{"id":9810,"date":"2016-08-23T15:20:57","date_gmt":"2016-08-23T13:20:57","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-gauche-explosion-ou-reconstruction\/"},"modified":"2023-06-23T23:22:50","modified_gmt":"2023-06-23T21:22:50","slug":"article-gauche-explosion-ou-reconstruction","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=9810","title":{"rendered":"Gauche : explosion ou reconstruction ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Les derniers jours ont vu s\u2019allonger la liste des candidats pour 2017. Le hollandisme n\u2019est pas florissant. Mais ses opposants se dispersent. D\u00e9cryptage d\u2019une d\u00e9sagr\u00e9gation, et des choix que la pr\u00e9sidentielle impose de faire \u00e0 gauche.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s Jean-Luc M\u00e9lenchon, Marie-No\u00eblle Lienemann, G\u00e9rard Filoche, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, voil\u00e0 que C\u00e9cile Duflot, Beno\u00eet Hamon et Arnaud Montebourg sont en lice pour 2017. Pendant ce temps, le PCF h\u00e9site, la primaire citoyenne de toute la gauche (ou de la gauche de gauche) s\u2019est enlis\u00e9e, et une part de la gauche radicale se met \u00e0 penser que l\u2019abstention est la seule solution pour &#8220;pirater&#8221; 2017. Onze ans apr\u00e8s la victoire du &#8220;non&#8221; au r\u00e9f\u00e9rendum sur le Trait\u00e9 constitutionnel europ\u00e9en et quatre ans apr\u00e8s la perc\u00e9e de Jean-Luc M\u00e9lenchon \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente pr\u00e9sidentielle, la gauche de gauche est dans le brouillard.<\/p>\n<h2>Duflot et l\u2019incertitude \u00e9cologiste<\/h2>\n<p>La candidature de C\u00e9cile Duflot est la cons\u00e9quence imm\u00e9diate d\u2019un \u00e9chec pr\u00e9matur\u00e9, celui de la candidature salvatrice de Nicolas Hulot. Le &#8220;monsieur transcourant&#8221; par excellence s\u2019\u00e9tant retir\u00e9, EE-LV \u00e9tant au bord du gouffre, il ne reste plus aux amis de Duflot que de s\u2019engager dans une nouvelle tentative en solo, sous la banni\u00e8re EE-LV. C\u00e9cile Duflot a pour elle d\u2019avoir dirig\u00e9 son organisation pendant une p\u00e9riode exceptionnellement longue (2006-2012), d\u2019avoir acquis une stature nationale en participant au gouvernement Ayrault et de s\u2019\u00eatre d\u00e9gag\u00e9e de la logique gouvernementale avant nombre de ses concurrents \u00e0 gauche. Elle consid\u00e8re que sa force est d\u2019\u00eatre un point d\u2019\u00e9quilibre au sein d\u2019une organisation d\u00e9sorient\u00e9e par les d\u00e9parts multiples, essentiellement venus de sa &#8220;droite&#8221; (Jean-Vincent Plac\u00e9, Fran\u00e7ois de Rugy, Emmanuelle Cosse). Elle peut aussi escompter sur sa singularit\u00e9 en temps de discours martial et s\u00e9curitaire. Elle sera sans doute une des tr\u00e8s rares \u00e0 contester cette logique guerri\u00e8re.<\/p>\n<p>Cette candidature est, en m\u00eame temps, \u00e0 haut risque. L\u2019image des Verts s\u2019est consid\u00e9rablement d\u00e9grad\u00e9e dans la derni\u00e8re p\u00e9riode, alors m\u00eame que la th\u00e9matique \u00e9cologiste se g\u00e9n\u00e9ralise dans l\u2019ensemble du paysage politique \u00e0 gauche. En outre, l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle n\u2019est pas la plus favorable aux \u00e9cologistes. Les pr\u00e9c\u00e9dentes consultations, avec Dominique Voynet en 2007 et Eva Joly en 2012, ont \u00e9t\u00e9 calamiteuses \u2013 seul No\u00ebl Mam\u00e8re ayant su tirer son \u00e9pingle du jeu lors de l\u2019atypique \u00e9lection de 2002 (5,25%). <\/p>\n<p>De fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, les \u00e9cologistes ne sont pas sortis de l\u2019incertitude quasi originelle qui est la leur. Depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, quand ils d\u00e9cident avec Dominique