{"id":9566,"date":"2016-04-12T09:35:09","date_gmt":"2016-04-12T07:35:09","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-pcf-questions-autour-d-un-congres\/"},"modified":"2023-06-23T23:21:49","modified_gmt":"2023-06-23T21:21:49","slug":"article-pcf-questions-autour-d-un-congres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=9566","title":{"rendered":"PCF : questions autour d\u2019un Congr\u00e8s"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">[2\/2] Tournant le dos \u00e0 son alliance avec Jean-Luc M\u00e9lenchon, la direction communiste veut justifier le pari incertain d&#8217;une primaire \u00e0 gauche. Pari qui, cette fois, peut ne pas r\u00e9ussir dans le parti. Reste une interrogation de plus long souffle. \u00c9non\u00e7ons-la en cinq points.<\/p>\n<p><strong>Premi\u00e8re partie<\/strong> : <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/qui-veut-la-peau-de-roger-martelli\/article\/pcf-au-bord-du-gouffre\">PCF : au bord du gouffre ?<\/a><\/p>\n<p>Tournant le dos \u00e0 son alliance avec Jean-Luc M\u00e9lenchon, la direction communiste veut justifier la d\u00e9marche qui l\u2019a conduite \u00e0 accepter le jeu incertain d\u2019une primaire \u00e0 gauche. Son pari, cette fois, pourrait bien ne pas enthousiasmer les militants. En fait la p\u00e9riode porte \u00e0 des interrogations de long souffle.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/qui-sommes-nous\/article\/soutenez-regards\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-23118\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/don_insert-601.png\" alt=\"don_insert.png\" align=\"center\" width=\"460\" height=\"210\" \/><\/a><br \/>\n<strong>1. O\u00f9 en est le PCF ?<\/strong> Malgr\u00e9 une br\u00e8ve p\u00e9riode de r\u00e9mission, entre 1993 et 1998, il a connu un d\u00e9clin \u00e9lectoral continu depuis la fin des ann\u00e9es 1970. Il s\u2019est amorc\u00e9 d\u2019abord dans les scrutins nationaux, puis dans les \u00e9lections locales. Depuis 1973, la direction communiste s\u2019interroge. Selon les moments, elle a ni\u00e9 la r\u00e9alit\u00e9 du recul, puis elle a cherch\u00e9 des explications externes (l\u2019anticommunisme, l\u2019antisovi\u00e9tisme), ou des raisons conjoncturelles (le vote utile), ou des causes organisationnelles (les militants n\u2019ont pas assez bien appliqu\u00e9 la ligne politique).<\/p>\n<p>En fait, elle n\u2019a jamais vraiment su pourquoi le PC reculait car\u2026 elle n\u2019a jamais compris pourquoi il avait autrefois progress\u00e9. Le parti communiste est devenu en France un parti de masse quand il a pu assumer trois fonctions en m\u00eame temps : une fonction de repr\u00e9sentation sociale (celle d\u2019un groupe ouvrier en expansion qui a su se constituer en mouvement) ; une fonction utopique (l\u2019incarnation au XXe Si\u00e8cle d\u2019une esp\u00e9rance, celle de la &#8220;R\u00e9publique sociale&#8221;, dont r\u00eavaient les sans-culottes et les communards) ; une fonction politique (la d\u00e9signation d\u2019une forme propulsive de rassemblement, plus dynamique que la seule &#8220;concentration des gauches&#8221; ch\u00e8res aux radicaux d\u2019autrefois).<\/p>\n<p>Or ces trois fonctions ont \u00e9t\u00e9 bouscul\u00e9es par l\u2019\u00e9volution sociopolitique des ann\u00e9es d\u2019apr\u00e8s 1945. Faute de pouvoir les reformuler, par crainte de voir diluer son &#8220;identit\u00e9&#8221;, le PCF a \u00e9rod\u00e9 sa propre fonctionnalit\u00e9 et donc les bases de son utilit\u00e9 per\u00e7ue. On dit parfois que le PCF s\u2019est servi des ouvriers et que les ouvriers se sont servis de lui : \u00e0 partir des ann\u00e9es 1970, ils en ont de moins en moins \u00e9prouv\u00e9 le besoin.