{"id":9459,"date":"2016-03-03T00:06:17","date_gmt":"2016-03-02T23:06:17","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-le-racisme-cauchemar-americain\/"},"modified":"2023-06-23T23:21:31","modified_gmt":"2023-06-23T21:21:31","slug":"article-le-racisme-cauchemar-americain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=9459","title":{"rendered":"Le racisme, cauchemar am\u00e9ricain"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Malgr\u00e9 l\u2019\u00e9lection du premier pr\u00e9sident noir de leur histoire en 2008 et sa r\u00e9\u00e9lection en 2012, les \u00c9tats-Unis restent hant\u00e9s par la question raciale. <em>Une col\u00e8re noire<\/em>, essai du journaliste Ta-Nehisi Coates traduit en fran\u00e7ais, en t\u00e9moigne brillamment.<\/p>\n<p>L\u2019actualit\u00e9 douloureuse du racisme, dont les Afro-Am\u00e9ricains sont les victimes principales (mais non-exclusives) outre-Atlantique, on peut la lire, la sentir dans un essai du journaliste Ta-Nehisi Coates \u2013 lui-m\u00eame Afro-Am\u00e9ricain \u2013 intitul\u00e9 <em>Between the world and me<\/em>. Lequel, prim\u00e9 par le prix Pulitzer aux \u00c9tats-Unis l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, vient d\u2019\u00eatre traduit en France (<em>Une col\u00e8re noire. Lettre \u00e0 mon fils<\/em>, \u00e9d. Autrement). Un livre court et violent, d\u2019une rare beaut\u00e9, \u00e0 classer dans la lign\u00e9e des \u00e9crits de Richard Wright, James Baldwin ou Toni Morrison.<\/p>\n<h2>Vie noire, vie nue<\/h2>\n<p>L\u2019auteur, issu d\u2019une famille modeste de Baltimore, devenu journaliste \u00e0 New York, use du pr\u00e9texte d\u2019une lettre d\u2019amour \u00e9crite \u00e0 son jeune fils pour dresser le portrait sans concession d\u2019une Am\u00e9rique irr\u00e9missiblement raciste. Comme si l\u2019envers n\u00e9cessaire du r\u00eave am\u00e9ricain \u00e9tait l\u2019oppression continue des Noirs. Pour Ta-Nehisi Coates, la couleur de ce qu\u2019il nomme &#8220;le r\u00eave&#8221; est essentiellement le blanc. Le blanc comme norme, foi collective, aspiration commune, mode de vie. Comme une sorte de transcendance qui lie les communaut\u00e9s dominantes les unes aux autres, compl\u00e8te et complique les rapports de classe. <\/p>\n<p>Brutalement, Ta-Nehisi Coates raconte comment la &#8220;fa\u00e7on d\u2019\u00eatre&#8221; blanc a bien peu \u00e0 voir avec <em>\u00ab la passion des glaces ou du vin \u00bb<\/em>, mais bien plus avec le <em>\u00ab pillage \u00bb<\/em> de la vie noire port\u00e9 dans l\u2019\u00e9paisseur de la chair. Le vol de la libert\u00e9 et du travail des Afro-Am\u00e9ricains. Dos lac\u00e9r\u00e9s, jambes encha\u00een\u00e9es, voix \u00e9trangl\u00e9es, m\u00e8re viol\u00e9es, familles d\u00e9vast\u00e9es : l\u2019\u00e9tendard du r\u00eave am\u00e9ricain pointe sur le corps noir pour y creuser de sanglantes souillures o\u00f9 pi\u00e9ger l&#8217;esprit. <em>\u00ab Pour nous interdire, \u00e0 toi et moi, le droit de gouverner et d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 de nos propres corps \u00bb<\/em>, \u00e9crit le journaliste \u00e0 son fils de quinze ans.<\/p>\n<p>Par un d\u00e9tour biographique long\u00e9 d&#8217;une froide r\u00e9volte, prenant d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment le parti d\u2019\u00e9crire \u00e0 hauteur de la vie v\u00e9cue, Ta-Nehisi Coates raconte comment le poids de l\u2019esclavage p\u00e8se encore sur la vie des Noirs, comment les cha\u00eenes d\u00e9faites jadis continuent de nouer la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine. Deux cons\u00e9quences pour l\u2019individu noir : un sentiment de peur permanente, presque animale aujourd\u2019hui encore. Et un rapport obsessionnel au corps, legs probl\u00e9matique et hautement vuln\u00e9rable. T\u00e9moignage vivant d\u2019un <em>\u00ab pass\u00e9 toujours inachev\u00e9 \u00bb<\/em>, pour reprendre le mot de Walter Benjamin. Lieu \u00e0 jamais clos d\u2019une inextinguible angoisse : <em>\u00ab La nudit\u00e9 n\u2019est pas une erreur ou une pathologie, mais le r\u00e9sultat attendu des politiques am\u00e9ricaines : le fardeau de gens forc\u00e9s de vivre dans la peur depuis des si\u00e8cles \u00bb.