Voynet de s\u2019ancrer \u00e0 gauche, les Verts oscillent entre deux tentations : \u00eatre la rel\u00e8ve d\u2019une social-d\u00e9mocratie engag\u00e9e dans une difficile mutation, ce qui peut les pousser aux lisi\u00e8res du &#8220;social-lib\u00e9ralisme&#8221; ou de l\u2019esprit &#8220;lib\u00e9ral-libertaire&#8221; ; pousser le plus loin possible la logique de l\u2019antiproductivisme et du lib\u00e9ralisme soci\u00e9tal, ce qui tourne l\u2019\u00e9cologie politique plut\u00f4t du c\u00f4t\u00e9 de la gauche &#8220;radicale&#8221;. <\/p>\n<p>Force est de constater que les deux derni\u00e8res ann\u00e9es, de participation gouvernementale en crise interne, n\u2019ont pas clarifi\u00e9 le positionnement d\u2019une organisation de plus en plus \u00e9clat\u00e9e. La marge de man\u0153uvre \u00e9cologiste risque donc d\u2019\u00eatre bien \u00e9troite, dans le contexte d\u2019une offre politique d\u00e9j\u00e0 surcharg\u00e9e. C\u00e9cile Duflot fait le pari d\u2019articuler la demande sociale, le paradigme \u00e9cologiste et l\u2019exigence \u00e9thique et &#8220;soci\u00e9tale&#8221;. Elle aura du mal \u00e0 rassembler sur ces trois terrains \u00e0 la fois. <\/p>\n<h2>Hamon et la relance social-d\u00e9mocrate<\/h2>\n<p>L\u2019engagement de Beno\u00eet Hamon est d\u2019une autre nature. Il se place ouvertement dans une logique interne \u00e0 la famille socialiste. Hollande et Valls ont choisi d\u2019engager le PS dans une voie prolongeant l\u2019exp\u00e9rience du &#8220;social-lib\u00e9ralisme&#8221; britannique, allemand, espagnol et italien. Ils rompent ainsi brutalement avec l\u2019histoire de la social-d\u00e9mocratie europ\u00e9enne du XXe si\u00e8cle. Comme c\u2019est le cas partout en Europe, cette option d\u00e9chire des partis socialistes plong\u00e9s dans une violente crise doctrinale et organisationnelle.<\/p>\n<p>Le pari de Beno\u00eet Hamon est donc double. \u00c0 court terme, il esp\u00e8re f\u00e9d\u00e9rer l\u2019opposition socialiste au couple Hollande-Valls, obtenir un sursaut militant, battre le futur candidat de l\u2019ex\u00e9cutif \u00e0 la primaire et, sur cette base, agr\u00e9ger d\u00e8s le premier tour une partie de la gauche de gauche, y compris dans l\u2019\u00e9lectorat communiste. \u00c0 plus long terme, il tourne les yeux vers l\u2019exp\u00e9rience britannique. L\u2019exercice du pouvoir, \u00e0 suivre cet exemple, favorise conjoncturellement une option sociale-lib\u00e9rale jug\u00e9e plus r\u00e9aliste, ce qui joue plut\u00f4t en faveur du pr\u00e9sident sortant. En revanche, le retour \u00e0 l\u2019opposition peut provoquer un sursaut \u00e0 gauche, comme celui qui a port\u00e9 Jeremy Corbyn \u00e0 la t\u00eate des travaillistes britanniques. Or, m\u00eame si l\u2019ex\u00e9cutif au pouvoir gagne la bataille des primaires, le plus vraisemblable est que la droite radicalis\u00e9e l\u2019emportera en 2017. Auquel cas, Hamon se pr\u00e9sente d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 comme une rel\u00e8ve possible, un chef de file cr\u00e9dible pour la future gauche d\u2019opposition.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/qui-sommes-nous\/article\/soutenez-regards\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-23118\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/don_insert-601.png\" alt=\"don_insert.png\" align=\"center\" width=\"460\" height=\"210\" \/><\/a><\/p>\n<p>Sur le papier, le calcul du responsable socialiste n\u2019est pas absurde. Il se heurte pourtant \u00e0 une triple difficult\u00e9. Il lui faut en premier lieu convaincre la totalit\u00e9 de l\u2019opposition socialiste de gauche qu\u2019il a l\u2019\u00e9toffe et le charisme suffisants pour rassembler la famille socialiste. Par ailleurs, son parcours erratique, de l\u2019entr\u00e9e dans le gouvernement Valls jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9part non d\u00e9sir\u00e9 ni maitris\u00e9, fait douter de la solidit\u00e9 de sa d\u00e9termination. Enfin, de fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, il n\u2019est pas s\u00fbr qu\u2019un retour vers une logique social-d\u00e9mocrate traditionnelle soit pertinente et attractive, notamment face \u00e0 la radicalisation d\u2019une droite aiguillonn\u00e9e par un Front national en expansion. Au fond, l\u2019option pr\u00f4n\u00e9e par la gauche du PS ne se distingue gu\u00e8re des formules prudentes du Lionel Jospin de 1997 (<em>\u00ab l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 oui, la soci\u00e9t\u00e9 de march\u00e9 non \u00bb<\/em>). Or ce mod\u00e8le de gestion, entre 1997 et 2002, a co\u00efncid\u00e9 avec la plus cuisante d\u00e9faite du socialisme et la plus forte pouss\u00e9e du Front national.<\/p>\n<h2>Montebourg, la tentation attrape-tout<\/h2>\n<p>Reste le dernier candidat en lice, le tonitruant Arnaud Montebourg. Il a soigneusement mis en sc\u00e8ne sa candidature depuis quelques mois. Il a peaufin\u00e9 l\u2019image d\u2019un homme dynamique, sans complexe mais assagi, capable d\u2019endosser le costume pr\u00e9sidentiel. Il marie l\u2019industrialisme &#8220;colbertiste&#8221; classique et la vigueur de la &#8220;d\u00e9mondialisation&#8221;, il se dit socialiste mais <em>\u00ab pas seulement \u00bb<\/em>, fait un clin d\u2019\u0153il au gaullisme historique, cajole un communisme encore sensible au discours national sans aller jusqu\u2019aux th\u00e9matiques de rupture avec l\u2019Union europ\u00e9enne. En bref, il ne dit pas, comme le Chev\u00e8nement de 2007, qu\u2019il est au-del\u00e0 du clivage gauche-droite, mais\u2026<\/p>\n<p>Dans un contexte de d\u00e9litement des rep\u00e8res fondamentaux, \u00e0 gauche comme \u00e0 droite, Montebourg ne manque pas d\u2019atouts lui non plus. Il n\u2019en reste pas moins que l\u2019homme de la &#8220;d\u00e9mondialisation&#8221; et de la &#8220;VIe R\u00e9publique&#8221; est aussi celui qui a fait le choix de S\u00e9gol\u00e8ne Royal d\u00e8s 2006, qui a soutenu Fran\u00e7ois Hollande contre Martine Aubry au second tour de la primaire socialiste de 2011 et qui a tout fait pour que Valls prenne la t\u00eate du gouvernement en remplacement de Jean-Marc Ayrault. Quant au programme qu\u2019il a pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Frangy, s\u2019il \u00e9nonce ponctuellement des mesures parfaitement acceptables \u00e0 gauche, il offre une logique globale incertaine. Sur le fond, rien ne le distingue des logiques socialistes ant\u00e9rieures, qui promettent beaucoup, mais sans toucher sur le fond aux logiques lourdes qui structurent notre temps. \u00c0 quoi bon annoncer un renforcement de l\u2019action \u00e9tatique, si l\u2019on ne s\u2019attaque pas aux m\u00e9canismes financiers structurels qui ont accompagn\u00e9 la mondialisation lib\u00e9rale et pr\u00e9cipit\u00e9 le d\u00e9clin de l\u2019\u00c9tat providence ? Une nouvelle fois, autant de promesses qui n\u2019engageront que ceux qui les croiront.<\/p>\n<p><strong>[Lire aussi <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/web\/article\/le-candidat-montebourg-dans-l-impasse-du-rassemblement-national\">Montebourg dans l\u2019impasse du &#8220;rassemblement national&#8221;<\/a>]<\/strong><\/p>\n<p>Pour tout dire, Montebourg contourne les exigences de toute une p\u00e9riode historique, qui ne se limite pas aux quatre ann\u00e9es de gestion &#8220;hollandaise&#8221; du pouvoir. De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, l\u2019industrialisme est incompatible avec la n\u00e9cessit\u00e9 de repenser en profondeur les modes de production, en privil\u00e9giant la notion d\u2019utilit\u00e9 sociale, de sobri\u00e9t\u00e9, de durabilit\u00e9. Le colbertisme ne tient pas compte de ce qu\u2019il