{"id":9834,"date":"2016-09-07T10:58:26","date_gmt":"2016-09-07T08:58:26","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-yanis-varoufakis-desobeir-pour-une-autre-europe\/"},"modified":"2023-06-23T23:22:54","modified_gmt":"2023-06-23T21:22:54","slug":"article-yanis-varoufakis-desobeir-pour-une-autre-europe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=9834","title":{"rendered":"Yanis Varoufakis. D\u00e9sob\u00e9ir, pour une autre Europe"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Mediapart vient de publier un appel de Yannis Varoufakis et de son mouvement DiEM25. \u00c0 la fois hostile \u00e0 &#8220;l\u2019europ\u00e9isme&#8221; et au &#8220;souverainisme&#8221;, il plaide pour un mouvement pan-europ\u00e9en de d\u00e9sob\u00e9issance. Une prise de parti qui m\u00e9rite consid\u00e9ration.<\/p>\n<p>Yanis Varoufakis a quitt\u00e9 le gouvernement grec \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2015, apr\u00e8s l\u2019acceptation grecque de l\u2019accord impos\u00e9 par l\u2019Eurogroupe. Il n\u2019a alors pas m\u00e2ch\u00e9 ses mots pour critiquer la gestion d\u2019Alexis Tsipras. Ce n\u2019est pas pour autant qu\u2019il a ralli\u00e9 les options des partisans r\u00e9solus d\u2019un Lexit (d\u00e9part de gauche de l\u2019Union). Dans <a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/edition\/les-invites-de-mediapart\/article\/050916\/la-gauche-europeenne-apres-le-brexit-par-yanis-varoufakis\">le texte publi\u00e9 par <em>Mediapart<\/em><\/a>, il se d\u00e9marque ainsi vigoureusement des propositions de son compatriote Statis Kouvelakis, du Britannique Tariq Ali, de l\u2019Espagnol Vincen\u00e7 Navarro et de l\u2019Italien Piero Fassina.<\/p>\n<h2>La troisi\u00e8me option d&#8217;une d\u00e9sob\u00e9issance &#8220;pan-europ\u00e9enne&#8221;<\/h2>\n<p>Il constate que la crise de l\u2019Union europ\u00e9enne, produite par quelques d\u00e9cennies de concurrence et de gouvernance, a exacerb\u00e9 la formulation de deux options contradictoires. La premi\u00e8re sugg\u00e8re d\u2019accentuer la pente f\u00e9d\u00e9rale communautaire, ce qui \u00e9quivaut en pratique \u00e0 renforcer les logiques dominantes actuelles et \u00e0 d\u00e9l\u00e9gitimer par avance toute tentative nationale de se sortir du carcan existant. La seconde propose de se d\u00e9barrasser de ce carcan en s\u2019engageant dans des proc\u00e9dures populaires de retrait du cadre de l\u2019Union europ\u00e9enne, au risque de se placer \u00e0 la remorque des populismes europ\u00e9ens et de conforter la tentation omnipr\u00e9sente au repli, \u00e0 la cl\u00f4ture et \u00e0 l\u2019obsession s\u00e9curitaire. La premi\u00e8re option peut ais\u00e9ment \u00eatre qualifi\u00e9e &#8220;d\u2019europ\u00e9iste&#8221; ; la seconde renvoie plus volontiers \u00e0 la cat\u00e9gorie d\u2019un &#8220;souverainisme&#8221; aujourd\u2019hui domin\u00e9 politiquement par le populisme de droite.<\/p>\n<p>R\u00e9cusant ces deux options, Varoufakis en propose une troisi\u00e8me, qu\u2019il place sous l\u2019invocation de la &#8220;d\u00e9sob\u00e9issance&#8221;. La gauche, affirme-t-il, ne doit pas chercher \u00e0 sortir de l\u2019Union ; mais la menace d\u2019un \u00e9clatement de ladite Union ne doit pas la conduire \u00e0 renoncer \u00e0 des politiques anti-aust\u00e9rit\u00e9. Ce qui rapproche l\u2019option Varoufakis de l\u2019option 2 est l\u2019acceptation d\u2019un combat ouvert contre ce qu\u2019il appelle <em>\u00ab l\u2019establishment de l\u2019Union europ\u00e9enne \u00bb<\/em>. Ce qui l\u2019en distingue est que cette confrontation ne doit surtout pas se mener, selon lui, sous le drapeau de la sortie de l\u2019UE.<\/p>\n<p><strong>[Lire aussi : <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/web\/article\/l-europe-on-la-change-ou-elle-meurt\">&#8220;L\u2019Europe, on la change ou elle meurt&#8221;<\/a>]<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019Union ne peut \u00eatre sauv\u00e9e dans le cadre des n\u00e9gociations europ\u00e9ennes actuelles, corset\u00e9es irr\u00e9m\u00e9diablement par les dispositifs l\u00e9gislatifs install\u00e9s depuis quelques d\u00e9cennies et dont Lisbonne, en 2008, a institutionnalis\u00e9 l\u2019exercice. Mais la mise en place concert\u00e9e de politiques contradictoires avec l\u2019esprit des trait\u00e9s, v\u00e9ritable d\u00e9sob\u00e9issance promue par un