{"id":960,"date":"1998-05-01T00:00:00","date_gmt":"1998-04-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/exposition960\/"},"modified":"1998-05-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-04-30T22:00:00","slug":"exposition960","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=960","title":{"rendered":"Exposition"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Conflit avec le pape Boniface VIII, probl\u00e8mes financiers, pers\u00e9cution des Templiers ont marqu\u00e9 le r\u00e8gne de Philippe IV le Bel, roi peu port\u00e9 vers les choses de l&#8217;art, et pourtant&#8230; T\u00e9moins: les signes denses d&#8217;une exposition. <\/p>\n<p>Le r\u00e8gne de Philippe IV le Bel qui s&#8217;\u00e9tend de mani\u00e8re presque \u00e9gale sur les derni\u00e8res ann\u00e9es du XIIIe si\u00e8cle et les premi\u00e8res du XIVe si\u00e8cle, n&#8217;ouvre ni ne ferme une \u00e9poque marquante en mati\u00e8re d&#8217;art. Ce r\u00e8gne ne participe ni \u00e0 l&#8217;apog\u00e9e du gothique, ni \u00e0 l&#8217;\u00e9panouissement de l&#8217;art de cour, li\u00e9 \u00e0 la politique fastueuse des premiers Valois. Nous \u00e9tonne surtout la sc\u00e9nographie de l&#8217;exposition, qui donne \u00e0 ces signes, manifestations du Dieu des chr\u00e9tiens avec anges, reliquaires, Bibles et livres d&#8217;heures, remis\u00e9s dans notre presque vingt-et-uni\u00e8me si\u00e8cle, des allures quasi post-modernistes. Il n&#8217;est qu&#8217;\u00e0 voir le parti pris de la montre, qui, en d\u00e9but de parcours, dote dix statues d&#8217;anges en ch\u00eane, sculpt\u00e9es dans le dernier tiers du XIIIe si\u00e8cle, de faux airs de personnages de music-hall new-yorkais, rang\u00e9es qu&#8217;elles sont l&#8217;une \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;autre, en attente d&#8217;on ne sait quelle danse de groupe. M\u00eame obsession de la rang\u00e9e, du regroupement, m\u00eame \u00e9clairage en faisceaux lumineux, pour ces repr\u00e9sentations de la Vierge \u00e0 l&#8217;enfant. On regrette un peu, tout de m\u00eame, cette vision d&#8217;ensemble syst\u00e9matique, \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle de cinq ou six figures. N&#8217;\u00e9lude-t-elle pas une autre fonction de l&#8217;art du haut Moyen Age, le recueillement, la narration r\u00e9it\u00e9r\u00e9e des \u00e9pisodes bibliques en une pri\u00e8re maintes fois reprise ? Voil\u00e0 des indices, non encore de d\u00e9cadence, mais du spectaculaire. Tout \u00e0 son profit, ne vampirise-t-il pas ce qui lui \u00e9chappe ?<\/p>\n<p> <strong> La petite v\u00e9role du temps gr\u00eale le visage des anges, ampute les ailes, les bras <\/strong><\/p>\n<p>Alors, pour s&#8217;en d\u00e9faire, faut-il &#8211; un comble ! &#8211; reprendre l&#8217;exposition \u00e0 l&#8217;envers, s&#8217;approcher des figures, se laisser fasciner, \u00e0 force d&#8217;attention au d\u00e9tail, par la d\u00e9licatesse qui les anime. Car c&#8217;est un art de la r\u00e9v\u00e9lation, non du militantisme d&#8217;\u00e9glise, qui requiert du temps, des arr\u00eats dans l&#8217;ombre, une certaine myopie qui force \u00e0 r\u00f4der autour des objets. Belle mati\u00e8re \u00e0 explorer en observateur z\u00e9l\u00e9. Quitte \u00e0 y passer l&#8217;apr\u00e8s-midi. Des signes denses, en effet. Des t\u00e9moins. En eux les si\u00e8cles se relaient. Il n&#8217;est que de voir les traces de leur passage sur la pierre, le bois des statues ou le parchemin des enluminures, pour prendre la mesure de ce qui nous en s\u00e9pare. La petite v\u00e9role du temps gr\u00eale le visage des anges, entaille le pliss\u00e9 des v\u00eatements, ampute les ailes, les bras, le boucl\u00e9 des chevelures. Les nez rabot\u00e9s h\u00e9sitent \u00e0 traduire un art conquis de haute lutte. On naviguerait entre gothique et antiquit\u00e9 \u00e9gyptienne.