{"id":974,"date":"1998-05-01T00:00:00","date_gmt":"1998-04-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/quand-la-cooperation-change-de974\/"},"modified":"1998-05-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-04-30T22:00:00","slug":"quand-la-cooperation-change-de974","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=974","title":{"rendered":"Quand la coop\u00e9ration change de nature"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Entretien avec Albert Sasson <\/p>\n<p>Voir aussi Le colloque d&#8217;Orsay, ( \u00e0 suivre &#8230; )<strong> Le mouvement des connaissances et le processus de mondialisation obligent \u00e0 revoir de fa\u00e7on drastique les fa\u00e7ons de coop\u00e9rer. Point de vue d&#8217; un observateur avis\u00e9. <\/strong><\/p>\n<p> <strong> Votre itin\u00e9raire personnel de scientifique semble une bonne introduction aux questions de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement scientifique et technologique qui vont \u00eatre abord\u00e9es les 13 et 14 mai au colloque &#8221; sciences et d\u00e9veloppement &#8220;. <\/strong><\/p>\n<p> <strong> Albert Sasson : <\/strong> J&#8217;ai d&#8217;abord effectu\u00e9 une carri\u00e8re scientifique typique mais dans un contexte en pleine \u00e9volution, le Maroc pr\u00e9- et post-ind\u00e9pendant o\u00f9 le besoin de cadres \u00e9tait tr\u00e8s important. Dans le domaine des sciences et de la biologie en particulier, il y avait peu de Marocains: aussi \u00e9tait-il facile d&#8217;\u00eatre le premier partout ! J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 le premier agr\u00e9g\u00e9, le premier biologiste, le premier docteur \u00e8s sciences, professeur, etc. Le monde s&#8217;ouvrait \u00e0 nous sur le plan de la coop\u00e9ration. On pouvait passer quelques mois dans un laboratoire, puis dans un autre et conna\u00eetre ainsi la culture scientifique de nombreux pays. Je suis rest\u00e9 un an \u00e0 Paris pour pr\u00e9parer l&#8217;agr\u00e9gation, puis, j&#8217;ai fait le choix plus difficile de poursuivre mes travaux au Maroc; il fallait tout cr\u00e9er, le laboratoire, le sujet de recherche, etc. Il fallait apprendre \u00e0 se d\u00e9brouiller avec les moyens du bord. J&#8217;ai r\u00e9ussi \u00e0 construire un tr\u00e8s beau laboratoire de microbiologie qui soutenait la comparaison avec un bon laboratoire fran\u00e7ais en province. Ce choix personnel d&#8217;une formation sur place mais pas autarcique (tous les \u00e9t\u00e9s, j&#8217;allais travailler dans un laboratoire \u00e9tranger et j&#8217;ai soutenu ma th\u00e8se \u00e0 la Sorbonne, car, \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, il n&#8217;y avait pas assez de professeurs dans ma discipline pour former un jury) a constitu\u00e9 une riche exp\u00e9rience. A 28 ans, j&#8217;ai \u00e9t\u00e9 le premier doyen marocain (il y avait eu deux Fran\u00e7ais auparavant) de la facult\u00e9 des Sciences de Rabat &#8211; la seule au Maroc. Il y avait alors un millier d&#8217;\u00e9tudiants avec un embryon de recherche. C&#8217;est l\u00e0 que j&#8217;ai appris aussi ce qu&#8217;est la coop\u00e9ration. Nous n&#8217;avions pas tous les cadres n\u00e9cessaires et nous avons v\u00e9cu pendant plusieurs ann\u00e9es gr\u00e2ce au d\u00e9tachement de personnel \u00e9tranger, essentiellement fran\u00e7ais. J&#8217;ai pu choisir des gens de qualit\u00e9, mais qui avaient tendance \u00e0 transposer les mod\u00e8les dont ils \u00e9taient d\u00e9positaires. Or, le Maroc n&#8217;est pas la France. La coop\u00e9ration \u00e9tait vitale certes, mais il a fallu se battre sur le contenu des recherches pour qu&#8217;il soit int\u00e9ressant pour notre pays ou pour des relations \u00e9troites avec