{"id":947,"date":"1998-05-01T00:00:00","date_gmt":"1998-04-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/communisme947\/"},"modified":"1998-05-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-04-30T22:00:00","slug":"communisme947","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=947","title":{"rendered":"Communisme"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Le mot &#8221; communisme &#8221; est associ\u00e9 d\u00e9sormais, notamment dans la jeunesse, \u00e0 tant de drames, d&#8217;\u00e9checs et de raideurs, qu&#8217;il est de premi\u00e8re importance non seulement de rappeler ce qui s&#8217;est fait aussi de beau en son nom, mais aussi et surtout d&#8217;exposer en termes simples ce que le &#8221; communisme &#8221; peut signifier dans l&#8217;histoire humaine. C&#8217;est ce que je propose ici. <\/p>\n<p>Dans &#8221; communisme &#8221; il y a &#8220;commun&#8221;, comme dans &#8220;communaut\u00e9&#8221; ou &#8221; communion -&#8220;. Est-ce \u00e0 dire que chaque individu doit se nier pour adh\u00e9rer \u00e0 ce mot ? Non, car en r\u00e9alit\u00e9 chaque individu ne peut vivre et devenir un \u00eatre humain qui parle, marche, invente, cr\u00e9e, etc.que s&#8217;il acquiert des choses communes: une langue, des go\u00fbts, des coutumes, des connaissances, des savoir-faire, etc. De m\u00eame, l&#8217;individu ne peut satisfaire ses besoins que si la communaut\u00e9 partage les t\u00e2ches, \u00e9change des produits, organise les n\u00e9cessit\u00e9s collectives, selon des r\u00e8gles sans lesquelles les conflits sont in\u00e9vitables. Il y a ainsi, forc\u00e9ment, des choses communes, parce qu&#8217;aucun individu ne pourrait pourvoir seul \u00e0 tous ses besoins. Il y a, par exemple, besoin aujourd&#8217;hui d&#8217;\u00e9coles, d&#8217;h\u00f4pitaux, de routes, etc.pour tous, et chacun y contribue m\u00eame s&#8217;il n&#8217;en use pas directement, parce que tous ont besoin que cela existe. De m\u00eame, si je ne dois pas stationner devant une sortie d&#8217;h\u00f4pital ni rouler \u00e0 150 km\/h en ville, c&#8217;est parce que &#8211; ni malade ni pi\u00e9ton \u00e0 ce moment-l\u00e0 &#8211; je ne puis tol\u00e9rer le risque que, le devenant, je puisse mourir parce qu&#8217;autrui agit de la sorte. Nul ne peut ainsi nier qu&#8217;en tant qu&#8217;individu il a besoin absolument que certaines choses soient jalousement prot\u00e9g\u00e9es d&#8217;un usage individuel \u00e9go\u00efste, mais conserv\u00e9es comme des biens communs. Il y a donc besoin de biens et de droits strictement individuels, et aussi de biens et de droits communs, pour que chaque individu s&#8217;\u00e9panouisse. La logique lib\u00e9rale brise le commun au nom de la &#8221; libert\u00e9 individuelle &#8221; (des poss\u00e9dants), et l&#8217;on voit bien combien d&#8217;individus en souffrent. La logique &#8221; communiste &#8221; \u00e9tatique qui s&#8217;est effondr\u00e9e \u00e0 l&#8217;Est brisait en revanche en bien des domaines, au nom d&#8217;une &#8221; communaut\u00e9 &#8221; qui perdait d\u00e8s lors tout son sens. Il n&#8217;est ainsi de &#8221; communisme &#8221; que fond\u00e9 sur &#8221; le libre d\u00e9veloppement de chacun &#8221; selon les mots du Manifeste de Marx et Engels. D\u00e8s lors, on appelle &#8220;communisme&#8221; tout ce que les humains font et disent pour briser ce qui, dans l&#8217;organisation sociale, les emp\u00eache d&#8217;\u00e9panouir leurs capacit\u00e9s et r\u00e9aliser