{"id":9363,"date":"2016-01-29T00:10:23","date_gmt":"2016-01-28T23:10:23","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-sophie-wahnich-l-etat-d-urgence\/"},"modified":"2023-06-23T23:21:19","modified_gmt":"2023-06-23T21:21:19","slug":"article-sophie-wahnich-l-etat-d-urgence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=9363","title":{"rendered":"Sophie Wahnich : \u00ab L\u2019\u00e9tat d\u2019urgence est le sympt\u00f4me d\u2019un r\u00e9gime post-d\u00e9mocratique \u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Sophie Wahnich, historienne dont les travaux ont renouvel\u00e9 la vision de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, s\u2019engage contre un \u00e9tat d\u2019urgence dont elle explique qu&#8217;il veut d\u00e9truire le pouvoir judiciaire, gouverner par la peur et nous d\u00e9poss\u00e9der du d\u00e9bat public.<\/p>\n<p><strong>Regards. Pourquoi s\u2019opposer \u00e0 la prolongation de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence et sa constitutionnalisation, en participant \u00e0 la gr\u00e8ve citoyenne du 3 f\u00e9vrier, apr\u00e8s la manifestation du 30 janvier ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sophie Wahnich.<\/strong>Les raisons de s\u2019opposer \u00e0 la constitutionnalisation sont d\u2019abord d\u2019ordre technique : l\u2019on ne touche justement pas \u00e0 la Constitution dans une p\u00e9riode o\u00f9 l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence est d\u00e9cr\u00e9t\u00e9. Quant \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence lui-m\u00eame \u2013 on a pu le v\u00e9rifier avec les arrestations, les assignations de militants \u00e9cologistes, les perquisitions injustifi\u00e9es, etc. \u2013 il vise d\u2019abord \u00e0 porter atteinte au r\u00e9pertoire classique de la mobilisation dans l\u2019espace public d\u00e9mocratique, et \u00e0 faire porter la suspicion sur tout groupement mobilis\u00e9 par une critique consistante. L\u2019\u00e9tat d\u2019urgence appara\u00eet ici pour ce qu\u2019il est, le sympt\u00f4me d\u2019un r\u00e9gime post-d\u00e9mocratique. La constitutionnalisation de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence ob\u00e9irait \u00e0 une logique post-d\u00e9mocratique qui contrevient \u00e0 celle du droit habituel, de l\u2019\u00c9tat de droit, et le consacrerait juridiquement. <\/p>\n<p><em> <\/p>\n<h2>\u00ab La prolongation de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence et sa constitutionnalisation repr\u00e9sentent une tentative de d\u00e9truire l\u2019autorit\u00e9 judiciaire \u00bb<\/h2>\n<p> <\/em><\/p>\n<p><strong>Vous \u00eates engag\u00e9e dans un Conseil d\u2019urgence citoyenne, qui appelle \u00e0 des actions le 3 f\u00e9vrier, et notamment \u00e0 porter, ce jour-l\u00e0, des brassards marqu\u00e9s d\u2019un &#8220;V&#8221;. Pourquoi ?<\/strong><\/p>\n<p>Le Conseil d\u2019urgence citoyenne est engag\u00e9 contre cette post-d\u00e9mocratie, c\u2019est donc pour emp\u00eacher qu\u2019elle soit juridiquement consacr\u00e9e que nous appelons \u00e0 agir, mais aussi pour pouvoir refonder des institutions v\u00e9ritablement d\u00e9mocratiques et r\u00e9publicaines.  