{"id":950,"date":"1998-05-01T00:00:00","date_gmt":"1998-04-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/crise-politique950\/"},"modified":"1998-05-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-04-30T22:00:00","slug":"crise-politique950","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=950","title":{"rendered":"Crise politique"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> D\u00e9bat entre Dominique Grador <\/p>\n<p><strong>  L&#8217;actuelle crise de la politique interpelle fortement le PCF. Modalit\u00e9s de l&#8217;engagement, pratiques militantes, fonctions des partis sont boulevers\u00e9es. Quelle articulation entre ce qui se passe &#8221; en bas &#8221; et le projet global ? Exp\u00e9riences et r\u00e9flexions crois\u00e9es. <\/strong><\/p>\n<p> <strong> L&#8217;engagement politique a-t-il chang\u00e9 de nature ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> Jacques Ion : <\/strong> Hier, la fa\u00e7on dont les gens s&#8217;engageaient \u00e9tait d\u00e9termin\u00e9e par un horizon de progr\u00e8s pour la soci\u00e9t\u00e9, des lendemains meilleurs, aujourd&#8217;hui il s&#8217;agirait plut\u00f4t d&#8217;emp\u00eacher le pire, de conjurer des risques au niveau de l&#8217;environnement par l&#8217;action \u00e9cologiste, au niveau international par l&#8217;action humanitaire, ou encore de pallier \u00e0 la pauvret\u00e9 par l&#8217;action caritative.<\/p>\n<p> <strong> Dominique Grador : <\/strong> Avec les d\u00e9bats sur le plan emplois jeunes, j&#8217;ai pu constater qu&#8217;il y a aussi une multitude d&#8217;associations qui essaient de prendre en compte les besoins \u00e9mergents de la soci\u00e9t\u00e9, dans le domaine parascolaire par exemple, et qui sont autant d&#8217;engagements positifs dans des activit\u00e9s de proximit\u00e9.<\/p>\n<p> <strong> J. I.: <\/strong> Mais l&#8217;engagement politique, au sens o\u00f9 il vise \u00e0 la transformation de la soci\u00e9t\u00e9 pour un avenir meilleur, me semble beaucoup moins pris en charge qu&#8217;auparavant. Il y a plein d&#8217;endroits de manifestations o\u00f9 les gens s&#8217;investissent pour changer leurs conditions de vie, mais sans lien avec une perspective globale de transformation sociale. Une s\u00e9paration de plus en plus importante appara\u00eet entre la structuration des mouvements sur le plan local et sur le plan national.<\/p>\n<p> <strong> D. G.: <\/strong> Il y a \u00e0 la fois une aspiration grandissante \u00e0 changer la vie et le constat d&#8217;une incapacit\u00e9 \u00e0 y r\u00e9pondre du c\u00f4t\u00e9 de la politique.<\/p>\n<p> <strong> J. I.: <\/strong> Toute la difficult\u00e9 est de trouver une articulation entre ce qui se passe &#8221; en bas &#8221; et le projet global. S&#8217;agit-il d&#8217;une organisation ? En tout cas, quelque chose qui donne un sens et une efficacit\u00e9 \u00e0 ces multiples engagements.<\/p>\n<p> <strong> D. G.: <\/strong> Dans ce sens, au PCF, nous avons voulu mettre l&#8217;organisation au service des gens. Cela a conduit \u00e0 la remise en cause du centralisme d\u00e9mocratique, un mode de fonctionnement pyramidal, avec la volont\u00e9 de placer l&#8217;individu au centre de l&#8217;engagement, de tenter de faire vivre cette volont\u00e9 d&#8217;engagement individuel pour transformer la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p> <strong> J. I.: <\/strong> Mais peut-on r\u00e9ellement sortir d&#8217;une logique propre de l&#8217;organisation qui d\u00e9passe tr\u00e8s vite l&#8217;individu ?