leurs aspirations. Autrement dit, depuis des mill\u00e9naires, il y a eu du &#8220;communisme&#8221; sans que le mot ni la th\u00e9orie ne puissent \u00eatre revendiqu\u00e9s. Cela peut en \u00e9tonner certains: depuis si longtemps les adh\u00e9rents des &#8220;partis communistes&#8221; ont tant pris l&#8217;habitude (&#8221; antimarxiste &#8221; pourtant, et d\u00e9testable) de consid\u00e9rer &#8221; les autres &#8221; comme des &#8221; non-communistes&#8221;, et parfois m\u00eame comme des &#8221; anti-communistes &#8220;, d\u00e8s lors qu&#8217;ils osaient exprimer des d\u00e9saccords ! Cette attitude eut de dramatiques cons\u00e9quences, qu&#8217;il faut rappeler \u00e0 tous ceux qui la cultivent encore. Autant dire qu&#8217;\u00e0 strictement parler le &#8221; communisme &#8221; ne d\u00e9rive pas de Marx, mais celui-ci en a manifest\u00e9 une \u00e9poque nouvelle, qu&#8217;il consid\u00e9rait lui-m\u00eame comme provisoire, \u00e0 transformer infiniment. Le &#8221; communisme &#8221; est ainsi une longue histoire, que l&#8217;on peut (sch\u00e9matiquement) caract\u00e9riser sous deux angles \u00e0 la fois.<\/p>\n<p>1. D&#8217;une part, dans la multitude des soci\u00e9t\u00e9s, il s&#8217;est trouv\u00e9 des femmes et des hommes pour r\u00e9sister et combattre telle ou telle r\u00e9alit\u00e9 qui entravait leur vie, leur libert\u00e9, leur bonheur personnel. R\u00e9voltes d&#8217;esclaves et de paysans, luttes d&#8217;Indiens et autres peuples colonis\u00e9s, r\u00e9sistances aux envahisseurs, gr\u00e8ves et manifestations pour travailler moins, pour vivre mieux, pour acc\u00e9der aux droits ressentis comme n\u00e9cessaires, \u00e0 la culture ressentie comme vitale, pour emp\u00eacher une guerre, pour pr\u00e9venir ou abolir les oppressions les plus diverses: ce communisme en acte a eu mille formes et mille ressorts, v\u00e9cus comme int\u00e9r\u00eats mat\u00e9riels, actes de foi religieuse, id\u00e9aux de justice, soifs de bonheur, n\u00e9cessit\u00e9 humaniste, exigence rationnelle, etc. Le communisme est cette histoire magnifique et douloureuse, salu\u00e9e par Rousseau, Kant ou Hegel bien avant Marx. Ou plut\u00f4t: \u00e9tait cette histoire, avant que, croyant le plus souvent bien faire, ceux qui voulaient pousser plus loin cette histoire en s&#8217;organisant en &#8221; partis communistes &#8221; &#8211; au pouvoir ou non &#8211; r\u00e9duisent le mot \u00e0 ce qu&#8217;ils faisaient et disaient eux-m\u00eames, donnant aux autres des le\u00e7ons sur ce qu&#8217;ils devaient faire, penser et vouloir. Ce fut partout une tendance dominante. Lorsque Marx et Engels r\u00e9digent leur Manifeste, cette tendance existe d\u00e9j\u00e0, et on leur doit de l&#8217;avoir combattue. A vrai dire, depuis plus de deux mill\u00e9naires, face aux souffrances et aux luttes populaires, de prestigieux et g\u00e9n\u00e9reux intellectuels se sont efforc\u00e9s de penser le bonheur de tous au travers de r\u00eaves de soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9barrass\u00e9es de tout ce que les int\u00e9r\u00eats particuliers et soifs de pouvoir faisaient payer au plus grand nombre.<\/p>\n<p>2 . Ainsi, d&#8217;autre part, le communisme a aussi suscit\u00e9 des mod\u00e8les et des id\u00e9aux dans la litt\u00e9rature et la philosophie. La liste serait longue de ces &#8221; cit\u00e9s id\u00e9ales &#8221; \u00e9labor\u00e9es dans la pens\u00e9e sans que l&#8217;on enracine la possibilit\u00e9 de leur r\u00e9alisation dans la r\u00e9alit\u00e9 m\u00eame des humains agissant, esp\u00e9rant, r\u00e9fl\u00e9chissant, dans leur diversit\u00e9. D\u00e8s le IXe si\u00e8cle avant J.