des \u00e9tudiants moins nombreux. J&#8217;ai d\u00e9fendu ma vision d&#8217;une facult\u00e9 des Sciences jeune, implant\u00e9e dans un pays en d\u00e9veloppement. C&#8217;est de cela que j&#8217;aimerais discuter au colloque d&#8217;Orsay. La facult\u00e9 des Sciences de Rabat, qui comptait un millier d&#8217;\u00e9tudiants et une vingtaine d&#8217;enseignants quand je l&#8217;ai quitt\u00e9e en 1974, compte maintenant 6 000 \u00e9tudiants et 400 enseignants. Si les choses ont beaucoup chang\u00e9 sur ce plan, c&#8217;est moins vrai en ce qui concerne les m\u00e9canismes de coop\u00e9ration. Il faudrait \u00e0 pr\u00e9sent les revoir sans complaisance. Dans le pass\u00e9, il y avait une &#8221; coop\u00e9ration de substitution &#8221; destin\u00e9e \u00e0 remplacer ce qui nous manquait. Aujourd&#8217;hui, nous avons besoin d&#8217;une aide multiforme, le plus souvent mat\u00e9rielle car nous avons des gens correctement form\u00e9s auxquels les moyens de travailler font souvent d\u00e9faut.<\/p>\n<p> <strong> Comment le scientifique est-il pass\u00e9 \u00e0 l&#8217;Unesco ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> A. S.: <\/strong> J&#8217;ai trouv\u00e9 int\u00e9ressant en 1974 de travailler dans une maison dont l&#8217;objectif fondamental est de promouvoir la coop\u00e9ration intellectuelle. L&#8217;\u00e9change d&#8217;id\u00e9es, d&#8217;exp\u00e9riences, les projets en commun avec les pays les moins favoris\u00e9s, la solidarit\u00e9 intellectuelle et morale de l&#8217;humanit\u00e9 est le grand objectif fix\u00e9 \u00e0 l&#8217;Unesco par son Acte constitutif datant de 1945. Ce que j&#8217;avais d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9 avec l&#8217;Unesco et mon exp\u00e9rience \u00e0 Rabat me paraissaient devoir \u00eatre utile. Au d\u00e9part, j&#8217;ai \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 contribution pour un programme visant \u00e0 am\u00e9liorer l&#8217;enseignement de la biologie en Afrique et la formation des enseignants africains. Puis j&#8217;ai particip\u00e9 \u00e0 un grand programme sur l&#8217;Homme et la biosph\u00e8re. J&#8217;ai voulu garder en parall\u00e8le une activit\u00e9 dans ma discipline en enseignant, en participant \u00e0 des congr\u00e8s, etc. J&#8217;ai particip\u00e9 \u00e0 la formation de chercheurs en supervisant des travaux de 3e cycle. Maintenant encore, je travaille avec une quinzaine de chercheurs marocains avec pour objectif la cr\u00e9ation d&#8217;un institut national de microbiologie et de biotechnologie v\u00e9g\u00e9tale. L&#8217;Unesco m&#8217;a donn\u00e9 une vision du monde, c&#8217;est un remarquable observatoire: le monde entier d\u00e9file ici avec ses syst\u00e8mes \u00e9ducatifs, culturels, les mani\u00e8res d&#8217;aborder les probl\u00e8mes. On essaie de peser sur le cours des choses en fonction des orientations que donnent les Etats-membres dont nous sommes les serviteurs.<\/p>\n<p> <strong> Pour le grand public, l&#8217;Unesco c&#8217;est surtout l&#8217;\u00e9ducation plut\u00f4t que les sciences. Y a-t-il une \u00e9volution dans vos priorit\u00e9s ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> A. S.: <\/strong> Dans le sigle Unesco, il y a le S de sciences, le C de culture (et il n&#8217;y a pas la communication, domaine de comp\u00e9tence qui nous a pourtant \u00e9t\u00e9 rajout\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es). C&#8217;est un mandat tr\u00e8s vaste. Mais l&#8217;objectif premier de l&#8217;Unesco &#8211; cr\u00e9\u00e9e aux lendemains de la guerre &#8211; \u00e9tait de construire la paix dans l&#8217;esprit des hommes par la coop\u00e9ration, les \u00e9changes, la solidarit\u00e9 dans les domaines de