<\/p>\n<p> <strong> Les formes renouvel\u00e9es de l&#8217;engagement naissent donc d&#8217;un rapport diff\u00e9rent de l&#8217;individu au collectif ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> Fran\u00e7ois Kalfon : <\/strong> A l&#8217;origine de notre d\u00e9marche pour cr\u00e9er la revue P\u00e9tition, il y a le sentiment de faire partie d&#8217;une g\u00e9n\u00e9ration qui n&#8217;a pas connu de rapport direct, naturel \u00e0 l&#8217;engagement politique. Nous avons ressenti la n\u00e9cessit\u00e9 de revenir \u00e0 une forme d&#8217;engagement politique qui articule intime et global. Les formes de r\u00e9volte, de prise de conscience passent beaucoup plus par ce c\u00f4t\u00e9 intime, ce qui a conduit \u00e0 accorder une telle attention \u00e0 la cr\u00e9ation artistique, graphisme, cin\u00e9ma ou photographie. C&#8217;est \u00e0 mon sens aussi tr\u00e8s significatif que l&#8217;AMI (accord multilat\u00e9ral sur l&#8217;investissement) ait \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9 d&#8217;abord par la sph\u00e8re culturelle. La culture est un domaine sur lequel on a l&#8217;impression d&#8217;avoir prise \u00e0 la diff\u00e9rence de l&#8217;\u00e9conomie globale. Enfin, beaucoup de gens ne se retrouvent pas dans une soci\u00e9t\u00e9 de plus en plus comp\u00e9titive, c&#8217;est ce qui motive leur engagement actuel.<\/p>\n<p> <strong> J. I.: <\/strong> Il s&#8217;agit aujourd&#8217;hui de r\u00e9pondre de soi, on n&#8217;accepte pas de d\u00e9l\u00e9guer pouvoirs et responsabilit\u00e9s. Le rapport entre l&#8217;identit\u00e9 individuelle et l&#8217;identit\u00e9 collective a compl\u00e8tement chang\u00e9. Avant l&#8217;identit\u00e9 individuelle se confortait sur l&#8217;identit\u00e9 collective. Aujourd&#8217;hui, les identit\u00e9s individuelles se cherchent elles-m\u00eames en l&#8217;absence de rep\u00e8res \u00e9tablis. Hier, des mouvements sociaux renfor\u00e7aient des identit\u00e9s d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablies, comme la classe ouvri\u00e8re: aujourd&#8217;hui, les manifestations visent \u00e0 mettre en place des identit\u00e9s qui ne sont pas encore reconnues par la soci\u00e9t\u00e9. Le mouvement des ch\u00f4meurs m&#8217;a sembl\u00e9 tr\u00e8s significatif \u00e0 cet \u00e9gard<\/p>\n<p> <strong> D. G.: <\/strong> Dans la pr\u00e9paration du dernier congr\u00e8s du PCF, il a \u00e9t\u00e9 beaucoup question de l&#8217;intimit\u00e9 de l&#8217;engagement. Au d\u00e9but, parler de l&#8217;intimit\u00e9 de l&#8217;engagement communiste suscitait beaucoup d&#8217;interrogations. On \u00e9tait au stade o\u00f9 on reconnaissait l&#8217;individu communiste avec ses aspirations, son cheminement propres pour s&#8217;inscrire dans l&#8217;organisation g\u00e9n\u00e9rale. Cette intimit\u00e9 a une dimension politique, pas seulement culturelle. Le film Marius et Jeannette donne une vision tr\u00e8s positive de ces hommes et de ces femmes et de leur engagement. Ce qui n&#8217;\u00e9tait pas le cas jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent dans le cin\u00e9ma. Et, en plus, il rencontre un grand succ\u00e8s populaire. C&#8217;est un des signes qu&#8217;on n&#8217;est plus tout \u00e0 fait dans la crise politique sans issue mais, d\u00e9j\u00e0, avec ces formes d&#8217;engagement, d&#8217;action politique renouvel\u00e9es dans des tentatives de construction de sortie. Le mouvement social de 1995 m&#8217;a sembl\u00e9 un moment particulier de prise en charge des individus par eux-m\u00eames et de la reconnaissance du besoin d&#8217;organisations. Ce n&#8217;est donc pas une contestation d\u00e9finitive de l&#8217;organisation. Les ch\u00f4meurs aussi ont cherch\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 des organisations existantes les moyens non d&#8217;encadrer mais de donner force et efficacit\u00e9 \u00e0 leur mouvement.