{"id":9611,"date":"2016-04-26T12:05:34","date_gmt":"2016-04-26T10:05:34","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-une-generation-apolitique\/"},"modified":"2023-06-23T23:21:59","modified_gmt":"2023-06-23T21:21:59","slug":"article-une-generation-apolitique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=9611","title":{"rendered":"Jeunesse : une g\u00e9n\u00e9ration apolitique ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">La radicalit\u00e9 et l&#8217;esprit de contestation longtemps pr\u00eat\u00e9s aux jeunes n&#8217;ont pas disparu : ils prennent des formes qui \u00e9chappent aux cat\u00e9gories traditionnelles et se dilapident, ou parfois d\u00e9g\u00e9n\u00e8rent\u2026 faute de trouver une expression politique.<\/p>\n<p>Article paru dans le num\u00e9ro printemps 2015 de <em>Regards<\/em>, que nous mettons en ligne tant il pr\u00e9figurait sous bien des aspects ce qui a \u00e9merg\u00e9 un an plus tard\u2026 Illustrations Fred Sochard.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/qui-sommes-nous\/article\/soutenez-regards\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-23118\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/don_insert-601.png\" alt=\"don_insert.png\" align=\"center\" width=\"460\" height=\"210\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">* * *<\/p>\n<p>Les attentats de 2015 ont pris la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise de court. Pass\u00e9 l\u2019effet douche froide, les m\u00e9dias ont d\u00e9couvert que les tr\u00e8s jeunes candidats au djihad n\u2019\u00e9taient pas tous habitants des banlieues. Parfois issus des classes moyennes blanches, sans ant\u00e9c\u00e9dents de d\u00e9linquance, ayant m\u00eame grandi dans des familles ath\u00e9es. Et l\u2019on a soudain eu l\u2019impression de ne pas la conna\u00eetre, cette jeunesse, de ne plus la comprendre. <\/p>\n<p>Alors que l\u2019on parlait jusque-l\u00e0 d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration amorphe, prise dans les filets de l\u2019individualisme \u00e0 l\u2019\u00e8re n\u00e9olib\u00e9rale, c\u2019est un tout autre visage qu\u2019ont dessin\u00e9 les chercheurs invit\u00e9s \u00e0 r\u00e9agir dans les journaux. <em>\u00ab Aujourd\u2019hui, des jeunes sont pr\u00eats \u00e0 se battre et m\u00eame \u00e0 mourir pour une cause militante. Un engagement au risque de sa vie existe encore \u00bb<\/em>, avance le sociologue Albert Ogien, qui ajoute : <em>\u00ab Mais pourquoi se concentrer seulement sur eux ? Des groupuscules violents, il en existe aussi chez les fascistes partis combattre aupr\u00e8s des Ukrainiens \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re ces nouvelles formes de radicalit\u00e9 pr\u00e9sentes chez une minorit\u00e9, les \u00e9v\u00e9nements tragiques de janvier ont surtout fait \u00e9merger un gros point d\u2019interrogation. Quelles causes motivent ceux qui sont n\u00e9s dans les ann\u00e9es 1990 ? Contre quoi se r\u00e9voltent-ils ? Comment se mobilisent-ils ? Autant de questions que n\u2019ont pas vu venir ceux qui ont coutume de d\u00e9plorer l\u2019inertie d\u2019une jeunesse souvent abstentionniste et soi-disant soucieuse de son seul petit nombril..<\/p>\n<h2>Apathie politique ou cynisme ?<\/h2>\n<p>Apathique, r\u00e9sign\u00e9e, frivole\u2026 Les poncifs ont la peau dure. \u00c0 entendre certains commentateurs, la jeunesse a tous les d\u00e9fauts \u2013 \u00e0 commencer par un id\u00e9alisme fortement d\u00e9ficient dont l\u2019absence est ressentie par les anciens comme une attaque directe contre le fameux esprit de 68 et m\u00eame au-del\u00e0, de la R\u00e9sistance. <em>\u00ab Indignez-vous ! \u00bb<\/em>, encourageait St\u00e9phane Hessel dans son best-seller, exhortant la population \u00e0 sortir de la passivit\u00e9. <\/p>\n<p>Et il faut bien le dire, les grilles de lecture traditionnelles ont tendance \u00e0 donner l\u2019impression que l\u2019apolitisme est une question d\u2019\u00e2ge. Avec environ 30% d\u2019abstentionnistes parmi les 18-24 ans aux deux tours de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2012, les jeunes votent par exemple moins que leurs a\u00een\u00e9s. Mais ignorer le jeu \u00e9lectoral, ne pas adh\u00e9rer \u00e0 un parti ou rester \u00e0 l\u2019\u00e9cart des grands rassemblements syndicaux n\u2019est pas synonyme d\u2019indiff\u00e9rence et de l\u00e9thargie, sauf pour ceux qui raisonnent encore dans