l&#8217;\u00e9ducation, de la science et de la culture. L&#8217;\u00e9ducation est prioritaire car il s&#8217;agit \u00e0 la fois d&#8217;un instrument et d&#8217;une fin en soi. Le premier directeur g\u00e9n\u00e9ral, qui \u00e9tait lui-m\u00eame un scientifique, a propos\u00e9 de s&#8217;appuyer sur les sciences qui sont \u00e9minemment \u00e9ducatives. Aussi les sciences ont-elles eu d\u00e8s le d\u00e9part une part non n\u00e9gligeable. Savez-vous par exemple que l&#8217;Unesco a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&#8217;origine de la cr\u00e9ation du CERN (Centre europ\u00e9en de recherches nucl\u00e9aires) dont l&#8217;objectif est de promouvoir la connaissance et l&#8217;utilisation de l&#8217;atome \u00e0 des fins pacifiques ? Ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es, l&#8217;\u00e9ducation est revenue en force avec le constat que le nombre absolu d&#8217;analphab\u00e8tes augmentait. M\u00eame les bailleurs de fond reconnaissent le r\u00f4le de l&#8217;\u00e9ducation dans le d\u00e9veloppement. L&#8217;\u00e9ducation est l&#8217;une des grandes solutions aux probl\u00e8mes du monde contemporain. Cela ne conduit pas \u00e0 n\u00e9gliger les sciences: nous contribuons \u00e0 l&#8217;enseignement des sciences et \u00e0 la promotion de la recherche scientifique. Il s&#8217;agit de partager les connaissances, de former, d&#8217;\u00e9duquer pour valoriser la ressource humaine.<\/p>\n<p> <strong> Depuis que l&#8217;Unesco existe, on a certes assist\u00e9 \u00e0 une explosion sans pr\u00e9c\u00e9dent des connaissances et des sciences, mais aussi \u00e0 un accroissement des in\u00e9galit\u00e9s, donc des risques de conflit. <\/strong><\/p>\n<p> <strong> A. S.: <\/strong> Au d\u00e9part, l&#8217;Unesco regroupait une cinquantaine de pays, \u00e0 savoir les protagonistes du conflit mondial plus quelques pays en d\u00e9veloppement. L&#8217;objectif \u00e9tait de coop\u00e9rer, &#8221; l&#8217;alliance des esprits &#8221; selon l&#8217;expression de L\u00e9on Blum, et, ce faisant, on prot\u00e9geait la paix. Dans les ann\u00e9es 60, des pays jeunes, nouvellement ind\u00e9pendants, sont devenus membres de l&#8217;Unesco, avec des pr\u00e9occupations de d\u00e9veloppement imm\u00e9diates. L&#8217;Organisation a \u00e9t\u00e9 alors tiraill\u00e9e entre rester une organisation de coop\u00e9ration intellectuelle ou devenir une agence d&#8217;assistance technique. On a, en fait, essay\u00e9 de faire les deux. Le Programme des Nations unies pour le d\u00e9veloppement (PNUD) finan\u00e7ait et l&#8217;Unesco ex\u00e9cutait &#8221; sur mesure &#8221; des projets, des \u00e9coles d&#8217;ing\u00e9nieurs, etc. Cette assistance technique a chang\u00e9 de nature: aujourd&#8217;hui, ces pays ont des cadres et ont besoin de conseils plut\u00f4t que des unit\u00e9s cl\u00e9s en main. D&#8217;autre part, la coop\u00e9ration intellectuelle se poursuit \u00e9galement. Je vous conc\u00e8de que nous ne r\u00e9tr\u00e9cissons pas le foss\u00e9 entre le peloton de t\u00eate et les pays \u00e9mergents. Le creusement du foss\u00e9 n&#8217;est pas une bonne chose pour l&#8217;humanit\u00e9. Personne n&#8217;a int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce que les in\u00e9galit\u00e9s s&#8217;aggravent, car elles sont porteuses de conflits. Il me semble urgent de ralentir la vitesse d&#8217;\u00e9largissement du foss\u00e9 et, \u00e0 cet effet, il faut revoir de fa\u00e7on drastique les fa\u00e7ons de coop\u00e9rer et d&#8217;aider. De plus, les pourcentages consacr\u00e9s \u00e0 cette aide restent tr\u00e8s faibles et ne font que diminuer, au moment o\u00f9 il faudrait les augmenter. Il s&#8217;agit de mieux associer coop\u00e9ration