<\/p>\n<p> <strong> F. K.: <\/strong> Ce lien nouveau entre intime et public me semble une strat\u00e9gie de r\u00e9ponse \u00e0 un discr\u00e9dit de la politique qui n&#8217;est pas d\u00fb seulement aux forces politiques. Une forme de sensibilit\u00e9 peut redonner de la v\u00e9racit\u00e9 \u00e0 la parole politique. Quand une parole politique est li\u00e9e \u00e0 une pratique, artistique, intime, ou m\u00eame d&#8217;exp\u00e9rience locale, elle reprend du cr\u00e9dit C&#8217;est ce lien \u00e0 la proximit\u00e9 que l&#8217;on retrouve aussi chez les jeunes f\u00e9ministes. L&#8217;image qui leur est renvoy\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 des modes de consommation, de la femme active des ann\u00e9es 80, leur appara\u00eet factice. Et des combats comme \u00e0 travail \u00e9gal salaire \u00e9gal ou concernant la sexualit\u00e9 permettent \u00e0 un certain nombre de jeunes de trouver le moyen de s&#8217;engager et d&#8217;avoir un contr\u00f4le sur leur engagement.<\/p>\n<p> <strong> D. G.: <\/strong> Ces nouvelles pratiques plus transversales dans la fa\u00e7on de vivre un engagement militant se retrouvent effectivement fortement chez les femmes. Au sein du PCF, cela donne lieu \u00e0 de nouvelles fa\u00e7ons de se retrouver sur une revendication. Mais ces engagements \u00e0 la carte ne vont pas sans poser des questions qui poussent utilement le d\u00e9bat sur un militantisme renouvel\u00e9. Par exemple, concernant les sans-papiers, doit-on d\u00e9l\u00e9guer cette lutte aux plus motiv\u00e9s et l&#8217;ensemble des militants la vivre par procuration ? Si on d\u00e9l\u00e8gue l&#8217;engagement communiste \u00e0 ceux qui travaillent ou agissent dans telle ou telle sph\u00e8re de la soci\u00e9t\u00e9, o\u00f9 est la souverainet\u00e9 des communistes, o\u00f9 est la coh\u00e9rence politique du choix de soci\u00e9t\u00e9 mis \u00e0 la disposition des citoyens ? Alors qu&#8217;en ce qui concerne les femmes, l&#8217;engagement f\u00e9ministe et communiste est de mieux en mieux v\u00e9cu car il appara\u00eet d&#8217;embl\u00e9e porteur d&#8217;un souci d&#8217;\u00e9mancipation g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p> <strong> J. I.: <\/strong> Maintenant, je parlerais plut\u00f4t d&#8217;engagement affranchi: \u00e0 la fois, des syst\u00e8mes d&#8217;appartenance collectifs &#8211; famille, quartier, milieu professionnel, tradition politique d\u00e9termin\u00e9e -, et au sens de quant \u00e0 soi; ce n&#8217;est pas une moindre implication, au contraire, cela suscite une plus grande mobilisation personnelle, il fait appel \u00e0 l&#8217;exp\u00e9rience, \u00e0 l&#8217;histoire, aux ressources intimes de chacun. Alors que l&#8217;engagement traditionnel demandait \u00e0 laisser au vestiaire tout ce qui \u00e9tait d&#8217;ordre personnel. La formation en constitue peut-\u00eatre le meilleur exemple. On laissait aux portes de l&#8217;organisation ses savoir-faire, ses comp\u00e9tences, pour r\u00e9apprendre en interne l&#8217;ensemble des savoirs, ce qu&#8217;il faut dire, etc. Au contraire les militants s&#8217;investissent \u00e0 pr\u00e9sent sur la base de leur propre exp\u00e9rience personnelle per\u00e7ue comme un plus par le collectif, c&#8217;est un renversement complet. Du coup le rapport public\/priv\u00e9 s&#8217;en trouve transform\u00e9. C&#8217;est tout \u00e0 fait diff\u00e9rent d&#8217;une mont\u00e9e en puissance de l&#8217;individualisme.<\/p>\n<p> <strong> Quel nouveau type de parti peut r\u00e9pondre \u00e0 ces nouvelles formes d&#8217;engagement ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> F. K.: <\/strong> Qu&#8217;attendre du parti communiste aujourd&#8217;hui ? Une capacit\u00e9 d&#8217;insurrection et d&#8217;indignation par rapport \u00e0 l&#8217;ordre \u00e9tabli, \u00e0 ce qu&#8217;on appelle la pens\u00e9e unique dans le domaine \u00e9conomique Et une vraie volont\u00e9 et capacit\u00e9 de traduire cela en projet politique public, sinon on risque de tomber dans une certaine de schizophr\u00e9nie. Par exemple, que serait une autre Europe ? Au-del\u00e0 du rejet de l&#8217;Europe lib\u00e9rale, quelle autre strat\u00e9gie constructive ? Une traduction en terme de politique publique de l&#8217;indignation ? De ce point de vue, le compte n&#8217;y est pas. On ne voit pas le r\u00e9sultat en terme de coh\u00e9rence. Les communistes devraient tracer de fa\u00e7on visible un choix diff\u00e9rent dans la gauche plurielle.