les anciens cadres. <\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-23320\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/jeunesse-3-faa.jpg\" alt=\"jeunesse-3.jpg\" align=\"center\" width=\"460\" height=\"481\" srcset=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/jeunesse-3-faa.jpg 460w, https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/jeunesse-3-faa-287x300.jpg 287w\" sizes=\"auto, (max-width: 460px) 100vw, 460px\" \/><\/p>\n<p>Dans une enqu\u00eate sur les jeunes et le vote, l\u2019Association nationale des conseils d\u2019enfants et de jeunes (Anacej) rappelle que <em>\u00ab nombre de commentateurs publics ont suppos\u00e9 que la faible participation des jeunes citoyens est un sympt\u00f4me d\u2019apathie, alors qu\u2019un arbitrage fondamental doit \u00eatre conduit pour diff\u00e9rencier sympt\u00f4mes d\u2019apathie et sympt\u00f4mes de cynisme \u00bb<\/em>. Un cynisme qui est le fruit d\u2019un syst\u00e8me politique per\u00e7u comme une mascarade, incapable de remplir sa mission de repr\u00e9sentativit\u00e9. <em>\u00ab Les jeunes sortent des canons traditionnels : les partis, le militantisme, la r\u00e9volution, la lutte arm\u00e9e\u2026 La g\u00e9n\u00e9ration 68 cherche le politique l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019est plus. Ce qu\u2019elle n\u2019a pas vu, c\u2019est que le contenu du politique s\u2019est d\u00e9plac\u00e9, si bien qu\u2019aujourd\u2019hui on s\u2019engage autrement, \u00e0 distance du monde organis\u00e9 des a\u00een\u00e9s qui fonctionne en vase clos \u00bb<\/em>, affirme le sociologue Albert Ogien, coauteur avec la philosophe Sandra Laugier du <em>Principe d\u00e9mocratie<\/em> \u2013 dont un chapitre s\u2019intitule \u201cOublier la nostalgie\u201d. <\/p>\n<h2>Encore pr\u00eats pour la r\u00e9volte<\/h2>\n<p>Face au monde qui bouge, les anciens auraient-ils l\u2019esprit chagrin ? En tout \u00e9tat de cause, l\u2019id\u00e9al d\u2019une jeunesse soud\u00e9e contre le syst\u00e8me et ferment de basculement n\u2019est qu\u2019un vieux r\u00eave, le pendant du <em>\u00ab c\u2019\u00e9tait mieux avant \u00bb<\/em>. Et cette tendance d\u00e9pressive ne date d\u2019ailleurs pas d\u2019hier. <em>\u00ab En 1967, Edgar Morin proposait une description d\u2019un petit bourg breton dans un texte qui raconte exactement la m\u00eame chose qu\u2019aujourd\u2019hui. Les jeunes sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent\u00e9s comme \u00e9tant exclusivement pr\u00e9occup\u00e9s par le divertissement, en qu\u00eate perp\u00e9tuelle de loisirs, tout entiers tourn\u00e9s vers ce que le sociologue appelait alors la \u201cdolce vita\u201d \u00bb<\/em>, constate le sociologue Camille Peugny, ma\u00eetre de conf\u00e9rence \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Paris-8. <\/p>\n<p>Avec sa cons\u0153ur de l\u2019EHESS C\u00e9cile Van de Velde, il a con\u00e7u un questionnaire en ligne qui est venu nourrir une vaste enqu\u00eate de France T\u00e9l\u00e9visions, \u201cG\u00e9n\u00e9ration quoi ?\u201d, sur les 18-34 ans. Les conclusions livr\u00e9es dans Le Monde en 2014 ont produit l\u2019effet d\u2019un coup de tonnerre : parmi les 220 000 participants, 61 % se disaient en effet pr\u00eats \u00e0 se r\u00e9volter. <em>\u00ab Nous leur avions demand\u00e9 s\u2019ils seraient pr\u00eats \u00e0 participer \u00e0 un mouvement social de grande ampleur type Mai 68. Et je dois dire que nous avons \u00e9t\u00e9 surpris par le nombre de r\u00e9ponses positives, m\u00eame si le contexte expliquait en partie ce ph\u00e9nom\u00e8ne \u00bb<\/em>, rel\u00e8ve le sociologue Camille Peugny. Que cette \u00e9tude ait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e cinq ans apr\u00e8s le d\u00e9clenchement d\u2019une crise financi\u00e8re dont la jeunesse continue de subir les cons\u00e9quences a bien entendu son importance. <\/p>\n<p>La conjoncture \u00e9claire ainsi cet autre r\u00e9sultat obtenu en 2008 aupr\u00e8s des 18-29 ans : ils \u00e9taient 24 % \u00e0 estimer qu\u2019<em>\u00ab il faut changer radicalement toute l\u2019organisation de notre soci\u00e9t\u00e9 par une action r\u00e9volutionnaire \u00bb<\/em>, alors qu\u2019ils n\u2019\u00e9taient que 6 % \u00e0 le penser en 1990. Il n\u2019emp\u00eache que ces chiffres viennent contredire une id\u00e9e ancr\u00e9e dans les consciences : si ses formes ont chang\u00e9 en m\u00eame temps que la soci\u00e9t\u00e9, l\u2019esprit de contestation n\u2019a pas pour autant disparu.