Nous ne voudrions surtout pas dicter aux gens qui se reconna\u00eetraient dans cette initiative le sens de leur action, et brider leur inventivit\u00e9. Mais la majuscule V a l\u2019avantage de nous rappeler au sens de la Vigilance (face \u00e0 un r\u00e9gime en voie de devenir un r\u00e9gime policier), de la V\u00e9rit\u00e9 (\u00e0 l\u2019heure o\u00f9 des op\u00e9rations de police reposent sur des d\u00e9nonciations mensong\u00e8res, ou l\u2019usage des fameuses &#8220;notes blanches&#8221; issues des services de renseignement, usage qui se voit soustrait \u00e0 tout examen critique et public). Enfin, nous pensions \u00e0 V comme Volont\u00e9, car l\u2019enjeu majeur, aujourd\u2019hui, est de reconstituer une volont\u00e9 populaire, capable d\u2019opposer un r\u00e9gime de v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 ces abus de pouvoir. Mais chacun peut l\u2019investir \u00e0 sa mani\u00e8re, retrouver ainsi sa propre libert\u00e9 d\u2019agir et d\u2019expliquer la situation. <\/p>\n<p><strong>Ce r\u00e9gime de v\u00e9rit\u00e9 est indissociable de la question de la justice\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Ce qui est en jeu, en effet, c\u2019est la justice elle-m\u00eame, l\u2019existence de la justice. La prolongation de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence et sa constitutionnalisation repr\u00e9sentent rien moins qu\u2019une tentative de d\u00e9truire l\u2019existence de l\u2019autorit\u00e9 judiciaire. La volont\u00e9 du nouveau ministre de la Justice de fusionner minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur et de la Justice conduirait \u00e0 soustraire le pouvoir de la police \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 judiciaire. Nous avons d\u00e9j\u00e0 assist\u00e9 au rapatriement de la gendarmerie au sein du minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, ce qui tend \u00e0 brouiller la fronti\u00e8re entre police et arm\u00e9e, \u00e0 faire rentrer la police dans un r\u00e9gime d\u2019action militaire. C\u2019\u00e9tait le cas \u00e0 Sivens, avec pour cons\u00e9quence l\u2019issue tragique que chacun a encore en m\u00e9moire. Tout ceci contrevient \u00e0 la logique historique du maintien de l\u2019ordre r\u00e9publicain depuis la fusillade de Fourmies [ndlr : le 1er mai 1891, deux compagnies d\u2019infanteries mirent fin, dans le sang, \u00e0 une manifestation pacifique d\u2019ouvriers] qui a toujours vis\u00e9, malgr\u00e9 quelques \u00e9carts, la dissociation entre r\u00e9gime policier et r\u00e9gime militaire. Or, comme l\u2019\u00e9crivait Walter Benjamin, lorsque la police n\u2019applique plus la loi, mais la fait, le r\u00e8gne de l\u2019arbitraire d\u00e9truit toute fondation d\u00e9mocratique o\u00f9 la &#8220;force de loi&#8221; doit d\u00e9pendre du peuple souverain, et non de la violence polici\u00e8re, qu\u2019elle soit physique ou symbolique. <\/p>\n<p><em> <\/p>\n<h2>\u00ab Le pouvoir d&#8217;\u00c9tat vise \u00e0 se rallier l\u2019assentiment populaire par une politique de la peur \u00bb<\/h2>\n<p> <\/em><\/p>\n<p><strong>Mais cette crise ne semble gu\u00e8re susciter de r\u00e9actions\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Le moins que l\u2019on puisse dire, en effet, c\u2019est que, face \u00e0 tous ces dangers, nous nous trouvons aujourd\u2019hui devant une forme d\u2019apathie populaire. Nous sommes \u00e9videmment aujourd\u2019hui tr\u00e8s minoritaires, il ne servirait \u00e0 rien de le nier. L\u2019\u00e9tat d\u2019urgence a pour lui la force d\u2019une visibilit\u00e9, d\u2019une d\u00e9monstration spectaculaire d\u2019un pouvoir d\u2019\u00c9tat qui vise, dans des circonstances tragiques, \u00e0 se rallier l\u2019assentiment populaire par une politique de la peur. C\u2019est d\u00e9sormais le c\u0153ur de l\u2019action de l\u2019\u00c9tat. Mais nous refusons de nous r\u00e9signer. Les jalons d\u2019une alternative sont \u00e0 \u00e9laborer d\u00e8s aujourd\u2019hui. Il est \u00e9videmment impossible de pr\u00e9voir quand prendra fin ce combat. Il s\u2019annonce sans doute comme tr\u00e8s long, appelant, comme en 1955 \u00e0 la