-C., Hom\u00e8re imagine les &#8220;Jardins d&#8217;Alkininoos&#8221; o\u00f9 les fruits nourrissent tout le monde; au VIIIe si\u00e8cle, H\u00e9siode con\u00e7oit l'&#8221;Age d&#8217;or&#8221; perdu, o\u00f9 la propri\u00e9t\u00e9 collective emp\u00eachait la mis\u00e8re; puis Pindare et son &#8221; \u00eele des Bienheureux &#8220;, Platon et sa R\u00e9publique, Aristophane et sa communaut\u00e9 confi\u00e9e aux femmes; puis Phal\u00e9as, Diodore de Sicile, Ovide, Plutarque&#8230; Il a fallu l&#8217;esp\u00e9rance chr\u00e9tienne d&#8217;un bonheur apr\u00e8s la mort pour que se taise cette recherche de communisme terrestre, jusqu&#8217;\u00e0 la Renaissance. Alors, l&#8217;aspiration diverse \u00e0 d\u00e9passer les f\u00e9odalismes ressuscite les r\u00eaves en m\u00eame temps que les r\u00e9voltes. C&#8217;est le souffle de Thomas More et de son Utopie, Campanella et sa Cit\u00e9 du Soleil, Bacon et sa Nouvelle Atlantide, F\u00e9nelon, Morelli, Fontenelle, Rousseau, Diderot, Bernardin de Saint- Pierre, qui r\u00e9ouvrent diversement l&#8217;imagination d&#8217;une humanit\u00e9 o\u00f9 le commun d\u00e9livre les individus de ce qui les divise, les plonge dans la mis\u00e8re et l&#8217;oppression. Seulement voil\u00e0: chaque fois, un \u00e9crivain donne au monde la soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 il serait heureux. Jusqu&#8217;\u00e0 parfois pr\u00e9voir le jour des mariages, l&#8217;heure obligatoire des repas ou les r\u00e8gles vestimentaires de tous. Comment ces repr\u00e9sentations auraient-elles pu \u00e9clairer des luttes populaires qui ne pouvaient rien de ces r\u00eaves \u00e9crits, mais tant d&#8217;autres aspirations qu&#8217;on ne pouvait y lire ? Lorsque le capitalisme prend son essor au XIXe si\u00e8cle, r\u00e9volutionnant les capacit\u00e9s de produire tout en \u00e9crasant ceux qui produisent, les luttes sociales se d\u00e9veloppent et, avec elles, de nouveaux r\u00eaves de soci\u00e9t\u00e9s meilleures, r\u00eaves qui partageaient avec leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs ce foss\u00e9 entre la r\u00e9alit\u00e9 du mouvement des peuples et la fa\u00e7on de concevoir le futur.<\/p>\n<p> <strong> Ni mod\u00e8le, ni id\u00e9al, ni programme construit a priori, mais&#8230; <\/strong><\/p>\n<p>Il serait trop long bien s\u00fbr ici de d\u00e9tailler les doctrines d&#8217;Owen, Ruge, Stirner, Hess, Weitling, Saint-Simon, Fourier, Proudhon, Cabet, Blanqui, etc. Chacun s&#8217;effor\u00e7ait de faire fleurir des esp\u00e9rances de soci\u00e9t\u00e9s parfaites, non r\u00e9pressives, cultiv\u00e9es, \u00e9galitaires, avec ou sans propri\u00e9t\u00e9. Certains en attendaient l&#8217;irruption de l&#8217;in\u00e9luctable progr\u00e8s de l&#8217;Amour, d&#8217;autres de l&#8217;invincibilit\u00e9 de la science, fort peu de l&#8217;action populaire et des luttes de classes. La plupart s&#8217;en m\u00e9fiaient d&#8217;ailleurs et leur pr\u00e9f\u00e9raient des actions minoritaires aptes \u00e0 lib\u00e9rer et \u00e9clairer le peuple \u00e0 sa place. Seulement voil\u00e0: nul ne dira jamais aux humains, \u00e0 leur place, ce que doit \u00eatre leur avis.