{"id":9770,"date":"2016-06-27T11:34:33","date_gmt":"2016-06-27T09:34:33","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-legislatives-espagnoles-podemos-encore-loin-de-la-victoire\/"},"modified":"2023-06-23T23:22:39","modified_gmt":"2023-06-23T21:22:39","slug":"article-legislatives-espagnoles-podemos-encore-loin-de-la-victoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=9770","title":{"rendered":"L\u00e9gislatives espagnoles : Podemos encore loin de la victoire"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Le &#8220;sorpasso&#8221; n\u2019aura pas eu lieu. En Espagne, les conservateurs sont premiers sans alli\u00e9 pour gouverner. Les socialismes agonisent et s\u2019en disent satisfaits. Et Podemos, malgr\u00e9 des alliances toujours plus larges, n\u2019arrive pas \u00e0 s\u2019imposer en vainqueur.<\/p>\n<p>Toute l\u2019Espagne retenait son souffle. Les sondages le pr\u00e9disaient : le &#8220;sorpasso&#8221; va avoir lieu ce 26 juin 2016. Comprenez : Podemos va d\u00e9passer le PSOE, en nombre de suffrages et peut-\u00eatre m\u00eame en nombre de si\u00e8ge au Congr\u00e8s espagnol. Mais les r\u00e9sultats sont tomb\u00e9s : pas de sorpasso. Les visages sont ferm\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 de Podemos. On s\u2019attendait vraiment \u00e0 mieux.<\/p>\n<h2>Perte d&#8217;\u00e9lecteurs, pas de si\u00e8ges<\/h2>\n<p>Ceci n\u2019est pas un deuxi\u00e8me tour. Le 20 d\u00e9cembre dernier, aucune alliance n\u2019avait su trouver une majorit\u00e9. Voil\u00e0 pourquoi les Espagnols sont retourn\u00e9s aux urnes ce dimanche 26 juin. Podemos, pourtant tr\u00e8s attach\u00e9 \u00e0 son ind\u00e9pendance nationale, a finalement pactis\u00e9 avec Izquierda unida (IU) pour former, avec d\u2019autres partis r\u00e9gionaux, <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/web\/article\/espagne-podemos-et-iu-vers-une-alliance-de-la-gauche-radicale\">la liste &#8220;Unidos Podemos&#8221;<\/a> (Unis, nous pouvons). <a href=\"http:\/\/especiales.publico.es\/resultados-elecciones\/generales\/2016\/\">Le r\u00e9sultat<\/a> est rest\u00e9 en-de\u00e7\u00e0 de l&#8217;espoir : 21,1% des voix, soit 71 d\u00e9put\u00e9s. Pablo Iglesias perd plus d\u2019un million d\u2019\u00e9lecteurs par rapport aux derni\u00e8res l\u00e9gislatives \u2013 mais l\u2019alliance avec IU et la loi \u00e9lectorale espagnole font qu\u2019au final, Podemos ne perd ni ne gagne d\u2019\u00e9lus.<\/p>\n<p>Le PP du premier ministre sortant Mariano Rajoy se maintient en t\u00eate avec 33% des voix (137 \u00e9lus, 14 de plus qu\u2019en d\u00e9cembre), bien aid\u00e9 cette fois-ci par le retour des voix de ceux qui, plein d\u2019espoir, \u00e9taient all\u00e9s voter Ciudadanos en 2015. Le &#8220;Podemos de droite&#8221; tombant \u00e0 32 \u00e9lus (13%), il perd beaucoup de son pouvoir d\u2019influence. Le PSOE s\u2019effondre \u00e0 85 d\u00e9put\u00e9s (22,6%). Apr\u00e8s les \u00e9lections de d\u00e9cembre, les socialistes avaient fait alliance avec Ciudadanos. Cette strat\u00e9gie est aujourd\u2019hui sanctionn\u00e9e par leur \u00e9lectorat. Les socialistes r\u00e9alisent l\u00e0 le pire r\u00e9sultat de leur histoire, et leur premi\u00e8re r\u00e9action a \u00e9t\u00e9 de se satisfaire de rester la deuxi\u00e8me force du pays. Jusqu\u2019\u00e0 quand ?<\/p>\n<h2>La cl\u00e9 de l\u2019\u00e9lection : le PSOE<\/h2>\n<p>Comme en d\u00e9cembre, aucun parti n\u2019est en mesure de gouverner seul. Mais le jeu des alliances s\u2019annonce tout aussi compliqu\u00e9. Pour que le PP gouverne, il faudrait soit que le PSOE s\u2019abstienne au Congr\u00e8s, soit qu\u2019il accepte de former avec lui une grande coalition. Dans les deux cas, les socialistes sont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9chir\u00e9s sur la strat\u00e9gie \u00e0 adopter.