<\/em><\/p>\n<h2>Les logiques kafka\u00efennes du racisme<\/h2>\n<p>Kundera dit du r\u00e9cit kafka\u00efen qu\u2019il met en sc\u00e8ne un pouvoir qui a le caract\u00e8re d\u2019un <em>\u00ab labyrinthe \u00e0 perte de vue \u00bb<\/em>. Ce sont ici les rouages d\u2019une immense machine qui semblent condamner d\u2019embl\u00e9e le corps noir avant m\u00eame son crime. <em>\u00ab Si tu es noir, tu es n\u00e9 en prison \u00bb<\/em>, affirmait Malcom X. <em>\u00ab La police de ton pays a re\u00e7u le pouvoir de d\u00e9truire ton corps. Peu importe si cette destruction est le r\u00e9sultat d\u2019une r\u00e9action malencontreuse. Peu importe si elle trouve sa source dans un malentendu. (\u2026) Les destructeurs ne seront jamais tenus pour responsables \u00bb<\/em>, constate Ta-Nehisi Coates face un syst\u00e8me qui dicte une sentence \u00e0 laquelle l\u2019individu noir ne peut \u00e9chapper alors que, dans le m\u00eame temps, il ne peut la comprendre. Un syst\u00e8me qui ob\u00e9it \u00e0 ses propres lois, int\u00e9rioris\u00e9es par ses agents et pourtant contraires \u00e0 la loi g\u00e9n\u00e9rale. D\u2019un mot : l\u2019arbitraire. <em>\u00ab La loi ne nous prot\u00e8ge pas \u00bb<\/em>, pr\u00e9vient Ta-Nehisi Coates, \u00e9grenant les cas o\u00f9 l\u2019autorit\u00e9 polici\u00e8re s\u2019est trouv\u00e9e quitte \u00e0 bon compte de ses &#8220;bavures&#8221;. Joseph K., le h\u00e9ros du <em>Proc\u00e8s<\/em>, finit abattu <em>\u00ab comme un chien \u00bb<\/em>\u2026 <\/p>\n<p>Face \u00e0 une condamnation absurde, l\u2019accus\u00e9 en vient \u00e0 chercher sa faute, les innocents \u00e0 se rendre coupables de ce qu\u2019on leur reprochait de fa\u00e7on implicite : ce sont les bandes de jeunes Afro-Am\u00e9ricains qui, rejet\u00e9s par le syst\u00e8me social et son institution scolaire, se noient dans les ill\u00e9galismes de rue, donnant ainsi une tournure pauvre, apolitique, \u00e0 leur ressentiment. Fa\u00e7on tragique et d\u00e9tourn\u00e9e d\u2019ob\u00e9ir sans le vouloir \u00e0 l\u2019assignation sociale qui plane au-dessus de leur destin. <em>Between the world and me<\/em>. Ta-Nehisi Coates d\u00e9crit cet \u00e9cran qui le tient \u00e0 distance du monde, cette ali\u00e9nation sans autre issue qu\u2019une r\u00e9volte sans espoir.<\/p>\n<h2>Police-prison-justice : th\u00e9or\u00e8me du stigmate<\/h2>\n<p>Aux \u00c9tats-Unis, si le racisme est inscrit dans les m\u0153urs comme dans les l\u00e9gendes id\u00e9ologiques, dans l\u2019accumulation primitive permise par l\u2019esclavage \u00e9tablissant une corr\u00e9lation directe entre oppression raciale et exploitation \u00e9conomique, il se manifeste avant tout dans le th\u00e9or\u00e8me institutionnel de la violence d\u2019\u00c9tat : la police, la justice et la prison. Aux \u00c9tats-Unis, 60% des Noirs qui abandonnent leur scolarit\u00e9 passent par la prison. Si les Afro-Am\u00e9ricains ne repr\u00e9sentent qu\u2019environ 12% de la population \u00e9tasunienne totale, ils constituent pourtant 60% de la population incarc\u00e9r\u00e9e. Selon le NCAAP (l\u2019association nationale pour le progr\u00e8s des gens de couleur), un Noir aurait \u00e0 peu pr\u00e8s six chances de plus qu\u2019un Blanc d\u2019\u00eatre emprisonn\u00e9 au cours de son existence.