suite du d\u00e9clenchement de la guerre d\u2019Alg\u00e9rie, ou en 2001 aux \u00c9tats-Unis apr\u00e8s les attentats du 11 septembre, une forme de t\u00e9nacit\u00e9 et d\u2019intransigeance. Il faut redonner \u00e0 ce pays trop tourn\u00e9 sur lui-m\u00eame une capacit\u00e9 \u00e0 se ressaisir politiquement, \u00e0 se replacer dans un contexte mondial o\u00f9 il n\u2019est pas le seul \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 atteint, et une capacit\u00e9 \u00e0 imaginer, inventer de nouvelles institutions. Il s\u2019agit de redonner aux gens le go\u00fbt de se r\u00eaver en acteurs de la sc\u00e8ne politique, nationale et internationale.<\/p>\n<p><strong>Dans un texte r\u00e9cemment paru dans <em>Vacarme<\/em>, vous avez publi\u00e9 sur tous ces sujets un entretien imaginaire avec\u2026 Robespierre. Pourquoi l\u2019historienne de la r\u00e9volution que vous \u00eates a-t-elle \u00e9prouv\u00e9 ce besoin ?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais d\u2019abord effar\u00e9e d\u2019entendre confondre le terrorisme actuel avec ce qu\u2019on appelle la Terreur, ou de lire que l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence signait le retour au r\u00e9gime de la Terreur. Dans une postface \u00e0 <em>La Libert\u00e9 ou la mort<\/em>, j\u2019avais \u00e9t\u00e9 amen\u00e9e en juin 2015 \u00e0 revenir sur la difficile question de la guerre. Il m\u2019a sembl\u00e9 qu\u2019il fallait lever cette difficult\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s de Robespierre. De fait, la France fait la guerre \u00e0 quantit\u00e9 d\u2019organisations islamiques djihadistes, elle envoie partout des soldats, mais aussi des agents ou des drones pour accomplir des assassinats cibl\u00e9s, dont les &#8220;d\u00e9g\u00e2ts collat\u00e9raux&#8221; ne sont d\u00e9sormais inconnus que de ceux qui ne veulent pas savoir. Et pourtant le gouvernement ou les commentateurs ont longtemps r\u00e9cus\u00e9 l\u2019emploi de ce mot, la &#8220;guerre&#8221;. C\u2019est que ce d\u00e9ni permettait aussi de passer outre une analyse critique des transformations de la guerre, de ses nouvelles modalit\u00e9s. Comme si celles-ci n\u2019avaient pas \u00e9volu\u00e9 depuis Clausewitz et le XIXe si\u00e8cle ! <\/p>\n<p><em> <\/p>\n<h2>\u00ab Le combat contre la constitutionnalisation de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence s\u2019inscrit dans la reconqu\u00eate de l\u2019espace public \u00bb<\/h2>\n<p> <\/em><\/p>\n<p><strong>En quel sens ?<\/strong><\/p>\n<p>La guerre est un moment o\u00f9 un ennemi est d\u00e9sign\u00e9, au moins momentan\u00e9ment, comme irr\u00e9conciliable et tuable pour cette raison m\u00eame. C\u2019est une d\u00e9finition transhistorique. Ensuite il y a des modalit\u00e9s historiques. La guerre conventionnelle, qui en fait a rarement eu lieu, en tout cas ni en 1914 ni en 1939, est suppos\u00e9e s\u2019\u00e9tablir en vue d\u2019une paix avec l\u2019adversaire, et implique la protection des civils, des buts de guerre d\u00e9termin\u00e9s. Mais c\u2019est un mirage. La prendre comme rep\u00e8re de l\u2019historicit\u00e9 des guerres et ne reprendre que la d\u00e9finition inter-\u00e9tatique de la guerre rel\u00e8ve \u00e0 mon sens du d\u00e9ni. Un tel d\u00e9ni conduit non seulement \u00e0 \u00e9viter de s\u2019affronter \u00e0 notre nouvelle situation historique, mais \u00e0 nous d\u00e9poss\u00e9der d\u2019un d\u00e9bat public sur la guerre et ses enjeux. Or cette d\u00e9possession est inscrite dans les institutions, elle est voulue par le sens des institutions de la Ve R\u00e9publique, o\u00f9 le pouvoir de d\u00e9cider de la guerre et de la paix revient tout entier \u00e0 l\u2019ex\u00e9cutif, et se voit soustrait \u00e0 toute v\u00e9ritable d\u00e9lib\u00e9ration, contr\u00f4le et \u00e9valuation du pouvoir l\u00e9gislatif. <\/p>\n<p><strong>Ce n\u2019\u00e9tait pas vrai de la premi\u00e8re R\u00e9publique ?