multilat\u00e9rale et bilat\u00e9rale et tenir compte des priorit\u00e9s nationales. Il faut sortir des saupoudrages pour des formes d&#8217;aide plus coh\u00e9rente, tenant compte des contextes locaux. Par exemple, beaucoup de pays offrent \u00e0 titre bilat\u00e9ral des bourses, c&#8217;est-\u00e0-dire des s\u00e9jours chez eux, ce qui b\u00e9n\u00e9ficie indirectement \u00e0 leur propre \u00e9conomie. Le boursier acquiert des connaissances, mais travaille sur un sujet qui souvent n&#8217;a rien \u00e0 voir avec celui sur lequel il aura \u00e0 travailler \u00e0 son retour. Bien s\u00fbr, on ne peut demander au chercheur du laboratoire d&#8217;accueil de modifier compl\u00e8tement son programme de recherche parce qu&#8217;il re\u00e7oit un chercheur \u00e9tranger. D&#8217;autre part, dans presque tous les pays en d\u00e9veloppement, nombreux sont les cadres d\u00e9j\u00e0 form\u00e9s qui ont eu ces bourses, mais qui n&#8217;ont ni laboratoire, ni \u00e9quipement, ni biblioth\u00e8que, etc. Ils ont beaucoup d&#8217;\u00e9tudiants et font des cours qui deviennent progressivement obsol\u00e8tes faute de contact avec les travaux les plus r\u00e9cents. Ne vaudrait-il pas mieux partager en deux l&#8217;argent destin\u00e9 aux bourses pour donner aussi des moyens de travail sur place \u00e0 ces chercheurs ? Ou encore pourquoi ne pas octroyer des bourses pour faire des recherches sur place ? L&#8217;argent y serait mieux utilis\u00e9. Les pays d&#8217;\u00e9migration ont aussi la responsabilit\u00e9 de d\u00e9limiter des domaines d&#8217;\u00e9tude avec les pays d&#8217;accueil afin d&#8217;\u00e9viter d&#8217;avoir au retour des gens qui n&#8217;apportent rien \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie nationale. Au Maroc, par exemple, se trouvent des centaines de dipl\u00f4m\u00e9s au ch\u00f4mage qu&#8217;il faut aider \u00e0 subsister. A quoi cela a-t-il servi de les envoyer \u00e0 Paris ou ailleurs dans le monde ? Ce sont des signes avant-coureurs de crise qui doivent nous obliger \u00e0 revoir nos mod\u00e8les de coop\u00e9ration et d&#8217;assistance. Autre exemple, les actions de recherche int\u00e9gr\u00e9e dans le cadre de jumelages universitaires entre la France et le Maroc donnent l&#8217;occasion \u00e0 des chercheurs marocains de travailler dans un laboratoire fran\u00e7ais, de publier, etc. Mais, en dix ans, deux brevets ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9s, c&#8217;est-\u00e0-dire que les retomb\u00e9es socio-\u00e9conomiques sont voisines de z\u00e9ro. M\u00eame, s&#8217;il n&#8217;est pas indiff\u00e9rent pour l&#8217;avanc\u00e9e des connaissances que 667 m\u00e9moires aient vu le jour durant cette d\u00e9cennie, l&#8217;Universit\u00e9 est aussi comptable devant la soci\u00e9t\u00e9 et se doit de contribuer au d\u00e9veloppement du pays. La coop\u00e9ration doit aider \u00e0 cette mutation.<\/p>\n<p>* Conseiller sp\u00e9cial du Directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;Unesco apr\u00e8s en avoir \u00e9t\u00e9 sous-directeur g\u00e9n\u00e9ral, auteur de nombreuses publications de recherche et de vulgarisation en microbiologie, algologie et agrobiologie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Entretien avec Albert Sasson <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-974","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/974","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=974"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/974\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=974"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=974"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=974"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}