<\/p>\n<p>En 2015, la police am\u00e9ricaine a tu\u00e9 1.134 personnes. D\u2019apr\u00e8s le Guardian, alors qu\u2019ils ne repr\u00e9sentent que 2% de la population am\u00e9ricaine, les jeunes Afro-Am\u00e9ricains (15-34 ans) repr\u00e9sentaient plus de 15% de ces victimes. Soit cinq fois plus que les Blancs du m\u00eame \u00e2ge. En fait, un d\u00e9c\u00e8s tous les 65 parmi cette frange de la population, fut li\u00e9 \u00e0 l\u2019usage de la force par la police. Autre statistique int\u00e9ressante : tous \u00e2ges confondus, les Afro-Am\u00e9ricains sont deux fois plus touch\u00e9s par l\u2019usage meurtrier de la force polici\u00e8re que les Blancs ou les Hispaniques. Et 25% d\u2019entre eux ne portaient pas d\u2019arme lorsqu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s.<\/p>\n<p>R\u00e9cemment, avec l\u2019aide des r\u00e9seaux sociaux, plusieurs exemples de ce racisme institutionnel \u2013 manifestation concr\u00e8te du kafka\u00efen \u2013 ont atteint un stade symbolique et contribu\u00e9 \u00e0 fonder un renouveau politique autour de la question raciale aux \u00c9tats-Unis. Quelques-unes de ces &#8220;bavures&#8221; si banales ont en effet \u00e9t\u00e9 film\u00e9es en direct puis diffus\u00e9es sur Internet. Comme le meurtre de Tamir Rice, douze ans, abattu sur le bord de la route par la police alors qu\u2019il jouait avec un pistolet en plastique. Ou celui de Trayvon Martin, un adolescent qui d\u00e9ambulait dans sa r\u00e9sidence \u00e0 une heure avanc\u00e9e, couch\u00e9 par une balle en pleine poitrine. Ou bien \u00e9videmment celui d\u2019Eric Gardner, \u00e9trangl\u00e9 par une escouade de police sur un trottoir en plein New York, alors qu\u2019il \u00e9tait au sol, murmurant qu\u2019il ne pouvait plus respirer.<\/p>\n<h2>Le racisme : nouvelle polarit\u00e9 du d\u00e9bat public<\/h2>\n<p>En 2013, apr\u00e8s l\u2019acquittement du policier George Zimmerman lors de son proc\u00e8s pour l\u2019assassinat de Trayvon Martin, na\u00eet le mouvement \u00ab Black Live Matters \u00bb. C\u2019est d\u2019abord un hashtag, #BlackLivesMatter, qui relaie l\u2019exasp\u00e9ration de la communaut\u00e9 noire-am\u00e9ricaine sur les r\u00e9seaux sociaux. Puis une plateforme en ligne. Enfin des manifestations nationales, \u00e0 Ferguson, apr\u00e8s la mort de Michael Brown et Eric Gardner. Aujourd\u2019hui, Black Lives Matter regroupe m\u00eame des activistes pr\u00eats \u00e0 en d\u00e9coudre devant les \u00e9lecteurs dans plusieurs scrutins locaux.<\/p>\n<p>La question raciale occupe ainsi largement les primaires am\u00e9ricaines. Hillary Clinton, soutenue aujourd\u2019hui par la m\u00e8re d\u2019\u00c9ric Gardner, souhaite par exemple mettre un terme <em>\u00ab \u00e0 l\u2019\u00e8re de l\u2019emprisonnement de masse \u00bb<\/em> qui touche d&#8217;abord les Afro-Am\u00e9ricains. Quant \u00e0 son rival Bernie Sanders, soutenu par la fille d\u2019Eric Gardner, il d\u00e9clare qu\u2019<em>\u00ab aujourd\u2019hui, le taux de ch\u00f4mage des Afro-Am\u00e9ricains est deux fois sup\u00e9rieur au reste de la population. La lutte pour la justice raciale et \u00e9conomique continue \u00bb<\/em> ; <em>\u00ab La r\u00e9ponse au ch\u00f4mage et \u00e0 la pauvret\u00e9 ne peut plus \u00eatre l\u2019incarc\u00e9ration de masse des jeunes Afro-Am\u00e9ricains \u00bb<\/em>. <\/p>\n<p>De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, ce sont les sorties racistes et islamophobes en tous genres d\u2019un Donald Trump souhaitant fermer les fronti\u00e8res du pays pour le pr\u00e9server du p\u00e9ril de l\u2019immigration, lequel a re\u00e7u r\u00e9cemment le soutien d\u2019un ancien dirigeant du Ku Klux Klan, dont le projet politique n\u2019\u00e9tait rien d\u2019autre que de d\u00e9fendre <em>\u00ab la sup\u00e9riorit\u00e9 de la race blanche \u00bb<\/em>.