<\/p>\n<p>Le PSOE a \u00e9galement d\u2019autres options. Proposer un gouvernement avec Ciudadanos. Il faudra tout de m\u00eame que le PP s\u2019abstienne, \u00e9ventualit\u00e9 inconcevable en d\u00e9cembre qui le para\u00eet encore plus maintenant que les conservateurs progressent dans les urnes\u2026 Reste l\u2019alliance Unidos Podemos-PSOE. \u00c0 elle seule, cette alliance ne peut gouverner. Mais avec le soutien des partis r\u00e9gionaux, la majorit\u00e9 absolue serait atteinte. Seul b\u00e2ton dans la roue du PSOE : l\u2019aile droite du parti refuse d\u2019entendre parler de pluri-nationalit\u00e9 de l\u2019Espagne, encore moins d\u2019ind\u00e9pendance, et devrait ainsi refuser a priori ce type d\u2019alliance.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/qui-sommes-nous\/article\/soutenez-regards\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-23118\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/don_insert-601.png\" alt=\"don_insert.png\" align=\"center\" width=\"460\" height=\"210\" \/><\/a><\/p>\n<h2>Le socialiste meurt mais ne se rend pas<\/h2>\n<p>Jamais Pablo Iglesias ni aucun autre dirigeant de Podemos n\u2019aura cess\u00e9 de tendre la main au PSOE. Mais celui-ci s\u2019est renferm\u00e9 sur lui-m\u00eame. Historiquement au plus bas dans les urnes, le socialisme espagnol n\u2019est plus en capacit\u00e9 d\u2019offrir un projet de soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 son \u00e9lectorat. Symbole d\u2019une social-d\u00e9mocratie en perdition (s\u2019il en fallait encore un), le PSOE n\u2019est plus que querelles internes, batailles de pouvoir, sauvetage de ses restes.<\/p>\n<p>Confront\u00e9s \u00e0 l&#8217;impuissance qui les caract\u00e9rise d\u00e9sormais, il ne reste plus aux socialistes que deux issues : la rupture, afin que l\u2019aile gauche du parti vienne combler le petit rien qui manque \u00e0 Unidos Podemos pour obtenir une majorit\u00e9 parlementaire, ou le suicide, en formant une coalition avec la droite. Alberto Garzon, le chef de file d\u2019IU, endosse le costume du bon flic (<em>\u00ab Notre objectif est de transformer la soci\u00e9t\u00e9 et nous allons avoir besoin du PSOE pour \u00e7a \u00bb<\/em>), Pablo Iglesias endosse celui du <em>bad cop<\/em> : <em>\u00ab C\u2019est \u00e0 eux de d\u00e9cider s\u2019ils pr\u00e9f\u00e8rent un gouvernement avec le PP ou avec nous \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/web\/article\/alberto-garzon-bras-gauche-d-unidos-podemos\">Lire aussi : &#8220;Alberto Garzon, bras gauche d\u2019Unidos Podemos&#8221;<\/a>]<\/strong><\/p>\n<h2>&#8220;Unidos Podemos&#8221;, une alliance \u00e0 entretenir<\/h2>\n<p>Si le r\u00e9sultat est en dessous des attentes, il ne faut pas se d\u00e9courager pour autant. Unidos Podemos est viable. Il aura pour cela fallu additionner les forces : Podemos, IU, Equo (parti \u00e9cologiste), En Marea (gauche galicienne), En Com\u00fa Podem (gauche catalane), Compromis (gauche valencienne). Peut-\u00eatre faudra-t-il convaincre quelques socialistes de quitter leur \u00e9pave pour venir gonfler les rangs de la gauche.<\/p>\n<p>Si la victoire n\u2019apparait pas encore dans les urnes, la dynamique est bien en faveur de Pablo Iglesias, d\u2019Alberto Garzon et de tous ceux qui font cette alternative. <em>\u00ab Hasta la victoria siempre \u00bb,<\/em> a ainsi lanc\u00e9 Iglesias \u00e0 la foule, apr\u00e8s l\u2019annonce des r\u00e9sultats. La victoire culturelle sur un socialisme complice de la droite semble proche. Restera alors \u00e0 se confronter \u00e0 un conservatisme fort. Ce 26 juin aura eu sa morale : la victoire n\u2019est jamais facile, la d\u00e9faite non plus. Et si le PSOE bloque \u00e0 nouveau la situation, avec un &#8220;ni oui ni non&#8221; ? L\u2019Espagne pourrait bien retourner aux urnes.<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-9770 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/don_insert-393.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/don_insert-393-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"don_insert.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le &#8220;sorpasso&#8221; n\u2019aura pas eu lieu. En Espagne, les conservateurs sont premiers sans alli\u00e9 pour gouverner. Les socialismes agonisent et s\u2019en disent satisfaits. 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