<\/p>\n<h2>Frustrations sans catalyse<\/h2>\n<p>Mais contre quoi au juste sont-ils pr\u00eats \u00e0 se r\u00e9volter ? <em>\u00ab Les jeunes ont le sentiment d\u2019\u00eatre sacrifi\u00e9s dans le champ \u00e9conomique. Cette classe d\u2019\u00e2ge subit de plein fouet la crise, tout en se repr\u00e9sentant les dirigeants politiques qui se succ\u00e8dent \u00e0 la t\u00eate de l\u2019\u00c9tat comme des acteurs impuissants \u00bb<\/em>, explique Camille Peugny. L\u2019impression d\u2019\u00eatre m\u00e9pris\u00e9s par la classe politique et abandonn\u00e9s \u00e0 leur triste sort, beaucoup la partagent. Ainsi, 86 % des personnes ayant r\u00e9pondu au questionnaire \u00e9labor\u00e9 par ce sociologue d\u00e9clarent ne pas avoir confiance en la politique, tandis que 90 % pensent m\u00eame que c\u2019est la finance qui dirige le monde. Dans un contexte d\u2019accroissement du ch\u00f4mage et face aux politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 men\u00e9es en Europe, cette pr\u00e9carit\u00e9 se double donc d\u2019une d\u00e9fiance envers les \u00e9lites. <em>\u00ab La situation \u00e9conomique a cr\u00e9\u00e9 une zone cruelle au sein de laquelle la soci\u00e9t\u00e9 ne remplit plus sa mission qui consiste \u00e0 produire de la coh\u00e9sion sociale. La pr\u00e9carit\u00e9 s\u2019est install\u00e9e ind\u00e9pendamment des diff\u00e9rentes classes sociales. Du coup, des jeunes sans attaches peuvent s\u2019enflammer pour un rien \u00bb<\/em>, avance quant \u00e0 lui Albert Ogien. <\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-23321\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/jeunesse-2-c7c.jpg\" alt=\"jeunesse-2.jpg\" align=\"center\" width=\"460\" height=\"489\" srcset=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/jeunesse-2-c7c.jpg 460w, https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/jeunesse-2-c7c-282x300.jpg 282w\" sizes=\"auto, (max-width: 460px) 100vw, 460px\" \/><\/p>\n<p>Il reste que la jeunesse n\u2019est pas r\u00e9volutionnaire par nature. La gauche n\u2019est m\u00eame plus le seul catalyseur de ses frustrations. En t\u00e9moigne l\u2019adh\u00e9sion au vote FN chez les 18-24 ans : selon un sondage Ifop, 37 % d\u2019entre eux souhaitaient la victoire du Front national aux \u00e9lections d\u00e9partementales, contre 29 % pour l\u2019ensemble des Fran\u00e7ais. <em>\u00ab On voit de plus en plus de jeunes qui refusent de se positionner sur l\u2019axe gauche-droite, mais ceux qui acceptent de se situer sont plus \u00e0 gauche que la moyenne \u00bb<\/em>, nuance cependant Camille Peugny. Ce qui ne veut pas dire que ce positionnement trouve refuge dans les partis \u00e0 la gauche du Parti socialiste : ce n\u2019est plus au Parti communiste, au Parti de gauche ou au NPA que la r\u00e9volte qui gronde cherche un exutoire. <\/p>\n<p>Voil\u00e0 en tout cas la preuve que loin de former un ensemble homog\u00e8ne, la jeunesse est composite. L\u2019engagement est conditionn\u00e9 par l\u2019ancrage social et territorial de cette frange de la population qui peut aujourd\u2019hui d\u00e9passer les trente ans, l\u2019entr\u00e9e dans l\u2019\u00e2ge adulte ayant \u00e9t\u00e9 retard\u00e9e en m\u00eame temps que reculait l\u2019arriv\u00e9e dans la vie active. Il faut donc bien distinguer entre des formes de protestation plus ou moins rentr\u00e9es qui ne s\u2019expriment pas de la m\u00eame mani\u00e8re selon qu\u2019elles sont port\u00e9es par des urbains dipl\u00f4m\u00e9s, des classes moyennes d\u00e9class\u00e9es, des habitants de banlieues stigmatis\u00e9es, des ruraux sans emploi\u2026<\/p>\n<h2>Plus rien \u00e0 perdre<\/h2>\n<p>Tandis que la col\u00e8re monte, certains passent \u00e0 l\u2019action. Les plus dipl\u00f4m\u00e9s, ceux qui quittent tard le domicile familial, inventent ainsi de nouvelles mani\u00e8res de faire de la politique qui ne passent plus par les partis. Moins t\u00eate en l\u2019air que leurs a\u00een\u00e9s, ils participent \u00e0 des mouvements sans leader comme les Indign\u00e9s ou Occupy, qui ont \u00e9clos en 2011 et fonctionnent sur le principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de parole au sein d\u2019une communaut\u00e9 o\u00f9 toutes les d\u00e9cisions sont prises au consensus. <\/p>\n<p>Et \u00e0 l\u2019autre bout de la cha\u00eene, on retrouve les d\u00e9saffili\u00e9s, ceux