<\/p>\n<p>Cela a affect\u00e9 sa composition sociale, ou du moins ce que l\u2019on pense en savoir. Il semble acquis que le PC reste un parti f\u00e9minis\u00e9, vieilli, dont les adh\u00e9rents sont d\u2019origine tr\u00e8s populaire (deux tiers d\u2019ouvriers et d\u2019employ\u00e9s), \u00e0 l\u2019image de la population active fran\u00e7aise. Mais son encadrement n\u2019a plus la texture prol\u00e9tarienne qui \u00e9tait la sienne. Les formations sociales sup\u00e9rieures, les enseignants, les cadres de la fonction territoriale occupent une place dominante dans la hi\u00e9rarchie interne du parti. En revanche, les ouvriers et les employ\u00e9s ne comptent plus que pour un quart, alors qu\u2019ils \u00e9taient majoritaires jusqu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990. Quant \u00e0 l\u2019organisation locale du PC dans l\u2019espace du travail (la cellule d\u2019entreprise), elle a progress\u00e9 dans les ann\u00e9es 1960, puis s\u2019affaisse continument depuis 1975. Le recul et la d\u00e9prol\u00e9tarisation n\u2019ont donc pas commenc\u00e9 avec la &#8220;mutation&#8221;, mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque m\u00eame de Georges Marchais. M\u00eame la phase de r\u00e9traction qui suit 1984, avec le retour partiel \u00e0 une phras\u00e9ologie plus &#8220;ouvri\u00e9riste&#8221;, n\u2019a pas interrompu le mouvement<\/p>\n<p><strong>2. En nombre de cartes officiellement plac\u00e9es aupr\u00e8s des adh\u00e9rents, le maximum pour toute l\u2019histoire du PC a \u00e9t\u00e9 atteint en 1978<\/strong> (pr\u00e8s de 570.000 adh\u00e9rents recens\u00e9s par les sources internes alors non publi\u00e9es). Depuis cette date, les effectifs n\u2019ont cess\u00e9 de baisser. Depuis quelque temps, la direction annonce un effectif th\u00e9orique de 120 \u00e0 130 000 cartes remises aux adh\u00e9rents. Des sondages partiels, au niveau de quelques f\u00e9d\u00e9rations d\u00e9partementales, laissent entendre que la r\u00e9alit\u00e9 est au-dessous de ce chiffre. Et de toute mani\u00e8re, il ne s\u2019agit l\u00e0 que des cartes &#8220;plac\u00e9es&#8221;. Les cotisants (qui ont un rapport \u00e0 l\u2019organisation plus soutenu que le simple adh\u00e9rent) seraient moins de 65.000 (en attendant des chiffres plus r\u00e9cents) et la participation aux consultations nationales internes des derni\u00e8res ann\u00e9es a vari\u00e9 entre 60 et 34.000 (en 2012, avant le pr\u00e9c\u00e9dent congr\u00e8s).<\/p>\n<p>Incontestablement, cela suffit \u00e0 faire du PC la principale force militante de la gauche de gauche. Dans les manifestations, il a encore les effectifs les plus fournis et les plus visibles des organisations politiques pr\u00e9sentes. Mais l\u2019efficacit\u00e9 politique du militantisme n\u2019est plus la m\u00eame. Bien s\u00fbr, une large part de ce tassement s\u2019explique par le discr\u00e9dit g\u00e9n\u00e9ral des partis. Ils apparaissent comme trop institutionnels, trop ax\u00e9s sur des questions de pouvoir, trop referm\u00e9s sur eux-m\u00eames et sur leurs propres int\u00e9r\u00eats partisans. Leurs fonctions majeures sont souvent assum\u00e9es par d\u2019autres : le communicant a pris le pas sur le propagandiste, l\u2019\u00e9ducation populaire passe par d\u2019autres r\u00e9seaux, la s\u00e9lection des candidatures peut elle-m\u00eame se faire par d\u2019autres proc\u00e9dures, &#8220;primaires&#8221; ou &#8220;votations citoyennes&#8221;. Globalement, les partis semblent ne pas accorder assez d\u2019importance aux individus, en tout cas quand ceux-ci ne disposent pas des ressources personnelles pour se faire valoir.<\/p>\n<p>En bref, une formule a le m\u00e9rite de dire de fa\u00e7on ramass\u00e9e le constat le plus r\u00e9pandu : la &#8220;forme parti&#8221; est obsol\u00e8te. Cela ne signifie pas que l\u2019organisation politique n\u2019a plus de place ni de sens, mais que la forme verticale, hi\u00e9rarchique et exclusive que l\u2019histoire lui a donn\u00e9e au d\u00e9part ne correspond plus aux conditions modernes de l\u2019\u00e9laboration, de la d\u00e9cision, de l\u2019application et de l\u2019\u00e9valuation des choix. Or force est de constater que le parti communiste a \u00e9t\u00e9 le prototype par excellence du parti politique moderne. Un \u00e9tudiant en science politique \u00e9tudiant l\u2019organisation des partis disposait nagu\u00e8re, comme mod\u00e8le type id\u00e9al, de l\u2019organigramme d\u2019un parti communiste. Est-il d\u00e8s lors \u00e9tonnant que ce &#8220;mod\u00e8le&#8221;, si souvent d\u00e9cri\u00e9, parfois envi\u00e9 et toujours imit\u00e9, ait p\u00e2ti tout particuli\u00e8rement de l\u2019\u00e9volution des derni\u00e8res d\u00e9cennies ?