&#8221; Ce sont les hommes qui font l&#8217;histoire &#8221; (Marx et Engels). En m\u00eame temps, sans r\u00e9flexion th\u00e9orique (\u00e9conomique, sociale, juridique, historique et, bien s\u00fbr, philosophique), nul ne peut \u00e9chapper aux aveuglements et errances qui pars\u00e8ment l&#8217;histoire de d\u00e9sillusions et de drames. C&#8217;est en r\u00e9pondant de fa\u00e7on novatrice \u00e0 cette question ancestrale que Marx et Engels ont pu ouvrir une page neuve de l&#8217;histoire du communisme. Certes, on leur doit la compr\u00e9hension de la plus-value, de l&#8217;exploitation de classe, de la baisse tendancielle du taux de profit, etc. Mais s&#8217;ils avaient eux-m\u00eames tir\u00e9 de ces travaux un nouveau &#8221; mod\u00e8le &#8221; de communisme, on les rangerait dans la tradition utopiste. L&#8217;essentiel est ailleurs, et tient de pr\u00e8s au fameux Manifeste. Marx et Engels ont pleinement compris que le communisme ne pouvait r\u00e9sider ni en une sorte de mod\u00e8le, ni en un id\u00e9al, ni en un programme construit a priori, mais en la manifestation dans les id\u00e9es de ce que les peuples d\u00e9veloppaient dans leurs pratiques. D&#8217;o\u00f9 le nom de &#8221; Manifeste &#8220;, choisi pour cette raison pr\u00e9cise. Avant ce Manifeste, la Ligue des communistes avait produit un &#8221; cat\u00e9chisme &#8221; intitul\u00e9 Profession de foi communiste ! Ensuite, Engels lui-m\u00eame avait r\u00e9dig\u00e9 des Principes du communisme, texte dans lequel il concevait le communisme comme une th\u00e9orie qui &#8221; enseigne &#8221; au prol\u00e9tariat comment se lib\u00e9rer.&#8221; Enseigner &#8220;: on ne pouvait plus clairement pr\u00e9tendre construire dans la th\u00e9orie un processus \u00e0 appliquer ensuite.<\/p>\n<p> <strong> &#8230;manifestation (d&#8217;une infinie vari\u00e9t\u00e9) dans les id\u00e9es&#8230; <\/strong><\/p>\n<p>Dans le Manifeste communiste, Marx et Engels livrent au contraire des \u00e9l\u00e9ments de compr\u00e9hension du monde tel qu&#8217;il se meut, et fort peu de description des futurs possibles. En fait, d\u00e8s 1843, Marx \u00e9crivait \u00e0 Arnold Ruge: &#8221; Nous ne nous pr\u00e9sentons pas en doctrinaires avec un principe nouveau: voil\u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, \u00e0 genoux devant elle ! Nous apportons au monde les principes que le monde a lui-m\u00eame d\u00e9velopp\u00e9s en son sein.&#8221; Cette id\u00e9e majeure, constitutive de la pens\u00e9e de Marx et Engels, se retrouve tout naturellement dans le Manifeste: &#8221; Les propositions th\u00e9oriques des communistes ne reposent nullement sur des id\u00e9es, sur des principes invent\u00e9s ou d\u00e9couverts par tel ou tel utopiste. Elles ne sont que l&#8217;expression g\u00e9n\u00e9rale des rapports effectifs d&#8217;une lutte de classes qui existe, d&#8217;un mouvement historique qui s&#8217;op\u00e8re sous nos yeux.&#8221; Ce texte rend &#8221; manifeste &#8221; le communisme comme processus existant. Il n&#8217;a rien d&#8217;un &#8221; projet &#8221; parmi tant d&#8217;autres \u00e0 l&#8217;\u00e9poque. Ainsi, le Manifeste reprend de l&#8217;Id\u00e9ologie allemande la fameuse d\u00e9finition g\u00e9n\u00e9rale du communisme laquelle, sans pr\u00e9tendre en \u00e9puiser le contenu, la d\u00e9marque d\u00e9finitivement des conceptions pr\u00e9c\u00e9dentes pr\u00e9sentant une soci\u00e9t\u00e9 id\u00e9ale, un id\u00e9al, un \u00e9tat futur construit dans la th\u00e9orie pour y rallier ensuite le peuple. Le communisme, y \u00e9tait-il \u00e9crit, n&#8217;est pas d&#8217;abord &#8221; un \u00e9tat qui doit \u00eatre cr\u00e9\u00e9 &#8221; ou &#8221; un id\u00e9al sur lequel la r\u00e9alit\u00e9 devrait se r\u00e9gler &#8220;, mais: &#8221; le mouvement r\u00e9el qui abolit l&#8217;\u00e9tat actuel &#8220;. Il s&#8217;agira donc de rendre manifeste ce mouvement, parce qu'&#8221; il est grand temps &#8220;&#8230; Pour autant, pour Marx, tout ce qui bouge n&#8217;est pas &#8221; communiste &#8220;: seulement ce qui agit pour d\u00e9passer ce qui, fond\u00e9 sur l&#8217;exploitation et l&#8217;oppression, entrave l&#8217;\u00e9panouissement des individualit\u00e9s. Comme on le lit dans le Manifeste, ce que vise le communisme, c&#8217;est un processus d'&#8221; association dans laquelle le libre d\u00e9veloppement de chacun est la condition du libre d\u00e9veloppement de tous &#8220;.<\/p>\n<p> <strong> &#8230;de ce que les peuples d\u00e9veloppaient dans leurs pratiques <\/strong><\/p>\n<p>Autrement dit, tous ceux qui &#8211; m\u00eame en en refusant l&#8217;appellation &#8211; agissent contre ce qui exploite et opprime font partie du processus communiste. Et, inversement, on peut fort bien s&#8217;en r\u00e9clamer sans participer \u00e0 ce processus. Cela peut \u00eatre v\u00e9cu comme un &#8220;id\u00e9al&#8221;; pour autant, le communisme ne peut \u00eatre ainsi d\u00e9fini, comme Marx et Engels le pr\u00e9cisaient d\u00e8s l&#8217;Id\u00e9ologie allemande. Car aucune doctrine ne pourra jamais pr\u00e9tendre dire \u00e0 chacun, \u00e0 sa place, ce qu&#8217;est son &#8221; id\u00e9al &#8221; de bonheur; l\u00e0 commence le totalitarisme en th\u00e9orie comme en pratique. En revanche, une doctrine peut analyser ce qui, dans un type de soci\u00e9t\u00e9, fait obstacle au bonheur du plus grand nombre, et qui doit donc \u00eatre d\u00e9construit pour que chaque individu soit en condition d&#8217;\u00e9panouir comme il l&#8217;entend ses potentialit\u00e9s et aspirations. Chacun entre dans la lutte contre le capitalisme pour ses raisons propres et ses id\u00e9aux, et fait vivre ainsi le processus communiste. C&#8217;est cette infinie diversit\u00e9 qu&#8217;il s&#8217;agit pour Marx et Engels de manifester au niveau des id\u00e9es.<\/p>\n<p>C&#8217;est cette d\u00e9marche, la seule qui puisse allier rationalit\u00e9 et d\u00e9mocratie active, qui a inspir\u00e9 Marx et Engels, lorsqu&#8217;ils d\u00e9cid\u00e8rent d&#8217;appeler Manifeste ce texte fameux. Parce que celui-ci ne d\u00e9livrait aucune v\u00e9rit\u00e9 et aucun id\u00e9al ext\u00e9rieurs au mouvement r\u00e9el des peuples mais ne pr\u00e9tendait que manifester ce mouvement r\u00e9el au niveau des id\u00e9es, il eut l&#8217;universel retentissement que l&#8217;on sait parmi ceux qui purent donc y reconna\u00eetre une part de leur propre vie. Raison pour laquelle aussi il conserve finalement autant d&#8217;int\u00e9r\u00eat parmi ceux qui ne s&#8217;accommodent ni de l&#8217;exploitation ni des oppressions, malgr\u00e9 tout ce qui a pu changer depuis.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Le mot &#8221; communisme &#8221; est associ\u00e9 d\u00e9sormais, notamment dans la jeunesse, \u00e0 tant de drames, d&#8217;\u00e9checs et de raideurs, qu&#8217;il est de premi\u00e8re importance non seulement de rappeler ce qui s&#8217;est fait aussi de beau en son nom, mais aussi et surtout d&#8217;exposer en termes simples ce que le &#8221; communisme &#8221; peut signifier dans l&#8217;histoire humaine. 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