qui n\u2019ont plus rien \u00e0 perdre. C\u2019est le cas par exemple d\u2019une partie des aspirants djihadistes d\u00e9crits par le sp\u00e9cialiste de l\u2019islam Farhad Khosrokhavar : <em>\u00ab Le premier [groupe] est fait de jeunes exclus qui ont int\u00e9rioris\u00e9 la haine de la soci\u00e9t\u00e9 et se sentent profond\u00e9ment victimis\u00e9s. Ils pensent ne pas avoir d\u2019avenir dans le mod\u00e8le dominant \u201ctravail, famille, insertion dans la soci\u00e9t\u00e9\u201d. L\u2019adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019islam radical est un moyen pour eux de sacraliser leur haine, de la l\u00e9gitimer et de justifier leur agressivit\u00e9. Ils ont quelques caract\u00e9ristiques communes : vie d\u2019exclusion dans les banlieues, d\u00e9viance, emprisonnement, r\u00e9cidive, adh\u00e9sion \u00e0 une version radicale de l\u2019islam, voyage initiatique en Afghanistan, au Pakistan, au Y\u00e9men ou en Syrie, et enfin la volont\u00e9 de rupture avec la soci\u00e9t\u00e9 au nom de la guerre sainte \u00bb<\/em>, analyse-t-il dans le journal du CNRS. <\/p>\n<p>Mais aller faire la guerre avec Daech est loin d\u2019\u00eatre la seule cause de radicalisation. Dans la famille des d\u00e9saffili\u00e9s, l\u2019\u00e9cologie regroupe \u00e9galement des activistes d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 se battre, par exemple contre l\u2019a\u00e9roport de Notre-Dame-des-Landes, le barrage de Sivens ou le Center parcs de Roybon. <em>\u00ab Les ZAD<\/em> [Zones \u00e0 d\u00e9fendre] <em>rassemblent les jeunes \u201clargu\u00e9s\u201d : \u00e0 vingt ans, ils sont au ch\u00f4mage et savent qu\u2019on n\u2019attend rien d\u2019eux \u00bb<\/em>, pointe Albert Ogien. Ils ont cette phrase qui en dit long : <em>\u00ab On est l\u00e0 car on n\u2019a plus rien \u00e0 perdre. \u00bb<\/em> <em>\u00ab Les jeunes ont toujours \u00e9t\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 du renversement du syst\u00e8me, c\u2019est pourquoi les gens \u00e9tablis ont beaucoup \u00e0 craindre d\u2019eux. L\u2019id\u00e9e de la d\u00e9politisation est donc aussi un argument du pouvoir pour d\u00e9sarmer la jeunesse \u00bb<\/em>, imagine le sociologue. \u00c9lites corrompues, vies pr\u00e9caires et horizon bouch\u00e9 : gare au cocktail explosif. <div id='gallery-1' class='gallery galleryid-9611 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon portrait'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/jeunesse-3-a38.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/jeunesse-3-a38-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"jeunesse-3.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon portrait'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/jeunesse-2-9ee.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/jeunesse-2-9ee-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"jeunesse-2.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/jeunesse-1-d94.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/jeunesse-1-d94-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"jeunesse-1.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/don_insert-393.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/don_insert-393-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"don_insert.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La radicalit\u00e9 et l&#8217;esprit de contestation longtemps pr\u00eat\u00e9s aux jeunes n&#8217;ont pas disparu : ils prennent des formes qui \u00e9chappent aux cat\u00e9gories traditionnelles et se dilapident, ou parfois d\u00e9g\u00e9n\u00e8rent\u2026 faute de trouver une expression politique.<\/p>\n","protected":false},"author":573,"featured_media":23118,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[157],"tags":[361,498],"class_list":["post-9611","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-web","tag-jeunesse","tag-nuit-debout"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9611","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/573"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9611"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9611\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/23118"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9611"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9611"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9611"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}