<\/p>\n<h2>Les ext\u00e9rieurs du r\u00eave r\u00e9publicain<\/h2>\n<p>En France, la question du racisme g\u00eet dans l\u2019angle mort du &#8220;mod\u00e8le r\u00e9publicain&#8221; dont m\u00eame la gauche se p\u00e2me. Alors que pour \u00e9tendre l&#8217;effort d&#8217;\u00e9galit\u00e9 aux &#8220;classes subalternes&#8221; de Gramsci, il faudrait commencer par reconstruire aux ext\u00e9rieurs de la R\u00e9publique. S&#8217;attaquer aux contr\u00f4les au faci\u00e8s, au harc\u00e8lement policier, aux d\u00e9faillances judiciaires, aux violences carc\u00e9rales, au rejet migratoire. Il n\u2019y a pas si longtemps, Damien S., gardien de la paix au commissariat de Noisy-le-Sec, \u00e9tait acquitt\u00e9 du meurtre d&#8217;Amine Bentounsi, vingt-huit ans, abattu d\u2019une balle dans le dos.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, les rapports entre police et violence sont diff\u00e9rents en France, notamment parce que les armes \u00e0 feu y restent, contrairement aux \u00c9tats-Unis, prohib\u00e9es. Il est par ailleurs interdit de conduire des statistiques ethniques. M\u00eame si de nombreux indicateurs et quelques associations permettent de prendre le pouls du racisme structurel qui gangr\u00e8ne la France, et qu\u2019on a tant de mal \u00e0 pouvoir nommer librement dans le d\u00e9bat public.<\/p>\n<p>Ta-Nehisi Coates, fuyant le succ\u00e8s de son livre outre-Atlantique, a d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019installer \u00e0 Paris, o\u00f9 il dit <em>\u00ab ne pas se sentir Noir \u00bb<\/em>. Mais il rappelle que chaque nation a son propre r\u00eave et ses propres cauchemars. Que le nationalisme fran\u00e7ais s\u2019est d\u2019abord manifest\u00e9 par le colonialisme et que les voies par lesquelles la richesse fran\u00e7aise s\u2019est construite ne sont pas si \u00e9trang\u00e8res \u00e0 celles qui ont pr\u00e9valu aux \u00c9tats-Unis. Une richesse in\u00e9galement r\u00e9partie, difficilement accessible \u00e0 des franges enti\u00e8res de population en raison des d\u00e9terminismes adoss\u00e9s \u00e0 leur religion, leur couleur de peau, le son de leur nom.<br \/>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-9459 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/colere-noire-home-b87.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/colere-noire-home-b87-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"colere-noire-home.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Malgr\u00e9 l\u2019\u00e9lection du premier pr\u00e9sident noir de leur histoire en 2008 et sa r\u00e9\u00e9lection en 2012, les \u00c9tats-Unis restent hant\u00e9s par la question raciale. <em>Une col\u00e8re noire<\/em>, essai du journaliste Ta-Nehisi Coates traduit en fran\u00e7ais, en t\u00e9moigne brillamment.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":23030,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[225],"tags":[340,350],"class_list":["post-9459","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lesions-politiques-par-clement-senechal","tag-etats-unis","tag-racisme"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9459","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9459"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9459\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/23030"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9459"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9459"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9459"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}