ne suffit plus de vanter le r\u00f4le de l\u2019\u00c9tat, et qu\u2019il faut red\u00e9finir le sens du public autour des notions d\u2019autonomie, de participation des usagers et des agents du service public, en bref qu\u2019il faut d\u00e9gager l\u2019espace public de l\u2019\u00e9tatisme. Le keyn\u00e9sianisme, lui, ignore la n\u00e9cessit\u00e9 de red\u00e9finir les modalit\u00e9s de cr\u00e9ation de la richesse et la place du syst\u00e8me financier. Quant au nationalisme du discours, il sous-estime la n\u00e9cessit\u00e9 de penser de fa\u00e7on nouvelle les rapports entre tous les territoires du local au mondial, ce qui suppose de lib\u00e9rer tous les territoires sans exception de la double tutelle de la concurrence de la gouvernance.<\/p>\n<p>En bref, la logique d\u2019une candidature &#8220;attrape-tout&#8221; ne peut \u00eatre aujourd\u2019hui celle qui donne corps \u00e0 une gauche d\u00e9boussol\u00e9e par plusieurs d\u00e9cennies de reculs socialistes, qu\u2019Arnaud Montebourg a patiemment accompagn\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 une p\u00e9riode toute r\u00e9cente. Le miroir aux alouettes est toujours tentant ; plus que jamais, il est lourd de p\u00e9rils redoutables. Une pinc\u00e9e de Jaur\u00e8s, une louche de Chev\u00e8nement derni\u00e8re mani\u00e8re et les aromates de la &#8220;Gauche populaire&#8221; : cela ne fait pas le compte\u2026<\/p>\n<h2>\u00c0 gauche toute<\/h2>\n<p>Revoil\u00e0 donc la gauche de gauche plac\u00e9e devant quelques inconnues. Au nom du rassemblement de &#8220;toute la gauche&#8221;, elle peut se trouver une fois de plus \u00e0 la remorque de variantes sociales-d\u00e9mocrates incertaines, sources de d\u00e9sastres futurs, \u00e0 court ou \u00e0 long terme. Pour l\u2019instant, le PCF n\u2019a pas donn\u00e9 le signe qu\u2019il \u00e9cartait cette option. S\u2019il ne le faisait pas, il porterait un coup meurtrier \u00e0 la tradition communiste et \u00e0 l\u2019esprit de gauche cons\u00e9quent. Il n\u2019en tirerait aucun b\u00e9n\u00e9fice \u00e9lectoral imm\u00e9diat, notamment \u00e0 l\u2019occasion des p\u00e9rilleuses l\u00e9gislatives de 2017. Et il contredirait toute possibilit\u00e9, pour la culture communiste, de s\u2019ins\u00e9rer dans la recomposition ambitieuse d\u2019une gauche retrouvant majoritairement le sens de la rupture avec le &#8220;syst\u00e8me&#8221;.<\/p>\n<p>Dans le paysage politique tel qu\u2019il est, la position la plus cons\u00e9quente \u00e0 la gauche de la gauche demeure celle de Jean-Luc M\u00e9lenchon, quoi que l\u2019on pense de tel ou tel de ses propos. \u00c0 la diff\u00e9rence de tous les autres candidats de gauche, il s\u2019est ins\u00e9r\u00e9 de fa\u00e7on continue, depuis pr\u00e8s de quinze ans, dans le courant critique de la gauche fran\u00e7aise, celui qui a port\u00e9 l\u2019exigence de l\u2019altermondialisme et de l\u2019option antilib\u00e9rale, celui qui a irrigu\u00e9 la dynamique du Front de gauche, celui qui, de 2005 \u00e0 2012, a incarn\u00e9 l\u2019esp\u00e9rance d\u2019un mouvement social conqu\u00e9rant et d\u2019une gauche retrouvant le chemin de ses valeurs fondatrices.<\/p>\n<p>Or c\u2019est cette portion de l\u2019espace social et politique qui est aujourd\u2019hui capable de relancer l\u2019esp\u00e9rance sociale et d\u00e9mocratique d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9boussol\u00e9e. Que son ambition se doive d\u2019\u00eatre large, qu\u2019elle ne doive pas se replier sur elle-m\u00eame et s\u2019abstenir de tout esprit d\u2019exclusion \u00e0 l\u2019\u00e9gard de quiconque veut rompre avec l\u2019esprit dominant, voil\u00e0 qui est \u00e9vident et qui n\u2019est pas encore acquis. Mais tout cela n\u2019emp\u00eache qu\u2019elle demeure pour l\u2019instant l\u2019axe des recompositions n\u00e9cessaires. Cela exige de sa part beaucoup d\u2019innovation et de rupture avec des habitudes anciennes. Mais tourner le dos \u00e0 cette histoire commune r\u00e9cente serait une folie.