<\/p>\n<p><strong>3. Le discr\u00e9dit du sovi\u00e9tisme a longtemps laiss\u00e9 entendre que, dans l\u2019intitul\u00e9 &#8220;parti communiste&#8221;, le second terme, &#8220;communiste&#8221;, \u00e9tait le plus discriminant.<\/strong> Il est vrai que les PC ont partout souffert de ce qu\u2019ils ont trop longtemps \u00e9tabli un signe d\u2019\u00e9quivalence entre le sovi\u00e9tisme et le communisme. Mais, en sens inverse, nous sommes \u00e0 un moment o\u00f9 le paradigme du &#8220;commun&#8221; revient sur le devant de la sc\u00e8ne publique. Or cela ne suffit pas \u00e0 relancer le terme historique ancien et \u00e0 redynamiser ceux qui en font la base de leur identification.<\/p>\n<p>On peut donc l\u00e9gitimement se demander si, contrairement aux apparences, le probl\u00e8me principal se trouve, moins dans le second terme (&#8220;communiste&#8221;) que dans le premier (&#8220;parti&#8221;). En finissant par accorder plus d\u2019importance au parti qu\u2019au communisme, en s\u2019auto-persuadant que le communisme ne voulait rien dire s\u2019il ne se constituait pas en &#8220;parti politique&#8221;, on s\u2019est habitu\u00e9 peu \u00e0 peu \u00e0 confondre le communisme et le parti communiste. Ce faisant, on a oubli\u00e9 que, quand Marx et Engels \u00e9crivait leur <em>Manifeste du parti communiste<\/em>, ils ne se r\u00e9f\u00e9raient pas \u00e0 une <em>\u00ab forme parti \u00bb<\/em> qui\u2026 n\u2019existait pas encore. <\/p>\n<p>Quand se d\u00e9ploie la crise, non seulement du parti, mais de la politique en g\u00e9n\u00e9ral, le temps est sans doute venu de dissocier plus radicalement la finalit\u00e9 et l\u2019instrument, le communisme et le mod\u00e8le classique de parti qui est cens\u00e9 le faire vivre dans l\u2019espace politique, institutionnel et extra-institutionnel. Le communisme a besoin d\u2019exister dans l\u2019espace politique ; rien ne dit que pour cela il a aujourd\u2019hui besoin de se constituer en parti politique s\u00e9par\u00e9.<\/p>\n<p><strong>4. Il existe en France, depuis plus de deux si\u00e8cles, un courant pl\u00e9b\u00e9ien, d\u00e9mocratique et r\u00e9volutionnaire.<\/strong> C&#8217;est principalement par son interm\u00e9diaire que les &#8220;cat\u00e9gories populaires&#8221; dispers\u00e9es se sont hiss\u00e9es au rang de &#8220;peuple politique&#8221;. Or le PCF en a \u00e9t\u00e9 l&#8217;expression politique majeure pendant une grande part du XXe si\u00e8cle. Que l\u2019on s\u2019en r\u00e9jouisse ou qu\u2019on le regrette, ce fut un fait. Mais, justement, nous n\u2019en sommes plus l\u00e0 d\u00e9sormais. Le courant critique est aujourd\u2019hui plus divers, plus complexe qu\u2019autrefois. C\u2019est une chance : qui dit diversit\u00e9 dit \u00e9largissement. C\u2019est aussi une source de difficult\u00e9 : qui dit diversit\u00e9 dit probl\u00e8me de coh\u00e9rence.<\/p>\n<p>Jean-Luc M\u00e9lenchon a assorti sa proposition de candidature de l\u2019id\u00e9e que la campagne \u00e9lectorale de 2017 pouvait \u00eatre le point de d\u00e9part d\u2019un &#8220;mouvement&#8221;. On peut discuter l\u2019opportunit\u00e9 de son propos et la m\u00e9thode retenue d\u2019un processus que l\u2019on ne doit pas au demeurant sous-estimer (plus de 90 000 soutiens, ce n\u2019est pas rien\u2026). Il reste que l\u2019on aura du mal \u00e0 discr\u00e9diter l\u2019intuition qui est \u00e0 la base de son action : il y besoin de &#8220;mouvement&#8221; \u00e0 la gauche de l\u2019\u00e9chiquier politique.