qaida luttant contre l&#8217;Am\u00e9rique, le destinataire d&#8217;Al-Qaida \u00e9tait l&#8217;Occident am\u00e9ricain, alors que Daesh lutte pour la vraie foi, ce qui est fort diff\u00e9rent. Les occidentaux sont d&#8217;entr\u00e9e de jeu exclus. Ou ils se convertissent et vont lutter avec Daesh, ou alors on fait comme s&#8217;ils n&#8217;existaient pas et on tue \u00e0 l&#8217;aveuglette lors d&#8217;attentats. Dans les films de Daesh, il n&#8217;y a que des musulmans, consid\u00e9r\u00e9s comme de &#8220;mauvais&#8221; musulmans. Avec le c\u00f4t\u00e9 n\u00e9gatif du num\u00e9rique, qui est que ces images sont imm\u00e9diatement utilisables et diffusables, elles sont relay\u00e9es sur YouTube et sur nombre de cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision arabophones. Lorsqu&#8217;elles le sont sur des cha\u00eenes am\u00e9ricaines ou europ\u00e9ennes, elles sont censur\u00e9es. D&#8217;ailleurs, on rejoint ici une vraie question esth\u00e9tico-philosophique : la censure d\u00e9signe autant qu&#8217;elle cache. Si je mets une barre noire sur le visage du condamn\u00e9 \u00e0 mort, je le condamne \u00e0 mort\u2026 Cette duplicit\u00e9 de la censure fait que la question est insoluble. Si on ne montre pas, on censure, si on montre en cachant une partie des choses, on montre qu&#8217;on a cach\u00e9 une partie des choses\u2026 Le libre exercice de la critique est emp\u00each\u00e9. <\/p>\n<p><em> <\/p>\n<h2>\u00ab Je me m\u00e9fie beaucoup de ces images qui &#8220;font le tour du monde&#8221;, car elles ne le font pas toutes seules. \u00bb<\/h2>\n<p> <\/em><\/p>\n<p><strong>Votre position par rapport \u00e0 ces images serait donc, puisqu&#8217;elles existent, de les regarder et les analyser ?<\/strong><\/p>\n<p>Il faut les d\u00e9cortiquer, les introduire, les expliquer. Apr\u00e8s je comprends tr\u00e8s bien qu&#8217;on puisse ne pas supporter ces images, chaque spectateur a sa conception de la dignit\u00e9, d\u00e9cide d&#8217;accepter de voir ou pas. Je suis contre filmer des sc\u00e8nes de torture en fiction, car le spectateur se projette dans la chose, il est impliqu\u00e9 et participe \u00e0 la fois du bourreau et de la victime. C&#8217;est insupportable et inacceptable. Mais quand ce n&#8217;est pas de la fiction, c&#8217;est plus grave, car dans le d\u00e9sir de voir, il y a la possible \u00e9mergence d&#8217;une part perverse qui susciterait du plaisir \u00e0 voir plut\u00f4t \u00e7a qu&#8217;autre chose. Plut\u00f4t la chair en d\u00e9composition que la chair normale, la violence que la non-violence. <\/p>\n<p><strong>Les films de Daesh nous soumettent \u00e0 de tels d\u00e9fis ?<\/strong><\/p>\n<p>Ils soul\u00e8vent toutes ces questions, et c&#8217;est pour cela qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas seulement de cin\u00e9ma, ou alors de cin\u00e9ma au sens large : qu&#8217;est-ce qui est visible, qu&#8217;est-ce qui ne l&#8217;est pas ? Qu&#8217;est-ce qu&#8217;on voit ? On me dit parfois que je fais de l&#8217;anthropologie, pas de la critique. Mais si la critique de cin\u00e9ma ne fait pas d&#8217;anthropologie, \u00e0 quoi sert-elle ? Le probl\u00e8me que nous vivons aujourd&#8217;hui est : pourquoi y a-t-il du cin\u00e9ma plut\u00f4t qu&#8217;autre chose ? Parce qu&#8217;il touche au visible, et nous vivons \u2013 malheureusement \u2013 dans une soci\u00e9t\u00e9 du spectacle, o\u00f9 le visible a une importance beaucoup plus grande que dans les soci\u00e9t\u00e9s ant\u00e9rieures.<\/p>\n<p><strong>Vous dites <em>\u00ab ce n&#8217;est pas une guerre de contenus, mais de formes \u00bb<\/em>. De diffusion, \u00e9galement ?<\/strong><\/p>\n<p>Oui, mais la diffusion est une question de pouvoir, au cin\u00e9ma comme en t\u00e9l\u00e9vision. Seuls les pouvoirs sont en mesure de diffuser des images \u00e0 l&#8217;ensemble ou une partie du monde. C&#8217;est un effet de la mondialisation, cela suppose que derri\u00e8re les images de Daesh, il y a certaines cha\u00eenes \u2013 qataris, y\u00e9m\u00e9nites, etc. \u2013 qui les font exister \u00e0 cette \u00e9chelle. C&#8217;est forc\u00e9ment ambivalent, car montrer c&#8217;est aussi vouloir convaincre, persuader et il y a dans ce &#8220;vouloir&#8221; une implication propagandiste. Je me m\u00e9fie beaucoup de ces images qui &#8220;font le tour du monde&#8221;, car elles ne le font pas toutes seules.<\/p>\n<p><em>Un probl\u00e8me technique nous contraint \u00e0 d\u00e9sactiver momentan\u00e9ment les commentaires des articles. Merci de votre compr\u00e9hension.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/qui-sommes-nous\/article\/soutenez-regards\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-23858\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/560-horizontal_rose-80f.png\" alt=\"560-horizontal_rose.png\" align=\"center\" width=\"460\" height=\"210\" srcset=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/560-horizontal_rose-80f.png 460w, https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/560-horizontal_rose-80f-300x137.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 460px) 100vw, 460px\" \/><\/a><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-9849 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/comolli-daesh-home-fb5.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/comolli-daesh-home-fb5-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"comolli-daesh-home.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/560-horizontal_rose-c4d.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/560-horizontal_rose-c4d-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"560-horizontal_rose.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Critique de cin\u00e9ma, r\u00e9alisateur, Jean-Louis Comolli signe <em>Daesh le cin\u00e9ma et la mort<\/em>. 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