<\/p>\n<p>Les communistes seraient ainsi fid\u00e8les \u00e0 eux-m\u00eames en s\u2019inscrivant dans cette optique et en se raccordant avec l\u2019effort entrepris par Jean-Luc M\u00e9lenchon. Mais, en contrepartie, celui-ci doit plus que jamais bannir tout ce qui, d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre, peut contredire le retour \u00e0 la dynamique vertueuse de 2012. Qu\u2019il faille tenir compte de l\u2019\u00e9puisement du syst\u00e8me partisan est une chose, qu\u2019il faille trouver des formes nouvelles, plus souples, plus fluctuantes, d\u2019associer les individus autonomes, est tout aussi vrai. Mais, surtout dans le cas fran\u00e7ais, rien ne serait plus contreproductif que d\u2019ignorer que le nouveau et l\u2019ancien continuent de s\u2019entrem\u00ealer, que des dizaines de milliers d\u2019individus continuent de s\u2019inscrire dans l\u2019univers partidaire, que le Parti communiste, m\u00eame affaibli, est une force militante, un patrimoine qui n\u2019est pas celui seulement des communistes &#8220;encart\u00e9s&#8221;.<\/p>\n<p>On ne peut pas affirmer la continuit\u00e9 du projet qu\u2019exprima hier le programme de &#8220;L\u2019humain d\u2019abord&#8221; et s\u2019accoutumer \u00e0 la division de celles et ceux qui le port\u00e8rent hier. L\u2019heure est donc \u00e0 la responsabilit\u00e9. La multiplication des candidatures critiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard du &#8220;hollandisme&#8221; est \u00e0 la fois une r\u00e9alit\u00e9, une chance et un risque. Les forces qui compos\u00e8rent le Front de gauche ont une responsabilit\u00e9 immense : dans un esprit d\u2019exclusion, elles cors\u00e8teraient la possibilit\u00e9 d\u2019un rassemblement large ; dans un esprit de confusion, elles alt\u00e8reraient la port\u00e9e subversive des alliances possibles ; en se tournant le dos les unes aux autres, elles n\u00e9croseraient ce qui fut et ce qui reste un ferment d\u2019esp\u00e9rance. \u00c0 chacun d\u2019en tirer les cons\u00e9quences.<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-9810 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/don_insert-393.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/don_insert-393-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"don_insert.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/gauche-explosion-reconstruction-2-641.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/gauche-explosion-reconstruction-2-641-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"gauche-explosion-reconstruction-2.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les derniers jours ont vu s\u2019allonger la liste des candidats pour 2017. 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D\u00e9cryptage d\u2019une d\u00e9sagr\u00e9gation, et des choix que la pr\u00e9sidentielle impose de faire \u00e0 gauche.<\/p>\n","protected":false},"author":328,"featured_media":23118,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[157],"tags":[383,453,295,497],"class_list":["post-9810","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-web","tag-jean-luc-melenchon","tag-montebourg","tag-nupes","tag-presidentielle-2017"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9810","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/328"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9810"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9810\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/23118"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9810"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9810"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9810"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}