mouvement ouvertement &#8220;pan-europ\u00e9en&#8221;, est la seule qui puisse activer de fa\u00e7on d\u00e9mocratiquement int\u00e9ressante la crise de l\u2019Union. La responsabilit\u00e9 du divorce se d\u00e9place d\u00e8s lors en effet. Elle ne se trouve plus dans des politiques souveraines centr\u00e9es sur le bien commun et la solidarit\u00e9 intercommunautaire, mais dans la rigidit\u00e9 des technostructures fig\u00e9es sur leur doxa lib\u00e9rale et \u00e9litiste. Le mouvement de Varoufakis condense cette d\u00e9marche dans une formule : <em>\u00ab L\u2019UE sera d\u00e9mocratis\u00e9e. Ou elle se d\u00e9sint\u00e8grera ! \u00bb<\/em><\/p>\n<h2>Engager les peuples europ\u00e9ens dans une rupture<\/h2>\n<p>Disons franchement que cette proposition est une contribution int\u00e9ressante \u00e0 la red\u00e9finition d\u2019une gauche qui se voudrait ouvertement europ\u00e9enne et qui, parce qu\u2019elle est europ\u00e9enne, proposerait \u00e0 tous les peuples d\u2019Europe de s\u2019engager dans une rupture avec la doxa dominante et avec les forces \u00e9conomiques et politiques qui soutiennent aujourd\u2019hui cette doxa.<\/p>\n<p><strong>1. L\u2019europ\u00e9isme et le souverainisme sont deux impasses parall\u00e8les.<\/strong> Les \u00e9conomies et soci\u00e9t\u00e9s contemporaines sont irr\u00e9versiblement interd\u00e9pendantes, pour le meilleur et pour le pire. Tout projet politique qui privil\u00e9gierait un niveau territorial au d\u00e9triment d\u2019une autre, qui serait \u00ab avant tout europ\u00e9en \u00bb ou \u00ab avant tout national \u00bb serait ainsi par avance vou\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chec. Le couple de la concurrence et de la gouvernance, coupl\u00e9 aujourd\u2019hui avec l\u2019obsession identitaire et s\u00e9curitaire, est incrust\u00e9 dans tous les territoires sans exception, du local au plan\u00e9taire. C\u2019est donc en s\u2019engageant dans des processus concert\u00e9s et coh\u00e9rents de rupture \u00e0 toutes les \u00e9chelles territoriales sans exception, que le mouvement critique, que la gauche sociale et politique, feront la preuve qu\u2019elles peuvent disputer le terrain des coh\u00e9rences globales aux forces dominantes du capitalisme et de la technostructure mondialis\u00e9s.<\/p>\n<p>La marge de man\u0153uvre des \u00c9tats reste consid\u00e9rable, mais seule une action pan-europ\u00e9enne donne \u00e0 ces \u00c9tats, quand ils sont en rupture avec l\u2019establishment europ\u00e9en, la l\u00e9gitimit\u00e9 historique et le soutien sans lesquels ils sont isol\u00e9s et, ce faisant, trop vuln\u00e9rables au risque du volontarisme, de la tentation autoritaire et, <em>in fine<\/em>, de la gabegie et de l\u2019\u00e9chec.<\/p>\n<p><strong>2. La rupture avec les logiques dominantes et avec leurs vecteurs suppose de nourrir l\u2019esprit de d\u00e9sob\u00e9issance.<\/strong> En cela, cette d\u00e9sob\u00e9issance est \u00e0 la fois un point de d\u00e9part oblig\u00e9 et une ligne de conduite pour l\u2019action. Mais, de m\u00eame qu\u2019une r\u00e9volte ne se d\u00e9ploie que si elle se fait r\u00e9volution, de m\u00eame la d\u00e9sob\u00e9issance ne vaut que si elle ouvre vers d\u2019autres mani\u00e8res coh\u00e9rentes de faire soci\u00e9t\u00e9, vers d\u2019autres valeurs, d\u2019autres crit\u00e8res, d\u2019autres modes de cr\u00e9ation de la richesse. Pour tout dire, la d\u00e9sob\u00e9issance ne vaut que si elle s\u2019adosse sur des projets coh\u00e9rents de rupture et de transformation, capables de rassembler autour d\u2019eux des majorit\u00e9s \u00e9volutives, dans un processus de r\u00e9formes continues et d\u2019exp\u00e9riences franchement alternatives, hors des m\u00e9canismes du march\u00e9 et de l\u2019\u00c9tat administratif.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/qui-sommes-nous\/article\/soutenez-regards\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-23118\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/don_insert-601.png\" alt=\"don_insert.png\" align=\"center\" width=\"460\" height=\"210\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>3. Ces majorit\u00e9s ne concernent certes pas les seuls individus qui se r\u00e9clament aujourd\u2019hui de la gauche.