<\/p>\n<p> <strong> D. G.: <\/strong> Je voudrais pr\u00e9ciser que ce que je revendique pour chaque individu communiste, je l&#8217;applique bien s\u00fbr \u00e0 moi-m\u00eame et je m&#8217;accorde donc le droit de r\u00e9flexion personnelle, le droit \u00e0 l&#8217;erreur. Le dernier congr\u00e8s a affirm\u00e9, selon moi, d&#8217;une fa\u00e7on identitaire le positionnement des communistes sur nombre de questions \u00e9conomiques et sociales. La participation des communistes au gouvernement change les donn\u00e9es du probl\u00e8me. Ses choix doivent \u00eatre travaill\u00e9s dans une autre coh\u00e9rence d&#8217;ensemble qu&#8217;un contre-projet oppos\u00e9 \u00e0 une politique lib\u00e9rale. C&#8217;est-\u00e0-dire des solutions neuves dans le cadre d&#8217;un gouvernement de gauche plurielle avec des divergences, des contraintes, pas seulement ext\u00e9rieures mais dans la capacit\u00e9 du peuple \u00e0 d\u00e9cider de ses choix: bref, passer d&#8217;une perspective identitaire \u00e0 une perspective majoritaire. Exemple, la question priv\u00e9\/public est abord\u00e9e diff\u00e9remment dans le cadre de la mise en oeuvre d&#8217;une autre politique. Plus que la capacit\u00e9 de faire des propositions, c&#8217;est la capacit\u00e9 \u00e0 mobiliser citoyens, salari\u00e9s sur des propositions de progr\u00e8s qui va compter. Par exemple, des salari\u00e9s d&#8217;EDF peuvent dire aux d\u00e9put\u00e9s de gauche qui ont vot\u00e9 contre la directive de d\u00e9r\u00e9glementation, maintenant que vous \u00eates au gouvernement vous ne devez pas l&#8217;appliquer. Mais ces choix sont-ils r\u00e9gl\u00e9s pour les usagers et pas pour les d\u00e9put\u00e9s ? Bien s\u00fbr, la question des engagements non tenus est au centre de la crise de la politique. Mais cela renvoie aussi \u00e0 l&#8217;impuissance des citoyens \u00e0 intervenir sur les choix. Il faut \u00e0 la fois la capacit\u00e9 de mobilisation des salari\u00e9s sur le terrain et l&#8217;intervention des \u00e9lus sur la base des engagements. Pour les 35 heures, le cadre de loi doit \u00eatre le meilleur possible, mais si l&#8217;on consid\u00e8re que ce qui se d\u00e9cide \u00e0 l&#8217;Assembl\u00e9e nationale suffit \u00e0 mettre en oeuvre les 35 heures, on est battu d&#8217;avance. Renvoyer dans un discours tr\u00e8s radical tout le probl\u00e8me des 35 heures au gouvernement, revient \u00e0 occulter l&#8217;affrontement de classes.<\/p>\n<p> <strong> F. K.: <\/strong> Le probl\u00e8me des 35 heures c&#8217;est que justement on a entendu la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative, gouvernement et d\u00e9put\u00e9s, et on a entendu le patronat. On aurait pu attendre du Parti communiste qu&#8217;il soit \u00e0 l&#8217;initiative d&#8217;une mobilisation sociale et politique. Il s&#8217;agissait de faire jouer le rapport des forces dans une bataille assez simple o\u00f9 on pouvait \u00e0 la fois soutenir les r\u00e9formes du gouvernement et marquer des points. Dans cette situation o\u00f9 la gauche plurielle s&#8217;inscrit dans la dur\u00e9e, pour que les partis puissent jouer ce r\u00f4le de m\u00e9diation entre le mouvement social et l&#8217;ex\u00e9cutif, il faudrait inventer une forme de forum permanent de la gauche plurielle qui ne soit pas un dialogue entre membres du gouvernement ou de direction de parti \u00e0 direction de parti ou de programme \u00e0 programme. Cela permettrait que tous les militants soient partie prenante et m\u00eame d&#8217;\u00e9largir au-del\u00e0 des partis. On aurait les vrais d\u00e9bats qui traversent, d&#8217;ailleurs, tous les partis sur les 35 heures, sur productivisme ou non, sur la place des femmes, etc. Cela donnerait pour le coup plus d&#8217;\u00e9chos aux partis les plus p\u00e9riph\u00e9riques au sein de la gauche plurielle&#8230; Je r\u00eave \u00e0 haute voix.