<\/p>\n<p> <strong> Bibles, missels, livres d&#8217;heures et autres \u00e9vang\u00e9liaires&#8230; <\/strong><\/p>\n<p>Ces pi\u00e8ces d\u00e9figur\u00e9es conservent pourtant intact leur pouvoir de conviction. Ces anges, m\u00eame mutil\u00e9s, tels des personnages issus du Purgatoire, rayonnent d&#8217;un sourire tour \u00e0 tour serein et myst\u00e9rieux. Penser \u00e0 l&#8217;ange de Reims. Les ailes, quand elles n&#8217;ont pas disparu, s&#8217;\u00e9tirent en longueur; leur pointe fait \u00e9cho aux doigts graciles.tout symbolise une assomption possible. Ailleurs, des dyptiques en ivoire se lisent comme des livres d&#8217;images: la Nativit\u00e9, le Christ-juge, les sc\u00e8nes de la Vie de la Vierge. L&#8217;art roman est sur le point de mourir. Les figurines perdent leur immobilit\u00e9 de plomb, s&#8217;individualisent dans la ferveur, exil\u00e9es en petits groupes de deux, rarement de trois, disputant \u00e0 loisir. Elles jouent leur histoire \u00e0 force de gestes, non sans une bancale perspective. D\u00e9j\u00e0, sous le drap\u00e9, vivent les membres cach\u00e9s. C&#8217;est que les canons de la repr\u00e9sentation changent, tiennent compte d&#8217;une pr\u00e9sence voil\u00e9e. Un bras sous une \u00e9toffe, qui la soul\u00e8ve l\u00e9g\u00e8rement, n&#8217;abolit pas la r\u00e9alit\u00e9 de sa pr\u00e9sence, trait\u00e9e par pleins et d\u00e9li\u00e9s. Qu&#8217;en est-il des Bibles, missels, livres d&#8217;heures ou \u00e9vang\u00e9liaires ? Sous le r\u00e8gne de Philippe le Bel, l&#8217;enluminure se modifie. Les centres r\u00e9gionaux contrebalancent l&#8217;h\u00e9g\u00e9monie de Paris; mont\u00e9e en puissance des grands fiefs du nord et de l&#8217;est du royaume, Amiens, Soissons, Metz&#8230; Le succ\u00e8s de la petite Bible portative n&#8217;est plus qu&#8217;effet de m\u00e9moire. S&#8217;inventent de nouvelles mises en page. Les initiales histori\u00e9es disparaissent, jusque dans les manuscrits liturgiques latins, supplant\u00e9es par des miniatures carr\u00e9es ou rectangulaires inscrites \u00e0 m\u00eame le corps de la page. Rares sont les peintures \u00e0 pleine page en hors texte, d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sentes en Angleterre. La nouveaut\u00e9, c&#8217;est l&#8217;extension foisonnante de motifs marginaux, sans doute due \u00e0 la modification des lettrines qui d\u00e9sormais d\u00e9bordent sur les marges. On a droit \u00e0 des sayn\u00e8tes drolatiques, parfois impertinentes, sans lien avec l&#8217;\u00e9crit alentour. Les formes gagnent en relief et en mouvement, font appel volontiers au r\u00e8gne animal et v\u00e9g\u00e9tal. On d\u00e9laisse les bleus et rouges sur fond or pour des couleurs plus sophistiqu\u00e9es: orange vif, vert acide, brun et gris. La feuille d&#8217;or est concurrenc\u00e9e par des fonds bicolores, bleu et rose, auxquels s&#8217;ajoutent de fins rinceaux, si bien que, dans l&#8217;effet grisaille de l&#8217;enlumineur Jean Pucelle, loin d&#8217;endeuiller la sc\u00e8ne, pointe d\u00e9j\u00e0 une modernit\u00e9. Pas si maudits que \u00e7a, les rois ! M. S.<\/p>\n<p>&#8221; L&#8217;Art au temps des rois maudits.Philippe le Bel et ses fils, 1325-1328 &#8220;.Galeries nationales du Grand Palais jusqu&#8217;au 29 juin.Tous les jours sauf le mardi de 10 heures \u00e0 20 heures.Sur r\u00e9servation jusqu&#8217;\u00e0 13 heures au prix de 56 F: 3615 Billetel ou 3615 FNAC ou T\u00e9l.: 01 49 87 54 54.Sans r\u00e9servation et \u00e0 50 F apr\u00e8s 13 heures.Commissaire g\u00e9n\u00e9ral: Danielle Gaborit-Chopin.Un catalogue est \u00e9dit\u00e9 par la R\u00e9union des Mus\u00e9es nationaux (456 p., 340 F).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Conflit avec le pape Boniface VIII, probl\u00e8mes financiers, pers\u00e9cution des Templiers ont marqu\u00e9 le r\u00e8gne de Philippe IV le Bel, roi peu port\u00e9 vers les choses de l&#8217;art, et pourtant&#8230; T\u00e9moins: les signes denses d&#8217;une exposition. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[288],"class_list":["post-960","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-spectacle-vivant"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/960","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=960"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/960\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=960"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=960"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=960"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}