<\/p>\n<p>R\u00e9fl\u00e9chissons bien sur le pass\u00e9. Le communisme fran\u00e7ais d\u2019hier \u00e9tait d\u2019autant plus fort qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas qu\u2019un parti politique. Il constituait une vaste galaxie raccordant de l\u2019action partisane, syndicale, associative, culturelle et municipale. Il le faisait de mani\u00e8re souvent directive, en subordonnant l\u2019ensemble des activit\u00e9s qu\u2019il contr\u00f4lait au parti, selon un mod\u00e8le qui fut aussi celui de la social-d\u00e9mocratie europ\u00e9enne. Mais, d\u2019une certaine fa\u00e7on, il \u00e9tait lui-m\u00eame un v\u00e9ritable &#8220;mouvement&#8221;. Il ne l\u2019est plus du tout aujourd\u2019hui. Sans doute parce qu\u2019aucun parti politique, quel qu\u2019il soit, ne peut plus et ne doit plus aspirer \u00e0 jouer ce r\u00f4le.<\/p>\n<p>Et on ne r\u00e8glera pas le probl\u00e8me en se disant que, peut-\u00eatre, un ensemble de partis peut r\u00e9aliser ce qu\u2019un seul ne peut faire. Que fut d\u00e8s son origine le Front de gauche ? Un cartel de partis. Or, s\u2019il sut cr\u00e9er une belle dynamique, jusqu\u2019en 2012, il n\u2019est pas parvenu pour autant \u00e0 \u00eatre un mouvement.<\/p>\n<p>En fait, il y a dans le cartel partisan un double handicap. D\u00e8s l\u2019instant tout d\u2019abord o\u00f9 le cartel relie des partis de dimension et d\u2019impact diff\u00e9rents, il ouvre vers des conflits d\u2019h\u00e9g\u00e9monie : qui dispose du plus grand nombre d\u2019instruments et de signes du pouvoir et de l\u2019influence ? Par ailleurs, en privil\u00e9giant la forme partisane, il pr\u00e9suppose qu\u2019il est lieu principal o\u00f9 s\u2019op\u00e8rent l\u2019animation et la ma\u00eetrise absolue du champ politique. D\u00e8s lors, il est difficile d&#8217;emp\u00eacher qu\u2019il ne finisse peu \u00e0 peu, soit par s\u2019enfermer dans la conviction qu\u2019il a le monopole de l\u2019action politique (les autres organisations, non partisanes, sont r\u00e9duites au rang de forces d\u2019appoint), soit qu\u2019il en vienne \u00e0 subordonner toutes les autres formes \u00e0 ses capacit\u00e9s d\u2019orientation politique. Le social, le culturel et le politique ne sont plus alors articul\u00e9s : les deux premiers sont subordonn\u00e9s au troisi\u00e8me. Or, tr\u00e8s vite, la subordination nourrit le d\u00e9sir d\u2019\u00e9loignement ; elle pousse de fait \u00e0 la s\u00e9paration. On a perdu en articulation du social et du politique ce que l\u2019on a gagn\u00e9 en autonomie du social\u2026 C\u2019est ce qui est advenu historiquement \u00e0 la sph\u00e8re fran\u00e7aise du communisme.<\/p>\n<p>Auquel cas, le probl\u00e8me du parti communiste n\u2019est pas seulement un probl\u00e8me de forme ou de statuts, mais un probl\u00e8me fonctionnel, dans une r\u00e9alit\u00e9 o\u00f9 l\u2019\u00e9conomique, le social, le culturel et le politique interf\u00e8rent les uns sur les autres comme jamais. Le lib\u00e9ralisme a r\u00e9gl\u00e9 la fa\u00e7on \u00e0 sa mani\u00e8re : le politique doit laisser la main \u00e0 l\u2019\u00e9conomique. Si l\u2019on ne se r\u00e9sout pas \u00e0 cette &#8220;fatalit\u00e9&#8221;, et si l\u2019on ne veut pas substituer l\u2019\u00c9tat au march\u00e9, que fait-on ? Si le parti politique ne peut plus avoir le monopole de l\u2019organisation politique, comment parvenir \u00e0 un &#8220;mouvement&#8221; qui ne soit pas un parti ou une simple coalition de partis ?<\/p>\n<p>Il faut se convaincre de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un &#8220;mouvement&#8221; qui fasse, de toutes les d\u00e9marches critiques d\u00e9ploy\u00e9es dans la soci\u00e9t\u00e9, une &#8220;force&#8221; politique. De ce point de vue, le cartel vaut certes toujours mieux que l\u2019isolement ; mais il ne suffit pas. La r\u00e9gulation verticale (la hi\u00e9rarchie) ne convient plus. La r\u00e9gulation horizontale (le r\u00e9seau, le rhizome) ne veut pas dire grand-chose : dans le r\u00e9seau, il y a des n\u0153uds plus importants que d\u2019autres et il peut y avoir des pilotes. Le monopole partisan et l\u2019h\u00e9g\u00e9monie d\u2019un parti peuvent sortir par la porte et rentrer par la fen\u00eatre. \u00c0 partir du moment o\u00f9 chaque courant (communiste, socialiste, d\u00e9croissant, \u00e9cologiste, autogestionnaire, f\u00e9ministe\u2026) se constitue en parti s\u00e9par\u00e9, le risque est immense que s\u2019installe une double \u00e9volution : chaque parti finit par se consid\u00e9rer en lui-m\u00eame comme une fin et non comme un moyen ; il finit par tout faire pour assurer son h\u00e9g\u00e9monie sur le &#8220;mouvement&#8221;.