<\/strong><\/p>\n<p>Non, il faut au contraire accepter l\u2019id\u00e9e qu\u2019il existe plusieurs formes possibles de r\u00e9publique. Plus ou moins li\u00e9es \u00e0 la pr\u00e9sence et au pouvoir d\u2019\u00c9tat. Ce que l\u2019on d\u00e9signe ordinairement comme le moment de la Terreur, la p\u00e9riode qui couvre les ann\u00e9es 1792-1794, est bien plus r\u00e9tive au pouvoir ex\u00e9cutif que le Directoire qui a suivi. Dans le premier cas, le pouvoir ex\u00e9cutif se voit subordonn\u00e9 au pouvoir l\u00e9gislatif. Et l\u2019espace public d\u00e9lib\u00e9ratif demeure tr\u00e8s intense, malgr\u00e9 les restrictions li\u00e9es \u00e0 la situation de guerre et \u00e0 la centralit\u00e9 du pouvoir l\u00e9gislatif. Au contraire, avec le Directoire, l\u2019on voit s\u2019op\u00e9rer un renversement au profit du pouvoir ex\u00e9cutif (et, on le sait depuis, lorsque l\u2019ex\u00e9cutif tend \u00e0 dominer le l\u00e9gislatif, la subordination de la police \u00e0 l\u2019arm\u00e9e n\u2019est jamais loin). La IIIe R\u00e9publique se constituera \u00e9galement sur ce refoulement  de l\u2019espace public d\u00e9lib\u00e9ratif, refoulement plus ou moins reconduit par la IVe, et tr\u00e8s largement renforc\u00e9 par la Ve R\u00e9publique. C\u2019est en ce sens que j\u2019ai pu d\u00e9clarer, r\u00e9cemment, que certaines formes de r\u00e9publiques \u00e9taient des formes de restauration du pouvoir d\u2019\u00c9tat, quand elles devraient au contraire refonder les rapports entre l\u2019ex\u00e9cutif et le l\u00e9gislatif d\u2019une part, les institutions et l\u2019espace public d\u2019autre part, r\u00e9affirmer l\u2019horizon d\u2019\u00e9galit\u00e9 entre chacun des citoyens. Le combat contre la constitutionnalisation de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence s\u2019inscrit dans cette reconqu\u00eate de l\u2019espace public, et la refondation des institutions dans le sens d\u2019un gouvernement populaire.<br \/>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-9363 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon portrait'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/wahnich-livre-6a4.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/wahnich-livre-6a4-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"wahnich-livre.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sophie Wahnich, historienne dont les travaux ont renouvel\u00e9 la vision de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, s\u2019engage contre un \u00e9tat d\u2019urgence dont elle explique qu&#8217;il veut d\u00e9truire le pouvoir judiciaire, gouverner par la peur et nous d\u00e9poss\u00e9der du d\u00e9bat public.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":22898,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[157],"tags":[293,404],"class_list":["post-9363","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-web","tag-entretien","tag-libertes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9363","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9363"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9363\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/22898"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9363"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9363"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9363"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}