<\/strong> Cette affirmation est d\u2019autant plus l\u00e9gitime que plusieurs ann\u00e9es de capitulations et de tentations &#8220;sociales-lib\u00e9rales&#8221; ont brouill\u00e9 les identifications \u00e0 la droite et \u00e0 la gauche et d\u00e9sorient\u00e9 les cat\u00e9gories populaires. Il n\u2019en reste pas moins que, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle historique longue, le clivage de la droite et de la gauche se structure avant tout autour de la question de l\u2019\u00e9galit\u00e9. La droite n\u2019y croit pas et la r\u00e9cuse ; la gauche y croit et en r\u00eave. Dans la gauche, on peut se disputer sur les mani\u00e8res de produire de l\u2019\u00e9galit\u00e9, en s\u2019accommodant du syst\u00e8me ou en cherchant \u00e0 rompre avec lui.<\/p>\n<p>Mais la question de l\u2019\u00e9galit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 historiquement une ligne de clivage structurante. Or la tendance id\u00e9ologique contemporaine, lanc\u00e9e par l\u2019extr\u00eame droite et accept\u00e9e par la droite tout enti\u00e8re, consiste \u00e0 affirmer que l\u2019\u00e9galit\u00e9 a d\u00e9sormais laiss\u00e9 la place \u00e0 celle de l\u2019identit\u00e9. D\u00e8s lors, une partie de la gauche est tent\u00e9e de se couler dans ces cheminements et d\u2019accepter, plus ou moins, l\u2019id\u00e9e que le probl\u00e8me principal, y compris dans les cat\u00e9gories populaires, est que \u00ab l\u2019on n\u2019est plus chez soi \u00bb.<\/p>\n<p>La volont\u00e9 existe ainsi de substituer au clivage droite-gauche, celui du &#8220;peuple&#8221; et de &#8220;l\u2019\u00e9lite&#8221; ou du &#8220;eux&#8221; et &#8220;nous&#8221;. Face au populisme de droite qui grandit sur le sol europ\u00e9en et au-del\u00e0, la seule option possible serait celle d\u2019un populisme de gauche. Ce projet ne peut \u00eatre retenu. Au bout du &#8220;eux&#8221; et &#8220;nous&#8221;, il y a la construction de fronti\u00e8res qui deviennent des murs, le passage du responsable des maux que l\u2019on ne voit pas (qui &#8220;voit&#8221; les flux financiers ou les technostructures ?) vers le responsable le plus proche, le migrant, le musulman, en bref &#8220;l\u2019autre&#8221; qui menace &#8220;notre&#8221; identit\u00e9. Au bout de la logique, il y a le risque d\u2019une l\u00e9gitimation accentu\u00e9e de l\u2019extr\u00eame droite europ\u00e9enne. Le populisme de gauche veut battre celui de droite sur son terrain. \u00c0 l\u2019arriv\u00e9e, le plus vraisemblable est une d\u00e9route encore plus grande. Le &#8220;non&#8221; au projet de trait\u00e9 constitutionnel europ\u00e9en \u00e9tait structur\u00e9 par la fibre antilib\u00e9rale de la gauche de gauche ; la sortie de l\u2019Union serait un triomphe de la droite radicalis\u00e9e.<\/p>\n<p>Mener le combat contre &#8220;l\u2019establishment&#8221;, c\u2019est construire des rassemblements politiques potentiellement majoritaires, c\u2019est cr\u00e9er des majorit\u00e9s d\u2019id\u00e9es et de projets autour de l\u2019\u00e9galit\u00e9, coupl\u00e9e \u00e0 la citoyennet\u00e9 et \u00e0 la solidarit\u00e9. Contre la droite et les glissements sociaux-lib\u00e9raux, c\u2019est se fixer l\u2019horizon de la seule gauche possible : celle qui, au nom de l\u2019\u00e9galit\u00e9, offre la perspective de soci\u00e9t\u00e9s refond\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>4. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle de notre continent, en bref, la d\u00e9sob\u00e9issance ne trouvera sa force que dans l\u2019esp\u00e9rance, ancr\u00e9e \u00e0 gauche, d\u2019une &#8220;autre Europe&#8221;.<\/strong> Aujourd\u2019hui plus qu\u2019hier.<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-9834 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/don_insert-393.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/don_insert-393-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"don_insert.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/varoufakis-europe-c63.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/varoufakis-europe-c63-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"varoufakis-europe.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mediapart vient de publier un appel de Yannis Varoufakis et de son mouvement DiEM25. \u00c0 la fois hostile \u00e0 &#8220;l\u2019europ\u00e9isme&#8221; et au &#8220;souverainisme&#8221;, il plaide pour un mouvement pan-europ\u00e9en de d\u00e9sob\u00e9issance. 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