<\/p>\n<p> <strong> D. G.: <\/strong> Ce que nous avons v\u00e9cu avec les \u00e9lections r\u00e9gionales, des rapports nouveaux entre les militants, une fa\u00e7on de travailler ensemble, une dynamique qui s&#8217;est cr\u00e9\u00e9e, tout cela contribue \u00e0 changer le regard sur la gauche plurielle. En m\u00eame temps, il y a une crise de la politique dont nous ne sommes pas quittes. Sur le fond, c&#8217;est la volont\u00e9 de changement, d&#8217;apporter des r\u00e9ponses urgentes aux angoisses des Fran\u00e7ais et la non-repr\u00e9sentation de cette volont\u00e9 dans les \u00e9lections avec l&#8217;abstention, les non-inscrits, etc. Pour sortir de cette crise, nous proposons de cr\u00e9er une dynamique majoritaire de changement c&#8217;est-\u00e0-dire un processus de dialogue, de confrontation et d&#8217;action en grand. Ce n&#8217;est pas le regroupement consensuel des id\u00e9es des diff\u00e9rentes formations de gauche, c&#8217;est l&#8217;affaire des citoyens qui d\u00e9cident d&#8217;agir sans \u00e9vacuer les questions politiques. C&#8217;est plus que l&#8217;ouverture, c&#8217;est la capacit\u00e9 \u00e0 susciter la diversit\u00e9, l&#8217;apport singulier de chacun. Et mettre \u00e0 la disposition des citoyens un espace de confrontation politique. Cela me semble un besoin r\u00e9el de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p> <strong> J. I.: <\/strong> Par crise de la politique, on entend quelquefois abstention, refus de vote, etc.et parfois quelque chose de plus profond. Sur le long terme, le taux d&#8217;abstention aux \u00e9lections ne bouge pas. Ce qui a profond\u00e9ment chang\u00e9, c&#8217;est le rapport du citoyen \u00e0 la vie politique. Ce que vous proposez est-il en mesure de r\u00e9soudre la distance entre ce qui se passe sur le terrain &#8211; o\u00f9 il n&#8217;y a pas de d\u00e9sengagement, pas de d\u00e9politisation, mais des formes d&#8217;engagement qui ont chang\u00e9, un engagement plus impliqu\u00e9 qu&#8217;auparavant -, et puis la vie politique ? Les engagements concrets sont aussi politiques m\u00eame si les gens se battent pour un objectif apparemment imm\u00e9diat. Pourquoi iraient-ils chercher \u00e0 un \u00e9chelon interm\u00e9diaire le d\u00e9bat qu&#8217;ils peuvent avoir dans leur action quotidienne ? Les engagements d&#8217;aujourd&#8217;hui pour \u00eatre ponctuels et limit\u00e9s sont des engagements profond\u00e9ment politiques qui donnent lieu \u00e0 d\u00e9bat et \u00e0 discussion.<\/p>\n<p> <strong> D. G.: <\/strong> Je suis d&#8217;accord, les probl\u00e8mes les plus concrets posent des questions de soci\u00e9t\u00e9 et les engagements qu&#8217;ils suscitent sont en ce sens profond\u00e9ment politiques. Mais il faut le lieu et le moment de l&#8217;\u00e9laboration du projet politique de transformation de la soci\u00e9t\u00e9. C&#8217;est le sens de notre proposition d&#8217;espaces citoyens.<\/p>\n<p>* Dominique Grador, membre du Bureau national du PCF, secr\u00e9taire de la f\u00e9d\u00e9ration de Corr\u00e8ze, anime le collectif &#8221; militantisme de notre temps &#8221; au sein du PCF.<\/p>\n<p>** Jacques Ion, sociologue, a publi\u00e9 notamment la Fin des militants ?, aux \u00e9ditions de l&#8217;Atelier en 1997.<\/p>\n<p>*** Fran\u00e7ois Kalfon est r\u00e9dacteur en chef de la revue P\u00e9tition.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> D\u00e9bat entre Dominique Grador <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-950","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/950","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=950"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/950\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=950"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=950"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=950"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}