<\/p>\n<p><strong>5. J\u2019ai d\u00e8s lors envie, moi qui me dis communiste, de poser deux questions \u00e0 celles et ceux qui sont encore membres du PC.<\/strong><br \/>\n&#8211; On peut tr\u00e8s bien consid\u00e9rer que le communisme politique reste d\u2019actualit\u00e9. C\u2019est en tout cas mon cas. Dois-je pour autant penser qu\u2019il ne peut fonctionner que s\u2019il se constitue en organisation politique s\u00e9par\u00e9e, quitte \u00e0 penser ensuite son alliance avec d\u2019autres ?<br \/>\n&#8211; On peut croire \u00e0 la pertinence d\u2019un projet et d\u2019un parti pris de type communiste. On peut en m\u00eame temps juger qu\u2019ils seront plus utiles et plus expansifs dans un mouvement composite, qui ne serait ni communiste, ni socialiste, ni \u00e9cologiste, ni\u2026 tout autre terme que l\u2019on souhaitera y ajouter. D\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, la crise atteint toutes les variantes sans exception de l\u2019alternative et de la critique. Sous des formes multiples, elle touche \u00e0 la fois le PC, les Verts et l\u2019extr\u00eame gauche. N\u2019est-ce pas l\u2019indice qu\u2019il y a, dans la s\u00e9paration organisationnelle de ces courants, la source principale d\u2019une obsolescence, que le courant en question soit r\u00e9cent (l\u2019\u00e9cologie politique) ou qu\u2019il ait sur ses \u00e9paules le poids de deux si\u00e8cles (les souches diverses du communisme) ?<\/p>\n<p>S\u2019imaginer qu\u2019il faut fusionner toutes les sensibilit\u00e9s pour n\u2019en faire qu\u2019une seule n\u2019est ni possible ni souhaitable. Est-ce une raison pour les enfermer dans des identit\u00e9s closes, dont le parti prot\u00e8ge jalousement la cl\u00f4ture ? L\u2019angoisse de la diversit\u00e9 perdue ne s\u2019apaise-t-elle que dans la s\u00e9paration ? L\u2019originalit\u00e9 du mouvement contemporain de la critique sociale, du d\u00e9fil\u00e9 de rue \u00e0 la Nuit debout, rend plus urgent que jamais l\u2019essai de r\u00e9ponse \u00e0 ces questions.<\/p>\n<p><strong>Premi\u00e8re partie <\/strong> : <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/qui-veut-la-peau-de-roger-martelli\/article\/pcf-au-bord-du-gouffre\">PCF : au bord du gouffre ?<\/a><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-9566 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/don_insert-393.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/don_insert-393-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"don_insert.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[2\/2] Tournant le dos \u00e0 son alliance avec Jean-Luc M\u00e9lenchon, la direction communiste veut justifier le pari incertain d&#8217;une primaire \u00e0 gauche. Pari qui, cette fois, peut ne pas r\u00e9ussir dans le parti. Reste une interrogation de plus long souffle. \u00c9non\u00e7ons-la en cinq points.<\/p>\n","protected":false},"author":328,"featured_media":23118,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[210],"tags":[406],"class_list":["post-9566","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-qui-veut-la-peau-de-roger-martelli","tag-pcf"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9566","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/328"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9566"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9566\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/23118"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9566"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9566"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9566"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}